LE DEUIL DE LA FAMILLE (BATMAN) (DC COMICS LE MEILLEUR DES SUPER-HEROS TOME 39 CHEZ EAGLEMOSS)

Volume 39 : on avance, on avance. Reprenons donc le fil de la collection Eaglemoss / Dc comics, en kiosque, avec encore un volume consacré au Batman de Snyder et Capullo. Cette fois, préparez-vous à faire le deuil de la famille. Bigre, ça fait froid dans le dos.
Le titre fait bien sur écho à la célèbre aventure de Jim Starlin, durant laquelle le Joker trucida le pauvre Robin (Jason Todd) à coup de barre de fer, et que Urban (et Eaglemoss!) a réédité il y a quelques temps dans un très bel album librairie. Du coup, on se doute que l'épilogue sera teinté de drame, et on s'attend à un final choquant et bouleversant. En fait, de quoi s'agit-il? Disons qu'après avoir développé un long récit basé sur la lutte entre Batman et les Hiboux, Scott Snyder ressort le Joker du placard dans laquelle il semblait confiné, depuis les prémices de l'opération New 52, alors qu'il s'était fait atrocement décoller la peau du visage par le Taxidermiste (dans Detective Comics, l'autre titre du Dark Knight). Défiguré, méconnaissable, le cinglé en chef de Gotham a eu tout le temps de méditer son retour, c'est à dire sa revanche, d'autant plus qu'il semblerait bien qu'il détienne des informations personnelles sur son grand ennemi, qui lui permettent de s'en prendre à ses principaux alliés, l'un après l'autre. Le Joker connaît apparemment les identités civiles de Nightwing, Catwoman, Batgirl, et les autres, et il va s'en servir pour abattre son grand rival une bonne fois pour toutes. Il s'en prend aussi à la famille élargie, comme dans le cas de la mère de Barbara Gordon, torturée et mutilée, ou le majordome Alfred Pennyworth. En fait, l'action est divisée et répartie de manière intelligente dans plusieurs séries. Le mensuel d'Urban, Batman Saga, présentait lors de la première édition Batman, Catwoman, Batgirl, face aux conséquences de ce come-back mortel, dans des rebondissements qui se répondent les uns aux autres, en parallèle, sans toutefois interagir de manière rédhibitoire pour celui qui déciderait de faire l'impasse sur un des titres concernés. La qualité graphique est remarquable, avec bien sur Capullo sur Batman, et ce sont ces épisodes (le nerf de la guerre) que Eaglemoss choisit de mettre en avant dans ce volume 39 de sa collection intrigante. Une fois encore, Batman va se heurter à la folie méthodique d'un adversaire plus impitoyable que jamais, qui semble rejouer la comédie de ses premiers faits d'armes, avec quelques variations qui permettront peut être aux héros de l'histoire de déjouer ses plans. 


Le lecteur est choqué et poussé dans ses derniers retranchements avec cette saga. Le héros également. Cette fois, comment Batman pourrait bien se sortir des griffes du Joker (en fait, les plus ingénus pourraient même croire qu'il est mort, mais vous le comprenez aisément, c'est assez improbable) alors qu'il est totalement à sa merci, lui, mais aussi tous ses alliés, ses amis, sa petite famille? Le discours de fond est aussi psychologique que pathologique. Il existerait une forme d'amour, un lien morbide, entre le Dark Knight et le Joker. Les side-kick, les Robin, se seraient que des poids, des entraves affectives, qui empêchent Bruce Wayne de devenir le justicier implacable et impitoyable qu'il devrait être. Et donc, de tuer son ennemi de toujours, ce clown triste paradoxalement toujours en pleine crise de fou rire mortel. L'union de ces deux-là ne peut se faire que dans une étreinte fatale. Et  le Joker maintient la pression, en prétendant être entré en possession d'un calepin sur lequel Wayne aurait consigné tous ses petits secrets, et avoir déjà pénétré dans la Batcave. C'est fort plausible puisqu'il parait connaître l'identité des héros sous les masques de Gotham, de Nightwing à Red Robin, de Batgirl à Red Hood.
Alors oui, la confiance entre les membres de la Bat-Family n'est plus ce qu'elle était, oui Bruce a voulu se la jouer en solitaire et il a perdu de son prestige, oui le Joker a encore échoué et semble parti pour de bon, mais qui peut y croire, quand on connaît le potentiel commercial du personnage? C'est le petit défaut de ce genre d'histoire, qui semble prête à briser à jamais le quotidien des justiciers de Gotham, mais a recours à un escamotage un peu trop facile pour ne pas franchir le cap. Reste donc une aventure désespérée, nerveuse, angoissante, avec un dénouement trop convenu, trop sobre. Qu'à cela ne tienne, ça secoue, et ça vous scotche sur place, le temps que ça dure.





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