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GREEN ARROW & BLACK CANARY TOME 1 : L'ARCHER ET BIRDS OF PREY POUR DAWN OF DC


 Une nouvelle phase commence pour de nombreux héros chez DC comics. Dawn of DC, c'est l'occasion de regrouper certains titres par deux, en fonction d'une thématique ou de rapports évidents. C'est ainsi que nous avons droit, chez Urban comics, à Green Arrow & Black Canary. Ils forment un couple, aussi pourquoi ne pas lier les deux séries mensuelles qui leur sont consacrées ? La première d'entre elles, c'est celle qui voit en personnage principal l'archer le plus doué de la Distinguée Concurrence, à savoir Oliver Queen. Depuis la dernière grande crise cosmique qui a frappé le multivers DC, la famille d'Oliver recherche le super-héros, qui est en réalité perdu sur une planète inconnue. Il faut dire que des forces mystiques semblent s'opposer à la réunion de tous les membres qui composent sa famille, au sens élargi du terme. C'est-à-dire Arsenal, celui qui fut autrefois le gamin qu'il a pris sous son aile, mais aussi Connor, son véritable fils ou encore Black Canary, celle qu'il aime, sans oublier la petite Ian, la fille d'Arsenal. Le fait est qu'à chaque fois que ces personnages semblent être prêts à s'embrasser les uns les autres, il se produit une sorte de disparition, de téléportation mystérieuse, qui les éloignent. C'est ainsi qu'Oliver est en permanence tenu loin des siens et va même jusqu'à se retrouver avec toute une multitude de versions de lui-même, en provenance d'autres lignes temporelles, sans oublier un très charismatique old man Arrow qui va s'avérer être en fait quelque chose d'autre et d'imprévu. Pour quelle raison ne peut-il donc pas revenir profiter de quelques instants de paix avec les autres, ça, c'est Joshua Williamson qui vous le raconte dans une histoire très mouvementée, avec des traits d'humour et d'émotions fréquents et la présence d'autres personnages, comme le Peacemaker ou une version étrange de Parallax. Au final, la série présente aussi un intérêt notable pour ce qui est des plans diaboliques d'Amanda Waller et sa croisade contre les héros : c'est ce qui va occuper en VO l'essentiel de l'actualité 2024 et on commence à trouver des pistes sérieuses, dans ces pages que vous aurez peut-être l'occasion de lire. Sans être la meilleure mouture historique de Green Arrow, ça se parcourt suffisamment bien pour justifier un achat. D'autant plus que Sean Izaakse a bien progressé et qu'il est désormais un dessinateur très fiable dont les planches sont de toute beauté (et qu'une partie des dessins sont du superbe Phil Hester !)



La seconde série publiée, c'est Birds of prey, les oiseaux de proie, menés par Black Canary. Cette dernière est à la recherche de sa sœur adoptive, Sin, qui est momentanément hébergée sur l'île de Themyscira, la patrie des Amazones. Dinah a appris qu'une entité est sur le point de s'emparer du corps de la petite pour faire des siennes sur notre plan d'existence, aussi décide-t-elle de mettre sur pied une nouvelle équipe pour aller la sauver, sans demander la permission des habitantes de l'île, dont la plus célèbre est sans conteste Wonder Woman. Il faut dire que les Amazones ont actuellement bien d'autres problèmes, comme par exemple celui constitué par le gouvernement américain, qui a décidé de les assiéger. Rien que de pénétrer sur leur territoire sera particulièrement difficile ! Kelly Thompson alterne donc des événements super héroïques classiques avec de l'humour et des interactions pétillantes, le tout au féminin, grâce à une formation composée de Dinah Lance, Big Barda, Cassandra Cain, Harley Quinn, Zelote et Meridian. J'aime beaucoup le trait un peu rétro de Leonardo Romero, qui se situe quelque part à la frontière des chemins entre Chris Samnee et Jack Kirby, rien de moins ! Là encore, nous ne lisons pas quelque chose d'inoubliable mais qui a au moins le mérite de proposer des épisodes très frais et des instants fort agréables, pour qui a envie d'avoir sous les yeux de l'entertainment et du comic mainstream qui ne se moque pas non plus du client. On trouve donc en tout 12 épisodes dans ce gros volume, avec des équipes artistiques qui tiennent la route et des numéros qui n'ennuient pas, où il se passe toujours de multiples rebondissements. De quoi classer ce Green Arrow et Black Canary dans la catégorie des honnêtes parutions du printemps, à conseiller à tous les fans des héros DC comics un peu moins célèbres.
Sortie prévue le vendredi 29 mars


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GREEN ARROW REBIRTH TOME 1 : VIE ET MORT D'OLIVER QUEEN

L'archer le plus célèbre de DC Comics a lui aussi droit à son titre Rebirth. Mais quel destin attend donc Green Arrow, qui a été embarqué ces dernières années dans des aventures d'une banalité affligeante, ou au contraire a bénéficié d'un sérieux coup de jeune, insufflé par des équipes dynamiques comme celle composée de Lemire et Sorrentino? Cette fois il semblerait que Benjamin Percy (qui a oeuvré sur la série télévisée de CW, assez mièvre) entende récupérer de nombreux éléments de la légende, tout en essayant de les insérer dans un contexte rénové. Une opération qui ne sera pas facile car il ne s'agit pas du tout d'un reboot ou d'un retour en arrière complet, mais d'une volonté de réactiver des pistes narratives abandonnées, mais réclamées par le lecteur. Le héros est ainsi toujours à Seattle, et il est aux prises avec une association de malfaiteurs qui opèrent sous terre, et capture des sans-abris pour les mettre en vente lors d'une espèce de foire aux enchères. Percy  montre en passant que Oliver Queen est un mec sympathique, et qu'il est même capable de s'occuper d'un gamin qui a eu le malheur de perdre sa mère dans l'affaire. Bon tout ceci est bien gentil, mais ça ne mange pas beaucoup de pain... ce qu'attendent les lecteurs c'est bien sur la relation entre Green Arrow et Black Canary, d'autant plus que c'est ce qu'ils peuvent voir à l'écran dans la série télévisée du réseau CW (avec quand même bien des vicissitudes...). DC Comics se retrouve donc contraint de tenir compte de la situation, et rapproche à nouveau les deux amants. Nous voyons ainsi évoluer Oliver à travers les yeux de la belle héroïne, et si les deux se rejoignent véritablement à la fin du numéro Rebirth, leur passé commun et tout les souvenirs restent occultés. Et ça va vite se corser. Comme le dit Dinah un peu plus loin, tout ceux qui s'approchent d'elle finissent par souffrir, ou disparaître. Oliver Queen ne va pas faire exception à la règle!


Green Arrow a aussi une faiblesse. La famille, les affects. Ainsi, quand il tombe bêtement dans un piège qui lui est tendu, la dernière flèche qui l'atteint est celle de Emi, sa soeur dont il a longtemps ignoré l'existence. Laissé pour mort au large de nulle part, sa réputation est de suite entachée. Play-boy alcoolique et fêtard, amateurs de jolies bimbos et de soirées extrêmes, comment voulez-vous que l'assassinat d'un tel type ne puisse pas être maquillé en un terrible accident? Du coup, encore une fois, l'occasion est propice pour placer Oliver dans la situation classique pour le personnage, du revenant d'entre les morts, qui se rend compte qu'il a tout perdu entre temps, passant de la grande richesse au dénuement, et devant reconstruire avec ce et ceux qui lui restent fidèles. Pas toujours simple quand on est habitué à avoir avec soi du personnel, des personnes, qui sont sur votre comptabilité.
Le dessin de cet album est de Otto Schmidt, puis de Juan Ferreyra. Le trait de Otto est acéré, nerveux, et en même temps il est aussi capable de belles illuminations tout en douceur, comme le réveil d'Oliver et Dinah, bercé par la lumière de la journée qui commence. Un artiste qui a un sens indéniable de la mise en page, de comment rendre le récit vivant et en mouvement permanent, et qui a toutes les armes en main pour séduire notamment la tranche des lecteurs les plus jeunes. Ferreyra de son coté mise sur une mise en couleur plus chargée en contrastes, des lignes plus grasses, ressemblant parfois à de petites peintures acryliques. L'ensemble a de la gueule.
A défaut de faire dans l'originalité absolue, ce premier tome n'ennuie pas et place déjà Green Arrow dans de sales draps, comme à son habitude. Qui est sensible au personnage a toutes les raisons de se lancer dans l'aventure Rebirth, qui n'oublie pas au passage de souligner le paradoxe évident entre la fortune d'Oliver et la pauvreté qui règne à Seattle, et ses méthodes de bienfaisance, qui peuvent parfois passer pour une sorte d'aumône aux plus démunies, idéale pour s'acheter une conscience. 




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Des covers de légende, avec Green Arrow



RECIT COMPLET BATMAN 1 : LES BIRDS OF PREY QUITTENT LE NID

Si vous ne connaissez pas encore Barbara Gordon, vous allez pouvoir apprendre à la découvrir avec ce numéro hors série paru en kiosque, qui la place sur le devant de la scène, avec Black Canary et Huntress (les Birds of Prey). De la petite gamine élevée avec un père commissaire et complice, jusqu'au drame liminaire de l'agression sauvage par le Joker, qui la laisse paralysée et dans un fauteuil roulant, Barbara a toujours su trouver la force pour se réinventer et aller de l'avant, qu'elle soit Batgirl, héroïne qui saute sur les toits de Gotham pour faire régner la justice, ou Oracle, spécialiste de l'informatique qui tuyaute ses amis en collants, pour les aider dans leur mission. Aujourd'hui Barbara est de nouveau active et en parfaite santé, miracle de la chirurgie moderne (l'excuse est un peu faiblarde, mais bon...) mais voilà que la jeune femme apprend au hasard d'une de ses interventions qu'il y a une autre Oracle en ville, dont les activités ne sont pas pour lui plaire. L'usurpatrice (ou usurpateur) devrait en prendre pour son grade, à condition de l'identifier et de l'alpaguer.
Un des points forts et importants de cette parution est la relation entre Batgirl et Black Canary; les deux sont vraiment amies et le dialogue sympathique, la complicité est évidente. Au passage rien n'est oublié du passé de rockeuse de Dinah, héritage de sa série précédente que j'avais pour ma part vraiment peu aimé. Côté justiciers en jupons nous sommes gâtés avec l'arrivée de Huntress, désormais émancipée de l'organisation d'espionnage pour laquelle elle travaillait (avec Nightwing) et qui est ici de retour, avec une soif de vengeance inextinguible, prête à faire payer les criminels. Ses méthodes sont beaucoup plus expéditives que celles des deux autres héroïnes, mais elle va vite mettre un peu d'eau dans son vin, à la perspective de se trouver une sorte de famille de substitution. Ce qui n'est pas un luxe, car quand on voit l'histoire personnelle de mademoiselle Bertinelli, on comprend que ça n'a pas été la fête tous les jours. Qui plus est, le passé va refaire surface de manière inattendue...




Ces Birds of Prey là fonctionnent peu à peu, et ça se termine en embrassades et en "best copines dans le monde". C'est donc assez caricatural dans le cheminement, mais le public qui est réellement visé ne sera pas dupé. Cette série ne vise aucun Eisner Award, juste un divertissement immédiat, que par ailleurs on peut s'accorder, avec moins de six euros pour sept épisodes. Urban Comics ne nous ruinera pas avec ce hors série. Reste une enquête qui gagne en intérêt au fil des pages, avec le mystère du nouvel Oracle, qui va forcément vous surprendre, car ne correspondant en rien à ce à quoi on pouvait s'attendre dans le numéro Rebirth qui ouvre le hors série. Shawna et Julie Benson s'en tirent avec les honneurs.
Au dessin, c'est Claire Roe qui ouvre le bal. J'ai parfois quelques problèmes avec les corps en mouvement, la façon de construire les pages, et surtout les détails des visages qui ne sont pas très gracieux. Cela dit ça n'est pas non plus mauvais, juste dans un style qui ne me parle guère. C'est aussi ce qui peut se dire par la suite, quand c'est Roge Antonio qui s'installe aux commandes. Mention sympatoche pour cette parution, qui permet de passer un matin sympa dans le métro ou en vacances, sans devoir contracter u nn prêt à la banque pour y accéder.



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GREEN LANTERNS REBIRTH / GREEN ARROW REBIRTH : LE VERT COULEUR DE LA RENAISSANCE

La couleur de la renaissance est le vert. Aujourd'hui double ration avec tout d'abord Green Lanterns. C'est le S à la fin qui devrait attirer votre attention... en effet il y a désormais plusieurs membres du corps des Green Lantern sur Terre. Une redondance qui va trouver une explication logique dans les prochains mois. En attendant, pleins phares sur Simon Baz qui avait quelque peu été mis de côté, après son apparition que vous avez suivi en VF dans les pages du défunt magazine Green Lantern saga. Le héros tente de mener une vie plus ou moins normale, mais doit faire face au racisme de ses voisins. En parallèle il est convoqué par son anneau pour affronter une épreuve factice, mise sur pied par Hal Jordan, afin de le tester et de vérifier sa capacité à travailler en équipe. Car Simon va devoir opérer en duo avec Jessica Cruz, la dernière recrue en date des Lanternes, qui a enfin réussi à dépasser sa peur atavique pour faire quelque chose de sa vie. Mais sera t-elle est la hauteur de la menace qui plane? Car un nouveau personnage doté d'un anneau formidable fait son apparition dans ces pages, et le corps des Red Lantern s'apprête à frapper contre la Terre. Les prochains numéros risquent d'être agités. Bonne surprise avec le dessinateur Ed Benes, qui ravira les amateurs de dessin réaliste et détaillé. Un des épigones de Jim Lee ou Mike Deodato, qui confirme que l'école brésilienne a un talent inné pour les anatomies. Geoff Johns et Sam Humphries ont bossé à quatre mains pour assurer la transition et produire ce numéro Rebirth censé présenter les enjeux pour l'univers des Green Lantern(s). Le problème, c'est que ces dernières années, tout (ou presque) semble avoir été dit. La grande menace censée menacer le cosmos tout entier est passée et domptée (Blackest Night), le first Lantern a été maîtrisé, bref si menace universelle il doit y avoir, il va falloir inventer et mettre en scène du lourd, du très lourd. J'ai un petit soupçon de lassitude avec Atrocitus et les Red Lantern. Eux aussi ont été amplement abordés durant les New 52 et je ne sais pas si j'ai encore envie de lire les mêmes histoires basées sur la rage et la difficulté de la contenir, sans en être consumé. La solution vient peut-être de Jessica Cruz. Il y a encore tellement de choses à dire, à aller creuser, avec cette nouvelle venue, que je serai bien aise de voir un membre féminin voler la vedette au reste du Corps et ses homologues masculins. Offrez lui une vie, une vraie, et une personnalité, et les lecteurs vous suivront. 


L'archer le plus célèbre de DC Comics a lui aussi droit à son titre Rebirth. Mais quel destin attends donc Green Arrow, qui a été embarqué ces dernières années dans des aventures d'une banalité affligeante, ou au contraire a bénéficié d'un sérieux coup de jeune, insufflé par des équipes dynamiques comme celle composée de Lemire et Sorrentino? Cette fois il semblerait que Benjamin Percy entende récupérer de nombreux éléments de la légende, tout en essayant de les insérer dans un contexte rénové. Une opération qui ne sera pas facile car il ne s'agit pas du tout d'un reboot ou d'un retour en arrière complet, mais d'une volonté de réactiver des pistes narratives abandonnées, mais réclamées par le lecteur. Le héros est ainsi toujours à Seattle, et il est aux prises avec une association de malfaiteurs qui opèrent sous terre, et capture des sans-abris pour les mettre en vente lors d'une espèce de foire aux enchères. Percy  montre en passant que Oliver Queen est un mec sympathique, et qu'il est même capable de s'occuper d'un gamin qui a eu le malheur de perdre sa mère dans l'affaire. Bon tout ceci est bien gentil, mais ça ne mange pas beaucoup de pain... ce qu'attendent les lecteurs c'est bien sur la relation entre Green Arrow et Black Canary, d'autant plus que c'est ce qu'il peut voir à l'écran dans la série télévisée du réseau CW. DC Comics se retrouve donc contraint de tenir compte de la situation, et rapproche à nouveau les deux amants. Nous voyons ainsi évoluer Oliver à travers les yeux de la belle héroïne, et si les deux se rejoignent véritablement à la fin de ce numéro, leur passé commun et tout les souvenirs restent occultés. Là, je ne comprends pas ce que compte faire DC avec certaines séries, à l'occasion de la renaissance de son univers. On ne revient pas totalement en arrière (Oliver et Dina en sont encore au stade de s'échanger leurs prénoms...), on a trop peur d'innover et de proposer quelque chose de différent, alors c'est une espèce de voie intermédiaire qui est choisie, un compromis qui me laisse perplexe. Aux dessins Otto Schmidt fait preuve d'un grand talent pour ce qui est de la mise en page, du storytelling, et pour créer du mouvement et de l'action; en contrepartie il ne faut pas être allergique à son style caricatural, car il est évident que son trait ne passera pas avec tout le monde. Bref voilà un titre que j'ai réellement envie de suivre, mais pour laquelle j'ai de sérieuses craintes.




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BLACK CANARY #1 : LA REVIEW

Cette année j'ai eu l'occasion de lire de très nombreux numéros 1, histoire de voir a quoi correspond une série donnée, son ton général, sa qualité, donner une évaluation rapide et sommaire, juste pour vous aider à vous y repérer, dans la jungle moderne des comic-books. Mais rarement j'ai eu à lire un truc aussi mauvais que ce Black Canary #1. Brenden Fletcher étant à la baguette (oui, le même nom qui caractérise déjà la transformation fort douteuse de la série Batgirl...) devais-je m'attendre à autre chose que ce truc qui drague sans vergogne un public plus jeune, et surtout qui ne connaît pas grand chose à l'héroïne au cri perçant...car sinon comment espérer soulever l'adhésion, quand chaque page ne fait que nous rappeler la distance abyssale entre ce qui fut (et que j'aimais) et ce qui est, sans intérêt? En gros Dinah n'a plus rien, ses affaires et son dojo ont brûlé (cela nous est expliqué déjà dans Batgirl, chroniqué ici très récemment) et là voici partie sur la route pour renflouer les caisses et se donner une nouvelle direction dans la vie. Le plan est la suivant : chanter dans un groupe de rock tout en cassant les oreilles et les dents de son public et des malfrats ou ennemis qui s'y glissent. Le tout raconté sans envie, sans rythme, à travers des scènes statiques de dialogues ultra pauvres (ma vieille, il faut que tu bouges sur scène ... ou encore "je sais que tu as un secret, mais bon, si tu ne veux pas le dire ce n'est pas grave"...) qui font bailler. Black Canary fait tout pour se fondre dans la masse, endosser le costume de frontwoman du groupe et mener une vie normale. Mais on s'en contre fiche, et l'histoire est d'une banalité désolante. Elle chante, elle casse, et basta. Le mystère arrive sous la forme d'ombres menaçantes, des créatures étranges qui semblent vouloir faire capoter une de ses performances, et passent à l'attaque. Bien sur Dinah les rétame sans trop de mal, mais il semblerait en fait que les motivations des assaillants aient un autre objet (la petite protégée du groupe). Annie Wu est au dessin et tente tant bien que mal de faire passer des tares évidentes dans les fondamentaux (visages grossiers, aucun soin dans le détail) pour de l'art moderne et audacieux. La colorisation est crade et criarde, avec des tons déplaisants et peu amènes. Il y a bien peu à retenir de ce premier numéro, qui présente des enjeux qui peinent à donner envie de lire la suite, qui les exposent sans inspiration, avec une partie graphique à vous tordre les boyaux. En fait, à qui est destinée cette version du personnage, qui n'a rien à voir avec celle aperçue à la télévision dans Arrow, ou bien celle historique de l'avant New 52? Je me le demande parce que le but c'est quand même de les vendre, ces comic-books, et ce genre de titre a forcément une existence ultra limitée et ne peut que faire grogner les fans de la première heure, et déconcerter les newbies qui ont découvert la belle aux cotés d'Oliver Queen dans sa série. Bref, je ne sais pas où va et ce que désire Dc avec cette opération qui flirte avec l'absurde. Suicide commercial? 


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BATGIRL TOME 1 : BIENVENUE A BURNSIDE

L'album ne sort que dans quelques jours, mais je n'ai pas su résister, et voici donc déjà une petite critique du premier volume de la nouvelle Batgirl. Pourquoi cette hâte? Parce que j'ai tellement le sentiment qu'on se paye ma poire que je voulais faire vite, et bien. Tout d'abord, dites au revoir (jamais adieu, avec les comics) à la Barbara Gordon que vous aimiez. Celle d'avant les New 52 (en chaise roulante, avec le pseudo d'Oracle) et celle d'après (rétablie et virevoltante dans Gotham, face aux menaces dramatiques qui hantent la ville). La nouvelle Barbara n'a pas trop le temps pour ces acrobaties car entre consulter son smartphone, surfer sur Internet et même s'inscrire sur un site de rencontres, vous comprendrez que son agenda est bien remplie. La série Batgirl change de cap et prend un virage en épingles qui l'envoie directement dans le décor : place à un truc ultra jeuniste, qui récupère tous les codes et les stéréotypes de la génération moderne des moins de seize ans, et plante les habitués qui vont se sentir floués. Ici notre héroïne a une nouvelle colocataire, et un gros problème : retrouver un cambrioleur qui a "emprunté" des effets personnels compromettants chez elle (durant une fête arrosée. Batgirl se murge donc avec ses amies!) et combattre la menace d'un site internet, le "Black Book", en fait une application perverse qui se propose de dévoiler les horribles petits secrets de chacun, à coups de photos ou vidéos volées, au risque de violer l'intimité des victimes. Bref, de la cyber délinquance dans un monde ultra connecté. Ce n'est pas nouveau car en tant qu'Oracle, Barbara avait déjà un rôle plus ou moins semblable, et sa mémoire photographique qui lui permet de stocker instantanément tous ses souvenirs contribue au propos de l'histoire. C'est le ton qui me dérange, la narration (et les dessins qui vont avec). Black Canary aussi fait son apparition chez la fille du commissaire Gordon. Son appart et ses effets personnels ont été détruits dans un incendie, et elle va emprunter quelques jours le canapé de son amie (amie... façon de parler car en ce moments les deux demoiselles sont à couteaux tirés) pour se refaire une santé. C'est bizarre mais Dinah est normalement une femme plus mûre et dure, capable de gérer ce choc sans aller pleurnicher chez une gamine à peine majeure. Mais les New 52, parfois, je vous jure, c'est dur à avaler...

Et puis il y a ce texto que reçoit Barbara... quelqu'un sait pour Batgirl, et un contrat semble avoir été placé sur sa tête. Là voici alors aux prises avec deux demoiselles à bord de motos surgonflées, et inspirées par un animé japonais confidentiel. Heureusement que Barbara fait la rencontre providentielle d'une amie de fac, dont le frère gère un laboratoire pouvant lui permettre de mettre la main sur du matériel fort utile... C'est ensuite une exposition photographique, et une fausse Batgirl, version Dazzler/transgenre, qui vient occuper la scène, et jouer au vilain de service lors d'une scène qui emprunte autant à l'absurde qu'à la folie de masse. Bon, je ne suis que rarement aussi péremptoire et radical, mais là je dis stop. C'est mauvais, très mauvais. Tout d'abord car nous sommes bien au delà de la frontière du "out of character". Cette nouvelle version de Batgirl est simplement une tentative racoleuse et mal ficelée de draguer le public le plus jeune, avec l'apparition irritante et surfaite de captures d'écran de portables, pour faire avancer un récit finalement plat et aux enjeux fort modestes. Les événements s'enchaînent sans grande crédibilité et la vie personnelle de Barbara est une débâcle : elle est abordée sous l'angle le plus caricatural et débile possible, comme une teenager écervelée dont les agissements super-héroïques masquent des aspirations à l'eau de rose. Barbara utilise les équivalents Dc d'Instagram, Twitter, Tinder... et alors, en quoi cela peut-il suffire pour produire une série de qualité et audacieuse, autre chose qu'un fourre-tout générationnel sans inspiration? Cameron Stewart et Brenden Fletcher ne nous donnent pas les bonnes réponses. Babs Tarr illustre le tout en se conformant parfaitement au ton de la série, ce qui est à la fois une qualité et un défaut. Qualité car avoir une partie graphique aussi raccord avec le scénario, c'est louable. Défaut car je me contrefiche royalement de ce scénario, et de ce qu'est devenu le titre Batgirl. Un nouveau Tome 1 qui ne fera que vous faire regretter les précédents (Gail Simone tu es bien loin désormais...) et qui est à l'image de la couverture : le regard droit pointé sur son nombril, le selfie impitoyable d'une époque où la superficialité se voudrait être un art, et non l'antichambre du néant.



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GREEN LANTERN / GREEN ARROW : INDISPENSABLE DOUBLE DOSE

Ces deux là, tout les sépare, en apparence. Hal Jordan est respectueux de la loi, conservateur, et doté d'un anneau de pouvoir, il sillonne le cosmos contre des menaces extra terrestres. Oliver Queen est une grande gueule sympathique, anarchiste, qui ne compte que sur ses muscles et son habileté d'archer, pour vivre des aventures urbaines. Mais les deux compères sont de très bon amis, presque inséparables, même si les divergences d'opinions, souvent politiques ou de société, les amènent à échanger quelques coups bien placés, genre direct à la mâchoire. Hal passe son temps à sauver des races aliens, à la peau verte, bleue, violette, mais finalement, que sait-il de la misère et du racisme qui sévit chez nous (nous sommes au début des années 70 et l'Amérique essuie les plâtres des traumatismes des assassinats de Jfk et Luther King), notamment dans les communautés noires et indiennes? Notre Green Lantern va peu à peu prendre connaissance d'une situation intenable; que la loi n'est pas toujours respectable et à respecter, et qu'elle peut être un paravent utilisé par les plus forts pour brimer et briser les plus faibles. Promoteurs véreux, prédicateur fou qui hypnotise ses victime (dont la belle Black Canary), toute la galerie des vilains cupides y passe, pour un portrait effrayant et saisissant de ce que l'Amérique cache dans ses plus sombres recoins. Green Arrow est là pour éveiller la conscience de son jeune ami, et un des Gardiens de Oa les accompagne dans ce qui ressemble à un road-movie en comic-book, à travers les plaies purulentes et les souffrances muettes d'une nation qui se cherche et ne se trouve plus. Denny O'Neil trouve le plus souvent le ton juste et les mots qu'il faut, pour saisir sur le vif l'aube de ces années 70, où la noirceur et la violence semblent se cacher derrière chaque petit village traversé en camionnette.


Mais le plus effarant est à venir. Nous découvrons dans deux épisodes devenus mythiques que Speedy, le side-kick adolescent de Green Arrow, est devenu accroc à l'héroïne. De la drogue dans les comic-books, de manière explicite. Même le maire de New York à l'époque, John Lindsay, se fendit d'une lettre pour remercier les auteurs d'avoir abordé le sujet, de cette manière. C'est un échec douloureux pour Oliver car c'est son absence et son aveuglément qui ont amené le jeune homme à entreprendre cette pente descendante, qui le conduit au bord de la perdition. Malgré un succès artistique évident (cet album est vraiment excellent, au cas où vous ne l'auriez pas encore compris), les ventes de la série commencent à battre de l'aile, et le duo finira ses aventures particulières en appendice à Flash, après un run de quatorze rendez-vous sous le titre légendaire de Green Lantern and Green Arrow. D'autant plus consternant que les dessins de Neal Adams sont délicieux, emprunts de classicisme, et tout en même temps capables d'insuffler vie et mouvement par la grâce de trouvailles dynamiques remarquables. Urban Comics a l'excellente idée de proposer ce pan indispensable de la production des années 70, qui s'il a parfois mal vieilli quand il s'agit de rendre compte de certains sentiments, de certaines réactions (Oliver et Hal ressemblent un peu à des caricatures dans plusieurs de leurs sautes d'humeur), reste un exemple magistral de comment un vecteur trop longtemps snobé par une intelligentsia à la vue courte, peut en fait contenir un message et une fraîcheur narrative et thématique de première ordre. Un calque pertinent et intelligent d'une époque agitée et cahotique. Ne vous posez pas la question un seul instant et courez vous procurez ce pavé qui vous tend les bras. 









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