THE FLASH : LES AVENTURES DE WALLY WEST PAR GRANT MORRISON ET MARK MILLAR



Une des raisons pour lesquelles le retour de Wally West dans l'univers DC Comics n'a pas bouleversé énormément les lecteurs français consiste dans le fait que ses aventures en tant que Flash ont été mal traduites -voire pas traduites du tout- par les éditeurs qui ont précédé Urban. Tentons aujourd'hui de remédier à cela, et d'évoquer un des moments forts de la carrière du bolide, avec la présence au scénario de deux monstres sacrés comme Grant Morrison et Mark Millar. Pour lire ces épisodes qui remonte à 1997 et 1998, le mieux est de se procurer un joli tpb en version originale, qui nous plonge tout de suite dans le feu de l'action. Avec Velocity Stop nous découvrons un triptyque particulièrement intéressant, au cours duquel Flash est opposé à un adversaire assez particulier, puisqu'il s'agit d'un costume hanté qui prend possession des individus qu'il convoite, exploitant au passage leurs pouvoirs et les laissant exsangues, consumés jusqu'à la mort. Pour en venir à bout, Wally va devoir excogiter une solution originale, impliquant son propre double venu du futur, mais il va au passage se retrouver avec les deux jambes complètement brisées, et l'obligation de trouver une parade intelligente pour poursuivre sa mission en tant que super-héros. Les épisodes sont fort agréables à lire car le jeune homme n'est pas seul, mais il est entouré de toute une famille, toute une équipe d'autres bolides, qui comme lui puisent leurs pouvoirs dans la Force Véloce. Le concept d'héritage n'a jamais été aussi fort que dans ces épisodes où de Jay Garrick jusqu'au petit dernier Bart Allen, tout le monde vient au secours du protagoniste qui en a bien besoin, puisque cloué à un moment donné dans une chaise roulante. Et lorsqu'il se rétablit et part en croisière avec le Green Lantern de l'époque (Kyle Rayner) accompagnés du Green Arrow du moment (Roy Harper), les 3 amis se retrouvent embarqués bien malgré eux dans un combat en pleine mer, qui se termine par une catastrophe humanitaire. On ne s'ennuie jamais avec ces numéros de la série régulière The Flash qui jouent beaucoup sur l'humour et mettent l'accent tout autant sur la vie quotidienne, sentimentale et amicale du héros, que sur ses prouesses dans son costume écarlate. Et ça fonctionne à merveille.


Une des clés du succès de ce tpb, c'est l'esprit d'insouciance apparente qui règne, bien loin du tragique quotidien qui imprègne tous les comic books de l'ère moderne. J'emploie l'adjectif apparente car en réalité la vie quotidienne de Wally n'est pas forcément toute rose; j'en veux trois autres épisodes qui forment une histoire complète intitulée The Human Race, jeux de mots entre la race humaine, menacée d'extinction par des entités extraterrestres qui ne peuvent s'empêcher de parier sur tout et n'importe quoi, et le mot race, la course en Vo,  une des spécialités du bolide écarlate, qui va devoir courir justement, et défier un être composé uniquement d'ondes radioélectriques (accessoirement son ami imaginaire durant l'enfance). La récompense pour le vainqueur est la survie de sa propre planète, le perdant par contre verra son monde anéanti ! Flash va ainsi devoir aller plus vite que jamais, déchirer l'espace et le temps, et repousser les limites du possible, pour sauver la terre toute entière. Alors certes il est rapide, mais là force est de constater que nous sommes aux limites du crédible et de l'acceptable!  Pire encore, lorsque par la suite Wally décide qu'il est temps de demander la main de Linda, la femme qui a conquis depuis longtemps son cœur, voilà qu'il reçoit la visite du Flash Noir, symbolisant la mort, et qui se manifeste chaque fois qu'un bolide doit trépasser. Le héros pense être parvenu à échapper à la menace funeste qui se profile, mais coup de théâtre, c'est en fait sa promise qui est prise pour cible, et se retrouve incinérée par la foudre. Un drame intime qui remet en question les convictions et les motivations de Flash, face à l'inéluctable, face à la mort. 
Les dessins sont relativement basiques dans ces pages, mais plaisants. C'est Paul Ryan qui se charge de la plupart des épisodes, et vers la fin nous avons la présence de Pop Mahn, qui a un style beaucoup plus chargé et chaotique, au détriment d'une certaine lisibilité. Sachez que ce Tpb est disponible facilement sur internet, pour moins de 20 euros. C'est un excellent moyen pour découvrir et aimer Wally West, qui fut donc en son temps le digne héritier de Barry Allen. Que je sache, ces aventures sont encore inédites en Vf. (contient THE FLASH v2 #130-141, GREEN LANTERN #96 et GREEN ARROW #130)



Edit août 2023 : Dorénavant, les aventures de Wally West sont aussi publiées dans la collection Flash Chronicles chez Urban Comics. Certes, nous sommes encore avec quelques années de retard, mais ça viendra… 


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LA SEXTAPE DE SUPERMAN : ACTION COMICS #592 #593

Superman aussi est capable de succomber aux plaisirs de la chair... En somme, ne me dites pas que vous n'avez jamais eu la tentation de regarder la sextape de l'Homme d'Acier? Tout un programme! Comment ça elle n'existe pas? Mais alors vous n'avez jamais lu Action Comics 592 et 593, un des moments les plus WTF? de la carrière de John Byrne sur le titre. A l'époque la série est devenue le réceptacle d'une habitude vieille comme le monde, les team-up, aussi retrouvons-nous au menu Superman, Big Barda et Mister Miracle. Ces deux derniers personnages trouvent leur origine dans la saga du Fourth Word de Jack Kirby; ils sont très différents l'un de l'autre, mais ils ont fini par tomber amoureux et s'échapper d'Apokolips pour rejoindre la terre. Bien mauvaise idée que d'aller faire un tour à Metropolis dans les années 80, fortement influencée par la violence et l'état de dégradation des grandes villes américaines (l'ère Reagan...) à l'époque. Barda se rend compte que certains quartiers sont entièrement aux mains d'une micro criminalité, droguée et violente, où fleurit également la prostitution. La guerrière se rebelle à cette situation mais elle se retrouve nez à nez avec Sleez, un vilain qui a été exilé de la planète Apokolips car son degré de dépravation était bien trop élevé, même pour les standards locaux peu regardants. Il a en effet le pouvoir de corrompre psychiquement les personnes qui l'entourent, et transformer ainsi la plus innocente des étudiantes en une bombasse irrésistible et nymphomane. Imaginez un peu l'effet que cela peut avoir sur Barda, qui est loin d'avoir un physique désagréable et un comportement docile.




Scott Free (dans le numéro 593) a une double surprise en rentrant chez lui. Tout d'abord il se trouve face à face avec Darkseid, négligemment installé dans un fauteuil de son salon, ce qui est le genre de découverte inopinée qui vous laisse pantois. Ensuite on lui montre une vidéo cassette dans laquelle Barda, sa compagne, n'apparaît pas forcément sous son meilleur jour... tout à fait le type de casseroles qu'on aimerait bien éviter dans une carrière super-héroïque, et qui se répand rapidement dans la communauté du porno de Metropolis. Mais cette performance solo n'est qu'un apéritif, la vidéo suivante est bien pire. Sleez va tenter de convaincre -avec ses pouvoirs- Superman de réaliser un petit gonzo avec la belle Barda. Ce n'est pas simple car l'homme d'acier résiste et il ne met pas beaucoup de passion dans son jeu d'acteur (ce qui lui est textuellement reproché dans l'épisode). Scott est ralenti par un piège qu'on lui a tendu, enchaîné dans une caisse plongée dans les eaux. Il parvient à se libérer (c'est sa spécialité) et entame une course contre la montre pour séparer sa bien-aimée et le boy-scout avec lequel elle s'apprête à commettre l'inévitable... lorsqu'il fait irruption pour suspendre leurs ébats, il découvre Superman et Barda en train de s'embrasser et de se caresser. Soyons honnêtes nous sommes bien loin d'une vidéo à la Jacquie et Michel, ou à la Brazzers, et les deux acteurs sont encore vêtus.



Mais... Mais... Tout d'abord morale de l'histoire Sleez est finalement vaincu et Superman s'excuse auprès de son ami en arguant du fait que ses intentions étaient bonnes, et qu'il va falloir le croire! C'est qu'il a beau avoir le pouvoir de sauver le monde et être l'homme le plus fort de l'univers, sa carrière dans le cinéma X est loin d'être garantie, et il semble bien plus à l'aise quand il s'agit d'aller passer une rouste à Lex Luthor, que lorsqu'on lui demande de batifoler devant une caméra. Reste la question finale qui se pose : en l'absence de Scott Free, occupé à terrasser son adversaire, et puisque la caméra n'a cessé de tourner jusqu'à ce que Sleez soit hors d'état de nuire, existe-t-il vraiment une preuve vidéo des talents de Superman au lit, sans son costume, et en pleine action (Action Comics, le titre aurait été justifié)? Seule Big Barda détient peut-être la réponse (ou Lois Lane... Ou Wonder Woman...). 
Que je sache, inédit en Vf


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AQUAMAN REBIRTH : DAN ABNETT CHERCHE LA BONNE VAGUE

Aquaman a été sauvé des eaux. Vous vous en souvenez, c'était tout début de New 52. Geoff Johns réussissait le miracle de transformer un personnage jusqu'ici anecdotique en France en un vrai super-héros très cool, possédant sa propre série branchée. La recette était évidente : beaucoup d'humour, des dessins superbes, un scénario simple, linéaire, mais fort intéressant, et surtout un protagoniste attachant. Disons la vérité, au fil des numéros la dynamique s'est un peu perdue, et c'est donc avec beaucoup d'espoir et de crainte que nous avons dévoré ce numéro Rebirth. Dan Abnett tente de réaliser quelque chose de similaire avec une vingtaine de pages qui font écho à ce que nous avons lu il y a quelques années. Il nous présente rapidement la tâche titanesque qui attend Arthur Curry, expliquant vite mais bien aux lecteurs à quel point être le souverain des trois quarts de la planète -des océans donc- est un fardeau gigantesque qui pèse sur les épaules d'Aquaman. La caractérisation du personnage, avec de petites touches représentant sa vie quotidienne entre deux missions, est assez bien vue, par contre dès lors qu'il endosse son costume et se met en action, on a l'impression de lire pour la énième fois une banale histoire de groupuscule terroriste dissident, qui n'accepte pas la cohabitation entre Atlantis et les habitants de la surface. Et décide en conséquence de se faire entendre en plaçant des bombes, ce qui est certes un sujet d'actualité, une préoccupation prégnante à l'échelle mondiale, mais un chouïa d'originalité n'aurait certainement pas gâché. Coté dessin, il faut admettre que c'est plutôt bien, on apprécie le trait, les plastiques des différents héros, fort avantageuses. Les fans de Mera ont encore de quoi se rincer l'oeil. Scot Eaton et Oscar Jimenez se montrent à leur avantage, même si on pourra regretter que certaines planches souffrent d'une staticité trop évidente , qu'elles semblent légèrement artificielles. Nous avons là au final du Aquaman classique, très iconique, qui se lit fort facilement, et a le mérite d'être accessible pour tous les lecteurs, y compris les novices. Seul petit bémol, rien de bien nouveau à l'horizon, y compris pour ce qui est du twist final, qui est juste et pertinent dans l'intention, mais qui sent aussi le réchauffé.




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ASTONISHING X-MEN DE JOSS WHEDON ET JOHN CASSADAY TOME 2 (MARVEL ICONS)

Le cycle de Joss Whedon sur la série Astonishing X-Men se poursuit chez Panini, avec le second volume dans la collection Marvel Icons. Il se passe des choses bien étranges chez nos mutants... avec son style si caractéristique, désabusé et ironique, l'auteur nous raconte des aventures qui s'attaquent aussi bien à l'intime qu'à la partie super-héroïque des personnages. Emma Frost est depuis longtemps la compagne de Scott Summers, et même si nous pensions tous qu'elle s'était rachetée une conduite, voilà que le scénariste nous instille quelques doutes au fil des pages. C'est que rien ne va plus depuis que Cassandra Nova, la sœur jumelle maléfique de Xavier, perturbe profondément le cerveau et les esprits des X-Men. Scott Summers par exemple est poussé dans ses derniers retranchements, et il doit composer avec ses fantasmes, ses peurs, ses doutes, au point d'en être paralysé. Inversement Kitty Pryde et Colossus vivent une période d'insouciance, et ils vont enfin pouvoir consommer leur union qui traîne en longueur, depuis les années 80. Le Fauve devient une bête déchaînée qui porte admirablement son nom, et se comporte comme un prédateur compulsif, alors que cerise sur le gâteau et assurément la partie la plus drôle de cet album, nous avons affaire à un Wolverine devenu innocent et inoffensif comme un chaton sans griffe, et qui a peur de son ombre! Bref il s'agit pour Whedon de briser les mutants en s'attaquant à leur personnalité ou leurs identités les plus intimes. Ensuite cap sur l'espace et le monde lointain du Breakworld. Les guerriers de cette planète ont décidé qu'il fallait en finir avec la Terre, et pour parvenir à leurs fins ils décident de tirer une balle géante à travers l'espace, un meurtre à distance de dimension cosmique. Il faut dire que Colossus est au centre d'une légende, une prédiction, qui fait de lui l'être qui un jour brisera le Breakworld, et le transformera en un destructeur de monde. A première vue le jeune russe n'est pas du genre à commettre ce genre de génocide, mais sait-on jamais... Whedon en profite aussi pour mettre un terme aux mystères planant sur Danger, l'incarnation de la salle des dangers, devenue une sorte de construction technologique pensante et agissante, perçue comme une menace. On oscille allègrement entre soap-opera super-héroïque et action Marvel pure et dure, et honnêtement, ce n'est pas désagréable! 


Mais de quoi est-il donc question dans le run de Joss Whedon? Tout d'abord on parle de liberté. Hank McCoy voudrait se libérer du fardeau que représente sa mutation secondaire, Scott Summers tente de se départir des responsabilités qui l'accablent, et Emma Frost doit composer avec le sentiment de culpabilité, hérité de nombreuses tragédies et de choix de vie erronés. Les ennemis aussi ont ce genre de problème... Danger par exemple, doit se libérer de sa programmation, alors que Ord ou Krunn souhaitent un Breakworld libéré des fausses prophéties de Aghanne. Le style de Whedon est moderne, en ce sens qu'il offre une écriture légère, sarcastique, et s'appuyant sur une décompression narrative qui peut même s'avérer irritante. Un épisode pris à part peut ainsi sembler déroutant, et c'est sur la durée qu'il trouvera une certaine pertinence. Le scénariste écris pour le format tpb, et il est particulièrement malin lorsqu'il s'agit de trouver des cliffhanger efficaces. Aux dessins John Cassaday a réalisé un travail magnifique. Certes il a épuré son style, en a limité la complexité, mais il a gagné en visibilité et en immédiateté. Ses personnages sont vivants, les planches sont très agréables à regarder car aérées, évitant l'esbroufe, jouant parfois avec l'espace, pour seconder les désirs de décompression de Whedon. A noter qu'une partie de la réussite est imputable à Laura Martin, qui s'occupe de la mise en couleurs et qui choisit ici des tons chauds et pleins qui lorgnent vers les rouges et les rosées, ou parfois le bleu éclatant. Ceci contribue à faire de Astonishing X-Men un titre aux accents cinématographiques évidents, et à la plasticité indéniablement attirante. Tout le monde n'a pas apprécié la série lors de sa sortie, mais force est de constater avec le recul que bien peu de sagas X ont par la suite été capables d'atteindre un tel niveau de qualité. Il s'agit d'une production des années 2000 marquante, que nous vous recommandons sans hésitation. 




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CARMINE DI GIANDOMENICO DANS LE LIVRE DES RECORDS

56 planches en 48 heures, ce n'est pas pour rien si nous le retrouvons comme dessinateur actuel de la série Flash! Carmine Di Giandomenico est donc rentré ce weekend dans le livre des records. Il lui fallait battre la performance précédente de 22 planches, ce qu'il a fait amplement durant Teramo Heroes, qui se tenait du 10 au 12 juin en Italie. Carmine a commencé le 10 juin à 18h, pour en finir le 12 à 13h, c'est-à-dire avec 5h d'avance par rapport à ce qu'il avait programmé. Son exploit a été retransmis en streaming sur le site Geek Area. Le produit fini consiste en 56 pages format 70 x 100 cm, sans dialogue, avec des crayonnés enrichi par des feutres de couleur aquarelle (marque Giotto) qui procurent un effet monochromatique demi-teinte. L'ensemble forme le chapitre final d'une œuvre qui s'appelle Oudeis, à savoir la revisitation cyber-fantasy des aventures de l'Ulysse de l'Odyssée. Un travail remarquable de Di Giandomenico, publié en 2004 chez Saldapress. Les planches réalisées ce weekend seront elles exposées pendant un an à la Pinacothèque de Teramo. Quand à Saldapress, la maison d'édition italienne republiera les premiers deux chapitres de Oudeis, ainsi que le dernier qui vient d'être achevé, et qui se conclura par le retour du protagoniste à Ithaque, raconté à travers le monologue intérieur de Penelope. Un hommage à l'Ulysse de James Joyce, et une performance artistique sidérante, qui associe rapidité résistance et maîtrise artistique. On ne peut retirer notre chapeau devant l'excellent et tout aussi sympathique Carmine.




 


                    

Le site Geek Area, lien direct


THE FLASH REBIRTH : WALLY WEST ET BARRY ALLEN ENFIN REUNIS

La sortie la plus attendue de cette semaine, en tous les cas chez nous, c'était bien ce numéro Rebirth de The Flash. Il faut le comprendre : le retour de Wally West dans l'univers DC est à la base de tout ce qui est en train de se produire actuellement. Rien de bien surprenant donc que ce numéro spécial fasse écho aux événements du petit mastodonte de 80 pages sorti il y a 15 jours. C'est Barry Allen qui est au centre de l'histoire, dans ce qui ressemble fort à un exemple parfait de ce que doit être un numéro 1, lorsqu'on relance une série. Williamson et Di Giandomenico sont tous les deux à la hauteur de la tâche, et ils impriment déjà leur marque sur le titre. Nous démarrons avec une banale histoire d'homicide, si ce n'est que sa dynamique fait écho au drame familial de Barry, à savoir le meurtre d'une mère devant les yeux de son enfant, alors que le père est accusé d'être l'assassin. Est-ce pour cela que notre héros ne se sent pas au mieux de sa forme, et qu'il a des visions funestes, présage d'événements désagréables à venir? Toujours est-il que c'est aussi un prétexte pour quelques moments intimistes et un peu d'introspection. Nous apprécions grandement la présence de Carmine Di Giandomenico sur le bolide écarlate... à ceux qui lui reproche des dessins un peu caricaturaux, peu élégants, je recommande fortement de regarder à deux fois. Le dessinateur italien parvient à insuffler une telle force, une telle décharge électrique dans ses compositions qu'il fait exploser la vie et le mouvement pour chacune des planches. Il ne raconte pas seulement une histoire, il lui donne du corps et une épaisseur. Excellente nouvelle donc que ce The Flash Rebirth! 
Le travail de Joshua Williamson fait que n'importe quel lecteur désireux de saisir le train en marche, sans avoir lu grand-chose ces dernières années, peut parfaitement réussir à prendre du plaisir. Nous sommes vraiment là dans une opération de renaissance, qui plus est investie d'une importance capitale, car comme à chaque fois qu'il est question de crise dans l'univers DC, les différents Flash ont un rôle majeur à jouer. C'est un très grand soulagement également de retrouver la complicité entre Barry et Wally, de voir que ces deux-là sont toujours liés et que même si le retour de l'ancien Kid Flash reste caché à un grand nombre des personnages du cast de la série, nous pouvons être certains que l'association des deux compères, épaulés par Batman le détective à qui rien n'échappe, va pouvoir faire vite avancer le mystère de ce qui s'est produit entre Flashpoint et le début des New 52. Et ce n'est pas non plus un hasard si un certain smiley se retrouve entre les mains du Dark Knight... vous savez quoi, je pense franchement que nous tenons là un titre à surveiller de très près, comme le lait sur le feu. Il va s'en passer des choses dans les prochaines semaines. 


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THE AMAZING SPIDER-MAN TOME 1 : UNE CHATTE NOIRE EN COLERE

C'est une chance d'être en vie, n'en déplaise aux pessimistes. Allez donc demander à Peter Parker, de retour parmi les siens, après un an et demi passé aux oubliettes, son corps étant possédé par l'esprit du Docteur Octopus, pour faire du tisseur un Superior Spider-Man à succès. Mais tout a une fin, et Peter is back. En son absence, il s'est passé pas mal de choses. Des bonnes (Otto Octavius a validé en son nom son doctorat, il a crée sa propre entreprise, Tante May bénéficie d'une prothèse qui la fait courir comme une gazelle) et des mauvaises (tout le reste, de Electro qui cherche à se venger, à la Chatte Noire - idem - sans compter l'intégralité des relations sentimentales, familiales et  de travail qui sont à reconstruire). C'est donc un Parker qui (re)prend ses marques, qui doit se rapproprier son existence, constater les dégâts mais aussi les coups de génie de son rival usurpateur. Il le fait avec la bonne humeur habituelle, et le public retrouve un Spider-Man blagueur et farceur, qui n'hésite pas à faire régner la justice dans le plus simple appareil, avec juste un peu de toile pour éviter l'attentat à la pudeur. Dan Slott va donc avoir le loisir de rebâtir ce qu'il s'est évertué à défaire pendant les longs mois qui ont précédé. Une des attentes des lecteurs, c'est ce que va faire Peter avec la pauvre Anna Maria, qui est tombée amoureuse d'un Octopus sous couverture. Déontologiquement parlant, voici une histoire qui parait passer comme une lettre à la poste (Peter cohabite même dans le même appartement) alors que ce qui s'est produit auparavant est des plus scabreux : elle a couché (fort probablement) avec un homme qui n'était pas lui-même, et doit désormais fréquenter son amant, qui est doté d'une autre personnalité, la sienne véritable. Bonjour la migraine. Place aussi à Felicia Hardy, que nous n'avions jamais connu aussi mauvaise, vindicative, amère. La cambrioleuse en fourrure à toujours été une anti-héroïne, un personnage qu'il n'était pas possible de classer aux rayons des bienfaitrices, mais qui ne versait pas non plus, en temps normal, dans la criminalité amorale, avec la vengeance comme moteur principal. Mais vous le savez probablement si vous en avez déjà fait les frais, une femme blessée peut être très cruelle et faire payer l'addition avec un supplément sans états d'âme. Elle en veut à mort à Peter Parker, et Elektro, qui ne maîtrise plus du tout ses pouvoirs, en a gros sur la patate. De là à ce que ces deux-là unissent leurs forces et leurs rancoeurs...

Le nouveau rôle de la Chatte Noire pourrait bien en surprendre plus d'un, surtout si vous êtes habitués à voir en elle une bonne copine... à ne pas fréquenter tout de même, car une cambrioleuse sexy, ce n'est pas très bon pour l'image de marque du toujours serviable Peter Parker. Elektro est quand à lui assez pathétique, et si on peut compatir par endroits, on a face à nous un vilain qui sent le réchauffé, et qui à l'époque figurait là juste pour surfer sur le contenu du dernier film du tisseur de toile en date. La bonne nouvelle artistique, c'est Humberto Ramos, qui continue de nous offrir des planches pleines de dynamisme, d'inventivité, et de vie. Ce n'est pas un artiste de référence pour les anatomies ou les expressions réalistes, mais son style cartoony toujours en mouvement colle admirablement au ton global de cette série. Qui est impactée en 2014 par le crossover Original Sin. Peter Parker aussi y va de son secret, et il apprend l'existence de Silk, qui possède les même pouvoirs arachnéens que lui, et envers laquelle il ressent une profonde attraction sexuelle, au point de se comporter comme un bonobo en rut, et de tenter de trousser la jolie jeune fille sur un coin de table toutes les cinq minutes. Si la tante May le voyait, elle aurait honte de son neveu, sexuellement dépendant. Pour le reste, le sel de ces épisodes ce sont aussi les nombreux quiproquos qui émaillent le retour aux affaires d'un Peter Parker qui doit recoller les pots cassés, et reprendre en main une vie dont il a été longtemps spolié. Dan Slott connaît désormais l'univers du tisseur à merveille, et il se débrouille avec une aisance déconcertante. Ce qui n'empêche que je garde encore de légères réserves devant la vindicte de Felicia Hardy, qui prend un tournant capital en se rangeant du coté des criminelles endurcies. Sympa et fort amusant par moments, du Spider-Man basique mais qui fait le job.



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