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MARVEL DELUXE : DARK AVENGERS (LES VENGEURS NOIRS)

Les Dark Avengers de Norman Osborn, vitrine super héroïque de son Dark Reign qui a vite tourné au vinaigre, font l'objet d'une parution dans la collection Marvel Deluxe. Un joli pavé qui a aussi l'intelligence de reprendre le crossover avec les X-Men, à savoir Utopia. Mais voyons un peu le sommaire:


Durant l’ère du Dark Reign, qui sera chargé de protéger les citoyens des menaces les plus mortelles ? Qui seront les nouveaux héros de ce nouveau monde, où les valeurs semblent marcher sur la tête ? Tony Stark étant devenu un fugitif, lourdement tombé de son piédestal, c’est Norman Osborn qui peut s'occuper du recrutement de la nouvelle équipe de Vengeurs. Bien entendu, ses choix sont sujets à caution, puisqu’il intègre dans son roster une belle brochette de psychopathes ( Bullseye et Venom, quand même ! ) assaisonnée de loosers ou d’individus au psychisme fragile (Sentry, Arès, Osborn lui-même…) prêts à péter un câble au premier dérapage venu. Le grand public ignore qui se cache derrière les masques ( le costume d’œil de Faucon est ainsi offert à Bullseye : et peu importe si inéluctablement Clint Barton aura en tête de se venger pour cet affront…) et peut être même ne désire t’il pas le savoir. C’est aussi cela que suggère Bendis : face à une menace omniprésente et contre laquelle vous avez épuisé les solutions classiques (l’invasion Skrull chez Marvel, le terrorisme de masse dans le monde réel), sacrifier un peu de sa liberté pour un sentiment de sûreté accrue est un choix que nombre d’américains ont déjà fait. Bendis s’amuse aux dialogues, et nous offre quelques scènes très drôles, comme celles des repas de Vénom, qui dévore un skrull, auquel il a au préalable pris le soin de demander de se transformer en Spider-man. Ou encore quand il s’offre un habitant d’Atlantide, et en conclut qu’il «avait un goût de sushi». Les crayons sont tenus par un Mike Deodato efficace et habitué de la maison ; le brésilien a déjà officié sur nombre de titres consacrés aux Vengeurs, de la saga The crossing dans les années 90, aux plus récents Thunderbolts. Pas de faute de goût avec lui, ses admirateurs vont en avoir pour leur argent. Fatalis est aussi de la partie. Dépossédé de son royaume depuis les Guerres Secrètes de Nick Fury, il est mis à mal par une ancienne amante, la sorcière Morgane LeFey. La première mission de nos nouveaux héros sera donc de sauver la mise à un des pires dictateurs que la Terre ait jamais porté, ce qui n’est pas une sinécure quand l’adversaire peut remonter le temps et donc, de ce fait, s’avérer immortel. Osborn devra aussi gérer les premiers conflits en interne : la psyché délabrée de Bob Reynolds, alias Sentry, et la presse libre qui se réveille avec Hank Pym. Au travail!


Ce n'est pas tout. Ce Deluxe s'intéresse aussi à Utopia, crossover avec la série Uncanny X-Men. L'action se déroule à San Francisco, qui s'embrase. C'est la guérilla urbaine entre les mutants et les manifestants mutophobes guidés par Simon Trask. Certains X-men sont dépassés, arrêtés, d'autres frappent, et la situation dégénère vite. Au point que Norman Osborn et ses Dark Avengers débarquent et instaurent la loi martiale. Le plan d'Osborn? Créer son propre team mutant, les Dark X-men, guidés par ... Emma Frost! Du coup, la relation entre Scott Summers et la blonde incendiaire bat de l'aile. A moins que la belle blonde n'ait un plan pour aider les siens. En attendant, les deux formations vont se mettre sur la tête, une sorte d'avant goût, un peu plus logique et justifié, de ce que nous lisons cette année avec AvX. Matt Fraction déploie un récit qui puise ses racines dans la séculaire haine, le racisme entre mutants et humains dépassés. Classique, sans grande surprise. Aux dessins on retrouve d'abord Silvestri, rugueux et nerveux, puis le trait souple de Dodson, tout en rondeur. Ce qui est dommage, c'est que derrière le conflit idéologique et moral, derrière cette tension sociale sous-jacente qui promet d'exploser à la figure des belligérants à tout moment, on a du mal à se passionner pour cette confrontation, qui est même, admettons le, le temps mort de ce Deluxe. J'ai eu du mal avec ce petit crossover assez insipide, et le relire aujourd'hui, même dans cette collection prestigieuse, n'atténue pas la sensation de vacuité perçue sur le moment. Néammoins, ce bel album est un témoignage important de son époque, un souvenir indélébile pour ceux qui ont découvert les comics avec le Dark Reign, ou pour les lecteurs qui portent Norman Osborn dans leur coeur (ah les pervers!).

Rating : OOOOO

DARK AVENGERS 16 : Les vengeurs noirs rendent les armes



DARK AVENGERS 16

(Brian Bendis / Mike Deodato - En VF dans Dark Reign 16 de janvier)

Si l'arrestation de Norman Osborn marque la fin du "Dark Reign", elle est également le terminus pour la série "Dark Avengers" de Brian Bendis et Mike Deodato Jr. Faux vengeurs mais véritables psychopathes, les pathétiques copies des plus grands héros de la Terre ont finit de chanter, et vont devoir assumer les conséquences de leurs actes.

C'est donc avec le numéro 16 que le titre ferme ses portes. Osborn est tombé de très haut, et sa dernière rodomontade (assiéger Asgard, tout de même...) fut la proverbiale goutte d'eau qui finit par faire déborder le vase. On le retrouve à genoux, mordant la poussière, malmené par un Bucky/Captain America qui ne fait pas de manières avec son prisonnier. Le regard de Victoria Hand, l'aide de camp de Norman (qui depuis sa toute première apparition me fait l'effet d'une Sarah Palin un peu plus jeune), qui observe la déchéance de son patron, en dit long sur le désarroi qui flotte sur les ruines de l'homérique bataille, désormais achevée. Les Vengeurs Noirs doivent se faire à l'idée : ils sont ammenés à répondre de leurs actes, et vont donc subir une détention qu'on devine assez déplaisante. Il y a toujours la possibilité de fuir, ce qu' Opale (ersatz de Miss Marvel) et Bullseye (un Oeil de Faucon tout penaud) tentent de faire, mais les héros, les vrais, sont là et veillent au grain, comme Carole Danvers, la seule et originale Miss Marvel, ou encore Luke Cage. Impossible d'échapper au juste courroux des Avengers enfin réconciliés. Les dernières tensions héritées de Civil War vont pouvoir être aplanies, notamment les rapports entre Tony Stark et Steve Rogers. Le premier est revenu dans la course après avoir été le fugitif le plus recherché de la planète durant le Dark Reign, le second semble avoir racroché son bouclier de Captain America pour une tâche peut être plus ardue encore, endosser le manteau de grand chef du contre espionnage et de la sécurité américaine (et mondiale), succèdant de la sorte à Norman Osborn et Nick Fury. Bref, tournons tous ensemble la page, et projetons nous directement dans l'ère des Héros.


Bendis n'oublie pas non plus de balayer les dernières miettes avant de fermer la porte à clé. Il laisse tout de même un fugitif oh combien dangereux en la personne de Daken, le rejeton de Wolverine, qui parvient à s'eclipser non sans commettre un dernier fait d'arme. Il rend un hommage rapide à Ares, le Dieu de la guerre, dont la présence régulière sur nos comics Marvel aura été d'assez courte durée. C'est son fils, le très jeune Phobos, qui reçoit des mains de Thor le heaume au panache ayant appartenu au grand guerrier éventré par un Sentry enragé. Victoria Hand ne quittera pas tout à fait la scène puisque Steve Rogers lui fait une étonnante proposition : le monde change, si même un coeur pur et ingénu comme l'ancien Super Patriote accepte l'idée que les jeux politiques impliquent de s'appuyer sur des individus libres de scrupules, tant qu'ils agissent pour le concept personnel qu'ils se font de la justice suprême et du bien commun. A ce sujet, sommes nous bien sur qu'il n'y ait pas eu, chez Norman Osborn, une partie de folie raisonnable, de véritable vocation à sauver sa nation, ses semblables, d'une communauté super héroïque toute puissante qui s'assied trop souvent sur les lois, et en oublie les dommages collatéraux causés par ces incessantes luttes entre zèbres costumés? Rappelez vous Civil War justement, et osez encore me dire qu'il n'y a pas une part de vérité dans ce constat. Sauf que l'écho du bouffon est toujours bien présent, tapi dans l'ombre, prêt à dévorer l'esprit d'Osborn pour en faire un ignoble psychopathe méritant la peine capitale. Dans les cendres encore fumantes d'Asgard, le Dark Reign s'éteint lentement. Qu'à cela ne tienne, une nouvelle ère va pouvoir s'ouvrir. Et comme les meilleures intentions n'entrainent pas toujours les plus heureuses conséquences, gageons que l'avenir s'annonce riche en coups de théâtre et en rebondissements des plus variés. To be continued ...

Rated : OOOOO


Avengers en kiosque : Le point sur les séries régulières


Puisque le Dark Reign est désormais pratiquement conclu, et que SIEGE débarque enfin dans nos kiosques, jetons donc un regard rapide sur les différentes séries liées aux Vengeurs, qui n'auront jamais autant été lu et recherché que ces derniers mois. Et commençons le tour d'horizon avec un saut chez les Dark Avengers (dans la revue Dark Reign – DA 13) qui vivent leurs dernières heures. Sentry, leur membre plus éminent, n'a jamais été aussi inquiétant, de par sa toute puissance. Pourtant, son épouse pensait bien être enfin libéré de lui; hélas, peine perdue, comment tuer celui qui semble bien immortel? Le bon coté de l'histoire, c'est que nous apprenons la véritable version des origines du héros, qui entre en contradiction avec ce que nous avait appris Jenkins en son temps. Bendis nous révèle, par la bouche de Lyndi, que Sentry est le produit de l'absorption d'une drogue, que Bob Reynolds n'est en fait qu'un junkie de plus, qui aura eu la bonne fortune de faire le trip ultime, dont il n'est toujours pas revenu. Depuis, ne pouvant gérer des pouvoirs qui dépassent l'entendement (Superman à coté semble un boy-scout impuissant), il s'est infligé une punition schizophrène en construisant un alter égo sombre et destructeur, Void, qui annule proportionnellement tout le bien qu'il peut faire en tant que Sentry. Nous parlions de ses pouvoirs infinis : même un plongeon au cœur du soleil, comme c'est le cas ce mois ci, ne saurait l'arrêter. On souhaite bien du plaisir à ceux qui vont devoir se dresser sur sa route, notamment aux forces asgardiennes attaquées par Norman Osborn, sur « Siege » justement.


Les Mighty Avengers, eux, m'ont profondément ennuyé, depuis leur création. Mais Dan Slott réussit cette fois à faire prendre la sauce, juste à temps pour que nous comprenions que l'équipe est vouée à disparaître. Le génie scientifique de Hank Pym fait des miracles : il est même parvenu à emprisonner Loki, le Dieu des menteurs, pour lui soutirer certaines informations capitales. L'épisode oscille entre petites anecdotes sympathiques (Jarvis préparant le petit déjeuner en allant puiser ses ingrédients sur les marchés du monde entier, grâce à la téléportation) et la tension occasionnée par Quicksilver, qui n'en peut plus d'attendre et souhaite savoir quel a été le destin de sa soeur, Wanda Maximoff. Loki est à la merci des héros, mais il a toujours un bon plan dans son sac pour sauver les meubles : en l'occurence faire appel à son demi frère Thor, et jouer sur la corde sensible de la famille pour obtenir sa libération. Cerise sur le gâteau, la surprenante décision de Pym, qui fait une proposition pour le moins déroute à l'asgardien, une fois délivré de ses chaînes. Comme je vous le disais, ça sent la fin de parcours pour ce groupe de vengeurs, et c'est peut être là que ça devient le plus intéressant (avec le retour prévisible d'Ultron, pour boucler la boucle, puisqu'il fut sous la plume de Bendis le premier opposant de cette formation)
Et finissons en avec les « New Avengers » qui depuis le temps sont un peu moins «nouveaux » que le titre de leur série voudrait le faire croire. 61 épisodes sont passés sous les ponts, tout de même. Je dois dire que ce titre est le plus ambivalent : parti sur de très bonnes bases, avec un fort potentiel indéniable, il a bénéficié du style « Bendis », ce mix d'humour décalé, de soap-opéra et d'action brute qui frappe fort dans le fourmilier de la sacro-sainte continuity. Mais aussi des défauts inhérents au bonhomme, à savoir la dilution infinie de la trame : Brian écrit pour les trade paperbacks, et utilise parfois dix planches là où dans les années 80 n'importe quel auteur aurait employé deux cases. C'est fort intéressant pour Marvel qui est gagnant dans l'affaire, mais frustrant pour nous. Par exemple, toutes les aventures vécues en parallèle des « main events » comme Secret Invasion, ou encore Civil War, ont régulièrement été, chez les New Avengers, entachées de redites, d'un ralentissement flagrant du propos, d'une façon certes agréable d'aller voir dans les marges du récit, mais sans que cette excursion narrative ait au final le moindre poids conséquent sur la saga en elle même. Cela semble encore le cas ce mois ci : les Vengeurs sont attaqués par un groupe de vilains aux pouvoirs boostés par les pierres des Nornes, petit cadeau offert par Loki à Hood et ses sbires. Castagne et humour décalé, mais rien d'indispensable ou de renversant ne se produira sur les pages du titre, qui endosse encore une fois le rôle de simple supplément d'informations, d'appendice dispensable, à l'action véritable, à l'enjeu principal, qui peut se lire sur les pages de « Siege ».
Les Vengeurs ont eu tendance à trop se diluer, au point de perdre partie de la saveur originelle, du piment qui les distinguait depuis quelques années. Tout le pari, à l'aube de la nouvelle ère Marvel post Dark Reign, sera de recentrer les enjeux et de rendre incontournable à nouveau le rendez-vous avec les plus grands héros de la Terre, afin qu'il ne soit plus le simple appendice de régulières sagas annuelles, au final usantes et redondantes. L'avenir serait-il de faire un pas en arrière?

En kiosque : DARK REIGN 8 Utopia (2/5)


Commençons ce mois ci par Dark Reign, puisque c'est par là qu'il faut en passer pour suivre les événements liés à Utopia. San Francisco est à feu et à sang, et pour dompter la rebellion mutante, Norman Osborn n'a pas hésité à composer sa propre équipe de X-men, dont il a confié les rênes à Emma Frost. Cette dernière n'est pas vraiment passé du coté de l'ennemi, on la sent surtout concernée par un besoin de ménager les siens, autant que faire se peut; au point qu'elle finit par rembarrer Osborn et son laquais scientifique, Dark Beast (le Hank McCoy d'une autre dimension) lorsque ceux ci lui permettent de jeter un oeil sur les cellules de rétention des pouvoirs des mutants. Qui sont en réalité une cruelle torture, comme l'apprend à ses dépend le vrai McCoy, qui souffre le martyre dans son cachot. Scott Summers se montre lui plus orgueilleux que jamais et ose rendre une petite visite au chef du Hammer pour lui intimer de se rendre! Hélas il semble clair que l'ancien Bouffon Vert ira jusqu'au bout de sa logique, quelqu'en soit le prix à payer. Finalement l'action n'avance pas vraiment, ça parle et ça s'enerve beaucoup, mais plutôt stérilement. Luke Ross fait de son mieux pour dessiner comme Deodato Jr, l'ambience et la colorisation reste sombre, apocalyptique.








Les Secret Warriors de Fury se lisent bien vite. Déjà car il y a très peu de dialogue. Baston pure et dure, ça cogne plus que ça parle. Les jeunes pousses aux ordres de Fury passent un test très sérieux contre l'Hydra, et ils en sortent gagnant. Ce qui permettra à l'espion borgne de monter ensuite sa propre armée, en puisant du coté de ses anciens fidèles, qui ne l'ont pas abandonné. Franchement, on s'ennuie ferme et on se demande bien en quoi cette série pourrait devenir indispensable. Peut être l'occasion de satisfaire les fans de Stefano Caselli, dont en plus je ne suis pas? Heureusement que les Thunderbolts sont au taquet. Avec en prime le retour aux affaires de Songbird, qui outrée par la tournure des événements, commencent à envisager la reformation de l'ancienne mouture des Thunderbolts, celle d'il y a plusieurs années maintenant. Nous profitons de l'épisode de ce mois pour faire plus ample connaissance avec "Mister X", rompu à toutes formes de combats et quasi invulnérable tant il est sur de lui, et pour apprende de nouvelles révélations décisives sur le rôle de la Veuve Noire, que je ne saurais dévoiler ici faute de vous gâcher le cliffhanger le plus marquant du mois dans nos revues en VF. Pour clôre les débats, la troisième partie de Dark Reign:Fantastic Four. Reed Richards se creuse la tête pour trouver un monde parallèle où l'équation Illuminati + Civil War+Secret Invasion ait connu une fin heureuse, pour appliquer la recette chez nous. Mais rien ne marche comme prévu, et ses compères se retrouvent perdus dans l'espace temps. Le lecteur lui, est sidéré devant tant d'ineptie, et une série vraiment dispensable qui n'a trouvé sa place dans la revue que grâce à cette appellation "Dark Reign", qui comme on le constera amèrement, n'est pas un gage de qualité à tous les coups. Hickman est totalement à coté de la plaque, méconnaissable, avec cette mini série sans le moindre intérêt. L'homogénéïté des 4 occupants du mensuel est encore une utopie, il faut s'en faire une raison.

Rating : OOOOO

En kiosque : DARK REIGN 7 Le masque se fissure ...


Le charme de Dark Reign 7, ce n'est pas dans le combat eternel entre gros bras, mais dans les relations spéciales qui lient les personnages, dans ces histoires de trahisons latentes et de déclin attendu qui suintent de chaque planche qu'on le trouve. Prenez par exemple les Dark Avengers. Osborn est fou de rage car Namor refuse de lui prêter main forte pour dompter des rebelles d'Atlantide qui sacagent la Californie. Les premières failles se dessinent chez Norman, qui ne pourra vraissemblablement pas supporter une telle pression bien longtemps. Même s'il peut compter sur un poids lourd pour exécuter les basses besognes ; un Sentry aussi dérangé que son patron, qui s'en va trucider de l'homme poisson sans aucun remord. Bref, le monde marche sur la tête, et Bendis prend un malin plaisir à semer les graines du doute au sein même de nos "pseudos héros". Le doute, c'est aussi ce qui caractérise les Thunderbolts. Ant-Man se pose de plus en plus de question sur sa présence dans l'équipe, entouré de psychopathe dangereux. S'il compte sur la Paladin pour trouver une oreille sensible... Et nous apprenons que la Veuve Noire, Yelena Belova, ne roule pas forcément pour qui nous le pensions. Serait elle encore un agent double, ou triple (avec elle on ne sait plus...) et surtout, son petit jeu aurait-il été mis au jour par le Fantôme, qui espère secrétement porté un coup fatal à la technologie Oscorp, que Norman Osborn a substitué à celle de Stark? Une série à en devenir parano jusqu'à la troisième génération, toujours aussi indispensable!




Regain de forme aussi chez les Secret Warriors de Nick Fury. il faut dire que les jeunes pousses recrutés par l'agent secret n'apparaissent que sur la dernière planche de l'épisode, qui est consacré à l'infiltration par le Shield d'une base militaire du Hammer, pour y voler des héliporteurs. Tout se complique quand un troisième larron, l'Hydra, se joint aux réjouissances. Rien de transcendental, mais bon, ça se laisse lire, et comme ça vient en effet compléter le cadre global qui se dégage de ce "Dark Reign", on se dit qu'parès tout, pourquoi pas... Par contre, je reste contre cette colorisation sans âme des dessins de Caselli, mais là j'ai l'impression de me répéter chaque mois... Par contre, les Fantastiques sont ennuyeux. C'est le second épisode lié à leur saga labelisée "Dark Reign" et on se dit déjà que celle ci ne sert à rien. Histoire de dimensions alternatives, du quatuor perdu dans un autre continuum pendant que les sbires d'Osborn venaient leur signifier une sorte de "mise aux arrêts"; Kirkman pond là un scénario des plus anodins, auquel il faudra faire un gros effort pour s'intéresser. Le gros point faible de la revue en ce moment, qui autrement vaut le détour, croyez moi.

Rating : OOOOO

En kiosque : DARK REIGN 6 Les machinations politiques de Norman Osborn

Allez donc faire confiance aux politiques. Ils sont là, face au public, mis le nez dans leurs contradictions et leurs manquements, mais ils conservent souvent la morgue, la science et l’aplomb, de ceux qui se savent d’une manière ou d’une autre intouchables. Norman Osborn plus que tout autre ; rien ne semble plus pouvoir l’arrêter dans son accession au pouvoir et au contrôle suprême de l’univers Marvel, hormis sa propre folie et ses propres désirs de revanche, des démons intérieurs qui pourraient bien le mener à faire le pas de trop qui le sépare de l’abysse. En attendant, on le retrouve ce mois ci sur un plateau de télé, dans un jeu habile d’accusé/victime/repenti dont il se sort avec talent, une sorte d’absolution médiatique qui n’est pas sans rappeler les conférences de presse et les interview complaisantes de pas mal de nos gouvernants d’aujourd’hui, et d’hier. Pendant ce temps là un guerrier Kree encore inexpert et innocent à ce sujet, découvre les plaisirs de la chair avec une fougueuse Vengeresse chaussée de bottes en latex : c’est chaud au Qg des Vengeurs, en ce moment. La série Dark Avengers est donc de retour, avec un épisode qui parle beaucoup, raisonne pas mal, et séduit par son coté authentique et habile : la politique, encore plus efficace qu’une grosse baston entre héros à la testostérone. Le reste du menu, ce sont les Secret Warriors de Nick Fury qui vont du recrutement, avec le personnage de Eden Fesi . Un individu à suivre vu son pouvoir de manipuler l’espace temps. Je me suis déjà étendu sur ce que je ressens à la lecture de cette série, et le traitement graphique de Caselli. L’opinion ne change guère, voilà un titre correct mais pas franchement indispensable, qui nous rabâche les oreilles avec cette amitié virile et décennale entre soldats vieux de la vieille (Salut Nicholas, c’est Dum Dum Dugan. Toi aussi tu te portes bien pour un papy de 90 piges, le Shield, ça conserve, il n’y a pas à dire…) Les Thunderbolts sont toujours en forme, même si le roster de l’équipe a radicalement changé. Ils partent cette fois ) Madripoor, haut lieu de la pègre asiatique et ancien « turf » de Wolverine qui y a vécu de nombreuses aventures, pour éliminer – en apparence – une sorte de mercenaire / pigiste du spectacle sanguinaire, qui a le don, durant les combats, de lire et anticiper les prochains mouvements de l’adversaire. En fait, ce sera pour le recruter, car il faut bien, à cette nouvelle équipe, quelqu’un pour faire le sale boulot et les basses besognes. A noter que la paranoïa de Ghost, qui vit en autarcie et s’attend toujours à un coup fourrés à ses dépends, n’est pas complètement injustifiée… quand on apprend qu’Osborn est prêt à sacrifier sans remords ses troupes, pour arriver à ses fins. Quelle sale ambiance, niveau confiance, pour les sbires du Bouffon Vert ! Du bon travail de la doublette Diggle/De la Torre. Et pour finir première partie d’une saga en 5 volets, consacrée aux Fantastic Four. FF : Dark Reign nous montre un Reed Richards fortement préoccupé par toutes les récentes décisions qu’il a du prendre, et qui ne se sont pas toujours révélées heureuses, loin de là. Pour remédier à son inconséquence, il invente un appareil qui explore les réalités parallèles pour y puiser les bonnes idées et les bonnes solutions pour repartir du bon pied. Oui mais voilà, le Hammer a décidé que la chasse aux héros est ouverte, et cela inclus aussi le célèbre quatuor. Peut être est-ce là une exagération scénaristique malvenue : après tout les FF jouient d’un tel prestige, ils sont si reconnus sur la scène super héroïque, que les éliminer ou les contrôler, n’est pas la meilleure chose qu’Osborn puisse décider. Mais mettons cela sur son coté démoniaque et schizophrène, après tout les décisions rationnelles ne sont pas sa grande spécialité. Un premier numéro agréable, attendons de voir la suite. Bref, Dark Reign nous a fait des frayeurs ces mois derniers, en oubliant quelque peu sa thématique centrale et ce qu’elle implique au niveau de l’intensité dramatique. Le numéro six semble vouloir faire amende honorable, et c’est tant mieux !

En kiosque : DARK REIGN 5 (Non, ce n'est pas une blague...)

J'avais prévu de recenser et chroniquer le numéro de DARK REIGN de février, malgrès un évident manque de temps libre en ce début de semaine. Toutefois, et c'est la bonne nouvelle, ce sera très vite fait, de manière télégraphique. Ce numéro 5 est en effet totalement dispensable, à des années lumière des promesses initiales des tous premiers, qui laissaient entrapercevoir la possibilité d'un sacre comme "meilleure revue Panini en kiosque". Le mirage fut de courte durée, le retour sur Terre brutal. Au programme ce mois ci, Les Vengeurs Noir, "La Cabale". Un one-shot en cinq petites parties, qui décide d'approfondir les ambitions, de faire le point sur la situation, de certains membres de la Cabale, justement, ce groupe de vilains aux dents longues qui servent de lieutenants d'Osborn, pour ses basses oeuvres. L'occasion de retrouver Fatalis, Hood, Emma Frost, Namor ou Loki. Le problème, c'est que c'est absolument indigent, que ça n'apporte rien de plus à ce que nous savons déjà, à peine l'occasion pour des artistes mieux inspirés par le passé (Remender, Fraction...) de toucher un petit cacheton, et pour Daniel Acuna, aux dessins, de prouver qu'il a vraiment un sérieux problème avec les couleurs dégoulinantes (je me rappelle de ses prouesses dans Marvel Universe, sur Green Lantern, ça n'était guère mieux...) Et ne comptez pas sur le crossover Thunderbolts/Deadpool pour relever le niveau. Humour cinquième degré, nous avons là une aventure typique des revues pour jeunes lecteurs, du genre "le magazine des super héros pour les 4-12 ans". Ce qui n'est pas non plus un crime, il faut bien varier les coeurs de cible, mais au sein d'une revue comme "Dark Reign", et ce que cette tragique époque de la continuité Marvel signifie, c'est particulièrement déconcertant. Pourquoi ne pas avoir proposé ces quatres épisodes du crossover dans un album spécial (entre les Marvel heroes, icons, mega, hors série, on a du choix...) que seuls les fans des blagues pourries (euh pardon, décalées) de Deadpool auraient acheté? Du coup ça fait deux mois que le mensuel Dark Reign ne sert plus à grand chose... Fermons les yeux sur l'appendice final, dont le seul titre, "Kreveur de Skrull" se suffit à lui même. Bon sang, Panini nous a vendu en février une parodie de sa revue "Dark Reign", et le véritable magazine doit encore sortir à ce jour, dites moi que c'est ça?? ps : il n'empêche, si vous y tenez à votre poster géant complet de Thor et des dieux d'Asgard, il va quand même vous falloir acheter Dark Reign 5. Toutes mes condoléances.

En kiosque : DARK REIGN 4

La lune de miel avec le mensuel « Dark Reign » aura finalement été de courte durée. Au risque de ne pas me faire que des amis, tirons donc à balles réelles sur le 4° numéro du dernier né de chez Panini, qui semble déjà manquer de souffle après si peu de temps. A commencer par les Dark Avengers, qui liquident Morgane Le Fey en deux temps trois mouvements, après un combat qui devait être pour le moins dantesque. Elle qui fut sur le point de damer le pion à des calibres comme Sentry ou Ares, et qui laissa le docteur Fatalis sur le carreau, en piteux état, se laisse finalement prendre au piège des sortilèges de ce bon docteur latvérien comme une débutante. La voici projetée dans un passé lointain, à une époque où de gigantesques sauriens carnivores donnent la chasse à des tribus d’homo-sapiens primitifs. Une incohérence historique qui n’est pas le pire, tant la série est le reflet du meilleur et du moins bon de son géniteur, Brian Bendis. Si les dialogues sont souvent pétillants, irrévérencieux, et s’il se dégage du tout comme une bonne odeur de sitcom super héroïque bien troussée, la lenteur des débats et la sensation de faire du surplace assez rapidement nous fait quelque peu tiquer. Le temps que Bendis nous livre un arc narratif complet, n’importe quel scénariste des sixties/seventies avait celui de pondre deux saisons complètes du personnage de son choix. Sinon j’aime toujours autant les dessins de Deodato, mais c’est si sombre que ça en gâche quelques planches, cela dit en passant. Bon, loin de moi l’intention de dire que les D.A sont aussi ennuyeux que les Mighty Avengers (mais est-ce bien possible ?) mais par rapport aux premières flammes, les étincelles de ce mois ci ne m’ont guère réchauffé.

Les Secret Warriors, par contre… Que dire ? Pas grand-chose, je n’aime pas, voilà tout. Pour la technique de colorisation et d’impression des illustrations de Caselli, je me suis déjà exprimé, en mal, je n’y reviendrais pas. Pour l’histoire en soi, je commence déjà à bailler. Voici venir un énième retour sur le devant de la scène de Nick Fury et de sa bande d’amis, de la comtesse Allegra de Fontaine à son vieux pote baroudeur Dum Dum Dugan. Fréquenter Fury a du bon : vous ne vieillissez pas, voire même, vous rajeunissez de manière spectaculaire, comme cette garce de comtesse qui semble avoir à peine la trentaine, sur les pages de ce mois ci. Bien entendu, si tout ce joli cast est de sortie, c’est qu’en face, il va y avoir Hydra et ses machinations, des complots à n’en plus finir… Mais au fait, et les Warriors, dans tout ça ? Pour le moment, ils sont au service aveugle de Fury, et se lancent sans expérience et en dépit d’une formation clairement de série B, à l’assaut d’un monde hostile où des individus comme Osborn ne rêvent que de les voir se pendre au bout d’une corde. Nick, pourquoi es-tu aussi méchant ? Laisse les donc en paix, ces jeunots, et nous aussi tes lecteurs, par la même occasion. Enfin Deadpool. Le gros morceau. Le mercenaire à la grande bouche débarque sur les pages de Dark Reign à la faveur d’un crossover en quatre parties avec la série des Thunderbolts. Deadpool, c’est soi disant de l’humour rafraichissant, du 3° degré en guise de bouffée d’oxygène, dans un monde de comics trop sérieux et voué à la sinistrose. Mouais. Il n’empêche que ce n’est pas ma tasse de thé, tout du moins pour ce qui est de cet arc narratif intitulé « Magnum Opus ». Wade l’a mauvaise depuis qu’Osborn l’a doublé puis ridiculisé, après qu’il se soit mis en danger pour participer à l’effort de guerre contre les Skrulls, en récupérant de précieuses informations sur le métabolisme et la biologie des aliens. Du coup, l’heure de la revanche a sonné, et notre mutant déjanté investit le QG des Vengeurs Noirs pour régler son compte au rouquin diabolique. Ce qui donne l’occasion d’une longue série de vannes de bas étage à l’encontre du nouveau chef de la défense américaine, d’un niveau sensiblement égal à ce qui se raconte dans les cours de récré des écoles primaires. Certes, c’est de l’humour, c’est léger et fait pour. Mais quand même, j’ai ressenti une certaine gêne à penser que j’avais aussi payé pour ça, et surtout comparé avec ce que peut être en temps normal le titre « Thunderbolts ». Paco Medina n’est pas mauvais du tout aux dessins, mais ne comptez pas sur lui pour enrichir ses cases avec des décors fouillés ; c’est bien pratique de dissimuler l’indigence derrière des explosions qui provoquent de la fumée, ça permet de gagner du temps pour respecter les délais. Je préfère au final le trait plus fouillé de Bong Dazo, même si sa capacité à faire transparaître les émotions et les mimiques de Deadpool à travers son masque (comme s’il était un muppet) est assez discutable dans un récit à teneur « adulte ». Mais je suis probablement le seul à blâmer, je n’ai pas su garder mon âme d’enfant, ce qui me fait voir certaines productions particulièrement infantiles avec les yeux de l’adulte désabusé et désenchanté. C’est la seule explication que j’ai trouvé à cette continuelle sérénade de compliments à l’encontre d’un personnage, qui en dehors de certaines histoires sporadiques, ne m’a jamais vraiment emballé. A l’instar de ce Dark Reign 4, qui n’a pas grand-chose d’inoubliable. Dark Reign, bon sang, c'est tragique et poignant, et pas cette pantalonnade humoristique digne d'un bon gros "fill-in". Non mais!

En kiosque : DARK REIGN 3

DARK REIGN, ça continue. Et comment ! A commencer par le titre éponyme, qui s’ouvre par un huis-clos psychologique. Vous vous demandiez comment un psychopathe comme Osborn pouvait avoir réussi à convaincre Bob Reynolds, alias Sentry, a intégrer le cast des Vengeurs Noirs ? La réponse vous est donnée ce mois : le Bouffon y fait étalage de sa science de la manipulation des autres, aidé en cela par l’esprit déjà perturbé à la base de son interlocuteur. Sentry est un schizoïde, et si ses pouvoirs semblent illimités, son esprit ne résiste pas à tant de grandeur. C’est pourquoi il apparaît être régulièrement victime de crises durant lesquelles il prend l’apparence de son double maléfique, appelé Voïd, et défait tout le bien qu’il a pu accomplir dans son costume jaune traditionnel. Osborn étant un maître en double identité criminelle, il n’a aucun mal à trouver les mots justes pour faire vibrer la corde sensible de Bob. Le reste de l’épisode est le prolongement du grand combat (boucherie ?) entre Morgane La Fée et les Dark Avengers. Comment tuer une sorcière virtuellement invincible puisque pouvant remonter le temps et revenir en avant à sa guise ? Réponse : en passant de la défense à l’attaque, et en allant la débusquer à son époque de départ. Classique, et un ton en dessous des dialogues raffinés qui marquent les très bonnes premières planches, avec probablement une petite exagération dans les tons sombres de la part du coloriste, qui nuit un peu au travail de Deodato; mais globalement, ça tient vraiment la route. Les Secret Warriors de Nick Fury jouent clairement dans une catégorie inférieure, d’autant plus que l’idée de miser sur un groupe de héros débutant et pratiquement inconnus impose forcément un round d’observation qui se note, en plein Dark Reign, à l’heure où nombre de série sont menées tambour battant. La grande idée est que le Shield était infiltré depuis bien longtemps par l’Hydra et le Baron Von Strucker, qui tiraient les ficelles de l’organisation de Fury, à l’insu de tous. L’impression d’un potentiel fort intéressant est bien réelle mais il faudra exploiter correctement cette galerie de nouveaux personnages, qui d’ailleurs se sont déjà éclipsés pour ce second épisode : pas de révélation ou de caractérisation particulière d’un ou plusieurs d’entre eux, nous sommes concentrés purement et simplement sur les machinations du Baron Strucker, à l’exception de quatre planches qui mettent en scène un dîner au restaurant, où nous pouvons apprendre quelques éléments du destin probable de nos jeunes héros, sous couvert de prédictions funestes. Je ne suis pas non plus trop convaincu par l’aspect graphique des Secret Warriors. Si Stefano Caselli a un talent certain, la colorisation et le travail par ordinateur confèrent un aspect patiné, lisse, quasi cartoonesque, que je n’aime pas trop.

En fait, le plat principal de Dark Reign 3, ce sont les Thunderbolts. Tout simplement brillants. Vous vous étonniez vous aussi, qu’un président humaniste et démocrate comme Obama puisse donner son aval à un psychopathe comme Norman Osborn, et le laisser manigancer envers et contre tous ? L’explication arrive ce mois : tout d’abord ce n’est pas lui qui a eu cette idée, mais Bush, son prédécesseur. Ensuite, il se méfie comme de la peste du Bouffon Vert, preuve en est qu’il le convoque pour un entretien secret à bord de l’Air Force 1, où il le somme de répondre aux accusations de Leonard Samson, le psychiatre dopé aux rayons gamma. Les dialogues sont savoureux, tout comme l’opinion du Doc sur la santé mentale de son interlocuteur (« … est-il à même de gérer des affaires de sécurité nationale ? » « … il ne devrait même pas se balader dans la rue ») . qu’à cela ne tienne, Osborn a conçu un plan diabolique pour inverser les rôles, endosser la cape de la victime et sauver le président d’une agression impromptue, qu’il a en réalité méticuleusement préparée. C’est ainsi qu’il est attaqué par un Green Goblin de substitution, et qu’il parvient à faire endosser à Samson les habits du traître à la patrie. Obama ne semble pas complètement dupe, et Andy Diggle est parfois un peu lourd dans sa façon de dépeindre Barack comme un politicien probe et droit, attentif, respectueux, parfait quoi ! L’autre grand intérêt c’est d’assister aux premiers pas de la nouvelle mouture des Thunderbolts ( les anciens étant devenus les Dark Avengers ) guidés par l’espionne soviétique Yelena Belova et le mercenaire Paladin. On y trouve aussi un nouvel homme fourmi, espiègle pervers qui une fois rétréci trouve refuge et protection entre les deux nichons de la glaciale Yelena. Les Thunderbolts sont totalement immoraux, déjantés, et suivre leurs aventures est aussi agréable que de gratter une plaie infectieuse qui démange : on a beau faire, c’est très dur de s’arrêter. Et vous l’aurez compris, j’attache beaucoup d’importance aux échanges verbaux entre les personnages, plus qu’à l’action elle-même. Quand c’est réussi, ça donne un comic-book plus adulte et réaliste, qui puise dans les racines de la fantaisie pour élaborer une recréation du monde tel que nous le connaissons, et rendre l’univers Marvel si attachant car si proche du notre. Un miroir déformant et distordu, pour mieux comprendre notre propre réalité. Dire que les lecteurs de Tintin ou d’Asterix nous considèrent trop souvent comme de grands enfants naïfs… Dark Reign 3 en kiosque, recommandé sans retenue.

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Le Dark Reign est arrivé, et le mensuel du même nom en est déjà à son second numéro. L’occasion de voir à l’œuvre le nouveau team de Vengeurs, les Dark Avengers de Norman Osborn, une véritable bande de déséquilibrés et de gibiers de potence, travestis en relatives gloires. Bendis s’amuse comme un fou avec sa nouvelle créature, et Deodato est très affuté avec ses crayonnés obscurs et ombrageux, bref c’est du tout bon. La première mission des très discutés Vengeurs Noirs est d’aller prêter main forte à un Fatalis en grande difficulté : ce dernier, qui a été recruté par Osborn pour faire partie de sa cabale secrète des pires vilains de notre planète, a maille à partir avec la sorcière Viviane LeFay, qu’il a autrefois séduite et abandonnée. Il faut toujours de méfier de la jalousie et du ressentiment des femmes, surtout si elles sont magiciennes, peuvent aller et venir dans le temps, et sont aptes à vous détruire avec une simple incantation. Ces Dark Avengers ont aussi un charme évident : ce sont les querelles latentes et exposées entre les différents membres, peu enclins au travail d’équipe et qui écoutent rarement la voie de la raison. Toutes ces tensions donnent lieu à des échanges piquants et pleins d’humour, typiques de Bendis. Coté gros muscle, Sentry donne libre cours à sa force brute pour mettre un terme à la menace de la sorcière déjà évoquée plus haut ; c’est expéditif, trash, et finalement, comme vous le verrez, plutôt utopique. Le baptême du feu de la troupe de psychopathes se poursuit, pour le plaisir des lecteurs.




Voici qu’arrivent ensuite les « Secret Warriors » de Nick Fury. Le gros handicap de la série, c’est de mettre en scène un groupe composé d’individus méconnus, des nouveaux venus sur le devant de la scène super héroïque. C’est aussi son sel, c'est-à-dire l’espoir d’un vent de fraîcheur et de nouveauté, comme on en a régulièrement besoin dans nos chers comic-books. La palme de la bizarrerie revient à Phobos, un jeune ado qui s’avère le Dieu de la Peur, et qui mène l’existence d’un geek collé à sa console. On n’a pas trop le temps de s’ennuyer, vu qu’on est occupé à faire connaissance, et qu’on se prend la révélation que le Shield était aux mains de l’Hydra depuis longtemps. Le potentiel de cette série est évident, reste à l’exploiter correctement.


La revue est aussi à moitié dédiée aux Thunderbolts, ce qui est assez curieux. Car certains d’entre eux viennent de gravir les échelons de la gloire, et d’être nommés au sein des Dark Avengers. Le baron Strucker est lui mort à la pointe de sa propre épée, et cela le mois dernier, et pourtant nous le retrouvons tout occupé à donner de bons conseils à Songbird, pour échapper au grand « nettoyage par le vide » qu’Osborn a décidé de mettre en œuvre pour couvrir ses traces, guère reluisantes. Il faut dire que les Thunderbolts accusent un petit retard éditorial par rapport aux autres séries, ceci explique cela, et pour enfin le combler, Panini met donc ce mois et le prochain les bouchées doubles. Faire le ménage quand on a autant de casseroles, ça passe forcément par l’élimination physique, quand on ne peut pas faire autrement. La grande saga des Thunderbolts trouve donc une fin définitive : le titre était né au lendemain de l’opération « Heroes reborn », quand le public croyait les principaux héros de la Terre morts, et que des vilains masqués et machiavéliques avaient décidé de se racheter en faisant le bien, tout en lorgnant vers un plan bien moins altruiste. L’équipe a subi des remaniements, au niveau du cast et de la direction, avant d’affronter le grand chambardement avec Osborn à sa tête. Depuis, elle était devenue un refuge assumé pour psychopathes, un havre d’anticonformisme au sein du Marvel Universe, où l’humour grinçait comme une porte centenaire jamais huilée. Diggle et De LaTorre mènent la danse pour ces adieux qui n’en sont pas : attendons nous à une prochaine métamorphose, qu’on souhaite au moins aussi passionnante. Dire que la lecture de ce mensuel est fortement recommandé me semble superflue, autant pour la qualité intrinsèque du contenu que par l’importance des enjeux qui s’y épanouissent.

MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...