CHRONONAUTS : LE DELIRE TEMPOREL DE MARK MILLAR ET SEAN MURPHY

Mark Millar, encore et toujours. en ce moment nous avons droit à toute une série d'albums qui mettent à l'honneur ce scénariste incontournable. après les récents Jupiters's Legacy et Starlight, c'est au tour de Chrononauts de voir le jour en Vf. Nous y voici donc. Une banale histoire de science-fiction, classique, ou bien une oeuvre formidable, qui mérite amplement l'adaptation au cinéma, comme il semblerait que ce soit déjà en bonne voie, grâce à Universal? Libre à vous de lire et de vous faire votre idée, mais Mark Millar ressemble de plus en plus à ces collégiens qui parviennent à décrocher la moyenne en rendant des devoirs corrects mais sans grand investissement et sans trop travailler. Ici il nous raconte une histoire de voyage dans le temps, avec un binôme fort sympathique, mais caricatural, deux scientifiques du nom de Corbin Quinn et Danny Reilly, que tout oppose, de la couleur des cheveux au caractère, en passant par la vie sentimentale, mais qui font pourtant flotter comme un parfum de "bromance" dans cette mini série en quatre volets, publiée chez Image. Les deux compères parviennent à diffuser des images de la Guerre Civile américaine en direct à la télévision. Façon de parler vu que ce sont des événements d'un passé lointain. Encouragés par ces résultats extraordinaires, ils décident de remonter le temps jusqu'en 1492, an de grâce de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Mais l'escapade sera fatale, et rien ne se passe comme prévu. A partir de là la série va pouvoir exploser, se divertir, nous surprendre. Le thème des paradoxes temporels est bien sur au centre de l'histoire, puisque si Corben se perd dans le flux du temps et qu'il est retrouvé 40 minutes plus tard par son compère, dans "sa" réalité ce sont plusieurs années qui se sont écoulées, qu'il a mis à profit pour fonder un vrai petit royaume. Si vous avez peur de l'effet papillon et que vous marchez sur des oeufs pour ne pas blesser un pauvre petit insecte qui engendrerait la fin du monde, ce genre de délire est certainement fort préjudiciable à long terme...

Et après tout, quand vous avez le pouvoir de faire ce que bon vous semble, en faisant joujou avec le temps, pourquoi ne pas devenir un pharaon dans l'ancienne Egypte, ou un souverain féodal japonais du XIII° siècle? Pourquoi ne pas aller jouer en bourse en profitant de vos connaissances du krach boursier de 1929? Pourquoi ne pas aller assister à la naissance de ... Jesus. Tout ceci n'est pas du goût de tout le monde, et bien entendu une force s'assemble pour mettre fin à ces caprices des plus périlleux, alors qu'une menace encore plus grave attend nos explorateurs à leur retour à Samarcande.
Chrononauts se laisse lire agréablement, ne mentons pas. Mais avec cette certitude d'avoir déjà lu, déjà vu tout cela quelque part, à plusieurs reprises. Un titre qui a l'odeur et les prétentions d'un blockbuster, qui soigne ses effets (spéciaux) et connaît par coeur les codes du genre pour toucher le plus grand nombre. Mais qui ne s'embarrasse pas non plus d'un fond novateur et très travaillé. Les rebondissements se succèdent, mais paraîssent par moments forcés ou convenus, même si il est vrai que l'ennui ne risque pas de vous guetter, à aucun moment. Coté dessin vous serez en bonne compagnie, puisque Murphy et Hollingsworth (The Wake) sont à nouveau réunis, et quand on sait le talent des deux bonhommes, inutile de vous dire que les planches sont visuellement réjouissantes. Chrononauts a tout pour plaire au premier instant, mais ce n'est pas l'oeuvre de Millar qui contient le plus de fond. C'est une récréation divertissante, une énième variation sur ce que nous pourrions faire si nous avions le luxe de faire joujou avec le temps, et ça aurait mérité d'être développé plus posément, avec des enjeux plus forts. Mais pour cette fois, ce sera avant tout de l'entertainment, baby. Et ma foi, même du Millar modeste, ça s'achète volontiers...


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