VENOM #1 : UN NOUVEAU VENOM SIGNE MIKE COSTA ET GERARDO SANDOVAL

Il flotte comme un parfum des années 90 au terme de ce premier numéro de Venom. Tiens c'est tout simple, je vais chercher voir si le nouveau WildCats ou Witchblade est arrivé en comic-shop... Je plaisante, mais ce sont les reflexes narratifs et artistiques de l'époque qui dominent ce nouveau titre, dont la lecture du premier rendez-vous ne me convainc pas à prolonger l'aventure. Comme souvent dans le monde merveilleux de Marvel, les choses changent, et puis rien ne change. Le symbiote était lié avec Flash Thompson, pour de périlleuses missions au service du gouvernement américain, avant d'être envoyé dans l'espace aux cotés des Gardiens de la Galaxie, dans un rôle de Spaceknight assez surprenant. Là, nous ramenons les pieds sur terre, et fréquentons à nouveau les quartiers malfamés de la ville, et les clochards et criminels qui la hantent. Un nouveau personnage est mis à l'honneur, un certain Lee Price, vétéran de guerre et qui ne trouve plus sa place (ni de job) à son retour aux States, avec de surcroît un handicap évident (il lui manque deux doigts). Le type n'est pas forcément très expansif, ni même voué à devenir une star chez Marvel, mais bon, vous savez comment vont les choses, il faut bien payer le loyer, les traites, la nourriture... Et parfois, ceux qu'on croise et qui nous offrent une opportunité ne sont pas des enfants de choeur. En l'occurence Lee se retrouve impliqué dans une transaction initiée par McGargan, alias le célèbre Scorpion des origines. C'est alors que le lecteur se rend compte du petit tour de passe-passe dont le scénariste Mike Costa a eu l'idée : inverser les rôles. En fait la narration appartient au symbiote, et lorsque celui-ci va fatalement fusionner avec Lee Price, ce sera pour être submergé par la haine et l'immoralité, et être controlé par ce dernier. 



Car oui normalement le symbiote est un parasite qui pousse son hôte à commettre des crimes horribles, et sans cette présence, ce dernier est en général un individu posé et porté au bien (Peter Parker, Flash Thompson, même Eddie Brock, qui n'était pas un psychopathe, juste un journaliste frustré). C'est vraiment le point intéressant de ce premier numéro, l'impression que la dynamique, dans cette nouvelle version de Venom, sera fort différente. Car le reste, c'est en premier lieu un récit somme toute assez banal, et en complément des dessins signés Gerardo Sandoval que je n'apprécie pas le moins du monde. C'est une explosion brouillonne qui pêche son inspiration dans de vieux mangas, ou chez Joe Madureira. Mais Joe Mad a l'avantage de présenter des visages et des formes qui ont un charme, un style racé, pour peu qu'on aime cela. Ici c'est très sombre, à l'emporte-pièces, et par endroits carrément amateurial, manquant de soin et de finition. Du coup, si certaines pistes peuvent devenir plaisantes et donner envie d'en savoir plus, beaucoup de lecteurs risquent déjà d'être rebutés après une vingtaine de pages. Mention passable. 


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