ALL-NEW WOLVERINE ANNUAL #1 : QUAND LAURA RENCONTRE GWEN

Il est bien loin le temps où Wolverine était un mutant trappu et agressif, qui ressemblait autant à un animal qu'à un homme, et qui luttait continuellement pour réprimer ses instincts les plus bestiaux. On l'a vu devenir directeur d'un institut pour étudiants, bref une sorte de proviseur vieux sage, et puis il est mort. Depuis son remplaçant est en fait une remplaçante, une jeune clone (nom de code X-23), qui a totalement fait changé d'horizon à la série. Là où autrefois nous avions un des titres les plus durs et sans concession de l'univers Marvel, nous avons aujourd'hui un mensuel qui lorgne clairement vers un public plus jeune, voir féminin. Je sais que cela ne plaît pas à tout le monde, et cet annual (premier du nom de la nouvelle mouture) va être l'occasion pour ces derniers de manifester leur mécontentement. Car non seulement c'est Laura, la nouvelle Wolverine, qui occupe le devant de la scène, mais en plus nous avons à ses côtés la Gwen Stacy d'un univers parallèle, celle qui porte le costume si seyant et qui fait d'elle la terrible Spider-Gwen. Les deux adolescentes ont échangé leur corps à leur insu, une autre jeune fille avide de vengeance à mis au point un rayon permettant ce genre de permutation, et aussi bien Gwen que Laura vont devoir s'habituer momentanément à gérer de nouveaux pouvoirs et un nouveau contexte familial ou social. L'une est devenue l'autre. Ce sera l'occasion idéales pour les habituels quiproquos, des bourdes parfois amusantes et une incompréhension générale. Mais globalement toutes les deux vont réussir à unir leurs forces pour remédier à cette situation absurde. Le final est plein de bons sentiments, et le tout est d'une inconséquence complète. Tom Taylor pond ici un scénario sympathique mais qui ne possède aucune profondeur, et ne s'adresse clairement pas au lecteur exigeant qui aime les comics adultes ou fouillés. C'est un annual au ton et au style adolescents, donc qui divisera une bonne partie du lectorat. Le dessin est signé Marcio Takara, qui justement convient bien s'il s'agit de faire quelque chose dans cette veine. Son style est particulièrement efficace sans être caricatural ou expéditif, il parvient à crédibiliser l'ensemble, à condition bien sûr qu'on se laisse prendre au jeu de cette trame superficielle et légère. Il s'agit donc bien d'une parution ancrée dans l'air du temps, le genre de petite respiration sans lendemain, apte à faire venir de nouveaux lecteurs, de les amener à découvrir le personnage, mais qui feront bondir ou rugir d'avantage ceux qui regrettent le bon vieux Logan, et ses méthodes expéditives. Pour dire toute la vérité, je sais bien que je ne suis pas le cœur de cible de cette Wolverinette, mais j'admets me lasser  de ce type de publication où il manque une profondeur, une âme.



A lire aussi : 


Rejoignez la communauté sur Facebook!



Commentaires