ECUREUILLETTE CONTRE L'UNIVERS MARVEL : SQUIRREL-GIRL PLUS FORTE QUE TOUS

Ecureuillette. Rien qu'à partir de cette entrée en matières, je sais que nous allons perdre une partie du public. Je ne vous cache pas, par ailleurs, que je ne suis pas le lectorat cible de cette parution. Mais que voulez-vous, il faut savoir garder l'esprit ouvert, d'autant plus que c'est la meilleure manière de faire d'excellentes rencontres, et de débusquer des albums surprenants, sur lesquels on n'aurait pas parié un kopeck.
Alors nous y voici. Squirrel-Girl est Doreen Green dans la vie civile. Elle est jeune, c'est une geekette qui est entourée par des amis dans son genre, et elle fréquente ces dernières années le gratin des super-héros. Elle aussi sauve la veuve et l'orphelin, elle est même capable d'éviter une catastrophe ferroviaire en s'allongeant sur les rails et en se faisant passer dessus (sans aucun jeu de mot, au sens littéral) par tout le convoi. Bref, il faut la prendre au sérieux. Même Tony Stark fait appel à ses services, surtout quand il récupère un étrange appareil arraché à un des doyens de l'univers, et qu'il ne sait pas faire fonctionner. A quoi peut servir l'engin? Quoi de mieux pour comprendre son utilité, que d'avoir des cobayes sous la main, genre...des écureuils? Bien entendu, chez Marvel (Disney) aujourd'hui, utiliser des animaux pour une telle tâche est impensable, alors l'histoire convoque une séance de baston sortie de derrière les fagots, excellent prétexte pour provoquer la confusion, le chaos, et pour que Ecureuillette soit projetée par inadvertance dans la machine. A sa sortie, grande surprise, ce sont deux personnes qui apparaissent, en tous points identiques. Deux Squirrel-Girl, qui vont pouvoir cohabiter, s'allier, ou simplement...se taper dessus, et provoquer une catastrophe. Bien entendu rien de tout ça n'est présenté avec grand sérieux, c'est du second degré à l'énième puissance.  


Deux Ecureuillettes, voilà qui est pratique pour éradiquer le crime. C'est à cette conclusion qu'arrive Doreen et Allene, l'autre elle même. Sauf que à bien y penser, qui est responsable de tous les malheurs sur Terre? Les écureuils (qui pourtant vivent peu et meurent facilement)? Certainement pas. les humains pardi! Ce sont eux la plus grande menace pour la planète et son écosystème. Ryan North fait un truc de dingue pour dingues, c'est à dire qu'il orchestre la domination programmée du monde par une Squirrel Girl qui se combat en personne, non sans demander de l'aide aux Avengers. Aveux de ma part, oui c'est assez fun, il y a des scènes qui font franchement sourire, bref c'est plaisant et on ne regrette pas de lire ce Graphic Novel tombé d'un peu nulle part. Le dessin de Erica Henderson lui pose un petit problème en soi. D'accord, c'est drôle et décalé. Mais est-il possible de dessiner ce genre d'histoire tout en prêtant une attention formelle aux personnages, aux planches? Oui, et la riche histoire de Disney nous l'enseigne. Ici, les prétentions "arty" ne cachent pas l'évidence. Trop souvent c'est laid. C'est ébauché, vite emballé, bref les amateurs de belles pages peuvent aller voir ailleurs. Reste le titre. Ce n'est pas un détail. Allez donc tenter de convaincre un lecteur parti avec l'idée de mettre la main sur du Dark Knight, du Avengers, ou même du Punisher, pour le diriger vers un volume estampillé Ecureuillette? Bon courage. Squirrel Girl a un seul avantage, les français sont nuls en langues (parait-il) et tous ne savent pas (loin de là) ce que signifie la première partie du pseudonyme. 
Ecureuillette contre l'univers Marvel, c'est tellement "WTF" que je vous laisser juger sur pièces. 






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