DOCTOR STRANGE TOME 1 : LES VOIES DE L'ETRANGE

Poursuivons notre revue de presse des sorties consacrées au Sorcier Suprême. Panini propose cette semaine le premier tome de la nouvelle série lancée en 2015, écrite par Jason Aaron, et illustrée par Chris Bachalo. Depuis longtemps déjà on vous le dit, c'est le genre de titre à ne pas perdre, un des meilleurs de la période post Secret Wars chez Marvel. L'heure est venue de s'en rendre compte, juste avant le film prévu dans deux semaines. 
La première impression que je me suis faite au sujet de cette nouvelle mouture du Doctor Strange, ce sont ces belles planches de Chris Bachalo, offertes en premier lieu au peuple d'internet, par la grâce des sempiternelles previews qu'on croise partout sur les forums spécialisés et les sites de news. C'était beau, fichtrement beau. Et puis le premier numéro est sorti en Vo, et ça s'est confirmé pleinement. Bachalo atteint de nouveaux sommets dans sa carrière, pour ce qui est de l'inventivité, la création, la folie douce qui explose de nombreuses pages. On lui pardonnera presque un manque de précision, d'application, dans plusieurs visages au second plan. C'est une course continue à la folie, l'absurde teinté de génie, entre un Sanctum Sanctorum aussi effrayant que déjanté, ou une représentation magnifique de la vie quotidienne à New-York, avec le commun des mortels en noir et blanc, ignare de ce qui se joue sur d'autres plans bigarrés d'existence, où on peut aussi croiser Stephen Strange nu comme un ver, en train de croiser le fer avec des sangsues interdimensionnelles, qui se nourrissent de la magie elle-même. Et puis parlons aussi de Jason Aaron. Le type a beaucoup de talent et partout où il passe ses prestations sont inventives et pertinentes. Ici il prend tout d'abord le temps de nous rappeler qui est le héros phare, ses origines, ses attributs, en quelques pages sympathiques et didactiques. Et puis on pénètre dans l'univers de la magie, le quotidien de Stephen Strange, fait de créatures venues de lieux dont vous ne soupçonnez pas l'existence, qui opère en catimini, comme les déjà mentionnées sangsues psychiques. D'ailleurs toutes ces manifestations horrifiques sont probablement liées, et il se prépare en secret une menace redoutable, qu'un petit appendice en fin de premier épisode nous définit plus clairement. 

L'Empiricus, c'est de cela dont il s'agit, a déclaré la guerre à toute forme de magie. Sur tous les plans de l'existence, les sorciers suprêmes sont pourchassés et exterminés. Stephen Strange est un des derniers, mais fort heureusement c'est aussi le plus puissant, ou presque. Quand il ne donne pas un coup de main à une jolie bibliothécaire venue solliciter son aide, pour se débarrasser d'une infection mystique, Strange doit repousser des créatures voraces et contagieuses qui infestent son manoir, événement précurseur de la catastrophe magique qui se prépare en coulisses. Finalement nous pouvons remercier le cinéma, car c'est bien le film à venir qui a poussé Marvel a redonner une série régulière aux maîtres des arts mystiques, presque deux décennies après la dernière en date. Et qui explique cette coolitude assumée qui définit le personnage, certes capable de défaire toutes les menaces magiques et maléfiques qui se présentent, mais aussi de rester disponible pour le quidam moyen qui viendrait solliciter ses services, ou même de draguer ses ennemies dans une dimension lointaine. Qui prend tout son temps pour remettre les choses à leur place, et y parvient en injectant aussi du neuf avec un humour décalé qui fait sourire (le "bar sans portes" où se rencontrent les rois du mystique Marvel). Bachalo, j'y reviens, étant le meilleur choix possible pour incarner le chaos ambiant, les monstres inimaginables et l'absence de règles physiques, dans un monde où les apparences sont trompeuses, et où notre mage préféré est un des rares à voir au delà de l'écorce, pour affronter l'indicible, l'invisible. Stephen Strange is back, avec tout pour plaire et emporter l'adhésion des indécis. Une série à placer d'emblée dans les must-have de cette fin d'année et qui remplit totalement le cahier des charges, à savoir rajeunir radicalement un héros méconnu de par chez nous, et lui insuffler cette touche sympathique indispensable pour en faire un ténor des ventes et des entrées. C'est tout le mal qu'on lui souhaite. 


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