BATMAN DARK DETECTIVE : LE BATMAN SELON STEVE ENGLEHART ET MARSHALL ROGERS

J'admets que ce Batman Dark Detective était passé un peu en dessous du radar chez nous ,au moment de sa sortie... difficile de suivre tout ce qui arrive en librairie ces dernières années! Tâchons donc de remédier, car il s'agit d'un volume de grande qualité. Nous lisons là en fait un travail conjoint de deux artistes, le scénariste Steve Englehart, un des principaux démiurges de l'univers Marvel dans les années 70 -avant de passer sur Batman- et Marshall Rogers, dessinateur appliqué et couvert de louanges, qui a donné une interprétation classique et dynamique à la fois du justicier de Gotham. L'album est divisé en deux grandes parties historiques. La première, qui remonte à 1977, comprend une série d'épisodes de Detective Comics assez réjouissants. Le Batman n'est pas à la fête car le conseil municipal dirigé par un politicien corrompu a décidé de tout faire pour le mettre hors la loi; comme si cela ne suffisait pas il faut que le Dark Knight affronte l'habituelle galerie de vilains lâchés dans la ville, comme le docteur Phosphorus, le Pingouin ou bien encore Hugo Strange, psychologue complètement malade, qui parvient même à apprendre le secret de l'identité de son ennemi en piégeant Bruce Wayne dans un hôpital psychiatrique. Par contre bonne nouvelle côté cœur pour ce dernier, lors d'une des soirées mondaines à laquelle il est obligé de participer, le playboy milliardaire fait la rencontre de Silver Saint-Cloud, une jeune femme particulièrement agréable et intelligente, avec qui le courant passe tout de suite. Il suffit d'un drink et les deux sont amoureux... oui ça va très vite chez les super-héros. Blague à part, la demoiselle n'est pas idiote, et elle a vite fait de remarquer le petit manège de celui qu'elle a en face d'elle. Si Bruce rechigne à lui révéler sa double identité, ce n'est en fait que par déformation et scrupules professionnels, car Silver a tout compris. Le début d'une relation qui est véritablement au centre de ce Dark Detective, et que l'on retrouvera également dans la seconde partie de cet album. Ajoutez aussi l'apparition de Deadshot, qui est loin d'être le même personnage que vous avez pu voir dans le film Suicid Squad : ici il est encore présenté comme un riche séducteur qui aime jouer au criminel la nuit. Des épisodes classiques donc, parfois un peu naïfs, mais pour autant bien écrits et qui restent fort agréables à lire.

La deuxième partie de l'album est plus récente, puisque nous nous retrouvons en 2005, avec la mini série en 6 parties Dark Detective. Cette fois le rôle du grand méchant est tenu par le Joker, le dingue de service -qui dans les années 70 contaminait les poissons de Gotham et prétendait obtenir un pourcentage sur la vente de toute la faune marine arborant un sourire sardonique (dans la première partie)- a quelque peu évolué. Désormais il se lance en politique, et décide de devenir sénateur. Son programme est simple, votez pour lui ou autrement mourrez. Le grand problème c'est que Silver Saint-Cloud, l'ancienne flamme de Bruce Wayne, est maintenant la fiancée d'un autre candidat, intègre et dynamique, mais qui n'a pas le charisme, les muscles et le caractère intrépide de Batman. Silver dit l'aimer et avoir oublié son histoire avec Bruce Wayne, mais il suffit que les deux se retrouvent contaminés par le gaz de l'Epouvantail, qui les confronte à leurs peurs intimes, pour qu'ils se jettent l'un sur l'autre et forniquent comme des bêtes. Oubliée la promesse de Silver de se tenir au côté de son compagnon politicien! Cela dit, Batman va avoir du travail car ces personnages secondaires trop proches de lui ne tarderont pas à se retrouver embarqués dans les machinations du prince du crime. On pourra s'étonner du manque de déontologie de Bruce Wayne qui n'hésite pas à renouer avec Silver, juste après avoir promis qu'il n'éprouvait plus rien pour elle à son fiancé... mais que voulez-vous notre justicier est comme ça, de temps en temps son cœur chavire et il fait quelques bêtises. Pour le reste c'est une mini série bien écrite, fort intéressante à lire, avec un Double-Face fort pertinent également de la partie (et son clone, ou plus exactement ses clones...) et qui vient conclure un album librairie que je vous recommande chaudement. Malheureusement Marshall Rogers nous a quittés en 2007 et une troisième Bat-collaboration probable avec Englehart ne se fera donc jamais. Il nous reste donc ce témoignage historique vraiment sympathique à lire.





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