LOGAN : UN ADIEU SIMPLE ET BOULEVERSANT (UNE SECONDE CRITIQUE SUR UC POUR LE DERNIER WOLVERINE)

Deux avis valent mieux qu'un! Alors on repasse une couche, ce mardi, avec le film Logan, actuellement dans les salles. Merci à Clément Bastianini, auteur de cet article, et que vous retrouverez probablement ici même, à l'avenir, pour d'autres cinécomics. Rappelons que vous êtes les bienvenus si vous souhaitez vous-aussi jouer aux rédacteurs. N'hésitez pas à nous contacter.

Nous y voilà. Malgré tout, il est difficile de parler de Logan, difficile de se dire que maintenant, Wolverine par Hugh Jackman, c'est terminé. On pourra cependant arguer du fait que toutes les meilleures choses ont une fin (heureusement que la conclusion de cette ère entamée il y  a 17 ans dans le premier X-Men s'achève avec ce film... imaginez qu'elle se soit achevée avec X-Men:Apocalypse, la licence mutante aurait définitivement un visage médiocre auprès de tout le monde!). En terme cinématographique, on ne pouvait rêver de meilleure fin pour notre glouton préféré. Après The Wolverine, James Mangold a bien revu son ambition et livre un final violent, dur, touchant, drôle, simple, pour celui qui est désormais l'icône des X-Men sur grand écran. Logan est en fin de parcours, affaibli, fatigué, du fait de sa longue (et douloureuse) vie. Il s'occupe d'un Charles Xavier tout aussi faible, et désire rester le plus discret. Malheureusement, discrétion et Logan ne rimant pas, les embrouilles pointent aussitôt le bout de leur nez, alors qu'une jeune mutante mystérieuse, Laura, va contraindre ce vieux Wolverine à la protéger, face à un groupe qui lui a fait subir les mêmes expériences que l'ancienne « Arme X ».
La grande force de Logan est avant tout sa simplicité. Comme le dénote le titre, on suit simplement l'histoire d'un homme, et non plus un surhomme. Logan n'a jamais été aussi vulnérable, et la présence de Laura lui apporte un tout nouvel aspect dans sa vie : celui de père et de formateur, à l'instar de ce que le Professeur X a été pour lui. Ce Wolverine affaibli est donc beaucoup plus proche d'un héros des plus traditionnels, comme un cow-boy défendant son territoire, ou encore mieux, un père. C'est pour cette même raison que les enjeux du film se trouvent être bien moins impressionnant que ceux des précédents films de la licence, outre le fait que Logan soit confronté à des énièmes groupe ou organisation menant des expériences illégales, il fait également face au déclin de sa société (ce n'est pas anodin si le film traite de jeunes clandestins mexicains qui cherchent à traverser la frontière du Canada pour quitter les Etats-Unis...), tout en prenant soin des êtres qui lui sont cher. Le film réussit à faire en mieux ce que ratait X-Men Origins : Wolverine, dont l'histoire est tout de même étrangement assez similaire (on revient là-dessus tout de suite après), dans le sens où on retrouvait également un Logan qui défendait comme il le pouvait des personnes qu'il aimait...enfin juste une personne. Kayla, qui lui a raconté une histoire pourrie qui servait d'origine au nom de Wolverine. Mais là où le premier spin-off consacré au griffu avait raté le coche en enlevant au personnage sa bestialité, pour en faire définitivement un super-héros, Logan taille littéralement dans le vif, rendant le canadien plus violent que jamais. Entre les jambes, les bras et les têtes qui volent, sans oublier les nombreuses giclées d’hémoglobines, le film se dote d'une violence extrême, qui le rend à la fois incroyablement dur (ce Logan mourant ne rigole définitivement plus, s'il sort ses griffes c'est bel et bien pour charcuter ses ennemis de la manière la plus abrupte qui soit. A côté de ça, les précédentes séquences d'actions avec Wolverine ont l'air bien douces...), tout en apportant une certaine maturité à la saga : comme le dit Logan « Dans le monde réel, les gens meurent ». Le film s'annonce définitivement comme la synthèse la plus « adulte » qui soit sur Wolverine, après que nous ayons grandi pendant 17 ans avec lui.


On notera également un bel hommage appréciable au matériau de base. Alors que Logan voit les « comic books » comme une connerie qui déforme la réalité, ce sont ces mêmes comic books qui vont le guider pendant tout le film (tout en faisant un beau clin d’œil à la fameuse combinaison jaune classique du héros), et encore mieux, comme à nous tous (lecteurs de comics), ce sont eux qui permettent à Laura d'avoir encore de l'espoir, et qui pousseront Logan à assumer ce rôle de héros qu'elle voit en lui, une dernière fois.
On regrettera cependant quelques faiblesses au film (il en fallait malheureusement bien quelques-unes). En évoquant plus haut X-Men Origins : Wolverine, on ne peut s'empêcher de voir dans Logan quelques similitudes, qui vont au-delà de la simple coïncidence. Outre la séquence avec les fermiers, qui apporte une nouvelle fois une dimension maudite à Wolverine, condamnant tous ceux qui croisent sa route à  se faire tuer injustement (de la même façon que les Huston se font tués dans Origins), le troisième acte du film est presque identique à celui d'X-Men Origins : Wolverine, on retrouve une nouvelle fois une arme mutante développée par un groupe dans le but de contrer, surpasser ou même tuer Wolverine (Deadpool dans le premier, X-24 dans celui-ci), arme qui empêche Logan de protéger de jeunes mutants captifs ou pourchassés. Malgré deux symboliques sympathiques (seul Wolverine peut tuer Wolverine, et Laura, en éliminant X-24, « tue le père », assurant ainsi dignement la relève de Logan) on peut regretter le manque d'originalité de ce troisième acte, qui était presque forcer de retomber dans les travers de l'aspect « divertissement du film ». De plus, on peut aussi regretter les énièmes facilités de scénario, qui insistent lourdement sur un élément de l'histoire qui sera amené à être utilisé ultérieurement en cas de besoin (ce qu'on appelle un implant, la balle en adamantium en est un exemple, lourdement réutilisée pendant tout le film pour pouvoir éliminer l'antagoniste, ou encore, la réplique du western que regarde Laura, tellement marqué à l'image et au son qu'elle était obligée d'y refaire références plus tard dans le film). Enfin, y a t-il besoin d'évoquer encore, les incohérences chronologiques liées à la saga X-Men, tant celles-ci sont présentes dans chaque film depuis le premier film solo consacré au mutant ?
Néanmoins, ces quelques faiblesses ne suffisent pas à gâcher l'expérience de la dernière aventure consacrée à  Wolverine, d'autant que pour sa « dernière fois » dans le rôle, Hugh Jackman se surpasse complètement et livre sans doute sa meilleure prestation dans la peau de Logan. Violent, dur, drôle, émouvant, Jackman ne manquera pas de faire décrocher quelques larmes, de même pour Patrick Stewart, qui propose une nouvelle version surprenante de Charles Xavier, pour sa dernière interprétation du rôle. Bien que voir ce Professeur X sénile perdre ses moyens puisse être déroutant, Stewart, de part son capital sympathique montre un Charles Xavier des plus touchants, dans son rôle de « grand-père » désormais. Enfin, apparaissant comme une véritable révélation, Dafne Keen crève l'écran dès ses premières apparitions. Son expression faciale sévère, ses hurlements, son jeu, elle interprète une Laura/X-23 époustouflante, violente, sauvage. Peut-être la plus grande réussite du film. 
Un mot sur le reste du film, on peut regretter une absence de musique, Marco Beltrami ayant composé un thème très sympathique sur le précédent Thé Wolverine. On apprécie pourtant le soin apporté à l'image et aux couleurs (notamment cette teinte dorée dominant majoritairement le film, notamment du fait qu'une partie du film se passe à la frontière du Mexique, et que la traversée des personnages se fasse dans des déserts), qui font de Logan  un film infiniment supérieur à ses confrères en terme d'esthétique, de même pour les design très post-apocalyptique (pensons à la planque de Logan, ou même au design de Caliban), conférant une bonne ambiance à la « survival », qui ne nous manque pas de nous faire penser à certaines œuvres comme The Last of Us ou encore Mad Max : Fury Road.
Logan est donc une adaptation de comics comme on aimerait en voir plus souvent, une adaptation qui prend son personnage au sérieux, en apportant un grand soin à son univers et à sa réalisation, tout en abordant des thèmes qui s'accordent parfaitement avec ce qu'est le film (la filiation, l'héritage, la vieillesse, l'acceptation de la mort), et en faisant écho avec la situation actuelle des Etats-Unis (peut-être Donald Trump sera-t-il le créateur, ou le responsable de l'univers de Logan ?). En résulte un film bouleversant par sa simplicité, et on n'en attendait pas moins pour faire nos adieux au mutant interprété par Hugh Jackman, qui aura définitivement marqué le genre super-héroïque en le lançant définitivement il y  a 17 ans, et en prouvant qu'il peut encore être aujourd'hui, traité intelligemment avec respect et sérieux.



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