Troisième et dernier numéro pour la revue Flashpoint, ultime rendez-vous avant le grand chambardement qui va révolutionner l'univers Dc, dans les kiosques français. Au sommaire la fin de la saga imaginée par Geoff Johns, donc, mais aussi la mini série en trois volets, Flashpoint:Project Superman. C'est un des paris les plus audacieux de cet évènement, penser un monde, un univers narratif, duquel serait absent la figure mythologique par excellence, l'homme d'acier à la célèbre cape rouge. Qui d'ailleurs pourrait se substituer au kryptonien, s'il n'était pas là pour nous sauver les fesses au quotidien, face aux grandes menaces que l'humanité doit affronter? En tous les cas, c'est un certain Lieutenant Sinclair qui tient au départ le haut de l'affiche, soumis à des expériences militaires (supervisées par le père de Loïs Lane) pour le rendre surpuissant. Un peu comme le sérum du super soldat, avec des résultats fort différents sur la forme. S'il acquiert des pouvoirs qui le rapprochent du Superman que nous connaissons, nous nous doutons bien également que quelque chose cloche. Mais que devient le vrai Clark Kent, pendant ce temps? Et bien c'est à partir du second épisode que nous nous attardons sur son destin, et sa jeunesse, tout comme le passé de Loïs, Lex et Lionel Luthor. Avec un portrait plutôt réussi du Général Lane, un homme brisé par son divorce, qui a fini par substituer le jeune Kal-El à sa propre progéniture. On pourrait reprocher à Project Superman l'éclatement de la progression de l'histoire, qui semble se chercher, tituber par moments. Scott Snyder et Lowell Francis donnent même parfois dans l'humour (in)volontaire, en pastichant certains des poncifs de la série et du personnage. Le plus intéressant reste de voir ce jeune alien perdu et exploité par des militaires, en contraste total avec ce que nous connaissons de lui, dans l'univers Dc traditionnel. Emprisonné, si fragile, pâlichon et maigrelet, Gene Ha a du probablement bien s'amuser en dessinant ce Superman à contre emploi, ce Superman qui n'en est pas un, et dont l'absence est une des causes qui rendent possibles le délitement de l'univers de Flashpoint.
Flashpoint, c'est bien entendu la série mère, qui s'achève ce mois ci. Batman, Flash, les combattants pour sauver notre planète, épaulés par Emily Sung (Element Woman) montent au front et tente désespérément de sauver ce qui peut l'être. Le temps tourne en leur défaveur, et Barry Allen commence à craindre le pire, c'est à dire d'oublier, lui aussi, ce que fut la réalité avant qu'un incident de parcours ne vienne modifier notre timelime. L'aide de Billy et de ses jeunes amis, dépositaires des pouvoirs de Shazam, ne seront pas de trop. D'autant plus que l'affrontement final entre Wonder Woman et Aquaman fait des étincelles à New Themyscira. Au fait, si je vous dit que Flashpoint est une histoire qui joue du concept des couloirs du temps, de la possibilité de changer des données dans le passé pour modifier passé et présent, et que Flash en est le point crucial, et bien, à votre avis, quel va être le grand méchant vilain qui devra forcément pointer le bout du nez, et pas forcément pour les raisons que vous pourriez imaginer (certes, il est aussi sur la cover...)? Toutes les réponses sont ici apportées, avant le final cataclysmique, et une scène fort touchante entre Barry et le Bruce Wayne de notre époque (enfin, celui de la nouvelle ère Dc) qui vient conclure cette petite saga rapide et sans temps morts, qui mérite vraiment qu'on s'y attarde, tant elle s'avère plaisante à lire ou relire. Outre qu'elle est aussi déterminante pour le sort de l'avenir de Superman et consorts. Rendez-vous fin mai pour les vrais nouveaux mensuels Urban Comics, et une nouvelle grande aventure made in Dc comics!
Rating (pour la saga Flashpoint) OOOOO