X-MEN GOLD #1 : NOSTALGIE ET POLEMIQUE AU MENU

Pour aller de l'avant, il faut savoir parfois regarder en arrière. Rien que le titre est éloquent : X-Men Gold, un clin d'œil appuyé aux années 90, à l'époque où les mutants connaissaient un succès considérable, au point de dominer les classements de vente de comics, chaque mois. Depuis les temps ont bien changé, les X-Men sont beaucoup moins dans l'air du temps et depuis la révélation des Inhumains, c'est encore pire. Il faut dire qu'au cinéma la franchise est détenue par Fox, et non pas Marvel Studios, et cela contribue grandement à reléguer ces personnages légendaires au second plan. Toutefois nous voici arrivés à une période cruciale que l'on nomme ResurXion. Après le spécial de la semaine dernière intitulée X-Men prime nous voici donc avec le premier numéro de X-Men gold; cela démarre de façon un peu particulière, avec un combat entre nos mutants, désormais menés par Kitty Pryde -qui a beaucoup grandi et aujourd'hui assume parfaitement l'héritage de Charles Xavier- et Terrax, qui est plutôt un des ennemis habituels du Silver Surfer par exemple. La haine contre les mutants est toujours aussi forte, elle se distille dans les médias et elle est alimentée par des discours haineux à la télévision. Mais Kitty résiste, et avec son équipe elle fait de son mieux pour montrer que humains et mutants peuvent cohabiter. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle est prête à sauver les meubles, lorsque les Nations Unies elles-mêmes sont attaquées... à côté de cela nous avons des scènes qui fleurent bon le retour en arrière, voir l'impossibilité d'écrire des choses nouvelles. De la traditionnelle partie de softball, qui nous ramène à ces grands moments sportifs de détente dans les années 90, jusqu'à la relation désormais achevée mais régulièrement évoquée, entre Kitty Pryde et Piotr Rasputin. En fait l'élément principal de ce X-Men gold, qui a fait couler beaucoup d'encre ces jours-ci, c'est la polémique concernant le dessinateur Ardian Syaf.

Si celui-ci fait plutôt un bon boulot dans la mise en page et la manière de raconter l'histoire, il est assez fainéant lorsqu'il doit s'occuper des détails, des visages au second ou troisième plan. C'est assez souvent bâclé et quand on y regarde de près, cela se voit vraiment. Mais ce n'est pas ça le pire. Le dessinateur à inséré des chiffres se référant à des versets du Coran (sur la casquette et le T-shirt d'un personnage) qui interprétés à l'aune des récents événements en Indonésie (une protestation contre Basuki Tjahaja Purnama, gouverneur de Djakarta, de confession chrétienne, accusé d'avoir blasphémé contre le Coran et de sympathie trop prononcée pour la communauté chrétienne et juive)) assume un caractère antisémite, ce qui a provoqué la réaction immédiate de Marvel et de tous les sites spécialisés, qui se sont jetés sur la nouvelle comme des loups affamés. Autre élément à charge, on voit apparaître, dans une vignette où Kitty s'adresse à la foule des humains en colère, l'inscription jewelry (bijouterie) dont ne sont visibles que les premières lettres (jew = juif, et Kitty Pride est de confession juive). A défaut de porter un jugement sur cette situation, qui pour l'instant jette surtout le discrédit sur le travail des éditeurs (cela n'aurait pas dû passer et être filtré par Marvel avant parution, mais comment s'en apercevoir sans une véritable connaissance de la géo-politique asiatique et du Coran?) se pose la question des messages politiques ou religieux personnels que les artistes peuvent avoir envie de glisser dans leurs œuvres. Je n'ai absolument rien contre l'idée que ces derniers puissent s'exprimer et avoir des opinions, mais j'ai de très forts doutes qu'un titre comme X-Men gold soit vraiment la tribune idéal pour le faire, et la totale certitude que dès lors que ce message peut-être interprété comme une vexation ou une stigmatisation d'une communauté ou d'une religion, nous tombons dans la provocation gratuite, ou le racisme assumé, si l'intention est celle de pointer du doigt. Dommage car cela risque de gâcher les début d'une série qui est capitale pour l'avenir des mutants. Il est temps que les X-Men relève la tête et on compte sur Marc Guggenheim pour y parvenir. Oui je suis nostalgique, je les aime bien les mutants!



Marvel a réagi en affirmant que les vignettes incriminées allaient être corrigées pour les impressions à venir, et que des mesures seraient prises à l'encontre de l'artiste. Ardian Syaf pour sa part a nié toute volonté de faire passer un message antisémite. A noter que le scénariste de la série (Guggenheim) est issue d'une famille de confession juive, et qu'il est ironique que cela se produise sur X-Men Gold, couleur qui n'est pas rappeler la maudite étoile jaune imposée au peuple juif durant la seconde guerre mondiale. Polémique regrettable, quand on sait que le message principal, de toutes les séries mutantes depuis leur création, est la tolérance et le respect des différences de l'autre, de tous les autres.
Tentative maladroite de faire passer un message incompris? Antisémitisme de bas étage? Honnêtement, je suis juste comme vous, un simple lecteur, et je n'ai pas envie de m'arroger le droit de condamner sans connaître les détails intimes de cette affaire. Qui sent quand même mauvais, fort mauvais. 


Le mot de la fin pour l'artiste lui-même :
Hello, Worlds…
My career is over now. 
It’s the consequence what I did, and I take it.
Please no more mockery, debat, no more hate. I hope all in peace.
In this last chance, I want to tell you the true meaning of the numbers, 212 and QS 5:51.
It is number of JUSTICE. It is number of LOVE. My love to Holy Qur’an…my love to the last prophet, the Messenger…my love to ALLAH, The One God.
My apologize for all the noise. Good bye, May God bless you all. I love all of you.
-Ardian Syaf-


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