HYPERION #1 : LA REVIEW ALL-NEW ALL-DIFFERENT

Que ce soit au niveau des pouvoirs ou bien des origines, Hyperion a beaucoup en commun avec Superman. Durant le run de Jonathan Hickman, on l'a vu (re)venir sur Terre et prendre place dans une nouvelle mouture de l'Escadron Suprême, tandis que la récente vague de parutions All-New All-Different nous offre une série où il évolue en solitaire, décidé à trouver sa place et ses repères dans un monde qui lui parait trop souvent étranger. Bonne nouvelle, il reste encore énormément à dire sur ce personnage qui n'a jamais été trop gâté par le destin éditorial, donc Chuck Wending va pouvoir écrire une histoire au potentiel presque illimitée. Mauvaise nouvelle, c'est tout à fait le genre de titre qui ne résiste guère plus d'un semestre, d'une année en cas de chance; et d'ailleurs si Hyperion était un héros vendeur et prometteur, c'est un scénariste plus bankable qui aurait été appelé à son chevet. Ici on le découvre sous la forme d'un chauffeur routier, conduisant un semi-remorque de pommes à travers le Nebraska, destination le Kansas. Tout du moins on devine qu'il s'agit de lui, puisque qu'une adolescente de seize ans fait tout ce qu'elle peut pour monter à bord, et se faire emmener le plus loin possible d'ennemis mystérieux qu'elle fuit. Comment a t-elle fait pour savoir qu'il s'agit vraiment d'Hyperion, et pas simplement d'un Marc quelconque, bien bâti mais sans aucun don particulier, voilà qui est intrigant. Pire encore, la fillette a une sorte de cirque fantasmagorique aux trousses, des individus aussi barjots qu'improbables, avec un contorsionniste, un clown chargé d'abeilles ou des porte-flingues fanatiques de la gâchette. En résumé, nous sommes à des années lumières de ce que nous avons lu avec Hickman, et du super-héros en collants qui affronte des menaces venues d'un autre monde, ou des super-vilains en costume. Ici nous sommes plutôt dans une aventure qui lorgne vers le célèbre Duel de Steven Spielberg, et le récit horrifique. La vérité reste en balance durant une grande partie de cet épisode, avec un doute sur la véritable identité du chauffeur. Marcus est-il Hyperion comme il semblerait, ou bien est-ce une grosse méprise, une vague ressemblance? Et dans ce cas pourquoi se focaliser dessus vingt pages durant? Le dessin est l'oeuvre de Nick Virella, que j'ai beaucoup apprécié sur la mini série 1872, durant les Secret Wars. Son trait est à la fois dur, précis, et suffisamment réaliste et sauvage pour donner corps et vie à des planches organiques et efficaces. Reste la grande interrogation sur la viabilité d'un tel projet. Hyperion a aussi des chromosomes communs avec Sentry, que Marvel a du remiser au placard faute de savoir quoi en faire. Tout comme son groupe, l'Escadron Suprême, a peu de vrais fans et de lecteurs potentiels. En dehors des Avengers, plongé dans un road-trip qui n'a rien du clash cosmique attendu, le héros peut-il avoir une existence crédible? Chez Marvel on expérimente encore, voilà qui est rassurant. 



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