JE SUIS DAREDEVIL : L'ANTHOLOGIE DE L'HOMME SANS PEUR

Daredevil, quand on y pense bien, ce n'est pas non plus un concentré d'originalité extraordinaire. Je veux dire, le précepte de Stan Lee a été respecté à la lettre. De grands héros en costume, et sous le masque, des individus avec des problèmes tout aussi formidables. Matt Murdock ne déroge pas à la règle. Dans le civil, il est avocat. Et tout comme la justice qu'il se targue de servir au bureau et devant les tribunaux, il est aveugle. En voilà du parallèle facile. Mais ça marche, et très bien même. Matt se languit de sa secrétaire, la jeune et jolie Karen Page. Mais son associé et meilleur ami (Foggy Nelson) est lui aussi épris de la blonde, et il est de plus en plus difficile de conserver une identité secrète, entre vaudeville au travail, et cinglés costumés (le Pitre, le RingMaster, certains droit sortis d'un cirque...) qui nécessitent l'intervention de Daredevil. Un Diable de héros, tout de rouge vêtu (après une première apparition dans des tons jaunes trop voyants), et qui ne semble pas connaître la peur. Avec son célèbre "sens radar" compensant sa vue déficiente, Matt ne voit pas ce qu'il fait, il peut juste l'évaluer à un degré tel de précision que la plus effrayante des acrobaties est pour lui un jeu d'enfant. Tu triches, Murdock!
Enfin bref, tout le monde connaît Daredevil, désormais le héros d'une excellente série Netflix, dont la seconde saison est imminente. Du coup, Panini saute sur l'occasion et sort une anthologie du nom de Je suis Daredevil. Devinez quoi, si vous voulez vous familiariser avec notre Tête à Cornes, c'est une bien bonne idée. 
Au menu de cette anthologie, Daredevil #1 et #7 (Stan Lee au scénario) avec les origines du héros, et un combat contre le Prince des mers, qui était venu dans les bureaux de Nelson et Murdock à la recherche d'un bon avocat. Daredevil #47 et #81 sont des épisodes dessinés par le grand Gene Colan, un des épigones de Buscema les plus crédibles, dans un style produisant une force, une puissance, qui a enthousiasmé des générations de lecteurs. La Veuve Noire (Black Widow sous son premier patronyme) y fait une apparition. Daredevil #146 de Jim Shooter et Gil Kane permet de voir un face à face entre DD et Bulleye, qui va devenir un ennemi incontournable grâce à Frank Miller. Ce dernier est à l'oeuvre sur Daredevil #168 qui revient sur la relation entre Matt Murdock et Elektra, avant que celle-ci ne perde ses parents et ne devienne cette ninja assassine. Et dans le numéro #181 où Bulleye s'échappe de prison et décide de se venger de notre héros (dont il connaît l'identité secrète) en tuant son amour légendaire, dont nous venons de parler. Plus tard nous pouvons lire Daredevil #257 qui est une excellente manière de comprendre la différence qui existe entre les philosophies opposées de Matt Murdock et du Punisher, bien plus expéditif et impitoyable. C'est Ann Nocenti qui scénarise sur des dessins du mythe Romita Jr. Le #380 est pour sa part l'ultime numéro de la première série, signé Chichester et Lee Weeks, un dessinateur dont le trait à illuminé nombre d'épisodes du titre. 
Vous lirez aussi des choses bien plus récentes, scénarisées par Brian Bendis et Ed Brubaker, qui ont ramené Daredevil à de hauts standards qualitatifs, le plongeant dans un polar urbain glaçant qui évoque le travail de Miller, mais avec une écriture moderne et très télévisuelle. Sans oublier une manifestation du run de Mark Waid, dernier scénariste à avoir tissé le destin du personnage, avant les Secret Wars et le relaunch de Daredevil, par Charles Soule.
Bref, les cours de rattrapage viennent de débuter. Les retardataires seront ravis, les lecteurs habituelles de Daredevil sont eux déjà heureux possesseurs de ces tranches de vie héroïques. 




A lire aussi : 

Commentaires