THE UNBELIEVABLE GWENPOOL #1 : LA REVIEW ALL-NEW ALL-DIFFERENT

Petit raisonnement de mathématiques et d'économie appliquées. Prenez un personnage très vendeur, et en phase totale avec le public des comics et du cinéma, comme Deadpool. Prenez également une icône disparue, puis revenue sous un avatar super-héroïque extrait d'une Terre parallèle, et qui a eu un impact immédiatement positif sur la fan-base des lecteurs Marvel (Gwen Stacy en tant que Spider-Gwen). Fusionnez l'ensemble, et sortez votre calculatrice, pour évaluer les bénéfices engendrés. C'est en tous les cas ce qu'on doit souhaiter en ce moment à la maison des idées, avec cette série qui nait sous des auspices totalement barrés. Du troisième degré complet, à déguster tel quel, sans chercher à comprendre. 
La bonne nouvelle, c'est qu'on échappe aux origines du personnage, et d'ailleurs Gwenpool se moque gentillement de cette habitude paresseuse, en faisant allusion à l'histoire de l'oncle régulièrement assassiné à longueur d'épisodes introductifs. On passe directement à l'action, la vraie, avec un "prologue" qui voit la nouvelle héroïne tenter d'ouvrir un compte en banque (pas simple quand on vient d'une autre dimension et qu'on est sans document d'identité) alors que des braqueurs font irruption avec de stupides masques d'animaux sur la tête. Ils sont rapidement maîtrisés (et pas subtilement, Gwenpool aime les flingues) et un jeune hacker, aide logistique du groupe malgré lui, est arrêté en même temps que l'héroïne en rose et blanc. Tous deux finissent menottes au poignets, mais sont libérés par un policier en phase dépressive, et ils sont alliés pour la suite de l'épisode, où Gwenpool croise des Sentinelles (les robots tueurs de mutant) mais aussi Modok, qui est responsable du cliffhanger de ce premier épisode, qui tente d'injecter une pointe de tragique dans un joli foutoir que nombre de médias spécialisés ont qualifiés -complaisamment- d'hilarant. Comme quoi l'humour est une notion très subjective. 




J'ai pour ma part souri par endroits, je l'admets, mais pas de quoi s'en décrocher la mâchoire. Le coup du personnage conscient de ce qu'il est, métatextuel, et qui donne dans le cocasse et l'absurde, ça a déjà été fait, et bien mieux que cela. Hastings n'est pas Duggan, et l'écriture ici est relativement convenue, dans le sens où ça ressemble à ce qu'on pensait qu'on allait lire, sans vraiment s'avérer fantastique. Les dessins eux sont bien sur adaptés au ton de la série. On est carrément en face d'un truc qui paraît être un animé pour enfants avec le trait cartoony lisse de Gurihiru. Joli, tout plein de couleurs, mais pas du tout "ma came" comme disaient les jeunes (que disent-ils d'ailleurs en ce moment? Répondez moi en commentaire les amis). Le prologue est plus classique, Daniel Beyruth illustre ces pages dans des tons qui me rappellent vaguement du Nick Virella, ou encore, mais bien plus sage et gentillet, du Matteo Scalera. A en juger par la couverture, Gwenpool devrait être flashy, déjantée, un truc psychédélique ou sorti droit des délires de Marvel, mais pour l'instant c'est surtout une sorte de sous Deadpool, avec une héroïne qui tente de contextualiser ce qui lui arrive en comparant son environnement aux comic-books dont elle est familière, mais qui n'a pas encore la folie géniale de certains épisodes mettant en scène Wade Wilson, tout à fait conscient de son caractère original de création littéraire. Avis réservé, donc, pour ce qui ressemble de loin à de l'opportunisme plus qu'à de la véritable inspiration. J'espère me tromper. 




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