REBORN #1 : APRES LA MORT IL Y A ... MARK MILLAR ET GREG CAPULLO

Allez, on ne me la fait pas. Je sais bien que vous faites partie de ceux qui attendaient avec impatience la sortie de la série de Mark Millar et Greg Capullo, intitulée Reborn. Nous y voici donc. Millar continue le tour de force de ne travailler qu'avec des artistes d'exception, et son tableau de chasse est impressionnant. Cette fois, place à une aventure qui affronte le thème de la mortalité, de ce qu'il y a après le trépas, et en donne une version pour le moins surprenante. Foin de paradis ou d'enfer, on débarque directement dans un univers de fantasy, avec Reborn! 
Bonnie Black, l'héroïne de l'histoire, est arrivée au terme de son existence. Elle a eu une vie heureuse, s'est mariée, est devenue mère, bref rien d'exceptionnel, si ce n'est l'obtention d'un petit bonheur familial que beaucoup rêveraient d'atteindre. Mais son époux est décédé, et désormais c'est la solitude qui est devenue sa compagne, alors que son corps manifeste des signes d'épuisement terminal, et qu'elle s'endort la nuit avec la boule au ventre, en pensant que cette fois, elle pourrait bien ne plus se réveiller. Sans trop de fioritures, toute cette partie est écrite avec justesse, et c'est crédible et poignant, sans tomber dans le pathos exagéré. Y compris quand arrive l'instant fatal, qui est abordé frontalement et avec la froideur et l'honnêté athée du scénariste. Si Bonnie ferme les yeux une ultime fois, c'est pour les rouvrir dans un corps jeune et habillée avec une sorte de tenue spatiale super-héroïque, sur le champ de bataille fantasmagorique d'un monde peuplé d'étranges créatures en guerre. 
Millar fait donc du Millar. Dès ce premier épisode l'évidence est claire. On a entre les mains le pitch parfait pour un film à venir, un succès annoncé. Rien de très nouveau, mais c'est la manière de le raconter, la facilité avec laquelle le lecteur est emporté dans le récit, qui fait la différence par rapport aux concurrents. Ce premier numéro s'ouvre aussi sur un carnage à Minneapolis, avec les victimes d'un sniper qui tombe comme des mouches. Ceci aura un impact sur ce qui va suivre, et il est évident qu'il va falloir en lire un peu plus pour avoir une vision périphérique des événements, et surtout des personnages qui graviteront autour de Bonnie.
Coté dessin, Capullo, donc. Une référence, une garantie, d'autant plus qu'ici il peut donner sa pleine mesure, avec ce coté rétro années 90 assumé qui plaira à un peu tout le monde, car là l'artiste s'applique, et a droit à une dernière partie qui ressemble à un coffre à jouets, avec des créatures grotesques et une belle bataille rangée. Ce qui contraste forcèment avec la première partie, qui est elle très humaine et terre à terre, et se révèle indispensable pour nous donner envie de nous attacher, et permet de créer le contraste complet avec qui vient ensuite. Reborn ressemble donc déjà à un classique moderne, et semble promis à une belle réussite. La Mark Millar touch est un label qui ne trompe pas. 



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