WOLVERINE LES ORIGINES - LA VERITABLE HISTOIRE DU MUTANT GRIFFU

Wolverine est indiscutablement un des personnages les plus charismatiques de l'univers Marvel, il a un côté bestial, le pouvoir de régénérer rapidement toutes les blessures, ainsi qu'un squelette recouvert d'adamantium et des griffes très tranchantes. Si certaines de ces caractéristiques lui ont été conférées par la nature -c'est un mutant après tout- d'autres sont l'oeuvre d'expérience cruelles et douloureuses. Quant à son caractère, sa personnalité, elle a été forgé au cours d'un passé lointain dont nous ignorions tout, jusqu'à il y a encore quelques années (2002). Le mystère de la véritable identité et du véritable background de Wolverine ont été une des colonnes portantes des séries mutantes, depuis l'apparition du canadien griffu. Ceci jusqu'au jour où Paul Jenkins (sous la supervision de Joe Quesada) décide de présenter ce récit fondamental, qui nous ramène au siècle dernier, dans la demeure des richissime Howlett. Un manoir que l'on dit construit sur les larmes, et où se succèdent les tragédies. Le couple Howlett a récemment perdu un enfant, et celui qui est toujours en vie (James) possède une santé bien fragile, torturé par de nombreuses allergies, et un retard de croissance évident. Pour lui tenir compagnie, on lui adjoint une jeune domestique orpheline du nom de Rose, dont la fraîcheur et la beauté vont perturber le quotidien de la riche famille. C'est que nous trouvons aussi un homme à tout faire violent, un jardinier ivrogne, dont le faciès n'est pas sans rappeler le Logan que nous connaissons (et le patronyme, Thomas Logan, est un indice sérieux) et qui possède lui aussi un fils. Ce dernier, surnommé Cabot, est victime des coups du paternel, et il endure une existence pénible, qui le transforme peu à peu en un petit voyou à la morale douteuse. Le triangle Rose/Cabot/James finit par exploser au sortir de l'adolescence, et débouche sur un drame terrible, le jour où le maître John Howlett décide de châtier Logan, son employé, pour les fautes commises par le fiston. En guise de représailles, les deux subalternes, père et fils, prennent d'assaut la propriété des Howlett et abattent le propriétaire, sous les yeux du fragile James. Brisé par la douleur, celui-ci explose comme jamais aupravant, et dans une rage animale, des griffes jaillissent de ses poignets, alors qu'il commet malgré lui l'irréparable. 

Accusés de meurtre, les jeunes James (qui ne comprend pas ce qui lui est arrivé et perd même la mémoire) et Rose (victime d'une machination) doivent s'enfuir et prendre la route pour un long périple. Le premier cité est finalement en bien meilleure santé qu'avant, et cette vie improvisée lui réussit assez, le fortifiant à vue d'oeil. Toutefois le travail à la mine, les dures conditions climatiques, et l'hostilité d'un chef cuisinier qui l'utilise pour évacuer ses frustrations, font que tout n'est pas parfait, et que le quotidien est aussi asez souvent une lutte sans merci. Une grande partie des six épisodes de la mini série est centrée sur ces années de formation, ce cheminement qui amène un gringalet soufreteux à devenir un petit homme des bois, fuyant au début la bataille et la violence, pour accepter inexorablement qui il est, ce qui le rend différent et potentiellement dangereux. Avec en toile de fond une passion pour Rose, qui l'a présenté comme son cousin, jamais consommée, et qui finira en tragédie, comme le veut tout bon récit initiatique du genre, qui met en lumière la solitude intrinsèque et la douleur profonde de Wolverine.
Andy Kubert illustre cette histoire avec panache, en livrant des planches subtilement datées et surrannées au niveau de l'atmosphère, bien servies par des couleurs ocres et bleutées qui accentuent la mélancolie et la distanciation temporelle avec le lecteur (Richard Isanove est parfait pour la mise en couleurs). Ici le blanc a peu d'espace, et les vignettes horizontales s'amusent avec les différents plans, qui varient habilement du plus large au détail très resserré. Un travail cinématographique de belle ampleur, qui est aussi parcouru de splash pages iconiques et émotionellement fortes. Le réalisme prime, et nous obtenons au final une aventure marquante. Si d'un coté nous regrettons toujours l'époque bénie où le mutant avait encore tous ses secrets, ce n'est certes pas la faute à ces "Origines" mais à ce qui a suivi, juste après. Car ce travail fondamental est solide, touchant, et à la hauteur de ce que nous pouvions en attendre à l'époque. Inutile de préciser que c'est une lecture importante, et que si l'univers Marvel fait partie de vos passions, vous vous devez de la connaître et de la posséder.


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