GREG RUCKA PRESENTE WONDER WOMAN Tome 2 : LES YEUX DE LA GORGONE

Il y a encore des gens qui ne lisent pas de Wonder Woman, car ils sont probablement bourrés de préjugés. Certes toute la production consacrée à l'Amazone n'est pas d'une qualité exceptionnelle, mais après des décennies d'existence, on peut dégager certains "run" qui oscillent entre le magnifique et le somptueux. Un de ceux qui méritent vraiment d'être connu est celui de Greg Rucka, qui nous a montré une princesse Diana tout aussi mythologique qu'humaine, puisque fort occupée dans son rôle d'ambassadrice de Themyscira, aux prises avec les machinations, la jalousie, l'incompréhension du monde, sans oublier des ennemis plus traditionnels comme la Gorgone, dans ce second tome. Tout commence par une interrogation : qui a bien pu tuer Darrel Keyes, le fondateur du groupe protégeons nos enfants, radicalement opposé au programme de paix de Wonder Woman. En menant l'enquête, notre super-héroïne est épaulée par Batman, le meilleur détective du monde, et très vite il s'avère que le docteur Psycho a eu un rôle à jouer dans l'affaire. Celui-ci séquestre même Veronica Cale, une scientifique milliardaire, directrice d'une entreprise pharmaceutique, qui voue à son tour une haine farouche envers l'amazone, et qui a tout tenté pour la discréditer. Sa collègue et associée en affaire, Leslie Anderson, est beaucoup plus raisonnable et c'est à elle que Wonder Woman demande aide et lumières pour sauver Silver Swan, défigurée et transformée en une sorte de cyborg reprogrammée. Au milieu de tout cela, la belle amazone garde le cap : elle est toujours égale à elle-même, aussi sûre que rayonnante, aussi apaisante que raisonnable, et elle tente de se frayer un chemin grâce à la justice et à la droiture, au milieu de tous ceux qui voudraient la faire chuter.

Bien sûr, les amateurs de mythologie ne seront pas en reste dans ce second tome. Outre une vision de l'Olympe toujours aussi moderne et ironique (avec des Dieux qui perdent peu à peu leurs pouvoirs, puisque peu à peu on les oublie), nous avons la menace des Gorgones, c'est à dire Meduse (dont le regard change qui la croise en pierre), Euryale et Sthéno. Manipulées par Circé la magicienne, elle trament contre Wonder Woman, et vont finir par s'allier, cela va de soi, avec la perfide Veronica Cale. Toute cette action "classique" a pour effet un attachement moindre à la vie quotidienne de l'ambassade et du cast des personnes y travaillant, mais il faut admettre que Rucka s'en est surtout servi au départ pour familiariser les nouveaux lecteurs avec les fonctions et les caractéristiques de Diana, et qu'il s'attelle là à une écriture un peu plus convenue, tout en gardant un oeil attentif aux moyens de dépoussiérer la tradition, pour proposer une Wonder Woman clairement insérée dans son époque, mais qui ne renie en rien ce qu'elle est fondamentalement.
L'essentiel du dessin est oeuvre de Drew Johnson. C'est une sorte de cas d'école car il s'agit d'un artiste qui n'offre pas une performance époustouflante, mais qui reste toujours égal à lui-même, c'est-à-dire doté d'un trait souple et agréable, conférant un confort de lecture notable, et possédant la caractéristique de bien définir chacun des personnages. Il n'abuse pas des splash pages, mais quand il y en a cela vaut le détour. 
En somme, la Wonder Woman de Greg Rucka a de fortes chances de séduire un public large. Tout en utilisant la plupart des codes attendus de ce type de série, voilà un travail de lifting original et respectueux, et une Amazone campée avec brio, boussole morale et courageuse pour la communauté super-héroïque d'alors. Cette collection que propose Urban Comics est une vraie bonne idée de cadeau, avant d'aller découvrir le film en juin, sur les grands écrans. 



REJOIGNEZ LA COMMUNAUTE www.facebook.com/universcomics



A lire aussi : 



Commentaires