SPIDER-MAN 6 (EN KIOSQUE) : JEU DE POUVOIRS

Il est vraiment loin le temps où le pavide Parker se faisait chahuter en cours par Flash Thompson et sa bande de sportifs. Où la Tante May faisait une demie douzaine d'infarctus par semaine, sans pouvoir se payer les médicaments nécessaires à sa santé. Où le pauvre Peter allait vendre des photos de Spider-Man à l'irascible Jonah Jameson pour se payer une boite de préservatifs avant de sortir avec Gwen Stacy, et finalement jeter ces ustensiles en plastique, faute de ne pas les avoir utilisés avant la date de péremption. Aujourd'hui Parker est un entrepreneur multimilliardaire. Il gère un empire financier avec des filiales dans le monde entier, ce qui est pratique quand l'ennemi du moment s'appelle le Zodiaque, une organisation qui fait une fixette sur les signes astronomiques du même nom, et qui est menée par le Scorpion, dont la véritable identité se cachait depuis des mois en plein jour, sous les yeux de notre héros. Le Zodiaque tente de s'emparer de l'Orrory, un précieux artefact qui lui permettra d'asseoir sa domination sur le monde. Spider-Man fait obstacle, bien qu'une grande partie des satellites du monde entier soit hors-service. Avec Nick Fury (la version afro-américaine récente) le tisseur part dans l'espace pour utiliser un de ces satellites et repérer le Scorpion, avant de l'arrêter une bonne fois pour toutes. Et là cramponnez-vous bien : Spider-Man qui fait une chute libre depuis l'espace et atterrit plus ou moins sur ses pieds grâce à de modestes parachutes de toile! Top crédibilité. S'en suit un combat dans Paris, avec pour une fois des français qui sont représentés, dans un comics Marvel, comme des gens bien et courageux, qui savent reconnaître un héros quand ils en voient un, et se serrer les coudes. Dan Slott est gentil avec nous, sur le coup, mais l'impression est que là on vire radicalement vers le too-much. L'idée d'un Spider-Man garde du corps d'un Parker richissime a du bon et change un peu des habitudes, mais est-ce nécessaire d'aller aussi loin dans l'improbable? Pendant ce temps-là, le lecteur devine que le retour d'Octopus n'est plus très loin, lui qui continue de surveiller AnnaMaria Marconi depuis le robot domestique qui l'accompagne. Le dessin est de Giuseppe Camuncoli, et on aurait du mal à s'en plaindre; c'est à la fois élégant, dynamique, et inventif, pour que ça colle parfaitement au ton de la série. Cependant disons le franchement, on a eu assez du Zodiaque, et on aimerait aussi un tisseur plus terre à terre, car là, ça vire un peu au tout et n'importe quoi...




De son coté, Miles Morales fait la connaissance de Felicia Hardy, aka la Chatte Noire. Cette dernière n'a guère apprécié de se faire tabasser par Spider-Man (qui était alors dans sa version Superior, avec l'esprit d'Octopus aux commandes) et depuis elle a viré à la criminelle assoiffée de revanche. Du coup, c'est d'un très mauvais oeil qu'elle a vu l'apparition d'un nouveau tisseur en ville, bien que finalement torturer un newbie qui n'a rien à voir avec l'original ne lui procure aucun plaisir. Pendant ce temps là ça se corse niveau famille et double identité pour Miles, qui a une grand mère assez intolérante, et une vie d'ado comme les autres, qui ne s'accorde pas avec la carrière de super-héros. C'est fun et se laisse lire agréablement, par Brian Bendis et Sara Pichelli. Par contre la série Spider-Man 2099 est assez ennuyeuse. Cette version de Miguel à notre époque, embauché au sein des laboratoires Parker, ne présente que peu d'intérêt. Peter David semble être en mode écriture automatique, et les dessins de Will Sliney sont corrects. Le héros tente de pénétrer dans la chambre d'hôpital De Jasmine, une collègue, mais Marko la Montagne joue des muscles et lui obstrue le passage. Passionnant, non? Bon j'exagère, il y a d'autres enjeux plus fins derrière, mais j'ai la nostalgie de la vraie grande époque de Spidey 2099. Bref, pas le meilleur moment de la revue. 




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