BATMAN TOME 8 : LA RELEVE (I) - UN BATMAN EN ARMURE DANS GOTHAM

Batman la relève première partie. Voici donc le contenu du tome 8 des aventures du Dark Knight, écrites par Scott Snyder. Pour mémoire rappelons que Batman et le Joker ont finit par s'entre-tuer aux yeux de l'opinion publique, au terme des événements décrits dans le tome précédent. Cet album s'ouvre avec l'épisode 44 de la série régulière, autrement dit un petit bond en avant qui se justifie par le fait que cette histoire échappe à la continuité mise en place. Dessinée par un Jock très inspiré et des grands jours, nous avons là une trame aux accents de polar de science-fiction, avec une enquête que mène le héros, pour découvrir l'assassin d'un jeune homme de couleur, qui tenait avec sa famille une épicerie dans le quartier le plus mal famé de Gotham, et qui était menacé par les gangs de la ville. Au fur et à mesure des pages, différentes théories sur ce qui s'est produit se succèdent, jusqu'à la révélation finale, qui n'est pas celle que l'on attend forcément au départ. Une mise en bouche esthétiquement réussie, avant d'attaquer le plat de résistance, à savoir l'arrivée sur scène du nouveau Batman. Comme vous le savez déjà, le remplaçant n'a pas grand-chose à voir avec l'ancien. Il s'agit en fait du commissaire Gordon, à qui les forces de police de la ville , associées à Gerry Powers -la PDG qui a relevé les affaires d'un Bruce Wayne ruinée et amnésique- ont confié une sorte d'armure surpuissante et militarisée, dont le look étrange a secoué les fans sur Internet. Comme les personnages en plaisantent d'ailleurs entre eux, ce Batman mécanique a des faux airs de Pikachu, ou de gros lapin justicier. Le commissaire Gordon en profite également pour changer complètement d'apparence; exit le vieux bonhomme à moustache qui semblait a quelques années de la retraite, place à un flic encore jeune et tonique. Il déclare avoir 46 ans puis se rase les cheveux, tout en laissant une crête post-moderne, et n'oublie pas ce qu'il faut de gonflette pour avoir le physique du rôle. Au passage Jim dit adieu à sa moustache et à sa mauvaise habitude de fumer des clopinettes, ce qui ne se marie pas du tout avec l'idée qu'on se fait du Dark Knight. Est-il pour autant à sa place?


Comprenez bien que cette décision est en fait assez logique, avec Nightwing (désormais juste Dick Grayson) bloqué dans sa propre série, et Damian Wayne qui est tout occupé à mourir et ressusciter. Jim Gordon a deux atouts de poids avec lui, sa parfaite connaissance du terrain, et une rectitude morale qui en fait un parangon de vertu et le défenseur idéal de la veuve et de l'orphelin. Évidemment les débuts ne sont pas forcément simples, et il ne faut pas s'attendre à ce que Jim comprenne immédiatement comment agir et vaincre. Mais il y parvient, et c'est même très surprenant de le voir, à un certain moment, se débarrasser de son armure pour se révéler dans un costume plus traditionnel et expressif, qui ne laisse guère penser qu'en dessous se trouve un homme d'âge mûr, vers la cinquantaine, qui ne fréquentait pas les salles de sport à un rythme intensif, quelques semaines avant. Que veut dire Snyder si ce n'est que Batman, en fin de compte, n'est qu'une identité imprécise, un symbole, et que l'homme sous le masque n'est pas le plus important, que ce qui importe c'est d'écrire une bonne histoire qui va avec? Gordon a toujours été un des personnages les plus intrigants, présents, dans la légende du Dark Knight. Il est là et agit en contrepoint dès le Batman Year One de Miller, jusqu'à la récente et longue saga Batman : Eternal où il est accusé à tort et victime d'une machination. Sa fille est une justicière à Gotham, son fils un psychopathe notoire, et il a déjà payé un lourd tribut, en terme de vie privée, à ses activités au sein de la police municipale. Pour son baptême du feu, il n'a cependant pas de chance, car le terrible et menaçant Mister Bloom semble un opposant de poids, lui qui infecte les criminels de Gotham avec une sorte de graine technologique, leur conférant des super pouvoirs improvisés, les contrôlant, les menant à leur trépas quand et comme bon lui semble. Greg Capullo est bien sur égal à lui même, et ses fans seront ravis de le voir toujours aussi à l'aise dans ces ambiances sombres et violentes. En fin d'album, vous lirez le dernier annual en date du mensuel Batman, avec le retour de Bruce Wayne dans son manoir, sans ses souvenirs ni ses émotions, qui avaient fait de lui un justicier à dérive obsessionnelle. Face à lui trois vilains "classiques" échappés de leur asile de dingos, le Sphinx, Gueule D'Argile, et Mister Freeze. James Tynion IV et Roge Antonio relatent tout cela, et ça fait tout drôle de voir ce Bruce apaisé et barbu, qui se reconstruit une vie. Même si on n'y croit pas une seconde.





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