SPIDER-MAN & LES AVENGERS - ÉVASION (MARVEL EVENTS) : LES NEW AVENGERS DE BENDIS, QUOI...

Avec cet album, Panini nous ramène à l'époque où les Vengeurs venaient de se dissoudre, au terme d'une saga poignante intitulée Disassembled. Quand le chat n'est pas là les souris dansent, sauf lorsque les souris sont incarcérées dans un lieu où on les empêche de nuire... à New York ce lieu s'appelle le Raft (Rikers Island), et c'est une prison spécifiquement réservée à tous ces cinglés qui possèdent des supers pouvoirs, et désirent mettre la ville à feu et à sang. La société est donc momentanément épargnée, puisque la plupart des vilains d'envergure sont en détention, mais lorsque Electro passe à l'attaque, voilà que s'organise une évasion générale, au nez et à la barbe de Daredevil, présent sur place sous son identité de Matt Murdock. Voilà donc une occasion idéale pour reformer le groupe des Avengers, dans une version inédite et sous la plume d'un Brian Bendis, qui instaure d'emblée une écriture plus moderne et factuelle, qui va faire mouche, au moins dans les deux ou trois premiers arcs narratifs des New Avengers justement. On retrouve Captain America, Iron Man, Spider-Man mais aussi un nouveau personnage surpuissant, qui était lui-même en prison, un certain Sentry, alias Robert Reynolds. Il a tout d'un Superman et l'impression est que rien ne lui est impossible. Cependant il a également de très gros problèmes psychologiques, au point de ne pas vraiment savoir qui il est vraiment! Cette question de l'identité sera d'ailleurs un des leitmotiv que Bendis va employer tout au long de sa prestation. C'est déjà un petit classique une grosse dizaine d'années plus tard. David Finch au dessin signe une de ses meilleures performances, avec la capacité d'insuffler du dynamisme et du réalisme aux scènes les plus disparates, allant du combat général à l'introspection. Oui c'était vraiment un très bon début pour les New Avengers, je me souviens avoir adoré. 


Reste le cas Sentry. Un cas d'école. Bendis nous le présente comme un schizophrène retenant l'accès à ses pouvoirs, de peur de donner libres cours à Void, son pendant négatif, un être d'une noirceur et d'un pouvoir inégalés. Mais le doute s'installe, à tous les niveaux. Void existe t-il, ou bien est-ce juste Sentry qui a des hallucinations, ou pète un câble, comme on dit dans ces cas-là? Robert Reynolds est-il vraiment Sentry, ou un affabulateur? A t-il vraiment officié parmi les héros Marvel, avant d'être "oublié" puis exhumé à nouveau, ou est-ce une manière habile de la part du scénariste pour faire apparaître ex nihilo son Superman personnel, tout en lui donnant d'emblée un vrai background, et une épaisse couche de mystères? 
Vous voulez avoir un démonstration de la force de Sentry? Demandez donc à Carnage, qui se fait déchirer, comme une vulgaire feuille de papier, par le colosse en collants jaunes. Cette seconde partie de l'album donne l'occasion à Steve McNiven de s'illustrer, avec toujours un soin aux détails assez bluffant, une vision réaliste et soignée de l'univers des super-héros, le tout baignant dans le cauchemar nihiliste d'un Void déchaîné. Il faudra l'aide de Emma Frost, ancienne vilaine et spécialiste de l'intrusion et de la chirurgie mentale, pour sauver ce qui peut l'être, avec aussi la femme de Robert (qui pensait avoir tué son épouse) en facteur déterminant. Pour une happy-end et une intégration momentanée au roster des Avengers, avant que les responsables chez Marvel ne suffoquent d'embarras, devant la manière d'utiliser un personnage quasi invincible, sauf à évoquer le subterfuge de son alter égo maléfique. De bonnes intentions (si vous n'avez pas ces épisodes remédiez au plus vite), de bonnes histoires, gâchées par la suite. 



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