Je cite cette double page saisissante où Spawn est agrippé par les pieds tandis que Cy-Gor le fait tournoyer sur lui-même, dans un déluge de tirs automatiques. Cette scène résume à elle seule le ton de la série : un basculement assumé vers le grand-guignolesque, où les affrontements, d’une violence extrême, ne laissent aucune place à la pitié. L’ambiance y est perpétuellement sombre, sans la moindre lueur d’espoir ni véritable moment de répit, dans un volume mené tambour battant. La bonne nouvelle réside alors dans la qualité exceptionnelle de la partie graphique. Comme souvent dans l’univers de Spawn, les artistes mobilisés sont de tout premier plan. Jason Shawn Alexander impressionne par son style viscéral et habité, tandis que Javi Fernández, Jeremy Haun, Javi Fernandez ou encore Yildiray Cinar (dans un registre plus classique et rassurant) livrent des planches d’une grande maîtrise, capables de séduire aussi bien les amateurs d’expérimentations graphiques que les adeptes d’un comic book mainstream. Certes, les enjeux peuvent parfois sembler nébuleux, voire dilués dans la durée. Mais c’est là qu’intervient une seconde bonne surprise : même un lecteur novice pourra progressivement recoller les morceaux sans trop de difficulté. Les nombreuses références au passé, ainsi que l’apparition de figures déjà établies (comme le gorille cybernétique évoqué plus haut ou certaines entités symbiotiques à la Haunt ) peuvent susciter quelques interrogations, sans jamais rendre l’ensemble hermétique. Au fond, l’essentiel est ailleurs : pour peu que l’on recherche un divertissement gothique, outrancier et volontiers excessif, la série remplit parfaitement son contrat. Todd McFarlane continue ainsi de développer un univers qu’il n’a jamais cessé de faire évoluer, solidement épaulé ici par Rory McConville, sur ce titre parallèle. Grâce à un rythme de publication désormais plus lisible et des volumes généreux, les lecteurs peuvent s’immerger avec facilité dans ces ténèbres foisonnantes où le rouge sang domine. La subtilité n’est peut-être pas au cœur de King Spawn, mais après tout, ce n’est pas ce que l’on attend de ce comic book et de son univers, non ?
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