ELEKTRA #1 : UNE NINJA À LAS VEGAS

Si Elektra est un personnage entré de plein pied dans la légende Marvel, c'est à Frank Miller que nous le devons. Depuis la mort de la première petite amie de Matt Murdock, puis sa résurrection (forcément...), il y a eu assez peu de moments forts dans sa carrière éditoriale, en réalité. Je retiendrai, à titre personnel, le passage de Chichester et McDaniel sur le titre Daredevil (le controversé mais inspiré Fall From Grace) et la récente prestation de Mike Del Mundo, que Panini a publié l'an passé dans sa collection 100% Marvel. 
Avec l'arrivée de Netflix sur le marché, et la série télévisée Marvel's Daredevil, Elektra subit un lifting évident, ne serait-ce qu'au niveau du costume, qui se rapproche évidemment de ce qui est visible à l'écran. Objectivement la tenue rouge sang est classieuse et sexy, mais ce n'est pas ce qui se fait de plus discret pour des combats en mode urbain, au coeur de la nuit. La ninja est de retour donc, dans un contexte différent de ce que nous pouvions attendre. Place aux casinos de Las Vegas, l'enfer du jeu, qui est pavé de mauvaises intentions. Dans les hôtels de luxe de Vegas, tout se mise et le vice est de mise. Les filles faciles et l'alcool, la drogue, circulent aussi aisément que les billets verts sur les tables de baccara. Dans cet environnement de stupre et de criminalité déguisée, Elektra (grimée en blonde désabusée) se prend de compassion pour une des serveuses du bar, qui se confie à elle et subit les pires maltraitances de la part de son boss. Le bien peu regardant malfrat sera puni comme il se doit, et la ninja entre en action dans toute sa splendeur. A coups de shurikens et avec son saï bien aiguisé, elle va faire le ménage, et rappeler que sa réputation n'est pas usurpée. Avec un twist final qui nous montre qui tire les ficelles dans l'ombre, et risque d'être le principal antagoniste des numéros à venir.
Je m'attendais à un titre plus léger, voire inconsistant, mais la description des abus de ces ultra-riches qui exercent leur domination et leur influence sur le commun des mortels est assez impitoyable, et le scénariste Matt Owens n'économise pas les moments explicites, notamment avec des caméras de sécurité qui nous montre que derrière les portes closes, il s'en passent de belles, c'est à dire de mauvaises choses... De petits clins d'oeil sympathiques font référence au passé d'Elektra, et finalement le personnage n'est pas trahi, dans sa froideur et son efficacité en action. Bon point aussi pour Juan Cabal. Si j'ai du mal avec les planches qui respirent un peu trop le travail en digital, il faut admettre que la plastique des personnages, la grâce qu'il infuse dans les corps et l'action, fait de ce numéro quelque chose d'agréable à parcourir. Alors bien entendu, je ne pense pas que cette nouvelle mouture puisse entrer au panthéon du genre, soyons sérieux, mais ce premier numéro, qui se termine assez vite, assure pleinement la fonction qui est la sienne. 





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