LUKE CAGE (MARVEL DARK) DE BRIAN AZZARELLO ET RICHARD CORBEN

Luke Cage est un héros à louer, c'est-à-dire que lorsque vous avez un problème qui ne semble pas pouvoir être résolu de manière traditionnelle, en recourant aux forces de l'ordre par exemple, vous pouvez aller le voir, lui proposer une coquette somme, et en échange il s'en occupera du mieux qu'il le peut. Certes, il ne fait pas dans la philanthropie, et il vous en coûtera quelques billets verts... Pas de costume aux couleurs bariolées, pas de surnom super-héroïque, Luke Cage fréquente les bars malfamés sous sa vraie identité, et il s'attaque à tout ce qui rend la vie impossible dans les quartiers chauds, là où la police n'ose plus entrer et où elle encaisse de jolis pots de vins, lorsqu'elle décide de le faire. Cette aventure publiée par Panini au moment de la sortie de la série sur Netflix, fait partie de l'héritage de Joe Quesada, qui en devenant éditeur en chef chez Marvel, permet la naissance de la ligne Max, à savoir un label dans le label, qui s'occupe de comics pour un public adulte et qui n'a pas froid aux yeux. Ce Luke Cage là est une caricature de la blaxploitation et de l'attitude hip-hop que nous servent à longueur de journée les canaux de clips musicaux sur le câble. Dans ces pages, nous trouvons de tout : Luke avec bonnet, grosses lunettes rouges, écouteurs engoncés sur les oreilles, châines et joaillerie en or, prostituées et violence, play-ground sur lequel les gangs jouent au basket, et balles perdues qui touchent des innocents. Brian Azzarello (100 Bullets) est très bon lorsqu'il dépeint ce type de situation, et là il en profite pour en rajouter une couche, tombant volontairement dans l'exagération, ce qui fera qu'une partie d'entre vous sera exaspérée et une autre conquise, par cette version extrême. Richard Corben, grand spécialiste du style hyperréaliste et monstre sacré de la scène indépendante, s'occupe de dessiner ces pages. Il prend visiblement beaucoup de plaisir à pervertir les codes habituels des comics, pour décrire une vie quotidienne qui alterne laideur et outrance, débouchant ainsi sur une interprétation fort originale et inédite jusque-là de Monsieur Cage. 



Celui-ci est chargé par une mère de famille de retrouver l'assassin de sa fille. Comme déjà dit plus haut, certaines balles n'atteignent pas forcément la victime désignée... c'est ainsi qu'une jeune fille qui avait toute la vie devant elle s'est retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Luke Cage part donc à la recherche des vrais responsables, mais son enquête pourrait bien se révéler être plus compliquée que prévue, entre mafia italienne et petites frappes accros au crack. Cage justifie son salaire dans une mini série qui n'a absolument rien à voir avec la bande dessinée super-héroïque classique, et se révèle être une expérience toute personnelle et urbaine de lecture, à écouter avec une bande son hip-hop poussée au maximum, et sans préjugés aucun. Le plaisir de voir un grand gaillard pratiquement indestructible, traîner sa coolitude et sa nonchalance déterminée à travers les rues infréquentables de son quartier, pour aller briser quelques mâchoires et casser du loubard. Ouch!



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