SECRET WARS LE BILAN : QUE RETENIR DES GUERRES SECRETES?

Quelques semaines après la fin des guerres secrètes en VF, l'heure est venue de faire un petit bilan. Avons-nous eu droit à une parenthèse surprenante et de qualité, ou juste à une opération commerciale de bas étage, qui se sera révélée au final décevante? La vérité est probablement cachée quelque part entre les deux. Je n'ai pu m'empêcher de louer l'idée au départ, surtout que certaines séries ressemblaient à des paris casse-gueule audacieux, qui méritaient d'être soulignés et supportés. Comment ne pas être étonné et admiratif devant le travail de Mike Del Mundo avec un titre aussi peu vendeur que Weirdworld, ou bien l'excellente revisitation du monde Marvel à la sauce Western proposée dans 1872? D'autres séries ont également été capables de placer la barre assez haute. Nous avons beaucoup apprécié la nouvelle mouture de Infinity Gauntlet; nous avons adoré la Civil War dessinée par Yu, et les aventures de la brigade des Thors ont été fichtrement bien menées. Ou bien soulignons l'humour sympathique présent dans le titre confié à aux guerres très secrètes de Deadpool, où les dessin magnifique de Andrea Sorrentino sur Old Man Logan. A côté de tout ceci nous avons tout de même eu entre les mains une bonne moitié de parution dont la qualité est fort discutable, voir véritablement passable ou mauvaise. Certaines déceptions viennent des attentes placées en des artistes de grande qualité, par exemple Renew your vows, avec Spider-Man et Adam Kubert, n'a pas été capable de correspondre à toutes nos espérances. Même chose pour les Guardians of Knowhere de Deodato Jr, qui ont été fort dispensables, où toutes les séries mutantes en règle générale, qui ne sont pas parvenues à tirer leurs épingles du jeu. Parfois le résultat était même à la limite du lisible, comme ce fut le cas avec les Ghost Racers, qui partait d'une bonne idée mais ont abouti à quelque chose de vraiment laid. Siege également m'a laissé complètement sur ma faim.

Il est louable que Panini ait décidé de tout publier en VF; s'il avait fallu faire le choix, les critères retenus auraient probablement fait crier au loup un grand nombre de lecteurs, et la plupart d'entre vous auraient été déçus, mais il faut aussi être honnête : connaissez-vous quelqu'un qui a acheté l'intégralité des mensuels Panini et les a tous lus avec un plaisir égal, ou tout du moins avec une véritable envie? Pour ma part je le répète, le pourcentage était d'environ 50/50, une moitié capable de vraiment me motiver, l'autre moitié à lire tout en bâillant ou en pensant que puisque j'avais investi quelques euros sur cet achat, autant le rentabiliser, quitte à s'en faire saigner les yeux. Né au départ comme un crossover cataclysmique qui devait bouleverser l'univers Marvel, Secret Wars se termine en fait de manière beaucoup plus intimiste, avec un final brillant et sensible, qui est aussi un hommage poignant aux Fantastic Four, qui nous quittent momentanément. Mais lorsque la trame principale adopte ce caractère personnel et introspectif, il est clair qu'il n'y a pas grand-chose à raconter à côté, lorsqu'il faut faire vivre plus de 40 autres mensuels, condamnés à être un simple exercice de style éphémère. La plupart des séries proposées par Marvel manquaient cruellement de caractère et d'ambition, et il aurait été souhaitable que les conséquences pour le nouvel univers Marvel soient beaucoup plus profondes et marquées. Au lieu de cela nous avons quelques nouveautés intéressantes, comme Miles Morales ou bien le vieux Logan qui s'insèrent dans la réalité unique, mais aussi une énorme majorité de trames potentielles ou de concepts fascinants qui sont passés à la trappe, et qui nous laisse en héritage un panorama all new all different qui ressemble quand même un poil trop à ce que l'on connaissait avant. Secret Wars méritait beaucoup mieux, aussi bien durant son déroulement qu'au niveau de ses ramifications. Gageons que ces prochaines années on s'en rappellera comme une excentricité parmi d'autres, à l'heure où les pseudo coups de théâtre et les relances velléitaires mais sans trop d'ambition se succèdent, à un rythme trop serré pour ne pas perdre en route les lecteurs les plus anciens ou exigeants. Je ne fais pas partie des pessimistes qui estiment que Marvel file droit dans le mur, loin de là, mais il est incontestable qu'il va falloir rendre à la Maison des idées une ligne directrice claire et, crédible au risque de mettre en danger des décennies de continuité, qui font tout le charme de nos super héros préférés. 


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