AvX Extra, chez Panini est le réceptacle de la mini série Versus, le tie-in officiel de l'évènement du moment. C'est là que les gros bras vont se taper dessus, pour de gigantesques bagarres bas du front. Rentrons dans la sarabande en décembre, avec les deux premiers numéros :
Versus, cela signifie "contre". Autrement dit, cette mini série à l'intérieur de la maxi série n'a qu'un seul but avoué, celui de nous proposer des combats, de la castagne, au kilomètre. Pas de place pour la philosophie orientale ou l'introspection, ici on frappe, et on pose les questions après. Un comic-book qui ressemble fortement à ces vieux jeux d'arcade à la Street Fighter, où le but est d'appuyer frénétiquement sur toutes les touches à la fois, pour en mettre plein la tête à un adversaire coriace. Dans le premier épisode, deux combats vous attendent. Le premier est vraiment alléchant, puisqu'il oppose Iron Man à Magneto, le Seigneur du magnétisme. J'entends déjà les quolibets : quoi, Tony va en découdre avec un type qui se joue du métal, lui qui se balade dans une armure! Mais celle ci est ultra technologique, constituée de matériaux non métalliques, et surtout, elle est surpuissante. Ce qui fait que la lutte est vraiment apocalyptique, que les coups pleuvent et que la démonstration de force des deux combattants est assez séduisante. Un bon job signé Aaron et Adam Kubert, qui plaira assurément aux amateurs de fighting comics.
Second round cette semaine, voici venir la Chose (des Fantastiques) contre Namor. Le match se déroule à domicile pour le second cité, puisque nous sommes au large d'Utopia, sous l'eau. Du coup le Prince des mers pontifie, pendant que Ben Grim exprime ses pensées, pour nous laisser croire à un vrai dialogue entre les deux opposants. On pourrait s'attendre à plus de violence, plus de puissance brute, mon impression est une lutte où les personnages n'expriment pas complètement leur potentiels, restent un peu en retenue. Il existe pourtant un vrai passif entre ces lascars, depuis le temps où le Prince d'Atlantis tentait fréquemment de séduire la belle Invisible des FF, quitte à l'enlever ou à discréditer ses compagnons d'équipe. Ce sont les Immonen qui s'occupent de cette seconde partie. Kathryn au scénario, et Stuart aux dessins. Je lui trouve d'ailleurs (et ce n'est pas d'aujourd'hui) un tout petit coté Mike Mignola pour grand public, qui rend ses planches assez agréables. En tous les cas efficaces et lisibles, ce qu'on lui demande dans ce type d'exercice mainstream. Cerise sur le gâteau, Versus propose tout au long des affrontements de petits commentaires, de petits inserts, qui explicitent ou informent le lecteur sur la situation présente (du genre, le pouvoir de Magneto, ou la force d'impact des poings de Namor). La bonne nouvelle finale, c'est que si on fait exception du caractère totalement bourrin de cette mini série dans la série (mais vous êtes prévenus dès le titre et les crédits), on se surprend tout de même à miser une pièce sur l'un ou l'autre des opposants, et à se demander si oui on non l'issue des combats est crédible et justifiée. Au moins, on ne devra pas recourir à l'aspirine pour ingurgiter cette vingtaine de pages.
D'autant plus qu'un autre épisode prend le relais, avec deux autres luttes. C'est parti pour le premier affrontement de la seconde partie. Captain America contre Gambit. Un simple coup d'oeil aux aptitudes des deux personnages, à leurs expériences de combat respectives, à leur potentiel iconique et merchandising, et il est inutile que je vous spoile le nom du vainqueur. C'est Steve McNiven qui s'occupe de ce choc, scénario (si on peut appeler cela ainsi) et dessins. Visiblement, il ne s'est pas trop foulé, car c'est loin d'être sa réalisation la plus soignée. On pourra sourire de la manière avec laquelle le cajun compte mettre à terre Steve Rogers, et se dire que ce fight improvisé a une seule véritable raison d'être : replacer le X-Man au centre des débats, avant un nouveau titre qui lui sera dédié, dans bien peu de temps en Vf. Autre pugilat dans ce numéro, avec le tisseur de toile qui s'en prend à Colossus. Piotr Rasputin est possédé par le démon Cyttorak, et il ne fait pas bon croiser son chemin. Mais Peter Parker n'a pas peur, et compte bien abattre le mutant avec son arme secrète : des blagues foireuses qui font mouche quand employées avec mesure, et finissent par lasser lorsqu'elles constituent le fondement même de sa logique de bataille. Finies les évolutions ninja et les trucs empruntés aux arts martiaux qui lui ont permis de survivre sans sens d'araignée, place au vieux Spider-Man des familles qui bondit et rebondit, entre deux calembours de collégien. Un duel très ennuyeux dont le vainqueur n'est pas très clair, puisqu'on pourrait presque parler de fuite, d'abandon. Pouvait-on s'attendre à un truc passionnant, sachant que c'est Kieron Gillen qui orchestre la rencontre? Bien sur que non. Salvador Larroca en est le dessinateur, pour ceux qui ne se sont pas encore lassé de cet artiste. Versus me semble donc, en décembre, doté de deux aspects différents. Un premier numéro assez enlevé et animé, un second plus lourd et chagrin, où on se surprend à bailler. Et vous, vous êtes pour qui, au fait, Vengeurs ou mutants?