THE AMAZING SPIDER-MAN TOME 1 : UNE CHATTE NOIRE EN COLERE

C'est une chance d'être en vie, n'en déplaise aux pessimistes. Allez donc demander à Peter Parker, de retour parmi les siens, après un an et demi passé aux oubliettes, son corps étant possédé par l'esprit du Docteur Octopus, pour faire du tisseur un Superior Spider-Man à succès. Mais tout a une fin, et Peter is back. En son absence, il s'est passé pas mal de choses. Des bonnes (Otto Octavius a validé en son nom son doctorat, il a crée sa propre entreprise, Tante May bénéficie d'une prothèse qui la fait courir comme une gazelle) et des mauvaises (tout le reste, de Electro qui cherche à se venger, à la Chatte Noire - idem - sans compter l'intégralité des relations sentimentales, familiales et  de travail qui sont à reconstruire). C'est donc un Parker qui (re)prend ses marques, qui doit se rapproprier son existence, constater les dégâts mais aussi les coups de génie de son rival usurpateur. Il le fait avec la bonne humeur habituelle, et le public retrouve un Spider-Man blagueur et farceur, qui n'hésite pas à faire régner la justice dans le plus simple appareil, avec juste un peu de toile pour éviter l'attentat à la pudeur. Dan Slott va donc avoir le loisir de rebâtir ce qu'il s'est évertué à défaire pendant les longs mois qui ont précédé. Une des attentes des lecteurs, c'est ce que va faire Peter avec la pauvre Anna Maria, qui est tombée amoureuse d'un Octopus sous couverture. Déontologiquement parlant, voici une histoire qui parait passer comme une lettre à la poste (Peter cohabite même dans le même appartement) alors que ce qui s'est produit auparavant est des plus scabreux : elle a couché (fort probablement) avec un homme qui n'était pas lui-même, et doit désormais fréquenter son amant, qui est doté d'une autre personnalité, la sienne véritable. Bonjour la migraine. Place aussi à Felicia Hardy, que nous n'avions jamais connu aussi mauvaise, vindicative, amère. La cambrioleuse en fourrure à toujours été une anti-héroïne, un personnage qu'il n'était pas possible de classer aux rayons des bienfaitrices, mais qui ne versait pas non plus, en temps normal, dans la criminalité amorale, avec la vengeance comme moteur principal. Mais vous le savez probablement si vous en avez déjà fait les frais, une femme blessée peut être très cruelle et faire payer l'addition avec un supplément sans états d'âme. Elle en veut à mort à Peter Parker, et Elektro, qui ne maîtrise plus du tout ses pouvoirs, en a gros sur la patate. De là à ce que ces deux-là unissent leurs forces et leurs rancoeurs...

Le nouveau rôle de la Chatte Noire pourrait bien en surprendre plus d'un, surtout si vous êtes habitués à voir en elle une bonne copine... à ne pas fréquenter tout de même, car une cambrioleuse sexy, ce n'est pas très bon pour l'image de marque du toujours serviable Peter Parker. Elektro est quand à lui assez pathétique, et si on peut compatir par endroits, on a face à nous un vilain qui sent le réchauffé, et qui à l'époque figurait là juste pour surfer sur le contenu du dernier film du tisseur de toile en date. La bonne nouvelle artistique, c'est Humberto Ramos, qui continue de nous offrir des planches pleines de dynamisme, d'inventivité, et de vie. Ce n'est pas un artiste de référence pour les anatomies ou les expressions réalistes, mais son style cartoony toujours en mouvement colle admirablement au ton global de cette série. Qui est impactée en 2014 par le crossover Original Sin. Peter Parker aussi y va de son secret, et il apprend l'existence de Silk, qui possède les même pouvoirs arachnéens que lui, et envers laquelle il ressent une profonde attraction sexuelle, au point de se comporter comme un bonobo en rut, et de tenter de trousser la jolie jeune fille sur un coin de table toutes les cinq minutes. Si la tante May le voyait, elle aurait honte de son neveu, sexuellement dépendant. Pour le reste, le sel de ces épisodes ce sont aussi les nombreux quiproquos qui émaillent le retour aux affaires d'un Peter Parker qui doit recoller les pots cassés, et reprendre en main une vie dont il a été longtemps spolié. Dan Slott connaît désormais l'univers du tisseur à merveille, et il se débrouille avec une aisance déconcertante. Ce qui n'empêche que je garde encore de légères réserves devant la vindicte de Felicia Hardy, qui prend un tournant capital en se rangeant du coté des criminelles endurcies. Sympa et fort amusant par moments, du Spider-Man basique mais qui fait le job.



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