THUNDERBOLTS #1 : LA REVIEW ALL-NEW ALL-DIFFERENT

Si vous gardez un souvenir ému de toute la période des années 90, vous allez probablement être intrigués par la nouvelle version des Thunderbolts. Tout d'abord, le groupe est né en tant que tel à cette ère de l'histoire des comics, et même si la plus récente mouture avait peu à voir avec cette genèse historique, celle-ci s'en rapproche un peu plus. Ensuite, le style, les dessins, sont dans la veine de ce qu'on pouvait lire alors. Le problème, c'est que n'est pas Jim Lee ou Marc Silvestri qui le veut, et certaines cases sont ici purement et simplement à vomir, sans avoir besoin de s'enfoncer deux doigts dans la bouche. Le point positif, c'est qu'on retrouve enfin des personnages comme Atlas, Techno, Moonstone et Mach V, avec en tête de gondole l'ancien Soldat de l'Hiver, reconverti en justicier en fuite (depuis les événements narrés dans le crossover Standoff) et avec de lourdes responsabilités (depuis la fin de Original Sin). Cette bande de joyeux drilles a sous sa garde une fillette, qui s'avère ne pas en être vraiment une, puisqu'il s'agit en réalité de Kubik, l'incarnation vivante d'un fragment de cube cosmique, donc une entité capable de faire ce qu'elle souhaite, quand et comment elle le souhaite, sur un coup de tête. L'interaction entre tout ce beau linge est assez forcé, car il est peu probable qu'ils se retrouvent tous ainsi sous le même toit, à s'entendre, avec une vision et une mission commune, mais il est vrai que le Shield vient encore de faire des siennes en créant de toutes pièces la prison-cité de Pleasant Hill, et que les retombées n'ont pas fini d'instaurer suspicion, doutes, et volontés d'autonomie. Reste à parler de Jon Malin. Voilà, il fallait y venir, alors autant le faire clairement, et sans rechigner... Comment dire... le type sait dessiner, c'est évident, et par endroits nous avons des fulgurances, des premiers plans, des expressions qui nous prouvent qu'il est assez doué, et que le qualifier de tâcheron serait une hérésie. Oui mais le hic, c'est quand il décide de jouer avec les perspectives, de créer l'illusion du mouvement, de l'action. Malin a vraisemblablement digérer toutes les (mauvaises) leçons des années 90 et laisser dans l'assiette les bons aspects. Très peu de décor (ce n'est pas grave, un bon coup de colorisation au feutre fluo et on n'a rien vu venir...), corps disgracieux et dessinés par moments par un enfant de six ans, visages grimaçants et hideux, qu'on ne parvient par ailleurs pas à identifier... Tout y passe, c'est un catalogue des erreurs à ne pas faire quand on souhaite lancer une nouvelle série et qu'on veut la faire durer. Que se passe t-il donc dans la tête des responsables éditoriaux chez Marvel? Il n'y avait pas un seul artiste de talent disponible pour s'occuper de cette série? Vous le savez, je ne suis pas un hater de profession, et j'essaie toujours de trouver une raison pour comprendre, approfondir, aller de l'avant, mais là, avec de telles planches, si Thunderbolts survit plus d'un an, ce sera que je n'ai pas encore tout compris aux rouages de l'industrie... Dommage car il se pourrait que le scénario de Jim Zubkavich recèle de petits effets de manche en réserve, j'en veux pour preuve un cliffhanger assez gore et drôle, qu'on ne voit pas forcément venir. 




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