ROGUE ONE - A STAR WARS STORY : LA REVIEW DU FILM

Cette fois nous sortons enfin de la chronologie officielle, de la saga véritable, pour aller creuser dans les interstices, aller voir si dans les marges il n'y a pas des détails ou des récits apocryphes qui traînent. Dans l'univers des séries ou du cinéma, ça s'appelle un spin-of. Voici venir Rogue One, qui admettons le semble passionner les foules un tantinet moins que le récent réveil de la Force, mais qui reste un événement interplanétaire étroitement surveillé par l'Empire... Mais je m'égare. 
Ce qui est amusant avec Rogue One, c'est que nous savons déjà (presque) tous que la mission périlleuse et vitale qui anime la seconde moitié du film est vouée au succès. Il suffit d'avoir vu le premier film historique Star Wars (épisode IV donc...) pour en avoir le coeur net. Idem sur le destin tragique des héros de ce long métrage... Certes ils sont attachants et courageux, mais s'ils ne sont pas présents dans la première et grande trilogie, il y a forcément une raison que vous pouvez deviner. Du coup disposer ainsi de personnages sacrifiables libère la production du fardeau de l'happy end à tous prix, et donne droit à une dernière demie-heure somptueuse, un gigantesque combat entre ciel et terre comme on n'en voit que trop rarement, et qui fait passer les premiers films Star Wars pour de simples mises en scènes avec des figurines et des maquettes. Ce qui n'est d'ailleurs pas faux, rappelons le. Et encore plus admirable! 
C'est ici le conflit entre l'Empire et l'alliance rebelle qui est au centre de l'action. Les méchants vont le devenir encore plus,a vec une arme totalement folle, capable de détruire des planètes, qui est mise en chantier : c'est l'Etoile Noire, que l'on ne présente plus. Pour achever ce chef d'oeuvre de puissance militaire, il faut convaincre le scientifique Galen Erso de collaborer, quitte à s'en prendre à sa famille. La petite Jyn parvient à s'enfuir, et elle fait perdre ses traces quinze ans durant, jusqu'à ce que les forces de l'Alliance la tire du cachot pour une mission d'importance vitale : retrouver le paternel, qui est accusé d'avoir mis au service de l'Empire toutes ses compétences technologiques, et le mettre hors d'état de nuire davantage, dans la plus grande discrétion. Pendant quarante ans, tout ce qu'on nous raconte ici est resté contenu dans les didascalies d'ouverture du premier film, où on nous révélait à l'emporte pièce que durant une grande bataille victorieuse des rebelles, des plans secrets pour en finir avec l'Etoile Noire avaient été volés. Ne nous y trompons pas, le but est aussi de rassurer les fans déçus, de les dédommager, en les ramenant sur un terrain connu et pourtant à défricher. Et c'est plutôt bien fait! 


Nous sommes si proches, et si loin. C'est du Star Wars, ça en a le goût, ça en a la saveur, mais les fins gourmets ne s'y trompent pas, c'est un dérivé bien fichu, mais qui ne prétend pas ressembler en tous points à l'original. L'emballage est différent, l'habillage ne cherche pas la fidélité authentique. Pas de logo, de menu déroulant en ouverture, ni de thème musical si familier, l'oeuvre de John Williams étant tout de même vaguement présente grâce à la variation sur le thème de Michael Giacchino. Le scénario est de Chris Weitz et Tony Girloy, tandis que c'est le réalisateur du gros et ébouriffant Godzilla, Gareth Edwards, qui se cale derrière la caméra. Les personnages du film sont globalement tous bien campés, et on appréciera de voir une femme dans le rôle phare de ce volet dérivé, à savoir Jyn Erso , interprétée par l'anglaise Felicity Jones. Si on excepte une vague romance désespérée en fin de film, de beaux moments lui ont été réservés, et le duo formé avec le mexicain Diego Luna, qui est le rebelle Cassian Andor dans le film, fonctionne bien. Finalement les rôles tenus par Forrest Whitaker (Saw Gerrera, un rebelle terroriste tapi dans sa grotte dont on comprend assez peu les motivations) et Mads Mikkelsen (Galen Erso, l'ingénieur qui est, contraint de mettre son talent au service de l'empire) sont moins importants et écrits, et servent plus un objectif fonctionnel que l'ambition de faire briller les interprètes. Bien entendu, certaines règles ne peuvent changer, comme la présence du droïde du jour, ici K-2SO, création impériale reprogrammée, qui finira bien décliné à toutes les sauces funko pop et autres figurines articulées pour les fêtes. Sauf que s'il a droit à quelques scènes sympathiques et apportent un humour froid et décalé (pas très drôle, le Rogue One, en fin de compte), son design est moins attachant et rassurant que celui de ses prédécesseurs à circuits. La Force est de la parti aussi, avec le combattant/sage/mystique illuminé du jour, qui au beau milieu des combats les plus acharnés recourt plus à sa foi inébranlable, à ses convictions intérieures, qu'aux gros calibres dont se servent ses partenaires rebelles. Cerise sur le gâteau, les clins d'oeil à Star Wars, the real Star Wars, achèvent de séduire le spectateur, de Darth Vader à la princesse Leia, en passant par R2-D2 ou l’amiral Tarkin, qui ressuscite Peter Cushing, grâce à une copie 3D animée numériquement. 
Agitez l'ensemble avant de servir très chaud, et saupoudrez votre soirée avec ce Rogue One. Vous obtiendrez un plat plus épicé et sophistiqué que l'original, moins "du terroir" et authentique, mais qui vous fera sortir de table avec la sensation d'avoir bien mangé. L'estomac plein, on est plus enclins à écrire une critique positive.




Un très très grand merci à l'équipe du Pathé Gaumont de Nice (et spécialement Jean Baugé), à l'association Galaxie Vésubie 06, au staff d'Alfa Bd, la librairie bd de Nice. Ce fut un plaisir d'être avec vous à la soirée Rogue One mercredi soir. 


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