LE COMPLEXE DU MESSIE : SOUVENIRS MUTANTS AVEC HOPE SUMMERS

On revient sur un grand classique moderne ce mercredi. Le Complexe du Messie, ça vous dit quelque chose, bien entendu!
La race mutante est au plus mal, au bord de l'extinction. Depuis le serment magique prononcé par la Sorcière Rouge (No more mutants) à la fin de House of M, il ne reste plus qu'une poignée de mutants, moins de 200, là où auparavant ils étaient des millions. Isolés, menacés, ils s'en remettent à Scott Summers pour trouver un guide éclairé, et continuent de chercher désespérément une solution à cet épineux problème. Une mince lueur d'espoir se manifeste toutefois : la première naissance d'un enfant doté du chromosome X a été enregistré en Alaska. on pensait que cela ne se produirait plus, on s'était trompé. Tout de suite, c'est la foire d'empoigne pour savoir qui mettra les mains sur le nouveau né. Les X-Men sont bien sur de la partie, mais ils ne sont pas les seuls, puisque les Purifiers du révérend Stryker les ont devancé, et ont rasé par le feu le village tout entier. Il faut aussi compter sur l'alliance entre Exodus et Monsieur Sinistre, et un électron libre qui va avoir un rôle considérable à jouer dans le dénouement de la saga, et ce qui va suivre, le revenant Bishop, qui va s'aliéner au passage tous les anciens amis qu'il a pu se constituer lors de son passage chez les X-Men. Camp contre camp, l'univers des mutants (ce qu'il en reste) se divise et se déchire, entre ceux qui veulent perpétuer la race, en finir une bonne fois pour toutes, ou ceux qui veulent exploiter la situation à des fins personnelles. Violence, coups de théâtre, sentiment d'urgence permanent, monstres en liberté (le Prédateur X, une sorte de bête carnassière qui n'aime pas trop les mutants), le Complexe du Messie ne vous laisse pas un instant de répit pour souffler, et décide de l'avenir des X-Men : stop ou encore?

Il s'agit là d'un grand événement mutant, qui concerne plusieurs séries, comme Uncanny X-Men, New X-Men, X-Men (pas encore Legacy) et X-Factor. Du coup, les scénaristes et les dessinateurs sont légions. En vrac, citons le grand Marc Silvestri et son trait ultra précis et léché, qui assure le show dans le numéro d'introduction. Le réalisme est à l'honneur avec Billy Tan, très appliqué, et à l'aise sur les titres mutants. Humberto Ramos apporte une touche différente, d'avantage héritée des cartoons et du manga surtout, qui peut décontenancer vu le reste des tonalités exprimées dans ce Deluxe. Cotés narrateurs, Brubaker, ou encore Mike Carey, sont parmi les cadors qui s'illustrent. Après pas mal de palabres et de passages à vide, Le complexe du Messie permit lors de sa sortie de donner un joli coup de fouet aux titres X, tant il s'y passe des choses, souvent déterminantes pour la suite. Un personnage de grande importance meurt, Layla Miller gagne en profondeur (Facteur X), la jeune et jolie Hope Summers fait ses premiers pas, Bishop devient l'ennemi public numéro un, et Scott Summers durcit notablement le ton. Au point d'entamer une reconversion en bad-boy mutant capable de se salir les mains, et d'aimer les plonger dans le cambouis. Retrouver l'intégrale de cette saga dans un seul et bien fourni album (Marvel Deluxe chez Panini) est presque indispensable pour tous les lecteurs qui souhaitent mettre dans leur bibliothèque les meilleurs tranches de vie de Cyclope et de siens.  Fortement recommandé.
Le gros bémol avec le recul : Hope Summers. Après nous avoir fait miroiter un personnage fort, des liens étroits avec son héritage (Phénix?) indirect et des conséquences importantes pour tout l'univers Marvel, la petite a fini sur une voie de garage, dans l'attente de bonnes idées qui ne viendront plus.




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Cover Story (reloaded) c'est une cover, une histoire, quelques explications. Dixième  épisode, avec Captain America en 1976.
La nation américaine toute entière est en péril. Une "élite" composée d'aristocrates racistes et mégalos s'est assuré les services d'un savant un peu pathétique (sa fille est gravement malade, il n'a pas d'autres choix que de prêter main forte à ses employeurs) pour mettre au point une arme redoutable : La bombe de la folie, qui en explosant déclenche chez ses victimes un accès de rage incontrôlable, et ravale l'homme au rang de bête sans cerveau ni sensibilité. Deux engins ont déjà explosé, mais ils étaient de dimension modeste par rapport au "Big Daddy" qui pourrait bien asservir les Etats-Unis au complet, le jour de la célébration du bicentenaire. Captain America et le Faucon mènent l'enquête pour le S.h.i.e.l.d, et ils ont d'ailleurs subi les effets d'une première explosion mesurée. Ils savent que si la bombe n'est pas découverte et désamorcée à temps, il ne restera rien d'autre qu'un pays servile et dominé par cette caste de fous furieux, qui passe ses journées en tenues d'époque (un peu à l'instar du Club des damnés, cher aux X-Men) à délirer sur d'improbables plans de reconquête de classe. Deux héros au coeur pur, sans autre pouvoirs que leur force et leur détermination, pourront-ils sauver une nation toute entière, alors qu'il ne reste que quelques heures, quelques jours, pour empêcher l'inévitable? C'est la question que pose ici Jack Kirby, de retour chez Marvel après une première période historique (avec Stan Lee) et un crochet chez la concurrence Dc comics (le temps de créer Kamandi et le Fourth World, entre autres). Il signe là une sorte de testament politique assez ingénu mais très dynamique, avec des personnages iconiques, un sens du mouvement démentiel et des héros qui bondissent hors de la page, au mépris du danger et parfois... des proportions. Kirby, le King, quoi, toujours aussi à l'aise quand il s'agit de mettre en scène des appareils fantasmagoriques, ou des scènes de bataille épiques. A cette époque, Kirby était aussi aidé par moments par l'encreur Frank Giacoia, qui sans aller jusqu'à atteindre l'osmose de l'ère Joe Sinnott, permettait à sa manière de magnifier le travail du maître, par ailleurs engagé dans la reproposition d'un Captain America plus monolithique et moins nuancé, après la prestation de Steve Englehart sur le titre, qui en avait fait un héros désabusé et circonspect vis à vis du gouvernement américain. Un vent de restauration flotte dans ces pages. Une autre façon de voir le comic-book, un bain de nostalgie, parfois salutaire, toujours édifiant, à l'heure où Steve Rogers endosse le costume et les idéaux d'Hydra, et domine la planète dans Secret Empire, qui a cours depuis quelques semaines en Vo.


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