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SON OF ORIGINS - STAN LEE RACONTE LES SUPER-HEROS MARVEL


 En 1975, un an après le triomphe retentissant d’Origins of Marvel Comics, Stan Lee récidivait avec Son of Origins of Marvel Comics, toujours sous l’égide de Fireside Books, la branche grand public de Simon & Schuster. L’idée ? Reprendre exactement la même formule qui avait si bien fonctionné : un florilège d’histoires fondatrices, commentées par le maître en personne, entre deux clins d’œil complices et quelques envolées d’ego trip. Bref, ce qui est la recette même du succès du maître des comics modernes, avant tout meilleur publicitaire de lui-même, plus encore que scénariste génial (et ultra prolifique). Talent Editions nous a gratifié, l'an passé, du premier livre cité (lire ici). Par chance, l'éditeur récidive en 2025 et vous allez voir débarquer la suite incessamment sous peu, dans toutes les bonnes librairies. L’ouvrage, à la couverture peinte par John Romita (où la Sorcière Rouge fait une apparition aussi énigmatique qu’injustifiée), rassemble les origines de sept piliers du panthéon Marvel : les X-Men (dans leur première aventure en 1963), Iron Man, Daredevil, Nick Fury, Les Avengers (Les Vengeurs, quoi), Le Gardien et dulcis in fondo le Silver Surfer. Certains, comme Iron Man ou Daredevil, ont droit à une double ration de récits, histoire de suivre leur évolution graphique et narrative. L’ensemble dépasse les 250 pages en couleurs, soit un beau pavé de nostalgie susceptible de ravir aussi bien le lecteur chevronné que celui qui n'y connaît pas grand chose, et souhaite ardemment s'y mettre, en commençant par le commencement. Comme dans le premier tome, la véritable richesse du livre ne réside pas seulement dans les planches bigarrées mais dans les introductions signées Stan Lee. Toujours volubile, parfois cabotin, il raconte la naissance des héros avec une verve légendaire qui mêle mythologie pop et autopromotion assumée. Il dévoile, mine de rien, sa méthode : combiner des archétypes modernes, injecter de la faille dans le héros, saupoudrer d’humour, et signer d’un « Excelsior ! » qui a fait date dans la pop culture.



Son of Origins est un ouvrage qui se doit de respecter la légende dite canonique, et n'a pas vocation à creuser pour faire jaillir la vérité derrière les petites histories. Les artistes sont cités, mais rarement célébrés. Gene Colan, omniprésent dans le volume, bénéficie d’une mention spéciale, tandis que Jack Kirby, pourtant co-créateur des Avengers, des X-Men et du Silver Surfer, n’est évoqué qu’à demi-mot et surtout sans la moindre allusion à la rancune tenace qu’il nourrissait alors contre Lee. Ceux qui savent et suivent depuis cette époque bénie y verront le témoignage d’un moment précis : celui où Stan, devenu porte-parole officiel de la Maison des Idées, décida d'écrire la légende Marvel… à sa manière, selon son point de vue. Sur le plan éditorial, Son of Origins est bien un document précieux, avec les qualités et les défauts de ces livres qui osent remettre les années 1960 sur le tapis. Par exemple, les méchants asiatiques d’Iron Man arborent toujours un jaune criard qui témoigne d’un exotisme (racisme ?) daté, et les personnages féminins sont plus jolis qu'héroïques. Malgré ces réserves, le charme agit toujours. En 1975, cette anthologie offrait à des milliers de lecteurs la possibilité de (re)découvrir des récits devenus quasi introuvables. Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, c'est tout aussi nécessaire et fondamental : on peut certes trouver ces récits dans bien des formats, mais les voir ainsi compilés, et commentés, a tout du cadeau irrésistible qui vous chatouille les doigts et le porte-monnaie. D'autant plus que les épisodes sont retraduits, ce qui fera plaisir à ceux qui critiquent vertement les VF bien connues. L'enthousiasme et l'exubérance des premiers pas des super-héros, sous le regard attendri et la verve loquace de leur créateur, ce n'est pas seulement une manière de parler et aimer les comics, c'est aussi, disons-le carrément, tout un pan de notre société pop moderne qui reprend vie sous nos yeux.



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MARVEL EPIC COLLECTION : THE COMING OF GALACTUS


 S’il est une collection que nous chérissons particulièrement chez Marvel, c’est bien la Epic Collection, qui permet de redécouvrir de vastes cycles issus des plus grandes séries de la Maison des Idées. Ces solides volumes de 400 à 500 pages, dotés d’une couverture souple, offrent un contenu des plus généreux, enrichi de nombreux bonus. Panini a tenté de les adapter en VF, mais le public n'a pas suivi, et le projet est tombé tristement à l'eau. L’ouvrage qui nous intéresse aujourd’hui est consacré aux Quatre Fantastiques de Stan Lee et Jack Kirby, et il est d’une importance capitale. On y retrouve trois moments fondateurs de la longue saga de ces héros emblématiques que le cinéma met à l'honneur en cette fin juillet. Premier temps fort : la confrontation avec des ennemis qui sont en quelque sorte leurs doubles maléfiques, les Terrifics (Frightful Four en VO). Eux aussi sont quatre, eux aussi ont des super-pouvoirs, mais ils les mettent au service du mal, animés d’une obsession tenace : éliminer les Fantastiques. Le plus dangereux est sans conteste le Sorcier, tandis que l’Homme-Sable et le Piégeur passent davantage de temps à se quereller qu’à nuire efficacement. On y retrouve également Médusa, ce qui ne manque pas de surprendre lorsqu’on connaît son rôle futur et ses véritables origines. Le deuxième grand moment de l’album est la découverte d’une race secrète, ayant évolué en parallèle de l’humanité, cachée depuis des siècles sur notre propre planète : les Inhumains. Médusa y réapparaît, cette fois comme membre d’un groupe dissident ayant fui le Grand Refuge, passé sous le joug de Maximus, le frère de Flèche Noire. Au passage, Johnny Storm, alias la Torche, tombe éperdument amoureux de Crystal, une jeune Inhumaine blonde et charmante qui ne tardera pas à jouer un rôle majeur dans l’univers Marvel. Leur idylle, à peine ébauchée, est déjà contrariée par l’incompréhension entre deux mondes. Les Inhumains, alors encore rigides et peu nuancés, gagneront en complexité et en profondeur au fil des années. Ils auront même une série sur le petit écran, mais une des pires du genre, pour laquelle le mot dispensable est bien gentil…



Troisième moment essentiel, et non des moindres : l’arrivée de Galactus sur Terre. Cette saga, qui donne son titre au recueil, débute par l’arrivée de son héraut, le Silver Surfer, chargé de lui dénicher des planètes à consommer lors de ses fringales cosmiques. Mais le Surfer, après avoir rencontré Alicia Masters, une sculptrice aveugle à l'humanité rayonnante, commence à douter de sa mission. Galactus, de son côté, apparaît encore sous une forme brute, dépourvue de l’aura majestueuse qu’on lui connaîtra plus tard. Son pouvoir est néanmoins colossal, et l’enjeu de cette confrontation n’est autre que la survie de la Terre. Appuyés par le Gardien Uatu, les Fantastiques livrent là un combat dantesque. L’un des grands sommets narratifs du Silver Age, qui témoigne de la puissance créative du tandem Lee/Kirby et de leur influence durable sur des générations de lecteurs. On notera cependant, en feuilletant ces pages historiques, quelques relents datés : un Reed Richards passablement paternaliste, prompt à rabrouer Susan, qui deviendra son épouse dans ces épisodes (eh oui, le mariage figure dans ce volume !). Quant à la Femme Invisible, elle semble parfois plus préoccupée par sa nouvelle coiffure que par les menaces planétaires, au grand dam de ses partenaires qui n’y prêtent guère attention… Du Stan Lee dans toute sa splendeur, avec ses élans verbeux, ses stéréotypes, mais aussi cette verve unique et ce souffle romanesque inimitable. Ajoutez à cela la puissance visuelle de Jack Kirby, qui déploie ici toute sa classe visionnaire, et vous obtenez un incontournable. Un concentré de mythologie Marvel à savourer sans modération, dont la version sur grand écran est une des grandes attractions de l'été. 


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LES ORIGINES DE MARVEL COMICS PAR STAN LEE (TALENT EDITIONS)


 Il existe désormais deux grandes écoles de pensée lorsqu’on évoque le mythique Stan Lee : d’un côté, le visionnaire, créateur des super-héros modernes, scénariste aux mille et une idées, et démiurge derrière l’âge d’or des héros Marvel ; de l’autre, un opportuniste, prompt à s’approprier les lauriers et peu enclin à partager la gloire. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage publié et présenté aujourd’hui, chez Talent Éditions, revient sur les premières heures de l’univers Marvel et explore quelques étapes fondamentales de son ascension, depuis les années 1960. Commenté par celui que l’on surnomme « le Souriant », ce livre nous replonge dans l’esprit de Stan Lee, cet homme qui a eu l’idée révolutionnaire d’attribuer à ses super-héros une grande part d’humanité : des failles, des faiblesses, bref, des caractéristiques qui les rendent proches de nous. Ce tour de force a permis à des générations de lecteurs de mieux s’identifier à ces personnages. Nous sommes tous des Peter Parker en puissance ! Dans cet ouvrage, Stan Lee commente des épisodes marquants de l’histoire du neuvième art. Que l’on soit fan ou non de comics, ce livre est un incontournable, particulièrement pour ceux qui cherchent une idée de cadeau de Noël originale. Il s’adresse autant aux néophytes curieux qu’aux lecteurs chevronnés, et constitue une excellente porte d’entrée vers l’univers de la Maison des Idées, à une époque où le qualificatif n'avait rien de galvaudé (Kid Venom ou Gwenpool, sont-ce vraiment des idées, après tout ?). Certes, les épisodes présentés sont déjà bien connus des amateurs de comics, mais tout le monde n’est pas familier avec ces héros emblématiques. Ce livre offre une formidable occasion de découvrir ou redécouvrir des monuments tels que Spider-Man, les Quatre Fantastiques, Thor, Hulk ou Docteur Strange. On y trouve également des anecdotes inédites où Stan Lee ouvre les portes de son esprit créatif et revient sur ses nombreuses collaborations, notamment avec les artistes qui ont contribué à façonner l’univers Marvel. L’ouvrage aborde aussi des aspects plus personnels, comme sa relation avec sa femme, Joan, et les coulisses des projets qui ont marqué sa carrière. Un véritable voyage dans l’esprit d’un homme qui a redéfini la pop culture et transformé les super-héros en icônes intemporelles.



Ce sont les Quatre Fantastiques qui ouvrent cet album, avec leur toute première aventure, suivie par la première apparition du Surfer d'Argent. Ce personnage emblématique de Marvel incarne parfaitement la poésie et la mélancolie qui ont largement contribué au succès de la Maison des Idées. Ces caractéristiques se retrouvent d’ailleurs chez un autre monument de l’univers Marvel : Hulk, qui bénéficie ici d’une section entière dédiée à ses exploits. On le découvre notamment dans un duel mémorable et très serré avec Namor, le Prince des Mers, dans un épisode superbement illustré par Herb Trimpe. Il est bien sûr impensable de passer à côté de Spider-Man, et cet album permet de revivre ses toutes premières aventures. Parmi les récits sélectionnés, figure l’attaque du Shocker. Ce choix peut sembler curieux, et on aurait peut-être préféré un épisode marquant de l'ère Ditko. Si vous êtes fasciné par les créatures divines, Thor saura vous enchanter. Vous aurez l’occasion de redécouvrir quelques-uns ses premiers exploits (et tester son charisme) ainsi que l’univers d’Asgard, peuplé de personnages comme Balder. Les dessins fantastiques et fantasmagoriques de Jack Kirby, surnommé à juste titre "le Roi des comics", donnent à ces récits une dimension visuelle exceptionnelle. Enfin, le Docteur Strange, maître des arts mystiques, clôt cet album avec une série de pages qui présentent brièvement ses origines. Toujours écrit par Stan Lee et magnifiquement illustré par Steve Ditko, ce personnage a connu une évolution impressionnante au fil des décennies, jusqu’à devenir l’incarnation du magicien ultra-cool, brillamment interprété au cinéma par Benedict Cumberbatch. À travers les récits de Stan Lee, on mesure à quel point cet homme était un génie inspiré et le meilleur ambassadeur possible de Marvel, mais aussi de sa propre carrière. Son talent résidait notamment dans sa capacité à instaurer une connivence immédiate avec les lecteurs, une recette qui a toujours fait le succès de Marvel. Cet ouvrage, Les Origines de Marvel Comics publié chez Talent Éditions, est à la fois une plongée dans des histoires iconiques qui ont traversé les décennies avec brio, et une leçon d’ingéniosité pour comprendre comment Stan Lee a su mettre en avant ses idées, captiver son public et fédérer une communauté fidèle. Un livre indispensable, que vous soyez néophyte ou simplement à la recherche d’un cadeau original et enrichissant à offrir pour les fêtes. 

Sortie mercredi.
Ce livre est l'adaptation d'un ouvrage séminal (merci Stan Lee) publié en 1974. 

Contient :
« The Fantastic Four » (Fantastic Four #1, November 1961)
« When Strikes the Silver Surfer! » (Fantastic Four #55, October 1966)
« The Hulk » (The Incredible Hulk #1, May 1962)
« A Clash of Titans » (The Incredible Hulk #118, August 1969)
« Spider-Man! » (Amazing Fantasy #15, August 1962)
« Rocked By… the Shocker! » (The Amazing Spider-Man #72, May 1969)
« Thor the Mighty and the Stone Men from Saturn! » (Journey Into Mystery #83, August 1962)
« And Soon Shall Come the Enchanters! » (Thor #143, August 1967)
« Doctor Strange, Master of Black Magic! » (Strange Tales #110, July 1963)
« The Origin of Doctor Strange » (Strange Tales #115, December 1963)
« The Fearful Finish! » (Strange Tales #155, April 1967)



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THE AVENGERS #1 #4 : NAISSANCE D'UN GROUPE ET RETOUR D'UN MYTHE


 On remonte le temps, jusqu'à la source de toutes choses. Pour être exact, jusqu'à deux épisodes fondamentaux de la saga des Avengers. Le premier et le quatrième. 

Et c'est alors que vint le jour où les plus grands héros de la terre se réunirent pour la première fois ! Pour qu'un tel événement puisse se produire, il faut une raison valable; en l'occurrence ce sera Loki, le prince du mensonge, qui comme à son habitude est tout occupé à tramer dans l'ombre contre son demi-frère Thor. Il utilise la brute épaisse qu'est Hulk à l'époque, pour semer la zizanie. Il lui suffit de créer une simple illusion d'optique et le géant vert passe aux yeux de tous pour une menace incontrôlable, et du coup les Avengers - qui n'existent pour le moment qu'en tant que formation officieuse - tentent de l'arrêter. Ce n'est pas chose facile, car Iron Man ne possède qu'une armure très rudimentaire, un gros tas de ferraille avec des transistors, qui fait bien rire des décennies plus tard. Hank Pym et Janet Van Dyne forment un couple glamour et super-héroïque, mais cette dernière passe plus de temps à mater les épaules et la chevelure de Thor, sans parler de son maquillage, et elle aide ses compagnons d'une manière fort discutable. Notons également le renfort de Rick Jones, faire-valoir officiel d'un peu tout le monde dans l'univers Marvel, qui travaille en collaboration avec une bande de potes radioamateurs, la Brigade des Teens, avec petits gilets et cravates de rigueur. Ce sont les minets qui donnent un coup de main dans la marge. Tous ensemble ils retrouvent la trace de Hulk dans un cirque, où celui-ci, outrageusement grimé, se fait passer pour un colosse à la force herculéenne. Très vite démasqué, il aura son rôle à jouer dans la conclusion de cet épisode mythique, où les Avengers vont se retrouver face à Loki, pour un mano a mano final, au terme duquel ils vont enfin pouvoir prêter serment, pour la première fois. Stan Lee, à l'époque,  ne passait pas trop de temps sur son scénario. Il se contentait d'une idée directrice, de donner quelques conseils avisés sur l'intrigue, et c'était le bon Jack Kirby qui se tapait tout le travail, autrement dit combler les blancs et mettre en images les planches de chaque épisode. Les amateurs de vintage seront ravis, encore que Kirby n'avait pas atteint le sommet de sa carrière, loin de là, et qu'il allait produire des choses beaucoup plus extraordinaires et dynamiques par la suite. On notera que c'est Janet Van Dyne, alias la Guêpe, qui évoque pour la première fois le terme d'Avengers. Autrement dit c'est elle qui aurait pu déposer la marque pour la faire fructifier par la suite. Certes, elle est déjà très riche, elle en a pas besoin. En France il est possible de lire ces aventures en se procurant l'Intégrale 1963-1964 publiée chez Panini. L'occasion de constater qu'à l'époque les dialogues constituaient à eux seuls une source inépuisable de sourires, ou de consternation, pour le lecteur moderne. Les héros devisent tout seuls, et ne peuvent s'empêcher de décrire leurs actions, juste avant de les mettre en pratique, ou bien de tout expliquer avec lourdeur, les moindres faits et gestes. Je suis encore très dubitatif quand je vois Iron Man s'emparer d'une poutre en fer, pour la malaxer entre ses mains, et en faire en quelques secondes un véritable grappin géant, aux finitions parfaites. Il faut donc suspendre incrédulité au maximum pour apprécier cet épisode, qui conserve toutefois un charme fou, le parfum d'une légende en devenir. Et en parlant de légende, trois numéros plus tard…


À la création des Avengers en 1963, il manque un membre capital dans l'équipe, pour que la mayonnaise puisse prendre à la perfection. C'est dans le numéro 4 de la série que Captain America fait son grand retour sur scène. Si à la base il fut l'un des tout premiers héros à pouvoirs, à voir le jour durant la seconde guerre mondiale pour y connaître des aventures formidables, il avait été depuis remisé au placard, en attendant le bon moment pour resurgir de sa boîte. C'est Namor, le prince des mers, qui est un peu responsable de son come-back. Comme toujours pris d'un accès de colère incontrôlable, il s'en va jouer des poings sur la banquise, et déranger d'inoffensifs eskimos. Ces derniers vénéraient notre bon Capitaine, enfermé dans un bloc de glace, considéré comme une idole. Au bout du compte Namor propulsa dans les flots le bloc de glace, qui partit à la dérive, finit par fondre, et est repêché -énorme coup de chance- par les Avengers. La grosse surprise! Si vous et moi tentons de nous faire cryogéniser, le résultat sera dans le meilleur des cas des engelures, dans le pire un aller simple pour le cimetière. Pas Captain America, qui dès que la glace a fondu, bondit de son lit et semble déjà prêt à combattre l'ennemi, tout en racontant ce qui lui est arrivé avant de se faire congeler, c'est à dire passer le clair de son temps à invoquer Bucky, mort au champ de bataille. C'est qu'il s'en passait à l'époque, en 22 pages, avec Stan Lee et Jack Kirby. A peine ranimé, Steve Rogers doit venir au secours de ses amis Avengers, qui se sont fait pétrifier et transformer en statues immobiles, par un alien aventurier, prisonnier sur notre planète depuis trop longtemps. Captain America parvient à rétablir la situation et les héros repêchent tous ensemble sa navette spatiale enfouie sous les eaux, pour permettre à l'extraterrestre de rentrer chez lui. Au passage ils affrontent une fois de plus Namor, qui passe vraiment pour une tête de nœud de première catégorie. La Guêpe est peu présente dans ces dernières pages, car comme elle le dit elle-même dans les dernières vignettes, elle était partie se repoudrer le nez. Que voulez-vous y faire, autre temps autres mœurs, autre façon de placer la femme au centre des débats. L'important finalement, c'est que le Vengeur étoilé est de retour. Kirby reste assez sobre dans sa mise en scène, par rapport à ce qu'il était capable de faire, surtout ce qu'il fera par la suite. Cet épisode fait partie des indispensables que tout lecteur se doit de connaître. Encore heureux qu'en se réveillant la première fois, Captain America n'ait pas hurlé Hail Hydra à ses nouveaux amis.  Mais ça c'est une autre histoire, pour quelques décennies plus tard



THE AVENGERS #1 : QUAND LOKI FAIT SE RASSEMBLER LES HEROS!

Et c'est alors que vint le jour où les plus grands héros de la terre se réunirent pour la première fois! Pour qu'un tel événement puisse se produire, il faut une raison valable; en l'occurrence ce sera Loki, le prince du mensonge, qui comme à son habitude est tout occupé à tramer dans l'ombre contre son demi-frère Thor. Il utilise la brute épaisse qu'est Hulk à l'époque, pour semer la zizanie. Il lui suffit de créer une simple illusion d'optique et le géant vert passe aux yeux de tous pour une menace incontrôlable, et du coup les Avengers -qui n'existent pour le moment qu'en tant que formation officieuse- tentent de l'arrêter. Ce n'est pas chose facile, car Iron Man ne possède qu'une armure très rudimentaire, un gros tas de ferraille avec des transistors, qui fait bien rire des décennies plus tard. Hank Pym et Janet Van Dyne forment un couple glamour et super-héroïque, mais cette dernière passe plus de temps à mater les épaules et la chevelure de Thor, sans parler de son maquillage, et elle aide ses compagnons d'une manière fort discutable. Notons également le renfort de Rick Jones, side-kick officiel d'un peu tout le monde dans l'univers Marvel, qui travaille en collaboration avec une bande de potes radioamateurs, la Brigade des teens, avec petits gilets et cravates de rigueur. Ce sont les minets qui donnent un coup de main dans la marge.
Tous ensemble ils retrouvent la trace de Hulk dans un cirque, où celui-ci, outrageusement grimé, se fait passer pour un colosse à la force herculéenne. Très vite démasqué, il aura son rôle a jouer dans la conclusion de cette épisode mythique, ou les Avengers vont se retrouver face à Loki, pour un mano a mano final, au terme duquel ils vont enfin pouvoir prêter serment, pour la première fois.


Stan Lee, à l'époque,  ne passait pas trop de temps sur son scénario. Il se contentait d'une idée directrice, de donner quelques conseils avisés sur l'intrigue, et c'était le bon Jack Kirby qui se tapait tout le travail, autrement dit combler les blancs et mettre en images les planches de chaque épisode. Les amateurs de vintage seront ravis, encore que Kirby n'avait pas atteint le sommet de sa carrière, loin de là, et qu'il allait produire des choses beaucoup plus extraordinaires et dynamiques par la suite. On notera que c'est Janet Van Dyne, alias la Guêpe, qui évoque pour la première fois le terme d'Avengers. Autrement dit c'est elle qui aurait pu déposer la marque pour la faire fructifier par la suite. Certes elle est déjà très riche, elle n'en a pas besoin. En France il est possible de lire ces aventures en se procurant l'Intégrale 1963-1964 publiée chez Panini. L'occasion de constater qu'à l'époque les dialogues constituaient à eux seuls une source inépuisable de sourires, ou de consternation, pour le lecteur moderne. Les héros devisent tout seuls, et ne peuvent s'empêcher de décrire leurs actions, juste avant de les mettre en pratique, ou bien de tout expliquer avec lourdeur, les moindre faits et gestes. Je suis encore très dubitatif quand je vois Iron Man s'emparer d'une poutre en fer, pour la malaxer entre ses mains, et en obtenir en quelques secondes un véritable grappin géant, aux finitions parfaites. Il faut donc suspendre incrédulité au maximum pour apprécier cet épisode, qui conserve toutefois un charme fou, le parfum d'une légende en devenir, qui aujourd'hui encore est un des piliers de nos lectures super-héroïque. D'autant plus en 2021 puisque Loki bénéficie de sa propre série! 



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THE COMING OF GALACTUS : MARVEL EPIC COLLECTION FANTASTIC FOUR

S'il y a bien une collection que nous adorons chez Marvel, c'est bien la Epic Collection, qui propose de redécouvrir des cycles complets des plus grandes séries de la maison des idées. Il s'agit de petits pavés de 400/500 pages, avec une couverture souple et dont le menu est très riche, bonus compris.

L'ouvrage dont nous parlons aujourd'hui est celui qui est consacré aux Quatre Fantastiques de Stan Lee et Jack Kirby. Il est d'importance capitale car on y trouve trois grands moments dans la longue saga de ces personnages. Ttout d'abord le quatuor rencontre des ennemis qui sont une sorte de doubles maléfiques, à savoir les Terrifics (Frightful Four),; eux aussi sont au nombre de quatre, avec trois hommes et une femme, et eux aussi ont des super pouvoirs, sauf qu'ils les mettent au service du mal et nourrissent l'obsession se débarrasser des Fantastiques. Le plus dangereux est assurément le Sorcier, alors que l'Homme sable et le Piégeur passent trop de temps à se chamailler. Medusa est de la partie, et cela peut surprendre quand on sait aujourd'hui quel est son rôle et ses caractéristiques.
Le second grand moment de l'album est la découverte d'une nouvelle race qui vit parmi nous, sur notre planète, mais qui depuis des siècles a évolué en parallèle. Il s'agit bien entendu des Inhumains. Une fois encore Medusa est présente puisqu'elle fait partie d'un groupe dissident d'inhumains, qui a décidé de quitter le grand refuge, depuis que celui-ci est tombé sous la coupe de Maximus, le frère de Flèche Noire. Au passage, la Torche (Johnny Storm) va tomber raide dingue d'une blondinette jeune et jolie, Crystal, qui n'a pas fini de faire parler d'elle. Les deux tourtereaux ont à peine à l'occasion d'échanger quelques paroles, mais déjà ils se désespèrent de ne pouvoir vivre ensemble. Les Inhumains semblent légèrement obtus et ne font pas montre d'une sensibilité hors du commun, mais bien entendu ils vont évoluer, s'affiner et gagner en épaisseur, au fil des ans.

Troisième moment d'importance, celui qui donne le titre à l'ensemble, à savoir l'arrivée de Galactus sur Terre. Il n'est pas seul, car sa venue est annoncée par le Silver Surfer, son héraut, qui est chargé de lui trouver de quoi se remplir la panse en cas de grosse fringale. Néanmoins le Surfer va vite regretter son choix, après avoir rencontré la sculptrice Alicia Masters, dont l'humanité et l'amour vont lui toucher le cœur. Galactus est pour sa part présenté sous un jour assez rustre, dans une apparence qui n'est pas encore celle qu'il assumera par la suite. S'il semble très puissant, il n'a pas encore ce côté un majestueux qui le caractérisera. Néanmoins, il s'agit d'un combat particulier car l'enjeu n'est autre que la survie de toute existence sur notre planète! Un des grands moments fondateurs des Quatre Fantastiques (aidés par le Gardien Uatu), qui démontre combien Lee et Kirby ont eu une influence phénoménale sur des générations entières de lecteurs. De l'inoubliable, en dépit de certains épisodes, de certaines planches qui fleurent bon la misogynie, avec un Reed Richards qui n'a de cesse de rabrouer celle qui devient sa femme (et oui, le mariage c'est dans cet album!) et une Susan, qui au beau milieu d'une période des plus agitée, alors que les Fantastiques repartent au combat, ne trouve rien de mieux que d'adopter une nouvelle coiffure et de se plaindre, car ses compagnons la remarque à peine. Stan Lee dans ses grandes œuvres, inutile de dire que nous vous recommandons fortement de lire et connaître ces pages, où Kirby étale toute sa classe visionnaire. 


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OLDIES : FANTASTIC FOUR #38 FACE AUX TERRIFICS (FRIGHTFUL FOUR)

Pour que des super-héros soient à la hauteur de la réputation, il faut leur proposer des ennemis capables de leur damer le pion. L'idéal est de trouver une version opposée, une sorte de négatif, qui soit le contrepoids parfait des qualités et des caractéristiques du redresseur de torts du jour. Par exemple, pour combattre les Quatre Fantastiques, rien de mieux que de mettre sur pied une équipe composée de quatre criminels, trois hommes et une femme pour respecter le quatuor de départ, et d'orchestrer une grande bataille : c'est ainsi que sont nés les Terrifics (Frightful Four)

A bien y repenser pourtant, cette formation de grands méchants n'a pas de quoi donner des frissons... il y a bien le Sorcier, qui va devenir au fil des ans un véritable ennemi récurrent, à prendre avec des pincettes, mais des types comme Pete-Pot-de-Colle et ses gadgets un peu stupides (des pistolet qui lance de la glue par exemple) ou encore l'Homme sable, qui passe son temps à se dématérialiser et à se faire piéger stupidement par Spider-Man, et bien soyons honnêtes, ils ne sont pas à la hauteur des poids lourds que sont censés être les Fantastiques! 
Plus curieux encore pour le lecteur moderne qui se plongerait dans les vieilleries de manière impromptue, la présence de Medusa, celle qui est aussi la reine des Inhumains. Elle est au départ une simple criminelle qui ronge son frein, dans l'ombre de ses collègues masculins, et peu à peu elle s'affirme au point de pouvoir prendre le commande de la petite bande de vilains auquel elle appartient. Dans les premiers épisodes où elle affronte les F4, elle ne semble pas faire preuve de beaucoup de remords, et n'a rien de très gentil. Elle changera.
Stan Lee et Jack Kirby orchestrent donc cette seconde confrontation (la première deux mois auparavant), et étant donné la naïveté des années 60, les affrontements tournent court. Il suffit d'un peu de cheveux pour que Medusa emporte la Femme invisible dans les cieux... il suffit de balancer la Torche dans du sable, et le pauvre est hors-service. Et puis comme de bien entendu, la première à tomber au combat, celle qui est enlevée et entraîne les autres à sa suite, c'est-à-dire à la rescousse, c'est Susan Storm, car il y a quelques décennies, la femme était forcément le maillon faible, il ne fallait pas trop compter sur elle! L'épisode se termine de manière assez dramatique, puisque les Fantastiques parviennent à s'échapper, mais ils subissent une dernière mauvaise surprise que leur avait réservé le Piégeur, une bombe atomique qui explose. Privé de sens et à la dérive dans l'océan, voici une situation si dramatique pour les héros que leurs ennemis pensent vraiment être parvenus à les liquider. En tous les cas il va y avoir une conséquence évidente et incroyable, puisque la détonation et les radiations leur ont fait perdre leurs pouvoirs, ce qui permettra à Fatalis de passer à l'offensive dans l'épisode suivant. 
À noter que lors de la troisième bataille entre les deux quatuors, les Fantastiques vont à nouveau s'incliner! Ils seront vaincus assez facilement, notamment car la Chose a momentanément changé de camp, après s'être fait laver le cerveau par le Sorcier. Tous ces épisodes peuvent-être facilement dégustés en version originale, dans les gros volumes de la collection Epic collection et en français chez Panini Comics, dans les intégrales Fantastic Four.



Des épisodes mythiques à retrouver en VO dans ce volume


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OLDIES : THE AMAZING SPIDER-MAN #14 (1964) VOICI VENIR LE BOUFFON VERT

Du lot de tous les ennemis de Spider-Man, c'est peut-être le Bouffon Vert qui tient le haut du pavé, mais il n'en n'a pas toujours été ainsi. Replongeons nous au coeur l'été 1964, période à laquelle remonte la première apparition de ce dingo costumé, équipé d'un planeur.

À l'époque, le pauvre Peter Parker est encore couvé par sa tante et il cherche désespérément le moyen de rembourser le prêt de la maison familiale.  Coup de bol, voici un mystérieux individu affublé d'un costume vert, planant sur New York, et qui propose à Spider-Man une opportunité inattendue : se rendre dans l'Ouest pour tourner un film dont le héros sera justement le Tisseur de toile, avec à la clé 50000 dollars, ce qui devrait résoudre les problèmes économiques de la tante May pendant un bon moment. Spider-Man se laisse convaincre d'autant plus facilement que son patron, J.Jonah Jameson, le charge -sous son identité civile de Parker- d'un reportage photographique sur l'événement. Une fois sur place, c'est là que le plan machiavélique du Bouffon se révèle dans toute sa bêtise. Il compte interpréter son vrai rôle, tout comme ses hommes de main (les Enforcers) dans le but de liquider notre héros, dans un combat au corps-à-corps. Parker lui s'étonne du réalisme avec lequel ses ennemis sont représentés, pour autant il tombe dans le panneau comme le perdreau de l'année. Il n'y a pas à dire, à l'époque les scénarios étaient extrêmement naïfs et lorsque Stan Lee donnait des directives pour l'épisode du mois, on ne peut pas dire qu'il s'embarrassait toujours d'un réalisme criant, ou d'une introspection psychologique raffinée des personnages. Pour autant ça marche et c'est la légende qui s'écrit, même si nous sommes encore loin de ce que sera le Green Goblin par la suite.



Et puis en plein épisode, voilà qu'on bifurque vers autre chose. Momentanément enfermé dans une grotte, Spider-Man se retrouve face à face avec Hulk, qui passait par là, comme à son habitude pourchassé par l'armée. L'occasion de se castagner sur quelques pages et évidemment de gagner de nouveaux lecteurs par là même.  Steve Ditko virevolte de planche en planche et met en scène tout ceci avec son style concis mais dynamique, qui a grandement contribué aux premières heures de gloire de la série. Le Bouffon lui, ne semble pas atteint de la folie qui va le caractériser ensuite, c'est plutôt un apprenti boss mafieux, qui comme il le dit lui-même, voudrait s'adonner à la carrière de criminel et ne sait pas encore s'entourer. Pour relire tout ceci, il faut se plonger dans l'intégrale Spider-Man 1964, chez Panini, celle-là même qui a été traduite de manière truculente par Geneviève Coulomb, ce qui explique que Spider-Man frappe sur Hulk et en guise de conclusion, s'en tire avec un "j'ai les jointures en capilotade"... rires de l'assistance, tout comme pour le masque du Bouffon, qui à l'époque possédait même des cils. Ah ces comics vintage!


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MARVEL TALES #1 : FANTASTIC FOUR SPECIAL

Marvel Tales est de retour au format digital, et pour ce premier numéro vous allez lire trois histoires classiques des 4 Fantastiques. 
Tout d'abord le #4 qui remonte aux premières fulgurances du duo Stan Lee Jack Kirby. Ce dernier est encore loin d'avoir atteint la maîtrise dont il fera ensuite preuve sur ces mêmes personnages; c'est l'occasion de voir aussi les premiers pas du prince des mers, Namor... à l'époque personne ne sait ce qu'il est devenu, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, mais comme par hasard, il suffit que Johnny Storm lise un article le concernant dans le journal, pour qu'il le retrouve quelques minutes plus tard, en parfaite santé. Enfin presque, car il a l'aspect d'un vagabond, et il faut que la Torche utilise sa flamme pour le raser, et qu'on puisse le reconnaître. Une séquence aussi célèbre qu'absurde donc, dont on ne se lasse jamais. Au passage, les relations entre Johnny et Ben Grimm sont encore plus épicées qu'aujourd'hui; les deux passent leur temps à se disputer et la chose n'hésite pas à lui balancer une voiture au visage pour lui faire entendre raison... les Fantastiques à l'époque, une certaine idée de la violence amicale.


Le king size annual numéro 6 est ensuite le moment où 8 Reed Richards et ses compères vont devoir pénétrer dans la zone négative, et arracher une barre d'énergie cosmique à Annihilus, pour sauver la vie de son fils, qui est sur le point de naître. Susan est donc momentanément sur la touche, ou plutôt à la maternité, et là par contre Kirby assène quelques planches qui sont autant d'uppercuts, avec ce qui reste à ce jour un des moments les plus marquants de ma jeune carrière de lecteur des Fantastiques que j'étais alors.
On termine avec John Byrne et le numéro 245 de la série régulière, deux décennies plus tard. Le ton a changé, le look aussi, il suffit de jeter un coup d'œil à la belle permanente de la femme invisible! Celle-ci est reçue sur les plateaux de télé, et lorsqu'elle rentre chez elle, c'est pour constater que les autres Fantastiques sont tombés au champ de bataille. Un individu barbu et aux cheveux longs -non, pas un chanteur de death metal- l'attend de pied ferme, et l'engage dans un combat très serré. Oh surprise, il s'agit de Franklin Richards, qui depuis qu'il est né a passé son temps à vieillir, puis rajeunir, au gré des idées pas toujours inspirées des scénaristes. Allons quoi... l'épisode est sympathique, et en plus il a le mérite de donner enfin le beau rôle à celle qu'on pensait être à tort le maillon faible des Fantastiques.


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SILVER SURFER PARABOLE : L'OEUVRE DE STAN LEE ET MOEBIUS EST DE RETOUR

Ils se sont rencontrés lors d'une convention spécialisée à San Diego, et ils se sont tout de suite aimés. Je veux parler du couple formé par Stan Lee, architecte en chef de l'univers Marvel, et du français Jean Giraud, alias Moebius. Quelques mois plus tard naissait leur enfant, une aventure hors continuité et délicieusement onirique du nom de Surfer d'Argent : Parabole. Le Surfer est probablement le héros le plus adaptable à la poétique et au style inimitable de Moebius. Sa quête d'amour et de vérité, son sentiment profond d'aliénation et d'incompréhension dans un monde qui préfère se laisser guider par ses péchés, plutôt que d'exprimer tout le potentiel de sa bonté et de ses qualités, ont été les raisons qui ont motivé le français à se lancer dans cette expérience. 

Dans Parabole, le Surfer erre sur Terre comme un vagabond sans-abri. Sa planche de surf est emballée sommairement dans des haillons, et il traîne ses guêtres dans les bas-fonds de New-York. Jusqu'au jour où un événement impromptu déclenche une vague de folie collective, et réveille les plus bas instincts du genre humain, qui se sent menacé dans son espèce : l'arrivée de Galactus, le dévoreur de mondes. Ce dernier avait fait serment au Surfer (son ancien héraut) de ne plus toucher à notre planète, mais sa faim atavique l'a poussé à revenir, pour adopter une tactique différente. Le géant spatial reste immobile et n'attaque pas, mais son inaction est encore plus effrayante, et pousse un peu tout le monde à la paranoïa. Certains en profitent pour exploiter les plus faibles, comme un prêtre évangéliste auto-proclamé qui va instaurer le culte de Galactus, pour assouvir son besoin de pouvoir et de célébrité. Tout le contraire de la soeur, qui elle réveille la compassion du Surfer pour le genre humain, et incite le héros à donner le meilleur de soi pour lui sauver la vie, lorsqu'elle est prête à se sacrifier pour le bien commun.





On ne peut nier que sous des aspects bienveillants et volontaristes, Stan Lee est loin de signer une aventure très subtile, où la rhétorique et les bons sentiments dégoulinent abondamment comme la confiture sur une grosse tartine au petit déjeuner. On en met partout et ça colle, ici on frise l'overdose et ça manque singulièrement de nuances. Évoquer la divinité, le statut d'humain, le dépassement de soi et le concept même d'humanité, en aussi peu de pages et avec aussi peu de recul, c'était bien sur un pari casse-cou, même si on pourra parler de testament, de résumé quasi parfait des intentions et des thèmes chers à Stan The Man, et sa vision de ce que doit être le comic book Marvel. Les dessins de Moebius changent agréablement des standards en cours dans les comics d'alors. Son Surfer éthéré et mélancolique traîne sa longue silhouette au travers de planches où il semble plus étranger que jamais à notre planète. Les traits apparaissent fragiles, essentiels, et l'artiste bâtit son oeuvre plus par exclusion, qu'en intégrant une foule de détails qui n'auraient pas leur place. Son Surfer abandonne l'idée de puissance physique, et on se concentre sur sa grâce et sa noblesse élégante, comme le fera aussi dix ans plus tard Ron Garney, durant sa prestation sur le personnage. C'est bien pour le dessinateur que je vous recommande de vous procurer cet album, édité en 1990 chez Casterman, dans un format souple agréable à prendre en main, puis chez Soleil en 2001, avant cette nouvelle édition proposée par Panini, dans un grand format, en ce mois de mai. Attention donc au style de ce récit, qui ensorcellera les grand naïfs et les âmes sensibles, mais laissera de marbre les amateurs de comic-books modernes et désabusés. 


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JE SUIS BLACK PANTHER : L'ANTHOLOGIE DE LA PANTHERE NOIRE CHEZ PANINI

Je suis la Panthère Noire! Voilà un personnage qui n'a jamais eu jusqu'ici la célébrité qu'il mérite et aurait du obtenir, au regard de son statut un peu spécial. Il suffit de lire l'épisode des Avengers, inséré dans cette anthologie, pour avoir un petit résumé de la carrière de The Black Panther. Nous avons là un souverain, chef d'État d'un pays africain immensément riche. Il faut dire qu'au Wakanda, les réserves de vibranium, un de ces métals imaginaires dont l'univers Marvel a le secret, font le bonheur d'une civilisation technologiquement très avancée, dont le plus digne représentant hérite d'une charge ancestrale, qui se transmet d'une génération à l'autre. L'actuelle Panthère Noire est T'Challa, et il défend son peuple contre les agressions extérieures et des menaces plus "cosmiques". La première apparition du personnage remonte à des épisodes des Fantastic Four, qui sont bien entendu présents en ouverture de cet album. Nous sommes à une époque un peu plus naïve, où les héros, lorsqu'ils se rencontrent, commencent d'abord par ne pas se comprendre et se taper dessus, pour de multiples raisons, du quiproquo entre bonhommes à super-pouvoirs, à la blague ou à l'épreuve mal ficelée. Nous sommes en plein dans l'ère Stan Lee et Jack Kirby et les amateurs de vintage se réjouiront. On passe ensuite à Jungle Action, là où vraiment la Panthère Noire est devenu quelqu'un de structuré, et a gagné en profondeur. Les fans purent lire des épisodes écrits par Don Mc Gregor, qui surprennent en interrogeant véritablement l'existence même du héros et du Wakanda, creusant dans le racisme ambiant, l'acceptation de l'autre, lorsque par exemple Black Panther présente sa compagne, une blanche, à son propre peuple. La série s'arrête malheureusement, alors qu'une saga avec le Ku Klux Klan est en cours; il faut dire qu'un peu plus tard c'est Jack Kirby lui-même, pour un nouveau titre Black Panther, qui revient sur la scène, là où il n'en fait qu'à sa tête et ne tient aucunement compte de ce qu'a pu faire McGregor aupravant.


Globalement cette anthologie a le mérite de couvrir presque tous les moments saillants de la carrière du héros. Elle permet aussi de découvrir le méchant du film, Killmonger, et d'apprécier combien la dualité entre le chef d'état, et le justicier costumé impliqué dans la cosmogonie Marvel a toujours caractérisé la Panthère, ce qui explique de fréquents aller/retour entre le Wakanda et l'Amérique, des conflits politiques et économiques aux menaces extra-terrestres et cosmiques. La partie sentimentale n'est pas non plus oubliée, et je vous rappelle, si vous êtes vraiment distraits, que T'Challa a aussi épousé la jolie Ororo Munroe, alias Tornade, avant que le rapport ne se délite naturellement pour les raisons déjà évoquées plus haut. La dernière série en date de Black Panther, confiée aux soins de Ta-Nehisi Coates, est aussi une franche réussite, en cela qu'elle modernise l'approche sociale et politique au personnage et son contexte africain, tout en le crédibilisant, le justifiant avec une trame intelligente et fille de son temps. Black Panther sur toutes les lèvres, donc, pour autant le film actuellement sur grand écran sera t-il la consécration d'un héros, ou simplement un effet de curiosité et de surprise attendu, dès lors que le premier super-héros de couleur à avoir son film "solo" dans l'ère des Marvel Studios est fatalement porté par le buzz et la curiosité? En tous les cas le potentiel de la Panthère Noire est indéniable, avec l'impression même que pour le moment il n'a été que faiblement exploité, si on considère ce qui est à écrire, à raconter, avec une telle matière entre les mains, à la croisée des cultures, des enjeux. L'anthologie chez Panini est là aussi pour souligner cette évidence, et en apprendre plus à cette génération qui a découvert récemment les comics, et connaît encore peu T'Challa et ses aventures. 



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MARVEL ANTHOLOGIE JE SUIS THOR : LE MEILLEUR LE FILS D'ODIN CHEZ PANINI

Je suis Thor! Voilà quelque chose qu'il n'est pas aisé de dire... il faut manquer de modestie, pour se revendiquer de la puissance divine du dieu tonnerre! Tout le monde n'est pas une armoire à glace brandissant un marteau magique, et possédant un regard bleu acier.

À l'occasion de la sortie du film Thor Ragnarok, Panini propose cette anthologie, qui permet de comprendre mieux l'évolution et le parcours fascinant de ce personnage incontournable. Si au départ Stan Lee et Jack Kirby mirent un peu de temps pour exploiter le potentiel de leur créature, qui ressemble davantage, les premiers temps, à la version Marvel d'un quelconque Superman, dès lors qu'ils plongèrent les mains dans le panthéon mythologique d'Asgard, le titre devint incontournable.
Bien entendu les lecteurs pourront relire le numéro 83 de Journey into mystery, où pour la première fois les Américains découvrirent le médecin boiteux Don Blake, qui trouve par hasard un marteau magique lui permettant de devenir le puissant Thor. Face à lui des extraterrestres en pierre, qui envahissent la Terre. Avec le recul l'âge se fait sentir, et ce n'est pas non plus la meilleure performance de Jack Kirby, qui ferait beaucoup mieux par la suite. Mais c'est un témoignage historique très important, tout comme lettre la rencontre entre Thor et Hercule. Stan Lee et Jack Kirby mettent là en scène un combat riche en pathos et en intensité, où fait son apparition également Pluton, le dieu des enfers. Plus tard, ce sera le gigantesque et monstrueux Mangog, qui sera la menace du jour, avec un extraordinaire John Buscema au dessin. Le scénario est lui de Len Wein, qui nous a quittés récemment, et que les amateurs de comics vintage de qualité n'en finiront pas de regretter.

Dans les années 80, c'est au tour de Walter Simonson d'assurer le spectacle, en mettant en scène comme personne le monde fabuleux d'Asgard, lui conférant un prestige inoubliable. Thor voit un de ses pires ennemis succomber (L'Exécuteur) et il affronte le dragon Fing Fang Foom dans un épisode dantesque, constitué de planches uniques, des splash pages du plus bel effet. Inversement, Tom De Falco et Ron Frenz changent la donne et rapprochent Thor de l'influence kyrbienne, avec notamment un épisode qui présente Lorelei, la soeur diabolique de la belle Enchanteresse.
Cette dernière a t-elle déjà mis en pratique ses visées sur Thor? Oui, les deux ont même partagé des ébats qu'on devine intenses, et qui plus est écrits par Warren Ellis et illustrés par un jeune Mike Deodato. Ce sont là les années 90, la couleur et le style ne mentent pas, et Thor peut enfin passer des moments d'extase sous les couvertures.
L'anthologie permet ensuite de voir à quoi ressemble le Thor de John Romita Jr, qui est ma foi une belle surprise graphique. Puis c'est au tour de Straczynski de prendre en main la destinée du personnage, avec des débuts remarquables (mais un poil pompeux), et la présence phénoménale d'un Olivier Coipel qui allait faire encore mieux (comment est-ce possible?) en 2017 avec the Unworthy Thor
On saluera notre grand blond dans la peau d'une grande blonde, avec les débuts du Thor Jane Foster, qui a tant irrité certains lecteurs, mais qui au final est une vraie bonne inspiration de Jason Aaron.
Si après ça vous ne connaissez pas suffisamment Thor, et vous ignorez qui sont Surtur, Dame Sif ou Balder le Brave, vous méritez amplement de finir au royaume des trolls, les amis. 



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