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THE NEW MUTANTS : L'INTEGRALE 1982-1983

Rassemblez un groupe de teenagers issus des quatre coins du globe, en raison d'une particularité dans leur Adn (le gène mutant) et permettez leur d'affiner et de maîtriser leurs pouvoirs grâce à un entraînement supervisé par le plus grand spécialiste dans ce domaine (Le Professeur Xavier), et vous obtenez les Nouveaux Mutants. La toute première apparition du groupe de jeunots appelés à succéder aux X-men (que Xavier croyait disparus à l'époque) eut lieu en Vf dans un album grand format, le numéro 4 de la collection "Top Bd" de Lug. Chris Claremont y tisse un récit ingénu et parfois léger, mais qui a le mérite d'introduire vite et sans fioritures toute une galerie de nouveaux venus, qui ignorent tout de leurs particularités, et souffrent, éprouvent dans leurs chairs, les afflictions de la mutanité. Sunspot (Manuel Da Costa) devient une véritable batterie solaire dotée de force surhumaine, mais il perd sa petite amie qui meurt dans ses bras. Canonball (Sam Guthrie) peut s'enflammer et devient un bolide humain en plein vol, mais il est recruté par des forces maléfiques (Club des damnés) pour pourvoir aux basses oeuvres du cyborg Donald Pierce. Moonstar, Karma, Rahne, elles aussi ont un pouvoir extraordinaire qui est vécu dans un premier temps comme une malédiction, et qui pourrait causer leur perte, sans l'aide d'un Xavier quelque peu pontifiant. La petite lycanthrope Rahne est à l'époque une jeune gamine innocente et ultra conservatrice qui voit l'oeuvre du malin dans la moindre manifestation épicurienne. Danielle Moonstar est une jeune rebelle qui a bien du mal à voir au delà des conflits "raciaux" qui opposent ses ancêtres et sa tribu (indiens), et les "blancs" occidentaux et exploiteurs. Une troupe bigarrée qui va s'unir dans l'adversité, et trouver son chaînon manquant (et son leader) avec la conversion d'un Sam Guthrie tout penaud, qui après s'être rendu compte de son erreur, s'en ira battre sa coulpe chez Xavier et ses élèves. 

Mais cette intégrale tant attendue par beaucoup de lecteurs (et qui aurait du ouvrir la voie au film, qui lui est reporté...) ne se contente pas de ces premiers pas des New Mutants. L'album enchaîne directement avec les épisodes 1 à 10 de la série régulière qui s'ensuit, et nous offre au passage un numéro de la série "X-men" qui s'intercale entre le 2° et 3° des jeunots mutants. Le professeur Xavier est au plus mal : à son insu, les Broods (race extraterrestre largement inspirée d'Alien sans que Marvel n'en éprouve la moindre honte...) ont implanté dans son corps un oeuf royal, et celui ci est sur le point d'éclore, modifiant à jamais son hôte, le transformant en créature hideuse et maléfique. Le comble pour un mentor qui professe la paix et l'entente cordiale entre tous les êtres de la planète. Les jeunes mutants vont pouvoir également enfin rencontrer leurs aînés les X-men, et le premier contact sera un vaste quiproquo sous forme de pugilat général. C'est toujours la doublette Claremont/Mac Leod qui se charge du travail, pour les premiers pas d'une formation pétillante, des aventures super héroïques bien dans le ton des comics de la fin des seventies, début eighties. Nous recommandons donc sans la moindre hésitation l'investissement dans ce premier tome d'une nouvelle série d'intégrale mutante. Votre bibliothèque a de la chance. 



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OLDIES : L'AVENEMENT ET LA CHUTE DE L'EMPIRE SHI'AR (UNCANNY X-MEN)

Les Shi'Ars constituent une race extra-terrestre qui a depuis toujours des accointances profondes avec les X-Men. De la saga mythique du Phénix Noir au mariage du professeur Xavier avec l’impératrice Lilandra, ils ont été au centre de bien des péripéties. En 2006 Ed Brubaker pose ses valises sur la série Uncanny X-Men et réalise une aventure en douze parties sobrement intitulée L’Avènement et la chute de l’Empire Shi’Ar. Pour comprendre où il veut en venir, il faut se remémorer deux points importants qui ont précédé ces épisodes. Tout d’abord le secret inavoué de Xavier, dans Deadly Genesis, qui porte à l’arrivée sur scène d’un nouveau membre dans la fratrie des Summers. Gabriel a été enlevé puis élevé artificiellement et en esclavage par le peuple Shi’Ar; on comprendra donc qu’il nourrisse un véritable ressentiment, d’autant plus qu’il a la conviction d’avoir été abandonné par les X-Men, une fois à l’age adulte. Sous le nom de code de Vulcan, ce mutant surpuissant (classé Oméga, ce qui en fait un des plus forts en ce monde) fonce dans l’espace pour aller se venger de l’Empereur D'Ken sans savoir qu’entre temps celui-ci est tombé malade et que Lilandra est montée sur le trône. Autre point crucial, une bande de guerriers Shi'Ars (le Commando de la mort) a débarqué sur Terre pour mettre un terme définitive à la lignée des Grey, en tuant toute la famille restante. Selon eux, c’était le meilleur moyen pour que la jeune Rachel ne suive pas les traces de Jean, et devienne un jour le terrible Phénix Noir. Sauf que Rachel a survécu et que elle aussi est bien décidée à faire couler le sang à la première bonne occasion. Tout ceci converge lorsque Charles Xavier monte à la hâte une équipe de secours pour plonger dans le cosmos et stopper Vulcan avant qu’il ne soit trop tard. En disgrâce chez ses élèves à cause de ses mensonges récents, il réussit à rassembler une formation qui n’a pas froid aux yeux, avec Rachel, donc, et Thunderbird, Havok, Polaris, et le jeune Darwin. Pendant ce temps, les X-Men sur Terre sont confinés chez eux par des sentinelles au service du gouvernement, qui les protègent dans une sorte de réserve. Nous sommes en pleine période Civil War, et ce n’est pas le moment de faire trop de vagues. Sauf que à l’autre bout de l’univers, ça va être le tsunami…

Vulcan est surpuissant et ça se constate très vite. Les premiers Shi'Ars qui croisent sa route vengeresse sont balayés et il en profite pour détruire les portails qui permettent les sauts quantiques et les voyages intergalactiques de l'Empire. Piégeant au passage Xavier et les siens qui sont à sa recherche. Brubaker parvient à faire monter en puissance une belle fresque spatiale, sortant les X-Men de leurs cocon habituel, pour les emmener, comme cela se produit périodiquement depuis leurs premiers pas, dans une saga cosmique d’importance. De nombreux autres personnages vont faire leur apparition et avoir un rôle important à jouer, à commencer par les Starjammers, les pirates de l’espace conduits par le père de Vulcan et Havok, le célèbre Corsaire, pour qui la menace en cours est fortement personnelle. Des litiges familiaux qui sont aussi le coeur du probleme avec la soeur de Lilandra, la perfide Deathbird, qui est toujours dans les bons et mauvais coups dès lors que son empire vacille. N’oublions pas non plus Darwin… jeunesse et inexpérience ne sont pas des tares, et dans ces épisodes tragiques,  la nouvelle recrue s’affirme comme un atout stratégique de premier ordre, surtout lorsque Charles Xavier est kidnappé, et qu’il est le seul à pouvoir suivre la bonne piste. Les rapports entre les personnages sont redéfinis, avec Rachel (Marvel Girl) qui se rapproche d’un guerrier redoutable comme Korvus (doté de la lame du Phénix), Polaris et Havok à la recherché d’eux mêmes et de leur couple, qui vont finir piégés par Vulcan, et un empire extra-terrestre en plein délitement et déchirement. Le dessin est globalement confié à Billy Tan, qui est capable de beaux moments d’action et de mettre en scène tout ce microcosme avec crédibilité, mais à bien y regarder, on dénote souvent des expressions ou des visages figés, et un manque de naturel dans de nombreuses postures, ce qui nuit en partie à la qualité générale de cette longue aventure. Clayton Henry est également de la partie, avec un trait moins détaillé et fouillé, mais plus souple. Presque dix ans plus tard, cette saga mutante reste fort plaisante à lire et elle mérite tout à fait une belle publication librairie, qui verra le jour tôt ou tard, à n’en pas douter. En attendant, vous pouvez aller jeter un oeil aux mensuels Panini X-Men, à cheval entre le dernier semestre 2007 et le premier trimestre 2008. (Uncanny X-Men #475-#486)


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ONSLAUGHT ! L'OMNIBUS DE LA GRANDE SAGA DE 1996

En 1996 l'univers des mutants (mais aussi de nombreux autres héros comme les Avengers) est secoué par un seïsme d'ampleur phénoménale. il s'agit là de l'arrivée d'Onslaught, un nouvele ennemi surpuissant, capable de faire mordre la poussière à tous nos héros, et de bouleverser l'ordre établi de l'ensemble du monde Marvel. Vous le savez tous, après presque vingt ans et le récent crossover Axis, Onslaught est en fait un être qui organise la fusion entre les esprits de Charles Xavier (qui a accumulé bien des frustrations au fil des ans) et de Magneto (qui a un certain goût en matière de terrorisme et actions violentes). A l'époque l'arrivée d'Onslaught est préparée dans presque tous les titres mutants, avec des confrontations ou des rencontres qui font froid dans le dos. A chaque fois, que ce soit Jean Grey ou Le Fléau, par exemple, la conclusion est la même : c'est un ennemi invincible et inconnu qui avance inexorablement, qui plus est capable de dissimuler sa véritable identité à ceux qu'il menace. Cain Marko a beau être un gros bras qui se vante d'être intouchable, il n'empêche que sa première réaction est d'aller demander de l'aide aux X-Men, pour contrer celui qui l'effraie autant. Chez les mutants, un mystère est sur le point d'être révélé : dès son arrivée à notre ère temporel, Bishop, soldat appartenant à une milice pro-active venue du futur, avait évoqué un traître au sein du groupe, qui devait normalement provoquer la fin de ses congénères. Après bien des épisodes durant lesquels les lecteurs avaient tenté de comprendre de qui il s'agissait (le pauvre Gambit étant le premier a attirer les soupçons de Bishop), Onslaught est aussi l'occasion de faire tomber les masques. On ne rigole pas beaucoup chez les mutants en 1996. Wolverine a été privé de son adamantium et il a regressé à l'état sauvage, l'Opération Tolérance Zéro de Bastion et Graydon Creed trame contre les porteurs du gène X, le Fauve a été kidnappé et remplacé par son double maléfique venu de l'ère d'Apocalypse... Dans un tel contexte, et face à une telle opposition, les X-Men ont peu de chance de faire face, à moins de s'allier avec d'autres héros prêts à entrer dans la bataille, et d'accepter l'idée que la survie passe par de lourds sacrifices...

Onslaught a beau sembler invincible, il aimerait bien mettre la main sur les personnes pouvant servir sa cause, ou la contrecarrer. C'est le cas par exemple du petit Franklin Richards, le fils de Reed et Susan des Fantastiques, qui va jouer un rôle prépondérant dans la survie de nombre de héros après le combat final. Ou encore de X-Man, à savoir Nathan Grey, version alternative de Cable, venu d'un futur aléatoire (Age of Apocalypse), jeune et impétueux, et consumé par son propre pouvoir. C'est que cette fois la communauté en collants de chez Marvel n'a pas d'autre alternative, si elle veut sauver les meubles et la planète, que de se sacrifier, et lourdement. Onslaught a crée un nouveau soleil et menace d'éteindre toute vie sur Terre, et pour le contrer, il va d'abord falloir porter atteinte à son intégrité physique (et donc recourir aux gros calibres comme Hulk) puis porter le coup fatal à son essence psychique, en la canalisant dans les corps bien matériels de certains des plus nobles justiciers, qui acceptent de disparaître pour que vivent tous les autres. Les mutants ne peuvent participer à ce coup d'éclat tragique, car leurs pouvoirs ne feraient que rendre Onslaught invincible. Du coup, voici le monde changé à jamais : la plupart des grands héros (Iron Man, les Fantastiques, Hulk, Captain America...) sont pleurés par l'humanité, et les X-Men pointés du doigt, comme co-responsables des événements terrifiants qui viennent d'avoir lieu. Certes, les "morts" ne le sont pas (merci Franklin Richards) et nous verrons par la grâce de quel subterfuge dans un prochain article. En Vf Onslaught bénéficie d'une version librairie notable, avec un gros Omnibus chez Panini. Qui possède deux gros défauts toutefois. Le premier, c'est l'ordre aléatoire de certains épisodes (c'est une vaste fresque qui englobe nombre de séries mensuelles) que les lecteurs ont vite déploré. Le second, c'est le tirage assez faible qui explique que l'album est épuisé, et se négocie sur les sites aux enchères de deux à trois fois son prix d'achat. Panini va bientôt offrir aux lecteurs (offir, façon de parler) un autre Omnibus contenant les épisodes précédents à Onslaught, ce qui est une excellente nouvelle pour les amateurs de comics des années 90, mais il aurait été avisé de donner aussi à ces lecteurs la possibilité de se procurer à nouveau le premier Omnibus si cher et introuvable. Les artistes, pour conclure. Évidement, un florilège de grand noms, et une multitude de styles et d'ambitions. Les plus convaincants sont Andy Kubert, Joe Madureira, Adam Kubert, Mike Deodato, Carlos Pacheco, ou Mike Wieringo. Quel tableau de chasse! Les textes sont des spécialistes du genre dans les nineties, à savoir Scott Lobdell (nostalgie...), Mark Waid, Tom De Falco, Jeph Loeb, ou encore Peter David. On aime (ou pas) ce genre de comics ultra bourrin et explosif, mais une chose est certaine, ça a marqué son époque, et ça reste gravé dans l'esprit de ceux qui ont connu ces aventures dans leurs belles années!




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MARVEL SELECT : ULTIMATE X-MEN TOME 2 (TOURNEE MONDIALE)

Nous avons vu dans le premier volume que Charles Xavier et ses X-Men ont neutralisé définitivement la menace de Magneto en tuant ce dernier aux yeux de tous. Mais il ne s'agit que d'une ruse et en fait le seigneur du magnétisme n'est pas mort; une série de blocages psychiques on permit de le reprogrammer et il mène désormais une existence pacifique et s'occupe de jeunes handicapés en difficulté d'insertion sociale. Ce second volume des Ultimate X-Men démarre tranquille avec un personnage nouveau, qui occupe bien une quarantaine de pages : Gambit. Le cajun se retrouve affublé d'une jeune orpheline dont les parents viennent d'être assassinés par des mafieux et il tente tant bien que mal de la protéger de Hammerhead et ses sbires. Nous passons ensuite aux choses sérieuses après ces deux épisode particuliers, et nous retrouvons le groupe de mutants de Xavier engagé dans une tournée promotionnelle à travers l'Europe. Mais dès la première étape à Londres ils doivent modifier leur plan pour se rendre au large de l'Écosse, là où sévit le fils caché du mentor télépathe, qui vient de se réveiller d'une longue léthargie et qui possède le don d'investir le corps de ses victimes tout en les consumant. Face à légion les X-Men ont fort à faire et sont poussés dans leurs derniers retranchements; ils ne sortent pas indemnes de la bataille puisque le jeune Bobby Drake est sérieusement blessé et se retrouve à l'hopital. Les parents, poussés par un politicien anti mutant s'empressent de demander une lourde indemnisation tandis que Charles Xavier se sens de plus en plus coupable pour la vie mouvementée et risquée qu'il  fait encourir à ses élèves. En toile de fonds, les intrigues sentimentales ne manquent pas, avec notamment Hank Mc Coy qui renonce à l'amour de Tornade parce qu'il n'est pas certain que les sentiments de cette dernière sont réels (Xavier l'a t-elle poussé à le désirer?) et qui entame une correspondance assidue, sur le chat, avec un faux profil qui va causer bien des ennuis, ou bien la dualité Scott Summers/Wolverine, à couteaux tirés pour les beaux yeux de Jean Grey. 

Les Ultimate X-Men, c'est une version plus désabusée, plus ironique, plus "à la page" des mutants que vous connaissez. Peu à peu, les personnages et leur background s'affichent, dans une version différente de la mouture traditionnelle. Par exemple, vous allez rencontrer pour la première fois la jeune Kitty Pryde dans ce second tome, et depuis elle a fait bien du chemin dans l'univers Ultimate! Vous aurez aussi sous les yeux le Phénix, à savoir cette entité qui investit le corps et l'esprit de Jean Grey. Enfin, à moins que ce ne soit un retour inopiné de la folie qui ravage l'esprit de la rouquine, ou un piège tendu par les membres du Club des Damnés, à l'attention de Charles Xavier et ses hommes, qu'ils financent de manière occulte. Conseil pour le mentor des hommes X : quand on est invité à une fête par un groupe portant le terme de "damnés" dans sa dénomination officielle, il vaut mieux décliner ou y aller en restant sur ses gardes. Coté scénario, ce sont Mark Millar et Chuck Austen qui sont chargés de faire évoluer l'intrigue, alors que les dessins sont confiés à Adam Kubert (dont le style a défini la série, c'est certain), Esad Ribic (ici encore à la recherche d'un style personnel, avec des dessins d'une qualité bien moindres par rapport à ce qu'il fournit aujourd'hui) ou encore Chris Bachalo, qui semble se limiter dans la folie et l'inventivité, on l'a vu plus inspiré avant et après. La collection Marvel Select est tout de même fort intéressante pour ceux qui ont perdu les Deluxe, et permettra de reconstituer à moindre frais la grande tapisserie des Ultimate X-Men, dans une version librairie souple et agréable à lire. A défaut d'être subtile et d'un raffinement légendaire, cette série reste un petit concentré des meilleures intentions du projet de départ, de ce que devait être l'univers ultimate, avant qu'il soit rattrapé lui aussi par la continuity et le manque flagrant de bonnes idées. 



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X-MEN : DEADLY GENESIS (LES PETITS SECRETS DE XAVIER)

On se replonge aujourd'hui dans un classique moderne des mutants, qui a bien divisé les lecteurs à sa sortie. Secrets cachés et effet de choc, avec Deadly Genesis.
Le professeur X ( pour Xavier ) est (était) le mentor des X-men. C’est aussi le plus puissant des télépathes sur la Terre. Détail non négligeable : que feriez vous si vous aviez des pouvoirs mentaux tels que vous pourriez ordonner à n’importe qui d’exécuter vos moindres désirs? Xavier se veut irréprochable, et sa ligne de conduite est la suivante : ne jamais profiter de son don, ne jamais intervenir dans les esprits et les décisions des autres, autrement que sur le champ de bataille, contre des ennemis acharnés. Très louable, et un peu ingénu, penserons ceux qui s’imaginent déjà entourés de superbes créatures physiquement intelligentes et aux ordres… Cela, c’est le crédo de base de la série, la définition même du personnage, qui est vite devenu un exemple, une figure paternelle pour le leader des X-men, Cyclops (alias Scott Summers) mais aussi son jeune frère, Havok, membre un peu plus irrégulier du groupe mutant. On ne touche pas au «Prof», le roi de la morale et des remarques paternalistes, le garant des bonnes mœurs et le guide éclairé de la gente mutante. Et voilà qu’arrive Ed Brubaker (que j’aime beaucoup, je vous l’ai déjà dit?) avec ses idées so shocking et son irrévérence à la nitroglycérine. Vous pensiez tout savoir, quelle erreur! Xavier est une raclure, un traître, un menteur, voire un assassin ! Comment ça vous n’y croyez pas ?

Les premiers X-men des origines ( Beast, Angel, Cyclops, Jean Grey…) avaient bien failli finir leur carrière sur l’île vivante de Krakoa, qui ne les avait pas dévorés tout cru de très peu… En fait, c’est la seconde génération de mutant, guidée et recrutée par le Prof, qui les avait tirés du pétrin ( avec entre autres Wolverine, Banshee, Storm…) dans un des épisodes incontournables de la saga mutante, le Giant Size Annual 1 que les fans connaissent par cœur. Voilà que Brubaker nous révèle que tout ce qu’on a lu était faux ! Entre la capture des premiers et le sauvetage par les seconds, Xavier avait déjà envoyé quelqu’un à la rescousse, une bande de quatre jeunes mutants inexpérimentés, de la chair à canon qui a trouvé logiquement la mort (croyait-on) sur l’île de Krakoa. Parmi eux, le troisième frère Summers, dont les deux autres ignoraient l’existence, puisque Xavier avait tout simplement décidé, suite à cet échec cuisant, d’en effacer le souvenir de leurs mémoires ! Histoire de s’assurer que le squelette reste bien au chaud au fond du placard! Mais voilà, le cadet des Summers est de retour, bien vivant et bien décidé à faire amèrement payer son ancien mentor et sa famille. Voici venir Vulcan, tout puissant et vraiment enragé! Une histoire de trahison et de ressentiment, qui égratigne tout le monde et brise nos certitudes et nos repères, sur la bien gentille famille mutante, et son politiquement correct. Trevor Hairsine peut sembler par moments un peu cheap aux dessins et en dessous de nos attentes, mais qu’à cela ne tienne, on ne boudera pas son plaisir à la lecture de cette mini série que vous ne devez absolument pas perdre, ne serait-ce que parce qu'elle incarne la grande rupture épocale entre Scott Summers et son mentor révéré. Carrément culte pour ceux qui rêvent de gifler Xavier et son air de «je sais tout» depuis des décennies. Une des opérations de ret-con (je réécris la continuité Marvel en modifiant les origines jusque là acceptées de certains héros) les plus marquantes de la Maison des Idées, mais aussi une des plus discutées. Qu'importe, de ce jour, plus rien ne sera jamais comme avant, et le mythe est tombé bas, du piédestal. Deadly Genesis a été publié en Vf dans la revue Astonishing X-Men, à partir du numéro 16. 


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MARVEL SELECT : ULTIMATE X-MEN TOME 1 (RETOUR A L'ARME X)

Des mutants partout. et forcément, des humains mécontents, frustrés, bien décidés à laisser la haine s'exprimer. C'est la situation qui sert de préambule à la série Ultimate X-Men, de Mark Millar. Le paroxysme de tout ce qu'on nous a déjà raconté auparavant. Les Sentinelles, ces robots chasseurs de mutant  sont autorisés à intervenir en plein New-York et ne se privent pas de traquer leurs proies en public, d'ailleurs souvent solidaire avec les machines destructrices. En face, les individus dotés du facteur X se divisent en deux factions. Celle soutenue par Charles Xavier défend la cohabitation entre les espèces, et entame une campagne de recrutement pour créer un groupe de jeunes mutants volontaires et enthousiastes. Et l'autre, la bande de Magneto, qui revendique la suprématie mutante, et organise des attentats pour se faire entendre, semant mort et discorde, alimentant la peur et l'effroi. Au milieu, le plus bad-ass de tous, Wolverine, que Magneto décide d'envoyer en mission chez Xavier, pour l'assassiner. Infiltré comme une taupe chez les X-Men, Logan apprend peu à peu que les valeurs et les méthodes de Charles peuvent aboutir à un résultat louable, d'autant plus que Jean Grey, la rouquine désinvolte et télépathe du groupe, lui a tapé dans l'oeil et partage avec lui ses nuits endiablées. Le lecteur s'amuse vite à découvrir les différences existantes entre cette version Ultimate des mutants, et celle plus classique de l'univers Marvel traditionnel, et les détails du recrutement des membres sous les ordres de Cyclope. La première vraie mission consiste ainsi à aller secourir Bobby Drake, un jeune mutant qui maîtrise la glace, avant d'aller se frotter à la confrérie des mauvais mutants, où officient la sorcière Rouge et Quicksilver, frères et soeurs, et enfants de Magneto. Pas de tergiversation ou d'introduction lente et poussive, Ultimate X-Men démarre pied au plancher et déroule sa trame dans un festival d'action et de rebondissements, sans perdre personne au passage : quiconque a déjà croisé les X-Men au détour de l'un de leurs comic-books se rendra compte que nous ne sommes pas en terrain si inconnu que cela....

Coté dessin, Adam Kubert se permet d'épater la galerie avec des planches qui assurent le service pour ce qui est du dynamisme et de l'action. Le cadrage et le découpage permettent de rendre encore plus vivant cette lutte pour la suprématie, et les personnages présentés sont plus jeunes et "branchés" que les X-Men traditionnels. Seul hic, c'est aussi le cas dans les dialogues, où certaines remarques détonnent, ou ne semblent pas pertinentes dans la bouche de ces mutants là; mais encore une fois, il s'agit d'une autre version, dont il faut accepter et apprécier la subtile différence, au risque de voir Xavier utiliser ses pouvoirs sur ses propres élèves, où Tornade combattre à distance, en restant cachée loin des sentinelles qu'elle foudroie. Le second arc narratif présent dans ce Select (qui republie les épisodes 1 à 12, comme le premier Marvel Deluxe dédié à la série) nous ramène dans le passé de Wolverine, puisqu'il s'agit d'enquêter sur les agissements du projet Arme X, à travers ses bases secrètes. Dans l'une d'elles, on voit un certain Kurt Wagner tenter de s'enfuir, mais échouer piteusement. Le Shield parait être impliqués alors que d'autres visages connus (Malicia, par exemple, ou encore Sabretooth pour un duel à la dernière griffe avec Wolverine) font peu à peu leur apparition et enrichissent le cast de la série, qui est facilement lisible et abordable pour le néophyte, mieux encore s'il a eu l'occasion de voir les derniers films mutants au cinéma. C'est aussi la première déroute de la bande à Xavier, qui subit une déconfiture d'envergure, et se rend compte que la survie passe à travers des épreuves dantesques et des choix moraux cruciaux. A défaut d'être toujours subtil et d'une profondeur fascinante, Ultimate X-Men est un titre qui n'a pas honte de sa nature, c'est à dire un divertissement riche en vitamines, qui joue avec les codes d'une série mythique, qu'il décompose et recompose pour en faciliter l'accès. 


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OLDIES : RECIT COMPLET MARVEL #7 LES X-MEN ET LES MICRONAUTES

Les micro quoi? Bon, ne paniquez pas, vous êtes encore jeunes, vous n'avez pas tout connu. Les Micronautes, ce sont des jouets. Des action figure, tout droit sorties des années 80. L'objectif était de surfer sur la vague du succès de films comme Star Wars, et pour ce faire, ils deviennent également une série mensuelle, un comic-book qui perdurera d'ailleurs après le flop des figurines, pendant une brève période. Ici, dans ce Récit Complet Marvel édité par Lug, les Micronautes rencontrent les X-Men. Écrits par le démiurge Chris Claremont, les mutants sont eux en pleine bourre, et ce genre de confrontation est toujours utile pour créer une histoire différente et truculente, et relancer l'intérêt assoupi pour une franchise qui périclite. L'histoire tourne autour du Baron Karza, un dictateur planétaire ennemi des Micronautes, avec qui il doit pourtant momentanément sceller une alliance. C'est ce qui arrive souvent quand une menace commune parait impossible à repousser. Une délégation de ces minuscules héros (qui vivent entre le atomes de notre univers, dans une sorte de monde subatomique, donc) remonte à la source de leurs ennuis, et débarquent dans le Qg des X-Men. Une fois l'aide du professeur Xavier et de ses élèves acquise, le chemin inverse ne se fait pas sans heurts : la psyché de la jeune Kitty Pride se retrouve emprisonnée dans le corps du Baron Karza, qui occupe lui même le corps de la fillette. Pendant ce temps, les X-Men sont aisément domptés sous le coupe de l'adversaire encore inconnu, qui les manipule et possède un pouvoir quasi illimité. C'est là que Claremont anticipe les temps modernes, et offre une solution attendue et plusieurs fois reprises par la suite : cet ennemi, c'est la part sombre de Xavier, son coté maléfique, un peu ce qui sera employé comme trame de fond lors de la venue d'Onslaught, pour une tentative avortée d'une refonte de l'univers Marvel. Qui dit histoire des années 80 dit forcément narration plus concentrée et verbale, surtout que Claremont est un auteur prolixe, qui n'est pas avare de bulles et didascalies. Encore que sur ce point il est secondé par Bill Mantlo. Les dessins sont l'oeuvre de Butch Guice, et ils sont incontestablement bons. Beaucoup de personnages doivent tenir dans des planches contenant parfois sept cases, voire neuf, et ce n'est pas une sinécure. Le trait est clair, propre, et n'a pas trop vieilli. Ce qui n'est pas le cas des Micronautes. Malgré un potentiel évident et un capital sympathie notable, le comic-book n'a pas survécu aux figurines délaissés, et aujourd'hui le nom n'évoque plus grand chose aux générations modernes. A noter une scène assez équivoque qui mérite une citation. Quand le Xavier maléfique s'en prend à la jeune cheyenne Danielle Moonstar, il submerge son esprit d'un "plaisir indescriptible" (je cite) pour la maîtriser, tout en lui demandant après coup "ça t'a plu, mon enfant?". Ne tournons pas autour du pot : le professeur a tout simplement provoqué un puissant orgasme chez l'adolescente, à l'aide de ses pouvoirs psychiques. Comme quoi on peut se faire du bien, et en donner, quand on est sous l'emprise du mal. 


AVENGERS Vs X-MEN 6/6 : CONCLUSION EN KIOSQUE CHEZ PANINI

En avril, ne perd pas le fil. Car cette fois, c'est bel et bien fini. Avengers Vs X-Men tire sa révérence avec un dernier numéro que certains souhaitaient dantesque, inoubliable, et qui ne servira à rien d'autre que de faire le pont entre cet événement discutable, et le futur de Marvel, que vous allez apprendre à connaître sous l'appellation Marvel Now! Attention spoiler, si vous ne voulez rien savoir cet article n'est peut être pas fait pour vous.
La bataille finale (ou presque) fait rage entre mutants et Vengeurs. Enfin, mutants, c'est un grand mot, car la folie de Scott Summers a convaincu la plupart de ses congénères de changer de camp, et Magneto est même aller chercher de l'aide en la personne du professeur Xavier. C'est bien le père tutélaire de Scott qui va être au centre de la scène. Lui aussi a plusieurs squelettes dans l'armoire, et ces dernières années ont vu sa figure de vieux sage vaciller, et ses méfaits prendre peu à peu le pas sur un parcours jusque là exemplaire (revoir sur ce blog la chronique récente de Deadly Genesis) . Mais peut-il, avec l'aide des Avengers (et de Hulk qui est recruté en début d'épisode, mais ne sert finalement pas à grand chose), stopper Summers et faire revenir un semblant de calme dans la tempête? La réponse est évidente pour tous ceux qui savent de quoi est capable la force du Phénix, qui a la fâcheuse habitude, au contact de l'hôte et de l'esprit humain, de perdre le sens de la mesure, pour devenir le Phénix Noir. La lutte entre l'ancien élève et le mentor va être pathétique et poignante, et se solder par un crime. Une nouvelle mort attendue, tant le jeu ces derniers temps était de deviner qui aller finalement casser sa pipe, à l'occasion de la conclusion de AvX.

Exit le professeur Xavier, donc. Pour combien de temps? Je reste dans l'idée qu'il est impossible de programmer un tel évènement depuis des années, de l'étaler sur douze numéros et d'en faire la pierre angulaire de la réponse Marvel à l'offensive Dc (The New 52), pour se contenter d'un aussi maigre bilan, sur le champ de bataille. La vraie conclusion, dans le dernier épisode, nous prépare une nouvelle phase de l'univers Marvel, où il sera nécessaire, vital, de passer à la vitesse supérieure et de retrouver ce grand souffle époque qui permettait autrefois de tisser une tapisserie chorale de haute volée. Olivier Coipel n'a jamais été aussi bon aux dessins, c'est un régal pour les yeux, aussi bien au niveau du trait pur et appliqué que dans la composition des planches, la grande lisibilité et le talent dans la façon d'agencer tous ces héros, quand ils évoluent groupés. Du grand art. Les dialogues fusent avec justesse, puisque c'est Bendis qui s'en occupe tout particulièrement cette fois-ci. On en arrive presque à croire que par la grâce de ce final AvX peut encore être sauvé, et que ce (trop) long évènement si décrié peut nous offrir une sortie de scène sous les applaudissements. Au bord du néant, AvX refuse de mourir, et semble nous avertir : Vous n'avez pas encore tout vu, restez avec nous jusqu'à la dernière case. Hélas, au delà des effets d'annonces, des moments sympathiques et de l'angoisse et l'exaltation qui étreignent toujours le lecture crédule lorsqu'arrive la fin d'une telle épopée, force est d'admettre que 12 numéros et autant de battage pour une conclusion si maigre et indigente, c'est pour le moins discutable. AvX n'a pas tenu ses promesses.


X-MEN : THE DEADLY GENESIS

On se replonge aujourd'hui dans un classique moderne des mutants, qui a bien divisé les lecteurs à sa sortie. Secrets cachés et effet de choc, avec Deadly Genesis.
Le professeur X ( pour Xavier ) est (était) le mentor des X-men. C’est aussi le plus puissant des télépathes sur la Terre. Détail non négligeable : que feriez vous si vous aviez des pouvoirs mentaux tels que vous pourriez ordonner à n’importe qui d’exécuter vos moindres désirs? Xavier se veut irréprochable, et sa ligne de conduite est la suivante : ne jamais profiter de son don, ne jamais intervenir dans les esprits et les décisions des autres, autrement que sur le champ de bataille, contre des ennemis acharnés. Très louable, et un peu ingénu, penserons ceux qui s’imaginent déjà entourés de superbes créatures physiquement intelligentes et aux ordres… Cela, c’est le crédo de base de la série, la définition même du personnage, qui est vite devenu un exemple, une figure paternelle pour le leader des X-men, Cyclops (alias Scott Summers) mais aussi son jeune frère, Havok, membre un peu plus irrégulier du groupe mutant. On ne touche pas au «Prof», le roi de la morale et des remarques paternalistes, le garant des bonnes mœurs et le guide éclairé de la gente mutante. Et voilà qu’arrive Ed Brubaker (que j’aime beaucoup, je vous l’ai déjà dit?) avec ses idées so shocking et son irrévérence à la nitroglycérine. Vous pensiez tout savoir, quelle erreur! Xavier est une raclure, un traître, un menteur, voire un assassin ! Comment ça vous n’y croyez pas ?

Les premiers X-men des origines ( Beast, Angel, Cyclops, Jean Grey…) avaient bien failli finir leur carrière sur l’île vivante de Krakoa, qui ne les avait pas dévorés tout cru de très peu… En fait, c’est la seconde génération de mutant, guidée et recrutée par le Prof, qui les avait tirés du pétrin ( avec entre autres Wolverine, Banshee, Storm…) dans un des épisodes incontournables de la saga mutante, le Giant Size Annual 1 que les fans connaissent par cœur. Voilà que Brubaker nous révèle que tout ce qu’on a lu était faux ! Entre la capture des premiers et le sauvetage par les seconds, Xavier avait déjà envoyé quelqu’un à la rescousse, une bande de quatre jeunes mutants inexpérimentés, de la chair à canon qui a trouvé logiquement la mort (croyait-on) sur l’île de Krakoa. Parmi eux, le troisième frère Summers, dont les deux autres ignoraient l’existence, puisque Xavier avait tout simplement décidé, suite à cet échec cuisant, d’en effacer le souvenir de leurs mémoires ! Histoire de s’assurer que le squelette reste bien au chaud au fond du placard! Mais voilà, le cadet des Summers est de retour, bien vivant et bien décidé à faire amèrement payer son ancien mentor et sa famille. Voici venir Vulcan, tout puissant et vraiment enragé! Une histoire de trahison et de ressentiment, qui égratigne tout le monde et brise nos certitudes et nos repères, sur la bien gentille famille mutante, et son politiquement correct. Trevor Hairsine peut sembler par moments un peu cheap aux dessins et en dessous de nos attentes, mais qu’à cela ne tienne, on ne boudera pas son plaisir à la lecture de cette mini série que vous ne devez absolument pas perdre, ne serait-ce que parce qu'elle incarne la grande rupture épocale entre Scott Summers et son mentor révéré. Carrément culte pour ceux qui rêvent de gifler Xavier et son air de «je sais tout» depuis des décennies. Une des opérations de ret-con (je réécris la continuité Marvel en modifiant les origines jusque là acceptées de certains héros) les plus marquantes de la Maison des Idées, mais aussi une des plus discutées. Qu'importe, de ce jour, plus rien ne sera jamais comme avant, et le mythe est tombé bas, du piédestal. 


Publié en Vf sur les pages d'Astonishing X-men 16 à 21 (Panini)

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