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ULTIMATE SPIDER-MAN POUR COMMENCER LA NOUVELLE COLLECTION HACHETTE


Presque soixante ans se sont écoulés depuis que Stan Lee et Jack Kirby ont eu l’incroyablement bonne idée de lancer le personnage de Spider-Man sur le marché des comic books. Au tout début du XXIe siècle, c'est la ligne Ultimate qui voit le jour. Les fans de l'Homme Araignée vous le confirmeront, presque quatre décennies, c’est long, en termes de pages accumulées, de sagas à lire et relire, ça en fait des événements ! Allez donc expliquer comme ça, de but en blanc, au néophyte, la longue dynastie des Bouffons, la mort de Gwen Stacy (et de son père !), les combats épiques et naïfs d’autrefois, contre le Docteur Octopus, le Shocker, ou encore le Kingpin, le fils Jameson transformé en loup-garou et Ben Reilly le clone de Spidey qui refait surface une fois par an, sous tous les avatars possibles et imaginables… La seule façon qu’il aura, pour ne pas se noyer dans la masse des informations, c’est de dire : "Pouce !" Du coup, Ultimate Spider-Man, alors, ne serait-ce pas plus simple à mettre en les mains de ceux qui n'ont rien connu de tout ce qu'on a mentionné ? Et bien oui, c’est fait pour, un retour aux sources, une seconde vie plus ou moins librement calquée sur la première, pour tout un univers qui aura l’occasion de déployer ses propres racines, en tâtant le pouls du lectorat du nouveau siècle, aussi bien à travers une structure narrative plus électrique et décousue, que dans le langage jeuniste adopté ("ptit slip" dans la bouche de Peter et de ses amis, ça sonne quand même assez innaturel et un tantinet crétin, je trouve…) que Parker et ses amis emploient entre eux. Ultimate, dans les intentions, c’est le second avènement, Marvel qui auto engendre sa seconde génération, dans un contexte radicalement différent, où le sens du merveilleux, qui a servi de terreau à la "first generation" s’est totalement dilué dans un quotidien compulsif, blasé, et bien plus violent et désabusé. Ici, une araignée génétiquement modifiée mord un Parker tout aussi épris de la science et en butte aux quolibets de ses camarades de classe. Il acquiert des pouvoirs incroyables, les utilise pour gagner un peu d'argent (encore et toujours les combats de catch. Bendis pouvait se creuser un peu plus les méninges) mais il laisse échapper un simple voleur à la tire, qui va par la suite assassiner son Oncle Ben. Geste fondateur, l'apprentissage des responsabilités, à la dure. Mais assez vite le problème de base s’est posé à nouveau : dès la première année d’aventures de la nouvelle mouture de Spider-Man, les interactions entre personnages, les amis et ennemis rencontrés au fil des mois, ont fini par recréer une trame de fond complexe, qui à terme ne pouvait qu’amener les mêmes difficultés pour le lecteur débutant, que celles que rencontrait le novice d’Amazing Spider-Man. Ce qui fait la force des comics, c’est aussi ce qui fait leur faiblesse, et rebute nombre de potentiels amateurs. D’où les très fréquents "relaunch" à base de catastrophes, de cataclysmes (Ultimatum) ou de magie salvatrice (House of M , One more day, Secret Wars, dans l'univers traditionnel). Du coup, on peut relire ces épisodes avec nostalgie et émotion. Ils restent si pertinents…



Hachette vient donc de lancer une nouvelle collection qui va vraisemblablement intéresser beaucoup de monde : tout l'univers Ultimate, à commencer par ce premier tome qui comprend treize épisodes de Ultimate Spider-Man; voilà une offre alléchante, qui démarre avec un prix de lancement à 3,99 et qui à partir du numéro 3 se stabilisera à 15, 99. Nous parlons tout de même d'albums qui peuvent atteindre les 250/300 pages et d'une belle qualité finale avec, cela plaira aux collectionneurs, une jolie frise sur le dos. Ultimate Spider-Man c'est aussi le royaume de Brian Bendis et Mark Bagley. Le scénariste est au sommet de son art qui consiste à multiplier les dialogues, à retravailler la tradition de l'héroïsme et du soap opera conjugés, avec désinvolture et naturel. Le dessinateur est parvenu à incarner parfaitement dans l'imaginaire collectif le personnage de Spider-Man, que ce soit le traditionnel ou le Ultimate. Certes, on peut regretter qu'à la longue une certaine monotonie s'installe dans la manière de représenter les personnages, mais au final et avec le recul, on se rend compte qu'il a atteint une régularité et un niveau qualitatif moyen qui forcent le respect. Le Peter Parker Ultimate est plus maigre, naïf et disgracieux, tout comme la Mary Jane Ultimate est loin d'être une femme fatale et mannequin/actrice pour la télévision. Cette réinterprétation juvénile et moderne a connu un succès retentissant, à relire dans ce premier volume, qui marque aussi l'apparition du Bouffon Vert Ultimate mais aussi de Wilson Fisk, le Caïd, avec un avatar qui est finalement très proche de celui que nous connaissons déjà. Nous tenons là une des réussites artistiques et commerciales les plus évidentes de Marvel au 21e siècle, bref, un pavé absolument indispensable, aussi bien dans l'histoire de Spider-Man que pour découvrir la collection Hachette.



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OMNIBUS THUNDERBOLTS : LA JUSTICE COMME L'ECLAIR AVEC BUSIEK ET BAGLEY


 Plutôt que de proposer une review détaillée d'épisodes qui remontent à 25 ans en arrière, il nous semble plus judicieux de se poser une question simple : pourquoi la série Thunderbolts, celle qui inaugura le concept, avec Kurt Busiek, reste aujourd'hui encore une des marottes des lecteurs au long cours? Revenons donc à cette formation guidée par un certain Citizen V (sorti de nulle part, et pour cause), avec notamment des calibres comme Mach-1, Songbird, Meteorite, Atlas ou Techno, pour renforcer un roster improbable. Nous étions alors en 1997, année terrible puisque les Avengers et les Fantastic Four avaient disparu (on les croyait morts après l'affrontement dantesque avec Onslaught, une créature née de la dégénérescence mentale du professeur Xavier, sous l'influence malveillante de Magneto). Les héros avaient une nouvelle fois sauvé la Terre, mais ils laissaient aussi un champ de ruines, une planète dépourvue de protecteurs, exception faite des X-Men. Mais les mutants étaient considérés avec trop de suspicion pour être adoubés une bonne fois pour toutes. Alors, crise de vocations ou apparition d'une nouvelle génération de redresseurs de torts ? C'est là que sans crier garde, les Thunderbolts firent leur entrée sur scène. Aucune discrétion, pas de modestie affichée. Helmut Zemo et ses Maîtres du Mal étaient entrés dans la danse, pour le pire et le meilleur. Les premiers succès, obtenus avec un déguisement inédit pour chacun de ces malfaiteurs endurcis, sont au dépend des Rats, des Démolisseurs, et même du Penseur Fou. Et vous savez ce qu'il y a de bien, quand vous passez votre vie à fuir les justiciers, à trembler pour la réussite de vos sales coups, à être répudiés par les foules, lorsque vous décidez de faire le bien, enfin (même si pour de faux, pour de mauvaises intentions) ? C'est qu'on peut aimer ça, qu'on peut se sentir enfin vivant, utile. Bref, un glissement peut s'opérer. Ou pas. Les Thunderbolts, c'est une fenêtre sur le rachat et la porte ouverte sur la criminalité. Il faut choisir, sauter, se décider. Ajoutez à tout ceci des histoires sentimentales, des disputes, des coups d'éclat… Les héros n'en sont pas, mais après tout, si cela ne dépendait que d'eux ?


La confiance est le mot clé. Confiance nécessaire du public pour que l'opération de séduction et de duperie fonctionne, confiance aussi entre les membres qui sont loin d'être des enfants de chœur et qui vont connaître des évolutions personnelles divergentes. Une confiance qui est aussi présente dans le rapport avec les médias. Rien de nouveau pour le lecteur de 2023 qui est habitué à ce que les carrières se fassent et défassent sur les réseaux sociaux; à l'époque, c'est la télévision qui suit les nouveaux héros et qui aide notablement ce groupe à se forger une nouvelle image et a le présenter au quidam moyen. Nous ne sommes pas très loin finalement de ce que fait la politique, avec la propagande. Busiek est un auteur qui aime faire parler ses personnages et a tendance à se révéler par moments un peu verbeux, mais ici il est aussi capable d'équilibrer à merveille ce petit défaut structurel, en injectant continuellement des scènes d'action et des retournements de situation spectaculaires et très attendus. Et lorsque l'action trouve enfin un peu de repos, c'est pour entamer de nouvelles pistes sentimentales et pour s'occuper des rapports interpersonnels entre les membres des Thunderbolts. Le rythme, c'est aussi une affaire de découpage et pour cela, le dessinateur Mark Bagley, un des plus rapides mais aussi des pus fiables chez Marvel depuis les années 1990, est fort utile que ce soit au niveau des splash pages en roue libre ou tout simplement de la profusion de petites vignettes sur la même page. Il est capable de tout représenter en insérant régulièrement des détails qui crédibilisent l'ensemble. Comme vous le savez, son péché mignon c'est que beaucoup des héros qu'il met en scène se ressemblent physiquement, mais si on accepte ce leitmotiv dans son travail - et même s'il n'était pas encore la star qu'il allait devenir par la suite grâce à Spider-Man - l'ensemble est de belle facture, indiscutablement. Il est juste dommage que pour retrouver les Thunderbolts au meilleur de leur forme, les lecteurs doivent débourser une somme importante, correspondant certes à une pagination conséquente et à un très bel omnibus : ça signifie que le public cible est bien entendu le quadra/quinqua qui a vécu tout cela en direct et qui possède aujourd'hui les cordons de la bourse et les moyens d'investir régulièrement dans ce type de parution. Pour les plus jeunes, les Thunderbolts des origines, ceux de Buziec, risquent de rester encore un peu nébuleux. De notre côté, nous ne pouvons que conseiller à tout le monde de s'intéresser à ce groupe emblématique de l'époque post Onslaught, qui contribue à sa façon à tout ce courant conspirationniste et paranoïaque qui voit le jour dans la décennie des années 1990, avant d'exploser suite aux attentats du 11 septembre 2001. Un omnibus aussi attendu qu'historique. 




THE NEW WARRIORS INTÉGRALE : 1990-1991 LA NAISSANCE DES WARRIORS


 Vous pouvez oublier la poésie et l'humanisme un instant, nous replongeons dans les années 1990. Une époque où les comics misaient plutôt sur la violence et les groupes paramilitaires pour exister, y compris lorsque les héros sont de jeunes adolescents qui ont encore tout à découvrir, aussi bien de la vie que de leurs pouvoirs. Fabian Nicieza et Mark Bagley se retrouvent alors aux commandes d'une nouvelle série, les New Warriors : le nom est déjà un programme en soi ! Le tout suite à la présentation de la formation dans deux épisodes de Thor, qui bénéficièrent d'un accueil somme toute positif (publiés dans cette Intégrale). Le premier numéro fait office de manifeste pour ces nouveaux personnages (ou en tous les cas de "seconde zone") qui doivent être présentés au lecteur, aussi bien en ce qui concerne leurs formidables capacités que leurs motivations personnelles. Pas le temps de finasser, il faut aller droit au but, d'autant plus que le grand méchant du jour, Terrax, est un ancien héraut de Galactus qui dispose d'une puissance incommensurable. Pour faire vite, disons que nous trouvons la petite cousine du Prince des mers (Namorita), un collégien malingre capable de devenir une sorte de boule de flipper humaine (Speedball), la version juvénile d'un futur membre des Gardiens de la Galaxie (ici appelé Marvel Boy), Nova (Richard Rider) de retour aux affaires, ainsi qu'une jolie rouquine arrachée à l'emprise d'Emma Frost, capable de dompter les micro-ondes (Firestar) et un afro-américain consumé par la vengeance, à la tête d'une fondation milliardaire. Dwayne (alias Night Trasher/Fighter) est le leader des Warriors. Ses parents ont été assassinés, il n'a pas de pouvoir, c'est un justicier urbain, bref ça ressemble quand même vaguement à du Batman sans expérience et enragé. Le groupe va devoir apprendre à fonctionner ensemble; d'un côté l'enthousiasme de la jeunesse fait qu'ils sont capables de surmonter des crises incroyables, comme lorsqu'ils se retrouvent projetés sur la Lune, pour affronter un ennemi désireux de pirater le programme spatial et l'envoi de déchets dans l'espace, ou encore face au Fléau, au pouvoir mystique primordial, que même Thor ne parvient pas à faire fléchir (les épisodes dont nous parlions plus haut). D'un autre côté, les difficultés ne sont pas que d'ordre super-héroïque, puisque même à la maison et dans la vie personnelle, les choses se gâtent régulièrement, entre interdiction de sortir et punitions, famille sur le point de divorcer ou père violent qui n'hésite pas à frapper femme et enfant.



Car oui, avec le recul, force est de constater que la série New warriors propose des thèmes qui allaient devenir particulièrement tendance dans les années suivantes. Il est question d'écologie par exemple, avec la déforestation de la forêt amazonienne ou la sale habitude de considérer l'espace comme une poubelle potentielle où déposer tous nos déchets. Notre bande de jeunes super-héros va d'ailleurs avoir affaire avec des activistes écoterroristes qui ont mis sur pied une équipe de dingues à pouvoirs, pour commettre leurs exactions au Brésil. La mère de Speedball, qui est une actrice de renom aux États-Unis, a également pris part à ce mouvement qui compte l'utiliser comme vitrine, avant de s'en débarrasser une fois sur le terrain. On trouve aussi les affres de la violence parentale et tout simplement les problèmes de rapport entre les générations. Pour revenir à Speedball, le gamin a l'impression que chez lui personne ne l'écoute et que ses parents (avocat politicien et actrice) lui imposent une carrière future qu'il préférerait pouvoir choisir. Même chose pour Marvel Boy qui est humilié par un père violent, qui rejette catégoriquement les pouvoirs de son fils. Night Fighter lui éprouve un besoin de vengeance, puisque son père a été assassiné. C'est la raison pour laquelle il a initié cette croisade et qu'il est autant à fleur de peau dans les premiers épisodes, au point que certaines de ses réactions suscitent même l'effarement de ses coéquipiers. N'oublions pas les guest stars propres aux années 1990 (le Punisher, who else ?) et d'autres recrues potentielles qui vont apparaître, à commencer par Silhouette, capable de se fondre dans l'ombre, et petite amie potentielle de Dwayne. Le dessinateur du titre est donc Mark Bagley; si aujourd'hui nous le connaissons comme l'artiste le plus durable et représentatif pour le Spider-Man des trente dernières années, il était à l'époque en tout début de carrière et Marvel Comics allait découvrir au fil des mois sa capacité d'être toujours fiable, de fournir de nombreuses planches à l'heure, avec un style dynamique et clair. Certes, beaucoup de visage se ressemblent (Firestar et Mary Jane Watson semblent deux sœurs jumelles) mais dans l'ensemble, quelle régularité, sans véritable temps faible. Ce premier volume de l'Intégrale New Warriors ressemble en définitive à un de ces cadeaux tombés du ciel, que bien des collectionneurs réclament à corps et à cris depuis des années. On aurait juste rêvé d'un travail éditorial plus approfondi (le prélude d'une page et demie de Christian Grasse est banal et mal rédigé/traduit) pour magnifier un ouvrage qui a toutes les chances de faire partie de votre wish list estivale. Faites-vous plaisir. 




AMAZING SPIDER-MAN: MAXIMUM CARNAGE (MARVEL EPIC COLLECTION)

 


Les volumes de la Epic Collection que propose Panini fonctionnent exactement comme ceux publiés par Marvel aux Etats-Unis. Bref, il ne faut pas s'attarder sur une quelconque séquence chronologique, mais aller picorer dans l'histoire éditoriale des séries proposées, pour enfin reconstituer une frise complète, des origines aux années 1990, au bout de plusieurs années. Ce mois d'octobre, c'est au tour de Maximum Carnage, crossover sanglant pour Spidey, d'être à l'honneur. Dans les années folles des comics (les nineties), Venom est un des personnages phares de l'univers Marvel : le symbiote extraterrestre, poussé par la haine et le ressentiment envers Peter Parker, a trouvé un acolyte idéal en la personne de l'ancien journaliste Eddie Brock. Celui-ci retient Parker responsable de sa déchéance professionnelle. Ensemble ils deviennent une sorte de monstre ou croque-mitaine protéiforme. Il connaît l'identité secrète de Spider-Man et ne déclenche pas son sens d'araignée, c'est en quelque sorte l'ennemi ultime. Mais peu à peu, poussé par le succès auprès des lecteurs, le personnage se transforme en un véritable anti-héros, motivé par une conception toute personnelle de la justice et de la protection des innocents. Le curseur se déplace et la nouvelle créature maléfique, le nouveau mal absolu, devient Carnage. Il s'agit du rejeton du symbiote précédent, et il s'est associé avec Cletus Kasady, un sociopathe de la pire espèce, complètement incurable. Le costume est rouge sang, et sa façon d'agir est simple : le chaos et les meurtres en permanence. Lorsque Carnage est maîtrisé et emprisonné dans l'asile de Ravencroft (une sorte de Arkham à la Marvel), on pourrait penser que son parcours est momentanément terminé, mais comme le veut la tradition des comics, s'il est enfermé, c'est pour mieux s'échapper! Non sans bien sûr laisser derrière lui une trace de sang et des morts à la pelle. Pour contrer cet ennemi particulièrement violent, Spider-Man va pouvoir compter sur toute une série d'alliés, et il va même temporairement faire équipe avec Venom. Il s'agit d'un crossover très marqué par l'esprit de son temps (1993) où coule hémoglobine à flots, et qui concerne toutes les séries du tisseur de toile.



Carnage n'est pas seul. Lui s'est trouvé une copine psychotique quasiment tout aussi cinglée, et qui répond au nom de Shriek. Le couple dément bénéficie en outre d'une sorte d'enfant putatif, ou plutôt d'animal de compagnie, le doppelganger, à savoir un double difforme de Spider-Man, qui remonte au crossover The Infinity War. Mais notre histoire ultra violente présente d'autres super-vilains, qui font leur apparition, comme par exemple Carrion ou le Demogoblin. En face, il faut alors une véritable armada pour contrer tous les cinglés qui mettent la ville à feu et à sang. Beaucoup de personnages qui gravitent habituellement dans l'orbite du monde du Tisseur vont prêter main-forte, comme la Cape et l'Epée, Morbius, Black Cat, ou bien d'autres un peu plus inattendus comme Captain America, Firestar et  Deathlock. Quand il y a plusieurs séries concernées, nous trouvons logiquement une liste  imposante d'artistes au menu. Dans ce  Maximum Carnage, au scénario, défilent par exemple Tom De Falco, David Michelinie, ou le spécialiste de la psychologie fouillée et torturée, Jean-Marc De Matteis, qui s'occupent tous de rendre la vie impossible à Spider-Man.  Côté dessinateurs j'apprécie tout particulièrement Sal Buscema et son trait rigoureux, qui à l'époque a marqué profondément la série Spectacular Spider-Man, où il est resté de nombreuses années durant en poste. Mais nous trouvons aussi Mark Bagley, qui officie depuis des lustres sur le personnage, ou encore Alex Saviuk, dont le style est beaucoup moins gracieux que ses collègues. Mentionnons également le regretté Tom Lyle, qui bénéficie d'un encrage lourd et d'une mise en couleur parfois criarde, ce qui fait que ses planches sont plus surchargées et moins lisibles que les autres. Nous avons là 14 épisodes qui ont marqué leur époque, et qui constituent un tournant dans l'histoire de Spider-Man, puisque il s'agit d'un plongeon angoissant dans une violence irréfrénable, une tentative évidente d'adapter les aventures de Spidey aux années 90. Globalement cela fonctionne bien si on regarde l'ensemble avec l'œil  nostalgique du lecteur que nous étions alors, mais il est vrai qu'avec le temps, cette avalanche de baston et de crimes n'apparaît pas comme le point culminant de la décennie pour le monte-en-l'air. Récréatif et bourrin, le genre de lectures dont on nous a abreuvés durant une décennie dingue. 



SPIDER-MAN LIFETHEFT ET LA SAGA DES VRAIS FAUX PARENTS DE PETER PARKER


 Finissons l'année 2021 avec du vintage, voulez-vous. Back to 1994 avec Lifetheft. Voici une histoire qui nous ramène à l'époque de Strange, le mensuel des super-héros publié par Lug puis Semic. Tout commences lorsque la professeure Sanchez met au point un appareil dont les caractéristiques sont tout autant formidables qu'effrayantes. Il s'agit du Juvenator, un engin capable de transférer l'énergie vitale d'un individu à un autre; autrement dit si vous trouvez un cobaye et que vous le reliez à la machine, vous pouvez en "aspirer" la vie même, pour votre profit. Le Vautour, qui purge une peine de prison, a appris l'existence de cet appareil et puisqu'il est désormais très âgé et mourant (atteint d'un cancer) il décide de s'évader, pour s'emparer de l'engin, retrouver sa jeunesse et donc survivre, en exerçant le métier qu'il aime le plus, celui de criminel patenté. Seulement voilà, comme d'habitude, Spider-Man se dresse sur sa route. C'est un moment un peu particulier pour le Tisseur de toile puisque ses deux parents, Richard et Mary Parker, que tout le monde croyait décédé depuis longtemps, ont fait réapparition les mois précédents avec l'excuse d'avoir passé vingt ans dans les geôles soviétiques. Les époux Parker en repris leur place au côté du fiston et de la Tante May. Cette dernière a des doutes sur leur véritable identité et n'accepte pas la situation sereinement. Tous les lecteurs évidemment ont comprit qu'elle a raison. Peter Parker de son côté a tendance à être naïf et il finit par se laisser convaincre qu'il a enfin retrouvé des parents jusque là disparus. Cela va même l'inciter à révéler sa véritable identité; erreur tragique, le voici qui se démasque devant ceux qu'il pense être des êtres chers, et qui dès l'instant où la double identité de Spider-Man est révélée, jettent le masque et deviennent ce qu'ils sont vraiment, des sortes d'androïdes sophistiqués, des formes de vie artificielles mises au point par le Caméléon, dont l'objectif était initialement de découvrir l'identité secrète du héros.



Tout le monde sait que Peter Parker, à travers les très nombreuses photos publiées, a des connexions évidentes avec Spider-Man, aussi le Caméléon a-t-il décidé de lui soutirer indirectement des informations avec ce subterfuge technologique. Vous trouvez ça tiré par les cheveux? Ne vous inquiétez pas, c'est l'opinion de tout le monde à l'époque, et il faut vraiment beaucoup d'imagination pour parvenir à gober cette histoire. Néanmoins, sur le moment, ce fut un choc bien typique des années 90 où tout était possible y compris l'invraisemblable le plus complet. C'est David Michelinie qui écrit cette histoire qui ne s'embarrasse pas de détails crédibles et c'est un Mark Bagley désormais bien installé sur le titre, et très à l'aise avec les différents personnages, qui illustre l'ensemble. Bien entendu la révélation de l'identité de Spider-Man entraîne un drame. Si le "père" veut poursuivre sa mission jusqu'au bout, la "mère" elle se laisse tromper par des sentiments humains induits et elle finit par se comporter comme une véritable génitrice aimante et protectrice. Elle décide de protéger le secret du fiston, alors que son mari lui est prêt à le vendre. Il va s'en suivre alors une terrible bataille où les créatures artificielles vont se révéler pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des sortes de monstres activables par télécommande. En parallèle à tout cela le mariage de Peter Parker et Mary Jane connait quelques turbulences, dû au fait que la confiance, c'est quelque chose qui s'entretient. Et Spider-Man est le roi des non-dits et de la culpabilité permanente. Lifetheft est disponible dans le dernier volume de la Epic Collection Spider-Man paru à ce jour, aux Etats-Unis. Il faudra encore patienter pour que la collection des Intégrales Panini en arrive à ce stade. Juste derrière, on peut trouver un crossover du nom de Pursuit où les événements sont approfondis à travers les différents titres arachnéens de l'époque, et où la trame se densifie et se complexifie encore plus (avec les plans du Bouffon Vert, nous en parlerons bientôt). Si pour vous la capacité de suspendre l'incrédulité est une seconde nature, ces épisodes ont de quoi vous retourner le cerveau. En plus, c'est une injection de nostalgie immédiate! 


J'en profite pour vous remercier très sincèrement pour votre fidélité au blog et au Mag' mensuel. 2021 fut une année difficile à bien des égards, aussi plus que jamais c'est une chance d'avoir un public correct, érudit, passionné, avec qui on peut échanger chaque jour sur les réseaux sociaux, à commencer par notre rendez-vous indispensable : www.facebook.com/universcomics

Bonne année et rendez-vous en 2022!

SPIDER-MAN ROUND ROBIN : L'EMPIRE SECRET EN 1991

 


L'Empire Secret, ça vous dit quelque chose? Un peu dans le genre de l'Hydra, mâtinés de Ku-Klux-Klan, les membres de cette secte criminelle se baladent cagoulés et portent un numéro d'appartenance sur leurs chasubles. Ils trament dans l'ombre, et jamais rien de bon. On les retrouve dans une saga en six parties, publiée à l'époque dans les pages de Strange, la mythique revue Lug/Semic. Au States, Round Robin sera présenté à un rythme bimensuel en 1991, et ce sera l'occasion pour Al Milgrom de laisser à David Michelinie, le scénariste habituel de la série Amazing Spider-Man, le temps de souffler et de préparer ses futures intrigues.
En fait, c'est l'editor Danny Fingeroth qui a passé "commande" de ces épisodes, car il souhaitait que Spidey s'acoquine avec des noms en vogue parmi les anti-héros des années 90. Du coup, le tisseur fait équipe avec Moon Knight, Darwhawk, Nova, Night Thrasher (Fighter, en Vf) et le Punisher. Les méthodes de la plupart d'entre eux sont un poil plus expéditives, et ils ont un complexe de culpabilité moins développé.
En face d'eux, nous découvrons un ennemi sorti des tiroirs du Cavalier Lunaire. Midnight est un ancien allié de Moon Knight, que ce dernier croit avoir laissé pour mort. Mais le type est costaud, il a survécu, et l'Empire Secret l'a rafistolé, le transformant en un cyborg dangereux et ambitieux. Découvrant ses pouvoirs fabuleux, mais aussi sa nouvelle apparence physique peu engageante, il cherche à prendre le commandement de l'organisation criminelle, tout en haïssant et attendant l'occasion rêvée pour se venger de Marc Spector, coupable de l'avoir hâtivement abandonné sur le champ de bataille. Au passage, il tombe amoureux de son infirmière dévouée, qui derrière ses lunettes de geekette d'hôpital, cache elle aussi son jeu, et se révélera être bien différente de ce que l'on pouvait penser au départ.

Et Spider-Man dans tout ça? Le tisseur sort d'un affrontement sérieux avec une tri-sentinelle (sentinelle à trois têtes) où il a reçu l'aide de Nova. S'il va être concerné par cette aventure, c'est parce qu'il tombe par inadvertance sur Darkhawk, qui se fait agresser par Midnight et ses sbires. Pendant ce temps-là, le Punisher malmène les petites frappes du quartier et commencent lui aussi à remonter une filière, qui va le guider jusqu'à l'Empire Secret. Et c'est Captain America et les Vengeurs qui informent Spidey des liens unissant l'assaillant, et Moon Knight. Tout ce petit monde va se serrer les coudes, et ça va castagner. Mémorable une scène où Frank Castle veut jouer aux gros bras, mais se retrouve avec un dispositif lui enserrant la poitrine, et l'électrocute lentement. Au bord de la crise cardiaque, il est sauvé in extremis par Night Trasher, mais tombe misérablement dans les vapes (et hop, un petit flashback/cauchemar pour rappeler ses origines au lecteur qui ne le connaît pas encore très bien).
Mark Bagley est au dessin. Banal, avec le recul, mais pas pour les années 90, quand il était encore à ses premières armes avec Spider-Man. Son style est ici plus académique et bizarrement plus fouillé, le trait plus carré. L'encrage de Randy Emberlin lui vient en aide, mais on devine d'emblée que l'artiste est à l'aise, et qu'il va probablement rester quelque temps (à peine...) sur la série, ou le personnage.
Si vous lisez la VO, sachez que "Round Robin" est aussi le titre d'un gros pavé sorti dans la Marvel Epic Collection, le volume 22 pour être précis. Ces épisodes (#353 à #358) sont précédés et suivis d'autres histoires, qui firent l'actualité en 1991 et 1992. Sans être indispensables ou légendaires, ça reste une bonne petite saga truffée d'action, dont les lecteurs de l'époque se rappellent probablement avec nostalgie. C'est votre cas?



 

Sur ce, Joyeux Noël à toutes et à tous!





SPIDERMAN L'HISTOIRE D'UNE VIE : PETER PARKER AU FIL DES ANS...

On reproche parfois aux personnages de comics de ne pas vieillir, et ce n'est pas faux... prenez le cas de Peter Parker par exemple. Au départ il s'agit d'un adolescent de 15 ans qui est mordu par une araignée radioactive et devient ainsi un type avec des pouvoirs formidables, appelé à endosser le masque mondialement célèbre de l'Homme Araignée. Au fil des ans Parker est devenu étudiant, photographe, adulte responsable et marié, il a eu un clone, est mort, revenu à la vie, a vécu tant d'aventures.. et pourtant c'est toujours et encore un type fringant et jeune, qui aurait même, selon une récente aventure, pas plus de 25 ans. Il est normal qu'on se pose de temps en temps la question : que se serait-il passé si Parker avait vieilli depuis cette première aventure écrite par Stan Lee, si le temps s'était écoulé normalement? La réponse figure dans cet album magnifique écrit par Chip Zdarsky et dessiné par Al Bagley. Au fil des décennies la vie de Parker change, et le héros lui-même subit les affres du temps. C'est un superbe hommage aux 80 ans de Marvel et en même temps à toute la carrière du tisseur de toile; je vous invite à découvrir notre review vidéo ci dessous, qui pourrait bien vous donner envie d'investir dans ce qui est indiscutablement un des albums de l'hiver chez Panini Comics.




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SPIDER-MAN LIFE STORY (1) THE 60'S : PETER PARKER DANS LES SIXTIES

Ce n'est pas la première fois, loin de là, que Marvel propose une mini-série dont le but est de représenter, voir de redéfinir, les origines de Spider-Man. C'est même typiquement le type de projet qui me laisse de marbre, tant ces choses ont été dites et redites, au point qu'elles perdent de leur valeur, qu'elles sont galvaudées, sans rien pouvoir ajouter de plus à la légende insufflée par Lee et Ditko. C'est d'autant plus surprenant qu'à la lecture de ce premier numéro, l'évidence se fait jour! Nous avons là entre les mains un projet ambitieux, intelligent, et très bien écrit, qui en tous les cas démarre sur les chapeaux de roue. 
On applaudit bien fort Chip Zdarsky, qui fait un travail excellent. L'histoire commence en 1966, quatre ans après que Peter Parker ait été mordu par une araignée radioactive. La série a pour ambition de présenter à chaque fois une nouvelle décennie, et le personnage va grandir en temps réel, et affronter toute une série d'épreuves, qui vont le transformer peu à peu, lui et le monde dans lequel il évolue. Cet aspect est particulièrement important et présent dès le départ, puisque la guerre du Vietnam assume une importance capitale pour les 60's. Nous sommes à cette époque où de nombreux jeunes s'enrôlent dans l'armée, ou craignent de devoir le faire, et même Peter Parker a des doutes sur le bien-fondé de sa mission. Après tout Flash Thompson aussi s'apprête à partir combattre. Les relations entre Parker et Gwen Stacy, mais également avec Harry Osborn et son père, qui devient le Bouffon Vert, sont très bien écrites et résumées rapidement. L'essence même du drame super héroïque teenager, que nous avons appris à aimer au fil du temps, est pertinent.  Le coté grosse bagarre n'est pas non plus négligé, puisque nous avons une première confrontation entre Spider-Man et Norman Osborn, et la révélation de la double identité de Peter qui arrive de manière inattendue et jouissive (avec Norman donc, mais aussi Gwen!). 
Vraiment, je le répète, un superbe travail, qui ne prétend pas bouleverser de fond en comble l'univers du tisseur, en tous les cas dans ce premier numéro, mais qui se révèle d'une crédibilité à toute épreuve. De plus, le lecteur est en terrain familier, puisque le dessin est ici confié à Mark Bagley. Vous aurez beau chercher, il y a très peu d'artistes qui maîtrisent autant que lui la manière d'illustrer une histoire de Spider-Man. D'autant plus qu'il s'applique réellement sur la caractérisation des personnages, les différences entre les visages, ce qui est souvent son talon d'achille, et qu'il donne de l'énergie à chacune des planches, même dans les scènes statiques. À votre place, je me dépêcherais d'aller chercher mon exemplaire de ce Life story, qui débute de la meilleure des manières.


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INFINITY WARS : INFINITY. ÉPILOGUE DISPENSABLE

Il faut bien l'admettre, à chaque fois que j'entends parler des gemmes du pouvoir, et qu'on me propose une saga cosmique où quelqu'un va s'emparer des six pierres précieuses et devenir une entité toute-puissante, je bondis sur ma chaise, et j'achète tout ce qui concerne cette aventure. Voilà un peu comment je me suis fait avoir. 
Avec Infinity Wars, il faut bien l'admettre, nous sommes loin, très loin de la qualité des grandes sagas de Jim Starlin dans les années 90. Peu de chance qu'on en fasse un film mythique au cinéma dans trente ans.

Si la version française, chez Panini, démarre en kiosque ce mois de janvier, les Américains ont pu lire cette semaine un petit épilogue, intitulé sobrement Infinity. Les Américains, mais aussi les Français qui lisent la VO, comme c'est mon cas. Je suis un peu embêté au moment de faire cette review, car il y a tellement peu de matière à l'intérieur, que ça pourrait se résumer en une phrase ou deux. En gros, Adam Warlock a rendu aux pierres leur liberté, en les dotant d'une espèce de conscience, leur permettant ainsi de choisir le prochain destinataire. Les pierres sont parties dans l'espace, mais une est restée sur Terre, et on découvre dans ce numéro un condamné à mort (Hector Bautista), pourtant innocent, qui passe sa dernière nuit en prison, avant d'être hâtivement exécuté par la justice américaine. C'est gros comme une maison, c'est lui qui va recevoir le joyau du temps! Pour le reste, deux trois petites choses par-ci par-là, et une dernière page qui fait la transition avec une série complètement barrée à venir, qui nous promet du Wolverine alternatif et cosmique. 
On peut parier, Gerry Duggan n'y croit même pas, alors je vous laisse imaginer le lecteur. Côté dessin, Marvel a eu recours à un de ses employés les plus fidèles et prolixe, Mark Bagley. Avec lui on est rarement déçu, mais aussi rarement transcendé; comme toujours ses personnages principaux ont un petit côté Peter Parker, et ceci depuis bien longtemps. Ce n'est pas laid, ce n'est pas exceptionnel, c'est juste complètement dispensable, et n'a d'autre utilité que d'accompagner l'actualité cinématographique depuis l'an passé. 


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OLDIES : SPIDER-MAN CONTRE L'EMPIRE SECRET (ROUND ROBIN en 1991)

L'Empire Secret, ça vous dit quelque chose? Un peu dans le genre de l'Hydra, mâtinés de Ku-Klux-Klan, les membres de cette secte criminelle se baladent cagoulés et portent un numéro d'appartenance sur leurs chasubles. Ils trament dans l'ombre, et jamais rien de bon. On les retrouve dans une saga en six parties, publiée à l'époque dans les pages de Strange, la mythique revue Lug/Semic. Au States, Round Robin sera présenté à un rythme bimensuel en 1991, et ce sera l'occasion pour Al Milgrom de laisser à David Michelinie, le scénariste habituel de la série Amazing Spider-Man, le temps de souffler et de préparer ses futures intrigues.
En fait, c'est l'editor Danny Fingeroth qui a passé "commande" de ces épisodes, car il souhaitait que Spidey s'acoquine avec des noms en vogue parmi les anti-héros des années 1990. Du coup, le tisseur fait équipe avec Moon Knight, Darkhawk, Nova, Night Thrasher (Fighter, en Vf) et le Punisher.
En face d'eux, nous découvrons un ennemi sorti des tiroirs du Cavalier Lunaire. Midnight est un ancien allié de Moon Knight, que ce dernier croit avoir laissé pour mort. Mais le type est costaud, il a survécu, et l'Empire Secret l'a rafistolé, le transformant en un cyborg dangereux et ambitieux. Découvrant ses pouvoirs fabuleux, mais aussi sa nouvelle apparence physique peu engageante, il cherche à prendre le commandement de l'organisation criminelle, tout en haïssant et attendant l'occasion rêvée pour se venger de Marc Spector, coupable de l'avoir hâtivement abandonné sur le champ de bataille. Au passage, il tombe amoureux de son infirmière dévouée, qui derrière ses lunettes de geekette d'hôpital, cache elle aussi son jeu et se révélera être bien différente de ce que l'on pouvait penser au départ.

Et Spider-Man dans tout ça? Le tisseur sort d'un affrontement sérieux avec une tri-sentinelle (sentinelle à trois têtes) où il a reçu l'aide de Nova. S'il va être concerné par cette aventure, c'est parce qu'il tombe par inadvertance sur Darkhawk, qui se fait agresser par Midnight et ses sbires. Pendant ce temps-là, le Punisher malmène les petites frappes du quartier et commence lui aussi à remonter une filière, qui va le guider jusqu'à l'Empire Secret. Et c'est Captain America et les Vengeurs qui informent Spidey des liens unissant l'assaillant et Moon Knight. Tout ce petit monde va se serrer les coudes, bref ça va castagner. Mémorable une scène où Frank Castle veut jouer aux gros bras, mais se retrouve avec un dispositif lui enserrant la poitrine, qui l'électrocute lentement. Au bord de la crise cardiaque, il est sauvé in extremis par Night Trasher, mais tombe misérablement dans les vapes (et hop, un petit flashback/cauchemar pour rappeler ses origines au lecteur qui ne le connaît pas encore très bien).
Mark Bagley est au dessin. Banal, avec le recul, mais pas pour les années 1990, quand il était encore à ses premières armes avec Spider-Man. Son style est ici plus académique et bizarrement plus fouillé, le trait plus carré. L'encrage de Randy Emberlin lui vient en aide, mais on devine d'emblée que l'artiste est à l'aise, et qu'il va probablement rester quelque temps (à peine…) sur la série, ou le personnage.
Si vous lisez la VO, sachez que "Round Robin" est aussi le titre d'un gros pavé sorti dans la Marvel Epic Collection, le volume 22 pour être précis. Ces épisodes (#353 à #358) sont précédés et suivis d'autres histoires, qui firent l'actualité en 1991 et 1992. Sans être indispensables ou légendaires, ça reste une bonne petite saga truffée d'action, dont les lecteurs de l'époque se rappellent probablement avec nostalgie. C'est votre cas? 


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AVENGERS L'AFFRONTEMENT (1/2) : LAVAGE DE CERVEAUX A PLEASANT HILL

Secret Empire commence là. Je veux dire, les événements qui ont ensuite permis l'arrivée du grand événement comics Marvel du premier semestre, trouvent leurs origines dans cette histoire, intitulée "L'affrontement" (Standoff en Vo), quand un Cube Cosmique, sous forme humaine, commence à modifier en profondeur le paysage super-héroïque.
Le nom de Pleasant Hill ne doit rien vous dire, si vous ne lisez pas régulièrement les séries Marvel. C'est tout à fait normal, car il s'agit d'une des dernières trouvailles en matière de sécurité américaine. Bienvenue à ce qui constitue le point de départ d'un nouvel événement impliquant les Avengers, et un bon paquet de titres dérivés. L'action commence lorsque Bucky Barnes revient sur Terre, de sa mission dans l'espace, acquise au terme d'Original Sin -il veille sur les menaces cosmiques qui viendraient troubler l'ordre naturel des choses- car il a eu vent d'un danger imminent dont le Shield est probablement à l'origine. Le contre espionnage américain, chapeauté par l'inénarrable Maria Hill, a entre les mains un pouvoir fabuleux, et dangereux. Des fragments de cube cosmique, qui comme le savent tous les amoureux des séries made in Marvel, sont des artefacts qui donnent à leurs possesseurs le pouvoir de réécrire la réalité à loisir. Par chance, l'information a fuité dans la presse (grâce à un cyber activiste du nom de Whisperer, celui qui murmure, et dont la véritable'identité nous est révélée sans grosse surprise, sagissant d'un side-kick de profession) et sous la pression de l'opinion et de Captain America (le nouveau, Sam Wilson), le gouvernement a du faire marche arrière et se débarrasser de son arme ultime. 

N'étant pas vraiment du genre naïf, on se doutait bien que les bonnes intentions n'étaient que poudre aux yeux, et en effet il s'avère que ce grand ménage n'a pas été effectué dans les règles, et que Maria Hill n'a pas abandonné son plan de départ... Au passage, cette divergence de vue éthique et politique (doit-on utiliser ces fragments pour le bien de la sécurité nationale?) est le facteur qui divise Steve Rogers (vieilli et privé de ses facultés surhumaines) et son ancien meilleur ami (et remplaçant) Sam Wilson.
Nick Spencer mène vraiment bien sa barque. Il nous emmène dans cette ville, Pleasant Hill, qui semble la caricature de l'american way of life d'autrefois, aussi paisible que possible, à la limite de l'exaspération. Bien entendu, les apparences cachent une expérience assez prévisible, mais bien écrite. Pas de rachat ou de peine lourde, ici une nouvelle voie a été inventée pour gérer la criminalité des super vilains, et si on peut comprendre les raisons qui ont poussé le Shield a se lancer dans ce projet, on peut facilement en déduire que le grain de sable qui viendra gripper l'engrenage provoquera la tempête... Le tout ne manque pas d'humour, avec des dialogues sarcastiques et désenchantés sur la personnalité de Steve Rogers notamment, et son manque de souplesse, que d'autres appelent aussi incorruptibilité. Tout ceci évoque une aventure du Punisher des années 90, inédite en Vf à ce jour, intitulée "Welcome to psychoville", qui fonctionne en gros sur le même schéma. Les dessins des numéros spéciaux présents dans ce premier volume (sur deux) chez Panini Comics sont de Mark Bagley (Welcome to ...) et Jesus Saiz (Assault on...). Dans la première histoire citée, c'est assez moyen car l'artiste continue de débiter des planches claires et lisibles certes, mais avec des personnages qui se ressemblent tous, depuis des lustres, et manquent cruellement de caractérisation. Je préfère ce que fait Saiz dans le second épisode, qui a plus de personnalité, de variété. Sont aussi de la partie des tie-in, tirés des mensuels all-New All-Different Avenrs de Mark Waid, et Uncanny Avengers de Gerry Duggan. Globalement un bon moment de lecture qu'on recommande à ceux qui sont passés à coté lors de la parution en kiosque. 


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THE NEW WARRIORS : UN OMNIBUS QU'ON VOUDRAIT BIEN LIRE EN VF

Depuis le temps que ce blog existe, nous avons abordé assez peu la bande de jeunes des New Warriors, rarement autrement que pour évoquer les dégâts collatéraux qui sont à l'origine de la longue et passionnante saga Civil War. Réparons l'oubli aujourd'hui, avec un gros pavé (un Omnibus quoi) en anglais, qui sent bon le début des années 90, et qui va réveiller nombre de souvenirs chez tout ce public qui se ruait à l'époque en kiosque, pour suivre la revue Lug/Semic Special Strange. C'est dans les pages de la série régulière de Thor que Tom De Falco propose pour la première fois ce nouveau team de héros juvéniles (le 411 de décembre 89). On devine d'emblée que la vieille recette Marvel fait toujours effet. La jeunesse, cela veut dire l'impulsivité, le manque d'expérience, les problèmes liés à l'âge et aux tourments de cette tranche de vie particulière. Fabian Nicieza s'occupe de crédibiliser la formation en lui offrant des aventures qui marient avec talent le coté super-héroïque (combattre Terrax, ancien héraut de Galactus, ce n'est pas à la portée de tout le monde), préoccupations écologiques, et soap-opera pour adolescents (les amours des uns, les drames familiaux des autres). Aux dessins, le style de Mark Bagley ne s'embarrasse pas de grandes fioritures, mais son sens du dynamisme et de l'action rend chaque planche ultra vivante et très en phase avec le propos et le ton voulu par le scénariste. Une symbiose presque parfaite qui explique le succès immédiat. Le cast propose Firestar, une jeune et jolie rouquine qui est née à la base pour une série télévisée américaine de Spider-Man, mais aussi Night Trasher, aux méthodes plus expéditives et chargé d'une profonde colère, qui débouche même sur des revendications à caractères raciales (les mauvaises langues parleront de caution black pour la série). Sont également de la partie Kid Nova (puis Nova tout court) dont le premier costume à boutons pressions sur la poitrine évoque presque un pyjama, et Marvel Boy, dont les mésaventures familiales tiendront en haleine les adolescents qui vivent peu ou prou les mêmes expériences à la maison. Le gamin tabasse son père avec ses pouvoirs, quand même. New Warriors, une série folle?


Sont très vite insérés Namorita, la cousine du Prince des Mers, et l'insouciant Speedball, un blondinet freluquet qui a hérité d'un champ de force cinétique produisant des bulles, et qui lui permet de rebondir comme une balle folle. Son costume est hyper cool et bien deviné, il fera fureur. Qui pouvait imaginer à l'époque que ce type si solaire deviendrait ce héros torturé en costume sado-maso acéré, après la tragédie de Civil War
Toute équipe devant avoir un heureux financier dans ses rangs pour apporter le cash nécessaire aux opérations, c'est Night Trasher qui s'y colle (oui je sais, Night Fighter en Vf), et cela permet aussi de raviver des secrets de famille, qui viennent tourmenter le jeune milliardaire, dont la soeur fait aussi un retour remarqué, avec le pouvoir de se fondre dans les ombres (Silhouette). En face, parmi les ennemis et menaces, on trouve la compagnie Genetech, qui tente de produire ses propres super-humains, Terrax, ou encore des terroristes écologistes (qui embrigadent la mère de speedball), sans négliger le second Sphynx, Meryet Karim, et un monde alternatif où l'Egypte a connu un destin bien singulier, avec la création aussi des Etats-Unis d'Assyrie. Aucune chance de s'ennuyer, rien que dans la première dizaine de numéros, il y a de quoi satisfaire les attentes de tout le monde. Action, drames, intimité, bref, un savant cocktail d'ados en train de faire leurs preuves!
La meilleure époque des New Warriors, le top de la production liée à cette série, est présent dans cet omnibus (vol.1) que je vous recommande tout particulièrement, si vous êtes un nostalgique de l'époque. Plus de 1000 pages tout de même, vous n'allez pas être déçus par le rapport qualité/prix : il y a de quoi lire et (re)lire! Disponible sur Amazon pour moins de cent euros, sans trop de difficulté, ou dans votre comic-shop local, si vous avez de la chance.



Contient :


New Warriors (1990) 1-26, New Warriors Annual 1-2, Avengers (1963) 341-342; material from Thor (1966) 411-412, New Mutants Annual 7, X-Men Annual (1970) 15, X-Factor Annual 6, Am azing Spider-Man Annual (1964) 26, Spectacular Spider-Man Annual 12, Web of Spider-Man Annual 8

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THE AMAZING SPIDER-MAN #400 : LA MORT DE TANTE MAY

Bigre, une pierre tombale ! Quand un comic-book s'ouvre avec une telle image, vous pouvez y mettre votre main droite à couper : un personnage important va mourir. D'ailleurs, il n'y a pas de quoi être si triste : chez Marvel, la mort se soigne, et les défunts finissent toujours par revenir en grande forme. Dans le cas de cet Amazing Spider-Man 400, la mort est "en famille". Faites donc un effort, et vous allez y arriver ! Mais oui, la tantine, May Parker, qui a servi de maman poule à Peter. Vieille, usée, malade, sur un lit d'hôpital et dans le coma depuis des mois, elle rend finalement l'âme dans ce numéro historique et poignant daté 1995. Toutefois, elle passe sa dernière semaine à domicile, dans un ultime sursaut de vitalité. Le temps pour la vétérane de la lignée Parker d'apprendre à son neveu qu'elle était au courant pour sa double identité, et qu'il n'avait pas de raison de tout lui cacher comme il l'a fait, des années durant. Une conversation touchante, en plein vent, au sommet de l'Empire State Building. Le tisseur de toile est donc un inconscient pour accompagner sa tantine mourante la haut ! A l'époque, il est vrai qu'il a pas mal de soucis : par exemple un clone (Ben Reilly, que vous voyez sur l'image en bas d'article) qui pourrait bien s'avérer le véritable Peter Parker; il vient également de réchapper à un virus mortel que lui avait inoculé le Vautour (c'est Octopus qui lui concocta un antidote!) et Mary-Jane attend un bébé! J.M.De Matteis parvient à nous tirer quelques larmes avec un adieu final réussi, où Peter salue sa tante avec des mots profonds tirés de Peter Pan, dans la plus sourde et terrible des douleurs intimes. Mark Bagley commençait sérieusement à se faire la main sur le personnage, qu'il n'était pas près de quitter, version Ultimate comprise. Sa version de May est à des années lumières de celle qui défraie la chronique au cinéma, mais nous parlons là d'un autre temps, que les plus jeunes...

Au fait, vous allez me dire : la tante May, ce n'est pas celle qui fait des galipettes avec le père de J.J.Jameson, et qui a même fini par l'épouser? Et Mary-Jane a donc eu un enfant de sa relation avec Peter? Oh là malheureux, c'est une longue histoire que je vous raconterai un jour ... Sachez juste que May avait été remplacé par une actrice, dans le cadre d'un plan diabolique pour mettre Peter Parker à terre. Et que la fille de celui-ci et Mary-Jane est bel et bien présente et en grande forme dans la série Renew your vows, que Panini commence à publier depuis un mois, en kiosque. 
Reste l'idée que la tantine fragile, qui risque l'infarctus rient qu' à faire les pancakes préférés de son neveu, tout cela est bel et bien fini, et ce n'est pas plus mal ainsi.


Publié en Vf dans "Spider-Man 20" (éditions Semic)

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