DOCTEUR STRANGE LE SERMENT : NOUVELLE EDITION POUR UN ALBUM ACCESSIBLE A TOUS

Au départ c'est le Doctor Strange qui est en mauvaise posture. Blessure par balle (exactement comme dans le film) et opération en urgence. Pendant ce temps-là, il flotte au dessus de la scène dans sa forme astrale, sacré farceur notre sorcier suprême. Mais en réalité, ce n'est pas lui qui est le plus gravement atteint dans cette histoire. Le Serment est en fait une aventure dans laquelle Stephen Strange est engagé dans une lutte contre la montre, pour sauver la vie de son fidèle assistant et domestique Wong, qui est atteint d'une tumeur au cerveau apparemment incurable. Lorsque le Docteur découvre l'existence d'une potion magique, capable de sauver son seul véritable ami, il n'hésite pas un instant et se rend sur un autre plan d'existence, particulièrement dangereux, et s'oppose à un démon meurtrier. Le problème c'est qu'il n'est pas non plus le seul à être intéressé par cette mixture, et notre magicien ne tardera pas à se retrouver face à un autre mystérieux adversaire, qui semble bien le connaître. L'occasion pour se replonger dans le passé du personnage, lorsque Strange était présomptueux et égoiste, un chirurgien de talent très souvent imbuvable, jusqu'à ce qu'un accident de voiture le prive du plein usage de ses mains, l'amenant à effectuer un voyage mystique en Asie. Là où il rencontre le désormais célèbre Ancien, qui l'initie aux arts mystique. Un résumé rapide de ce que tous aujourd'hui savent déjà, tant j'ai eu l'impression de rabâcher ses origines ces derniers jours, sur UniversComics. Dans cet album nous trouvons aussi l'Infirmière de nuit, un personnage qui va jouer un rôle très important, et qui est un peu celle qui retape nos amis super-héros, lorsqu'ils se font tabasser trop sévèrement, lors de leurs combat clandestins. Les amateurs des séries Netflix le savent, elle est aussi visible à l'écran car interprétée par Rosario Dawson.

Cette mini-série est assez dynamique, plutôt intéressante, et elle a l'avantage de présenter une version exemplaire et cohérente du Docteur Strange, avec notamment des origines relatées de manière moderne et respectueuse. Le profil psychologique du chirurgien hautain, et son parcours jusqu'à devenir le héros Marvel que nous connaissons, tout ceci est bien construit, et les différences entre l'avant et l'après dans la vie du Docteur Strange sont bien mises en avant. Comme toujours Brian Vaughan utilise régulièrement l'ironie et l'humour, et parfois certaines références semblent presque irréeles, comme lorsque l'Infirmière appelle ironiquement Strange "Sherlock", et que lui répond par "Watson"... alors que l'acteur qui décrochera le rôle au cinéma (Cumberbatch) est aussi celui qui a interprété le célèbre détective anglais dans la série anglaise Sherlock. Aux dessins Marcos Martin à un trait propre, élégant, avec de faux airs rétro, qui permettent de s'adapter au ton du récit, et aux caractéristiques du personnage. La narration est toujours très fluide, avec des planches construites de manière classique et vintage, accentuée par le choix des couleurs de Javier Rodriguez. L'exception qui confirme la règle est la première page de chaque numéro, qui sert de rapide résumé des événements précédents. Nous avons donc là entre les mains un album qui ne prétend absolument pas révolutionner les codes du genre, offrir au lecteur une sorte de Ultimate Doctor Strange, mais qui est une porte d'entrée idéale pour ceux qui voudraient passer du cinéma au comics, sans être perdus où se sentir lésés.




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