IRON FIST CHEZ NETFLIX : LE GUIDE DE LECTURE DE LA CARRIERE DE DANNY RAND

Iron Fist est bien arrivé chez Netflix. Entre ceux qui détestent déjà, et ceux qui sont aux anges, se situe le peuple du milieu. C'est à dire les spectateurs interloqués, qui aimeraient bien lire un peu les aventures de Poing d'acier, mais ne savent pas trop où mettre le nez. Alors aujourd'hui, on récapitule.
Le personnage naît en 1974, fruit du travail d'équipe de Roy Thomas (qui pour le nom est influencé par un film de kung-fu vu durant l'enfance) et du dessinateur Gil Kane, inspiré lui par le classique Spider-Man. 
Fils d'un richissime industriel américain, Danny Rand part en Asie avec ses parents, à la recherche de la mystique cité de K’un L’un, mais le drame survient, alors qu'un collègue du paternel, Harold Meachum, laisse mourir Wendell Rand durant une terrible ascension. Désirant les faveurs de l'épouse, il voit là l'occasion parfaite pour assouvir ses envies. Autre tragédie, une meute de loups passe à l'attaque, et le petit Danny est sauvé par sa mère qui s'interpose bravement. Il est recueilli par les archers de K’un L’un, puis amené à s'entraîner à la dure avec Lei Kung, le maître de tous les Iron Fist. Voilà pour le super bref résumé condensé, qui ne rend vraiment pas honneur à la complexité du parcours initiatique du bonhomme. Mais le temps et l'espace sont des tyrans, il fallait synthétiser.
Dans les années 70/80 Iron Fist va obtenir sa propre série, et les artistes à l'oeuvre sont de véritables pointures du genre. Chris Claremont et John Byrne, la doublette qui allait donner aux X-Men leur réputation mythique. Le titre ne dure qu'une quinzaine de numéros, mais se révèle être de grande facture, avec aussi l'introduction de Sabretooth (Dents de Sabre) comme ennemi acharné de Iron Fist.
Dans les années 80 le public semble se lasser de deux phénomènes propres à la décennie précédentes. Les films d'arts martiaux, et la blaxploitation ne sont plus de mode, et les éditeurs ont la bonne idée d'unir Luke Cage et Danny Rand dans le mensuel du premier cité, à partir du numéro 50 (Power Man & Iron Fist) pour limiter la casse. Ce sera un vrai succès d'estime, avec la création des héros à louer (Heroes for hire) et d'une véritable bromance qui reste un modèle du genre, que Netflix a pensé justement de devoir faire fructifier. Mais la série va s'arrêter au numéro 125, avec la mort (très controversée) d'Iron Fist, ce qui vaudra à Jim Owsley le scénariste (connu aujourd'hui sous le pseudo de Christopher Priest) un beau déluge de critiques. Du coté des apparitions en tant que guest-star, notons une aventure en particulier, sur les pages de Daredevil #178, réalisée par un certain Frank Miller. Une première rencontre entre Danny et Matt Murdock, que Brian Bendis utilisera bien des années plus tard.

Il faut attendre 1991 et John Byrne (again) pour que Iron Fist revienne. Il est de retour sur les pages de Namor (#21 à #25) dans une saga qui nous explique que le vrai Danny Rand était prisonnier d'une race de plantes humanoïdes, dans un cocon amniotique, et que celui qui a péri n'était donc pas le bon! On a un peu de mal à y croire, mais comme à l'époque Byrne fait de petits miracles avec le Prince des mers, on finit par accepter tout ceci, qui est d'ailleurs à (re)lire dans les pages de Strange, le célèbre mensuel des éditions Lug/Semic, qui a permis aux lecteurs français de se familiariser avec les super-héros Marvel durant des lustres.
Brian Bendis (on y arrive) rapproche pour sa part, dans les années 2000, Iron Fist de Daredevil. Au point qu'il remplace momentanément le diable rouge dans le costume, histoire de faire croire à l'opinion publique que non, Matt Murdock et DD ne font pas qu'un. L'avocat est en prison, pendant ce temps-là, et la première Civil War frappe à la porte.
En 2008, coup de jeune et succès public garanti avec Immortal Iron Fist, série produite par Ed Brubaker et Matt Fraction, avec les splendides dessins de David Aja. On plonge et revisite le passé du héros, qui au passage perd sa tenue verte un peu démodée. Il y a de tout dans ces pages. Du kung-fu certes, mais aussi un vrai thriller haletant, de l'action comme Marvel sait en produire, bref c'est un condensé de styles et la magie opère (et se répétera plus tard, avec les mêmes artistes, pour Hawkeye. Mais c'est une autre histoire). Duane Swierczynski et Travel Foreman arrivent par la suite, mais le titre perd de son intérêt et de son aura. On y rencontre tout de même Misty Knight (vue elle aussi sur Netflix) qui est enceinte, et avec qui Danny a eu une relation à courant alterné. Mais cela sera oublié par la suite, et n'aura pas de conséquences importantes pour Iron Fist, qui partage donc avec Luke Cage jusqu'aux petites amies potentielles. de vrais potes, on vous dit.

Avec Bendis au scénario, et Luke Cage en tant que chef de groupe, Iron Fist bénéficie d'un peu de piston (la vie ça marche comme ça) et rejoint les plus grands héros de la Terre. Pour l'occasion, son costume change radicalement (après 40 ans plus ou moins identiques) et vire au blanc. Il participe au crossover Avengers Vs X-Men, en tant qu'instructeur pour la jeune Hope Summers, future Phénix annoncée (Hope, que deviens-tu? Passe nous un coup de fil si tu lis ces lignes...) L'expérience vindicative tourne court, et en 2014 on retrouve le personnage avec une série régulière entièrement réalisée par Kaare Andrews, à savoir Iron Fist : the living weapon. Douze numéros (et deux tomes chez Panini) où Andrews s'occupe d'absolument tout, et mixe assez habilement l'héritage de la gestion Brubaker/Fraction/Aja, les origines traditionnelles du héros, et de nouveaux élements comme la journaliste Brenda Swanson ou un jeune moine de K'un L'un. Admettons-le, ça en jette, avec des dessins qui explose la page, une mise en couleurs un peu criarde mais efficace, une sorte de blockbuster à la dynamite qui mise avant tout sur l'efficacité et le dynamisme. 
Et le présent? il est donc constitué d'une série télévisée diffusée et produite par Netflix, qui aboutira à la formation et l'intégration dans le groupe des Secret Defenders. En comic-book, nous avons assisté au retour du duo Power Man & Iron Fist, dans une série Marvel Now (seconde du nom) confiée à David Walker et Sanford Greene. Poing d'acier plus vivant que jamais, en somme. 




Le Iron Fist de Claremont, dans une belle édition économique, en Vo





A lire aussi : 



Commentaires