GOD COUNTRY #1 : L'ANNEE DEMARRE BIEN CHEZ IMAGE COMICS!

Image Comics nous avait averti, il va y avoir beaucoup de nouvelles bonnes séries en 2017. On commence donc tout de suite, avec le premier numéro de God Country, qui se déroule dans un bled paumé du Texas, le genre qui sent la paille et le désert, avec de vieux ranchs décrépis et une densité de population qui ferait passer le Cantal pour Metropolis. On baigne en plein drame familial, avec Rick qui sacrifie son existence pour apaiser les derniers jours de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer. Au détriment de sa femme et de sa petite fille, qui sont totalement désemparés devant le comportement du vieil homme. Celui-ci fugue régulièrement et il est ramené par le shérif local, qui ferme les yeux devant ses accès de violence sénile. Par contre, lorsque le grand-père descend les escaliers en hurlant, voulant chasser de chez lui tous les "intrus" et menaçant de les tuer, famille comprise, ça en est trop pour l'épouse, qui reprend la route et laisse le mari face à son paternel. Une terrible maladie, qui vous bouffe jusqu'à votre identité, ne laissant derrière elle qu'un champ de ruines complet, plus de souvenirs, plus de sensation, aucun espoir. Ici bien entendu, l'histoire va rebondir de manière totalement inattendue, avec l'arrivée d'une tempête si  soudaine et virulente qu'elle en est surnaturelle. Et en émergera une sorte de démon infernal, vaincu par le malade, de nouveau gaillard et sur le pied de guerre, en possession d'une épée fabuleuse qui lui confère force et pouvoirs. Si ce n'est pas étrange tout cela, que vous faut-il de plus!
Alors, série approuvée ou pas? Oui, pleinement. Le gros point fort du récit concocté par Donny Cates, c'est la capacité de présenter et rendre attachants et crédibles les personnages principaux, en quelques vignettes seulement. On comprend la douleur et la détermination du fils, on saisit la tragédie que vit le père, et le sentiment d'abandon et d'impuissance du reste de la famille. Geoff Shaw et Jason Wordie suivent le rythme avec une élégance fort naturelle. Le trait sauvage et pourtant admirablement détaillé du premier est magnifié par les couleurs sablonneuses et les ombres menaçantes du second, et l'histoire est diablement biens servie par un rendu graphique de toute beauté. La conclusion de ce premier numéro nous promet même un coté fantasy et mythologique fort intrigant pour la suite, et à en croire la voix narrante qui accompagne ces pages, cela ne fait que débuter, et vont suivre de gros gros événements. Inventif, touchant, bien amené, voilà un nouveau titre Image que je vous recommande chaudement, au coeur de cet hiver enneigé. 




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