(MARVEL SELECT) MARVEL ZOMBIES : LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS

Ah ces Marvel Zombies! Non, je ne veux pas parler de ces fans qui achètent absolument tout ce qui sort chaque mois, mais plutôt des morts-vivants, c'est-à-dire la grande spécialité qui a rendu célèbre et riche un auteur comme Robert Kirkman. Celui-ci n'est pas seulement le scénariste de The Walking Dead, on le retrouve aussi en tant que démiurge derrière Marvel Zombies, la série. Le principe est très simple, nous avons affaire à tous les super-héros et les criminels en costume que nous avons l'habitude de suivre, mais transformés en morts-vivants, avec l'unique préoccupation d'assouvir une faim inextinguible. Le seul motif qui les poussent encore à aller de l'avant est la recherche de chair fraîche. Ce ne sont pas des zombies lents et maladroits, ici ils ont encore toutes leurs têtes, sont capables de parler, de raisonner, de s'allier ou de se trahir, jusqu'à ce que bien entendu la faim finisse par leur faire perdre la boule, et les transforme en animaux incontrôlable. Leur personnalité est plus ou moins celle d'avant la grande contamination, mais les corps sont en totale putréfaction, en décomposition, et les canines semble bien aiguisées. Dans un monde où pratiquement tous les personnages ont été atteints par la transformation, il reste bien peu de survivants à dévorer, et quand on parvient à mettre la main sur un de ces derniers, c'est une foire d'empoigne générale pour savoir qui aura le privilège d'y planter les crocs. Nous sommes bien loin des héros sans peur et sans reproche qui veulent sauver le monde; ici la version qui est proposée est extrêmement sarcastique... Captain America a la cervelle à l'air libre, il manque une jambe à Spider-Man, et Wolverine à un bras amputé. Gros problèmes aussi pour Bruce Banner, qui n'a pas un estomac suffisant pour contenir tout ce qu'a dévoré son alter ego Hulk. Il y a de fortes chances que toutes les versions zombifiées vous fassent hautement sourire. Point positif en plus, il faut le souligner, ce Marvel select propose les épisodes tirés de la série Ultimate Fantastic Four, qui sont un peu le prologue de tout ce qui va suivre : c'est en effet là-dedans que nous faisons connaissance (avec Reed Richards) pour la première fois avec cet univers en décomposition, et c'est Mark Millar qui en construit les fondations. 

Certaines scènes, certaines trouvailles sont vraiment terribles, et si ce n'est par le biais de l'humour qui transparaît tout de même derrière la tragédie, il faut avoir le cœur bien accroché devant ce qui se produit. Vous êtes ainsi face à un Hank Pym, savant de génie, qui découpe en petits morceaux la Panthère Noire, et le maintient en vie afin d'en faire une sorte de garde-manger permanent, le tout à l'insu de ses anciens compagnons, qui eux aussi ont très faim. Le destin de Magnéto est de finir dévoré. Le seigneur du magnétisme devient ainsi le festin des héros zombifiés avec un Hulk qui se régale. Phénomène inattendu, voici que tout à coup débarque le Surfer d'Argent, qui s'était momentanément éclipsé pour une aventure dans le cosmos, et qui a la grande déception de voir ces nobles et courageux terriens transformés en morts-vivants avides de carnage. La voix de la raison vient-elle de l'espace? Assurément elle ne sera pas suffisante pour rétablir l'ordre, à moins que derrière ne suit le grand patron, celui dont le Surfeur est le héraut, à savoir Galactus!
Les dessins de Sean Philips sont très efficaces, suffisamment caricaturaux, mais aussi suffisamment appliqués, pour faire vivre avec crédibilité et horreur tout cet univers en plein délitement. Chaque personnage conserve ses caractéristiques, mais il est en même temps présenté aux lecteurs dans une version horrible et désespérée. C'est sombre, sanguinolent, et même si j'avais trouvé cela décevant à la première lecture, en version originale, j'ai depuis complètement fait demi-tour, et je n'ai de cesse de recommander cette première mini série Marvel Zombies, qui est un petit bijou du genre. Je précise première, car il y en a eu d'autres par la suite, pour surfer sur le succès du genre. Ce Marvel select présente également la seconde minisérie, toujours écrite par kirkman. Le principe de base reste le même, avec la résistance "humaine" qui s'organise autour de la Panthère Noire, et des zombies qui ont encore et toujours faim. La nouveautés sont ceux-là qui jeunent depuis si longtemps qu'ils en sont devenus plus raisonnables, voire repentis. D'ailleurs, c'est aussi le grand point fort de ces histoires scénarisées par Kirkman, la conscience des actes atroces, la déchéance inéluctable dont sont victimes les personnages, tout ceci reste présent à l'esprit de la plupart d'entre eux, et c'est une lourde malédiction qui permet le grand écart entre l'humour et le pathétique/tragique. Un Marvel Select à la limite de l'incontournable, avec les couvertures si identifiables et magnifiques de Arthur Suydam.




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