MARINEMAN (GLENAT COMICS) : UNE QUESTION DE VIE OU DE MER

Au rayon comic-books qui explore les fonds marins, vous avez le choix, et pas seulement entre Namor, le prince des Mers, perpétuellement courroucé et en slip de bain vert, et Aquaman, le héros mal aimé de chez Dc. Vous pouvez aussi aller voir du coté de Ian Churchill, qui a proposé en 2010 une bonne petite série intitulée Marineman. Marineman, ce n'est pas un super héros alien ou un mutant télépathe. Il s'agit de Steve Ocean (avec un nom comme cela, tout un programme...), une sorte de scientifique/aventurier/écologiste/spécialiste de la faune et flore marines. Steve fait la une des revues spécialisées, réalise de nombreux Dvd, et il est devenu une star incontournable dans son domaine. Il participe à des conférences, signe des autographes à de splendides bimbos en extase devant ses gros muscles, mais il doit encore se remettre de sa dernière rupture en date (six mois se sont écoulés, Steve ne semble pas pressé de se replacer sur le marché du célibataire qui cherche). Son meilleur ami est Jake, qui est aussi son cameraman dans les profondeurs marines. En attendant l'amour, il dompte les requins et travaille aussi pour le compte du paternel, qui dirige un incroyable laboratoire sous-marin situé dans des grottes ancestrales, la "Base Marine Alpha". C'est là qu'est en phase de réalisation un projet top secret et que réside une grande partie des mystères qui entoure le personnage principal. Aux yeux du grand public, Ocean n'est donc qu'une sorte de commandant Cousteau avec des pectoraux et un charisme fou, jusqu'au jour où il intervient pour sauver la vie de Jake en direct télévisé. Forcément, quand le présentateur vedette disparaît plusieurs heures sous l'eau, en apnée, et qu'il remonte frais comme un gardon, l'heure est aux explications. Oui, Marineman n'est pas qu'un "entertainer" pour les chaînes du câble, il a aussi une super force, respire sous les flots, et pourrait bien n'être pas aussi humain que vous ou moins. Ou alors l'être un peu plus...



Les origines véritables de Marineman font bien entendu parties des grandes lignes directrices du scénario, qui puise sans vergogne dans les grandes heures des comics naïfs d'autrefois. Ian Churchill, qui s'occupe de tout dans ces pages, adopte d'ailleurs un trait le plus souple et immédiat possible, avec de belles lignes rebondies et une mise en couleur claire et vivifiante. Son héros est positif, est là avant tout pour aider, nous ne sommes pas dans le révisionnisme post moderne à la Alan Moore. Même quand ses attentes et ses croyances sont trahies, sa colère ne dure pas, et il n'en profite pas pour justifier un massacre ou se retourner contre ses amis ou alliés, mais il continue de se maîtriser, pour accomplir son devoir, et sauver une belle gradée de l'armée qui a su subtilement le séduire. Marineman, c'est un scénario linéaire, une ambition de divertissement affichée, six épisodes qui se laissent lire d'une traite, et un bel album sans prétention, publié en vf chez Glénat Comics voilà quelques années. On pourrait croire qu'il y a une suite, que Marineman est partie pour une belle petite carrière dans le coeur des fans, mais l'aventure s'arrête là, au terme d'un premier jet sympathique, mais qui n'a pas échappé à la noyade. Si vous n'avez jamais lu, Marineman mérite bien que vous lui consacriez une bonne heure de votre temps. 



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