WRAITHBORN TOME 1 : JOE BENITEZ S'INSTALLE CHEZ GLENAT COMICS

Ces derniers mois, Joe Benitez s'est rappelé à la mémoire des lecteurs français, par l'intermédiaire de Lady Mechanika, son arlésienne steampunk, enfin débarquée sous forme d'albums librairie. Si vous en voulez encore, voici donc une dose supplémentaire, toujours chez Glénat, avec une autre série, Wraithborn. Si on entre tout de suite dans le vif du sujet, avec du combat et une héroïne badass qui tranche au sabre comme le charcutier découpe ses rillettes, on fait aussi très vite un pas en arrière, histoire de comprendre quand tout a commencé, et comment, pour Mélanie, la star de la série. C'est une gamine effacée et peu sûre d'elle-même, qui fait tout pour assurer de bons repas à son paternel, et vit une existence à mi chemin entre le calvaire (les sports collectifs...) et l'anonymat, quand elle est va en cours dans son lycée. Pas la reine de la soirée donc, mais la fille qui reste dans le fond de la salle, et fait tapisserie. Pourtant elle est mignonne, et d'ailleurs Benitez de se prive pas de faire se cambrer ses personnages, d'envoyer de la jeune fille toute maigre mais à la poitrine surgonflée à l'école. On nage en plein dans les années 90, les jambes sont un peu plus longues que l'anatomie lambda, et les planches sont érotisées sans vergogne. 
Une vie comme tant d'autres pour Mélanie, donc, jusqu'au soir où elle va croiser un guerrier du nom de Valin, qui va l'introduire aux arcanes de ce qui rôdent dans l'ombre, à la lisière de notre monde. Des créatures maléfiques qui n'attendent que la bonne opportunité pour nous envahir, et contre lesquels la seule arme efficace s'avère être le Wraithborn. Qui s'incarne en Mélanie; lui conférant de la sorte de formidables pouvoirs, qui vont vite aussi attirer leur lot de formidables ennuis.




Si la série a d'abord été prévue pour DC Comics, Benitez (et Marcia Chen) a ciselé l'ensemble, apporté moults retouches et ajouts, pour cette version 2.0 (présentée en Vo sur le propre label de l'artiste) qui débarque chez Glénat. Le scénario est assez efficace et structuré, mais ne présente guère d'originalité, tant on a l'impression d'avoir déjà lu et relu ce genre de récit initiatique et riche en hémoglobine et en démons. Tout est un peu forcé et va très vite, on saute ainsi d'une agression dans un cimetière, interprété comme un cauchemar, à "super, je peux communiquer avec des forces magiques de l'au delà" dès le lendemain, comme si c'était le chose la plus naturelle du monde. Coté dessin, Benitez est bien entendu capable de fort jolies choses, et pour peu que vous aimiez ce style assumé (les bouches pulpeuses et grandes ouvertes, les courbes affriolantes et pas toujours crédibles, et aussi les postures et les suggestions "malsaines" par endroits, admettons-le) vous allez être ravis. Wraithborn apparaît pour ce qu'il est, un pur produit d'une façon de faire du comic-book qui a connu son apogée aux premières grandes heures d'Image Comics, mais qui n'est plus nécessairement ce que cherche le lecteur exigeant et tatillon. Certes, c'est agréable à regarder, tout coloré, affriolant. 





A lire aussi : 



Commentaires