MARVEL UNIVERSE HORS SERIE 2 : CAPTAIN MARVEL

Nouvelle existence pour Carol Danvers, quelque part là-haut au dessus de nos têtes. La voici à la tête d'une station orbitale et d'un véritable équipage, le tout dénommé simplement... Alpha Flight. Nous sommes loin du concept de départ de la Division Alpha chère à John Byrne, jamais égalé depuis sa création et son développement par le génial auteur canadien. Certes, nous trouvons dans les pages de ce hors-série des personnages comme Sasquatch, le nain Puck, ou Aurora (Jeanne-Marie Beaubier) qui sont là pour faire la transition entre ce qui fut et sera. Carol semble à l'aise dans ce rôle de commandante en chef, elle va devoir gérer les affaires courantes, mais ce sera à sa façon. En gros, ne comptez pas sur elle pour ronfler devant l'ordinateur, ou pour se comporter comme une fonctionnaire comptant ses RTT. Elle, ce qui l'intéresse, c'est l'action, prendre au part aux missions les plus périlleuses, aux cotés de ses troupes, comme lorsqu'une pluie de gros météores s'abat sur la base. Un problème qui semble anodin à première vue, sauf que ces fragments de roche ont été provoqué par une explosion artificielle, un contretemps fabriqué qui risque de mener droit à un incident diplomatique, avec une race extraterrestre hébergée au sein d'Alpha Flight. Autre sujet épineux, la découverte par Captain Marvel et son équipage d'un vaisseau spatial organique à la dérive, qui une fois exploré et réactivé recèle des pièges inattendus. L'occasion pour les scénaristes, Michele Fazekas et Tara Butters, de rappeler le patrimoine génétique kree de l'héroïne et les liens qui l'unissent à l'histoire de Mar-Vell, dont le nom est à jamais inscrit au firmament des comics. La bonne surprise, c'est que finalement Carole est bien caractérisée, bien appréhendée par les auteurs. 

Kris Anka est lui un dessinateur dont j'ai tendance à apprécier vraiment les couvertures. Mais dès lors qu'il s'occupe d'un ou plusieurs épisodes à la suite, ça se corse. Son style emprunte au manga, se concentre sur des formes ébauchées qui manquent de finition. Il donne de la rapidité et du mouvement, au détriment de la profondeur (un comble quand on veut dessiner des scènes au fin fond de l'espace) et de la majestuosité. De plus nous avons probablement affaire ici à du "tout digital" et ça se sent, respire l'artificiosité, manque de caractère, de patine. C'est dommage car la série n'est pas mauvaise, et développe même des relations attachantes, avec du potentiel, entre certains des personnages secondaires, et Carol Danvers, qui semble à son aise dans cette nouvelle fonction. Mais on a l'impression que Marvel n'y croyait pas excessivement non plus, et qu'il s'agissait juste de gagner du temps avec Civil War II (où Captain Marvel joue un rôle prépondérant) et un nouveau nouveau relaunch lorsque le film avec Brie Larson arrivera dans la dernière ligne droite. Certaines cases, censées nous montrer des combats dans l'espace, un déballage de pouvoirs et d'explosions, sont carrément indigentes et illisibles. Personne ne l'a noté, du coté de l'editor? Du coup, en attendant, ce titre est comme bridé, sans être pour autant à déconseiller. Le rapport pages/prix proposé par Panini permet heureusement de tenter l'aventure sans se ruiner. 


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