THE MAGDALENA #1 : LE COME-BACK POUSSIF DES ANNEES TOP COW

Grosse plongée dans les années 90 (et les 25 ans de l'étiquette Top Cow) avec le nouveau titre consacré à The Magdalena. Il s'agit du volume 4, comme aiment le considérer les américains. Un personnage, ou plutôt un concept, qui remonte à 1998, initié sur les pages de The Darkness #15 en pleine période de gloire pour Joe Benitez ou Witchblade. 
Les Magdalena possèdent une arme mystique, une lance qui aurait percé le corps du Christ en croix. Elles appartiennent aussi à la lignée de Marie Madeleine. Elles s'opposent à des hordes de démons maléfiques, et sont un peu les paladins de la chrétienté, dont elles assurent la protection face à toutes sortes de dangers surnaturels. Le bras armé du Pape. La plus connue d'entre ces servantes se nomme Patience, et nous la retrouvons au début de cet épisode du retour. Elle a la trentaine, et n'est pas au sommet de sa forme. Après avoir été blessée par un démon, elle se rend compte que ses capacités de guérison sont fortement compromises, et que l'heure est peut-être venue de passer la main. Du coup, cela signifie trouver et former une remplaçante, pour qu'elle puisse à son tour endosser la fonction propre aux Magdalena. 
Tini Howard et Ryan Cady font dans le classique, l'ultra classique oserais-je dire. Ils ne bouleversent pas vraiment l'histoire de la série, et misent leurs fiches sur une dynamique usée jusqu'à l'os, une bonne grosse vieille histoire de transmission des pouvoirs, d'une génération experte à une autre insouciante et encore adolescente (ou presque), qui va devoir vite s'adapter et comprendre quelles seront ses nouvelles responsabilités. Le dessin de Christian DiBari manque encore de caractère et de justesse. La construction des planches est assez claire mais le style s'égare par moments, entre un Mark Texeira bien moins puissant et audacieux, et un Leinil Yu des débuts, quand il n'avait pas encore la pleine possession de son talent. Certains visages, certaines poses, sont plutôt disgracieuses, et figées. Bref, ça manque fortement d'impact, même si la couleur vient en jeter un maximum, histoire de booster cette aventure où des démons sortent vous titiller. Mention spéciale à celui qui revêt la forme d'une mouche infectant un tatouage censé l'invoquer, et qui attaque avec sa horde bourdonnante (Beelzebub). Maya Dos Santos, la nouvelle élue, nous plonge elle dans un univers gothique et rock, renforçant ainsi le coté cliché de ces pages, qui peinent vraiment à convaincre, et ressassent des trucs déjà publiés par un peu tout le monde ces trente dernières années. The Magdalena arrive donc bien après la guerre, quand l'armistice a déjà été signé et que les belligérants pensaient jouir d'un repos mérité. Si encore une exploration fine et pertinente des contradictions de la religion chrétienne suivait dans les prochains épisodes, on pourrait réviser notre jugement, mais ici il s'agira avant tout de produire du cool nostalgique, à une époque où Image nous a habitué à mille fois mieux dans son catalogue. 






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