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X-MEN APOCALYPSE : LA GROSSE INDIGESTION MUTANTE

Je suis suffisamment jeune et en bonne santé pour ne pas souffrir de varices ou d'hémorroïdes, mais tout de même, j'en ai mal à mes X-Men! La bande-annonce m'avait laissé supposer le pire, mais le capital confiance accumulé par Brian Singer m'avait convaincu de ne pas écouter les Cassandres et d'aller voir ce film en toute sérénité. Grossière erreur. En fait, on y voit de tout, et n'importe comment. Je m'explique. Ce n'est pas un florilège, une anthologie mutante, mais un fourre-tout, une indigestion qui pèse sur l'estomac et vous file des cauchemars pour la nuit. Alors voilà, nous avons en l'espace de deux heures trente (presque) un mélange invraisemblable de toutes les équipes X de ces quarante dernières années, empilées et fusionnées sans grande logique. Avec des personnages totalement out of character (Tornade qui soutient une grande partie du film un individu qui souhaite faire succomber l'humanité, Angel qui fait de même), d'autres dépeints comme des simplets retardés (pauvre Kurt Wagner, affublé d'un stupide blouson rouge à la Thriller, pour bien rappeler qu'on est dans les années 80. Diablo passe ici pour un crétin patenté), des héroïnes potiches qui passent les trois quarts du film en pose "crispées et prête à combattre" (Psylocke, qui enfin cède à l'action dans la dernière demie-heure. Pas de bol, les effets spéciaux sont assez moches) et dulcis in fondo des apparitions censées plaire à la fan-base des lecteurs de comics, mais qui ne servent absolument à rien dans la dynamique des événements (hé mais c'est Jubilé, la petite asiatique avec son imper jaune! Cool! Mais en fait, que vient-elle faire dans cette galère, la pauvre...). Ce qui est valable pour les mutants l'est aussi pour la trame, les différents récits qui s'encastrent dans l'architecture mère. On a droit à une scène qui copie plan par plan l'évasion de Wolverine dans l'Arme X (mais que c'est téléphoné, et mal joué...), l'explication du pourquoi Xavier est devenu chauve (à la limite...), la transformation d'Angel en Archangel (au passage, Warren est le clone d'un membre du groupe Ah-Ah, et Caliban le Morlock devient une sorte de proxénète gothique qui laisse dubitatif). Et le vilain du jour, demanderez-vous? Place à Apocalypse, que l'on dit être le premier mutant de l'histoire, et qui régna autrefois d'une main de fer sur l'Egypte antique. Lorsqu'il sent sa mort venir, il transfère son esprit, son être, dans un nouveau corps, en absorbant au passage les pouvoirs, tout en gardant ceux qu'ils possédaient précédemment. Apocalypse devient donc une créature aux dons multiples, et que rien ne semble pouvoir stopper (certes, il n'a pas de talents psychiques, mais Charles Xavier, c'est sa spécialité... Vous voyez déjà venir la suite...), alors pourquoi ce besoin de s'entourer de quatre cavaliers pour les bases besognes, quand d'un seul revers de main il peut abattre un quartier tout entier, ou une armée? Dans le comic-book, cela a plus de logique narrative, ici on peine à croire qu'une telle force de la nature ait besoin de s'adjoindre les services d'une ninja ou d'un type qui vole (avec des ailes en acier, certes, mais il n'empêche, le concept de Archangel a été très mal exploité, pour une raison simple; le spectateur n'ayant pas eu le temps et l'opportunité de ressentir de l'empathie pour Warren avec ses plumes, il se contrefiche de ce qui lui arrive par la suite, d'autant que ça n'a pas l'air de déplaire au jeune mutant... Quelle trahison de l'esprit originel!) 


Le film démarre à l'époque de l'Antique Égypte, et prend le temps de nous expliquer tout d'abord pour quelles raisons Apocalypse a disparu de la circulation, durant de nombreux siècles. Certes il s'habitue très vite à l'ère moderne dans laquelle il se réveille... On appréciera le fait que nous ne sommes pas ici dans une tentative consensuelle de faire un film ultra familial, mais bien dans une version cataclysmique des comics Marvel, avec un super méchant qui l'est vraiment, méchant! Tuer ne lui pose pas de soucis, au contraire c'est une extermination qu'il a en tête dès son apparition. Le problème avec la toute-puissance d'apocalypse, c'est qu'à côté il reste peu de place à Magneto pour pouvoir exister. C'est dommage car Michael Fassbender est vraiment excellent dans le rôle, et il avait jusqu'ici démontré une crédibilité à toute épreuve. Hélas, emprisonné dans un schéma narratif où il n'a plus qu'un rôle de figurant, il doit se contenter de scènes tire-larmes, et il est bien loin de pouvoir donner la totalité de son potentiel. Globalement il semblerait que les spectateurs et la presse aient apprécié surtout une scène de 3 minutes, durant laquelle le bolide Quicksilver réussi une nouvelle fois (c'était arrivé dans le film précédent) à susciter l'adhésion. Un moment en slow motion durant lequel le jeune mutant démontre l'étendue de ses capacités avec une coolitude absolue (sur un morceau d'Eurythmics), faisant de lui le personnage le plus sympathique et proche du spectateur, un looser flamboyant, qui donne la banane et qui fait oublier son avatar insipide proposé par les Marvel Studios, durant Age of Ultron. Ce n'est pas un hasard si celui-ci est déjà mort et oublié!



Mention spéciale aussi -pour ma part- à délivrer à Jennifer Lawrence, même si son personnage est à mon avis trop loin de ce qu'il représente vraiment dans le comic book. Force est de constater que l'actrice est véritablement splendide, elle joue bien et elle est physiquement très intelligente. J'aurais toutefois des réserves sur la plupart des acteurs présents dans ce film, ou pour être plus précis sur la manière dont il leur a été demandé d'aborder et de représenter leurs personnages à l'écran. Je ne suis pas très séduit par cette Jean Grey jeunette, à qui il manque la grâce que l'on perçoit par exemple ces mois derniers chez les All-New X-Men. Scott Summers n'affiche absolument aucune aptitude au rôle de leader, Hank McCoy bondit un peu partout et il rugit quand il convient de le faire, mais c'est un poids plume lorsqu'arrive le grand combat final. Finalement il convient de noter que c'est encore James McAvoy en professeur Xavier, qui me semble le plus à sa place. Le film n'est pas un ratage total et se laisse regarder -je le répète- d'autant plus agréablement, si vous n'avez pas la prétention de retrouver à l'écran cet univers mutant que vous adorez tant sur papier. Inversement, si vous êtes très liés aux comics depuis des décennies, et que vous aviez apprécié la manière dont les deux précédents films avaient été conçus, vous serez sûrement déçus par cette orgie mutante, qui sort l'artillerie lourde, mais tire très souvent à blanc. Passons sur la scène bonus à la fin du film, qui n'a absolument aucun intérêt ni aucune chance d'être comprise du spectateur qui n'a jamais ouvert un comic book. Bref une grosse déception, basée non pas sur les qualités filmiques du long-métrage en soi -je ne prétends pas être un critique ultra compétent ni maîtriser tous les codes cinématographiques, loin de là- mais sur le parallélisme à faire entre le média d'origine, et son adaptation sur grand écran. Victoire des comics par Ko dès la fin du premier round. 




A lire aussi : 

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Et aujourd'hui, opération spéciale, pour une critique achetée, une critique offerte! Blague à part, dans le cadre d'un partenariat d'idées avec l'excellent blog Le Cinéma avec un grand A, voici donc ce qu'ils en pensent, là-bas, chez nos collègues. Vous allez voir, les opinions divergent subtilement, et c'est ça qui est bien. On remet donc le couvert, avec une seconde idée du film. Apocalypse bis.

POURQUOI J’AI VOULU VOIR CE FILM ?

Après avoir apprécié « Days of Future Past« , j’attendais un petit peu la suite des aventures de nos X-Men. La bande annonce ne m’a pas tellement séduit, j’attendais quelque chose de moins bling bling et plus mystérieux. Bryan Singer s’est montré à la hauteur lors de son retour et j’espère qu’il va rester sur la même dynamique avec « Apocalypse« . Que la séance commence !


QU’EST CE QUE ÇA RACONTE ?

Apocalypse, le premier de tous les mutants, vénéré comme un dieu il y a des millénaires, se réveille dans les années 1980 dans un monde qui a bien changé. Le mystérieux mutant veut fonder un monde tel qu’il le conçoit et sur lequel il régnerait en maître. Bien sûr, Charles Xavier et ses alliés vont se mettre en travers de sa route…





LES PREMIÈRES MINUTES ?

Le film s’ouvre sur l’Égypte, à l’époque des pharaons, où l’on y voit le puissant Apocalypse régner comme un véritable dieu sur les hommes. Le mutant va faire l’objet d’une mutinerie, qu’il va l’emprisonner dans une pyramide. Une ouverture efficace qui pose les choses simplement et surement.
Ensuite, on fait un bon dans les 80’s où l’on retrouve nos héros éparpillés un peu partout sur la Terre. Raven mène son combat envers la discrimination des humains envers les mutants, Charles Xavier voit son école prendre de l’ampleur, tandis que Magneto s’est retranché loin des conflits en Pologne, où il est devenu père de famille.
Tout est paisible, trop même… Le réveil d’Apolypse va chambouler le quotidien de nos héros.

Un premier quart d’heure qui part sur de bonnes bases. Pour le moment, on est dans la continuité de « Days of Future Past » et de « X-Men le commencement« 





LE CASTING ?

Bryan Singer s’entoure d’une distribution qu’il connait bien dans l’ensemble. On a tout de même quelques petits nouveaux, qui se montrent à la hauteur de leur personnage.
Le trio James McAvoy/ Michael Fassbender/ Jennifer Lawrence assure comme il faut. A mes yeux, ils font parti des meilleurs acteurs de la saga. La relation entre McAvoy et Fassbender est très émouvante, il y a une véritable alchimie entre les deux acteurs.
Oscar Issac livre une prestation solide, mais c’est visuellement que la magie n’opère pas. Par moments, Apocalypse donne une impression caoutchouteuse. Le design du personnage est proche de celui d’Ivan Ooze, le méchant du film « Power Rangers« . C’est dommage !
Sophie Turner se montre convaincante dans la peau de Jean Grey, tout comme Tye Sheridan dans celle de Cyclope. Evan Peters s’éclate en Quicksilver et il le partage très bien à l’écran.

Nicholas Hoult et Rose Byrne restent plus secondaires, mais le job est accompli. En revanche Olivia Munn (Psylocke), Alexandra Shipp (Tornade) et Ben Hardy (Archangel) manquent de charisme.





ET AU FINAL ÇA DONNE QUOI ?

Je me lève de mon siège et je suis globalement satisfait de ce nouvel opus. Bryan Singer ne livre pas le meilleur long métrage de la saga, mais il reste toutefois un très bon divertissement. Le film se divise clairement en deux parties, la première nous présente tous les personnages et les réunis vers un seul objectif : lutter contre la menace Apocalypse (ou s’allier avec, cela dépend du camp choisi). La seconde partie est plus axée sur l’affrontement. J’ai préféré nettement la seconde partie où le rythme est haletant et les scènes sont assez spectaculaires.
La mise en scène de Singer répond dans l’ensemble à ce qu’on attendait d’elle. On a le droit à des scènes de combats épiques et spectaculaires. Tout n’est pas parfait, certaines scènes auraient pu être mieux orchestrées, notamment celle de Magneto et sa famille dans la forêt en Pologne. Bien sûr la scène de Quicksilver est déjà culte, comme pour c’était le cas dans le film précédent. Le petit tacle à « X-Men 3 » ne passe pas inaperçu (scène où les X-Men sortent du cinéma). Visuellement, on peut faire quelques reproches sur certains costumes et quelques effets spéciaux. On frôle parfois la série B.
Le scénario n’a pas de réelle surprise, tout est plus ou moins prévisible. Cela dit, il se fond parfaitement au milieu de tous les films. A première vue, je n’ai pas vu de grosses incohérences. On aurait bien évidemment aimé voir plus d’approfondissement chez certains personnages et de véritables rebondissements. Apocalypse méritait d’être un plus impressionnant, plus flippant, plus cruel… Les thématiques qu’on avait apprécié dans « Days of Future Past » sont quasi inexistants. L’absence de Vaughn à l’écriture se fait ressentir. On a donc une histoire téléphonée, mais qui évite les pièges de la confusion envers les autres opus.
John Ottman livre une bande originale épique, dans la lignée de ce qu’il avait fait pour les films précédents. J’ai un petit faible pour la musique qui accompagne lors l’ouverture en Egypte.
Je pense que ce X-Men : Apocalypse aurait dû être développé en deux films. Cela aurait permis peut être un meilleur déroulement scénaristique, plus de profondeur et des thématiques moins survolées. 2h30 de film, c’était un peu court, pour déployer tout ce qui entoure le personnage d’Apocalypse…

Petit mot sur la scène post-générique, elle ouvre clairement la voie au nouveau film Wolverine et il possible que l’on y retrouve Dents de sabre et Deadpool…




En résumé, X-Men : Apocalypse est bon film de super héros, mais pas le meilleur la saga. Le scénario aurait mérité un peu plus de profondeur et des péripéties plus percutantes. Visuellement ça frôle le brouillon, on se demande parfois où est passé Bryan Singer ?

Critique complète disponible ici 

LE cinéma avec un grand A, retrouvez le blog ici et la page Facebook ici 




POWERS : UNE SERIE BAS DE GAMME POUR LE PLAYSTATION NETWORK

C'est parti! La chasse au héros costumés, objectif juteux et rentable pour les producteurs de tous poils, est désormais ouverte. Netflix a compris le phénomène et mis sur la table les moyens et le talent, mais il n'est pas sur que la concurrence puisse s'aligner, et ce que Sony tente de réaliser (avec le network Playstation) part sur des bases plus modestes, tant au niveau des enjeux, que du comic-book adapté au patit écran. Car pour le grand public, Powers ça parle tout de même moins qu'un Daredevil, ou un The Flash du coté de chez Berlanti et CW. Brian Bendis a sué sang et eau pour que son travail soit proposé sous ce format, mais avec les quelques billets qu'il a décroché pour le produit fini, ne soyez pas surpris si les effets spéciaux sont parmi ce que vous verrez de pire à la télé au XXI° siècle. Par exemple, une décapitation par télétransportation de la tête, qui dans le meilleur des cas ressemble à un tour de prestidigitation chez Patrick Sébastien. Ou des combats en plein ciel tout droit sortis d'un dessin animé incrusté. C'est la dure loi du marché! Lé héros, façon de parler, est un certain Christian Walker, et il travaille dans une brigade fauchée elle aussi (un signe...) de la police métropolitaine, chargée d'appréhender les "puissants" c'est à dire les individus dotés de super pouvoirs. Il en possédait lui même avant cette carrière improvisée de flic, et patrouillait sous le costume de Diamond. Walker n'a toujours pas digéré la perte de ses dons, et il se sent depuis clairement diminué. Lorsque son partenaire est tué en plein commissariat par une brute surpuissante, on lui adjoint une nouvelle équipière, Deena Pilgrim, une novice pleine de volonté et de détermination, mais qui a encore beaucoup à apprendre sur comment se rapporter et fricoter avec les êtres surhumains. Nous partons ainsi à la découverte d'un polar basé dans une société ou les pouvoirs sont devenus monnaie courante, et où il n'est pas simple, pour le commun des mortels, de garder les pieds sur terre tout en prétendant faire régner l'ordre et la justice.

Le point positif, c'est le rythme et la narration qui empruntent les codes chers aux comics de Bendis, forcément. La série a plus de fond qu'elle ne semble en posséder à première vue. Elle aborde le thème de la frustration, de l'individu privé d'une partie de son intégrité, et qui ne se reconnaît plus en tant qu'unité. Du sentiment d'envie, du désir qu 'éveille ceux qui ont plus que vous, et semblent jouir de privilèges qui peuvent choquer ou importuner ceux qui n'en bénéficient pas, et qui en fait n'ont qu'un seul souhait, y accéder le plus tôt possible. Mais l'ensemble apparaît brouillon car la mise en scène laisse à désirer, et comme déjà amplement démontré, les effets spéciaux sont totalement à la ramasse. D'ailleurs certaines scènes ressemblent plus à un travail "fan-made" comme on en trouve sur Youtube, qu'à une vraie série ambitieuse comme on est en droit d'attendre de ce projet. Certaines bonnes intentions sauvent les meubles, pour un temps, comme la nonchalance vénéneuse de Royalle, la sauvagerie folle de Wolfe (les vilains ont plus d'envergure), ou la présence à l'écran de l'acteur principal, Sharlto Copley, dont on se demande ce qu'il est venu faire dans cette galère. Bad timing pour couronner le tout, comment faire exister Powers dans un monde où l'inflation des séries ayant l'univers des comics comme point de départ est une évidence quotidienne? Comment regarder l'intégralité des épisodes de Powers quand Netflix sort l'artillerie lourde avec Daredevil, qui confine au sublime? La réponse va de soi, Powers est un éloge de l'impuissance, et un naufrage programmé. 


Cinécomics : CAPTAIN AMERICA LE SOLDAT DE L'HIVER (THE WINTER SOLDIER)

Attention : Spoiler probable inside

Le second film consacré à Steve Rogers est donc dans les salles depuis une grosse semaine. L'occasion de retrouver ce héros hors de son temps, qui doit désormais s'adapter à une nouvelle existence, dans un monde qui a bien évolué. Après avoir fait équipe avec la formation la plus survitaminée de l'histoire du cinéma en costume spandex (les Avengers) il revient cette fois pour un long métrage en solo, ou presque, puisque Natasha Romanova et Sam Wilson sont à ses cotés tout au long de deux heures à très haut spectacle. Après les événements cataclysmiques et la quasi destruction de New York dans The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s'adapter à cette Amérique moderne. Mais quand Nick Fury, le directeur des opérations du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met une fois encore le monde en danger. S'associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l'étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et la belle espionne rouquine sollicitent l'aide d'un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi - le Soldat de l'Hiver, dont la force et l'endurance cache un projet inavouable qui puise dans une vérité encore plus horrible : le contre espionnage américain est tombé entre les mains de l'ennemi, qui à force de noyautage a fini par faire son nid à l'insu de tous. Est-il déjà trop tard? Et qui est ce Soldat de l'Hiver qui donne autant de fil à retordre à nos héros (faux suspens puisque tout le monde a deviné qu'il s'agit de la version 2.0 de Bucky Barnes...) 

En fait de second film targué Captain America, nous assistons là à un mash-up entre deux grandes sagas bien connues des lecteurs de comic-books. La première, c'est Nick Fury Vs The Shield, parue en son temps en Vf dans un album vendu par souscription, aux éditions Semic (ce n'est pas hier, donc). On y raconte la lutte de ce bon vieux Fury contre sa propre organisation, son propre bébé, qui a été infiltré de l'intérieur et qui finit par lui donner la chasse, le traquer de manière impitoyable. La seconde aventure, c'est bien sur le long run de Brubaker sur Captain America, que Panini a récemment distillé dans plusieurs Marvel Deluxe, en librairie. On y apprend que Bucky Barnes n'est pas mort au champ d'honneur, il y a des décennies de cela, mais qu'il est devenu une arme fatale aux mains des soviétiques, qui l'ont reprogrammé et amélioré (un bras bionique) pour en faire un assassin parfait. Dans le film, la trame est quelque peu différente puisque c'est l'Hydra qui a fait joujou avec les neurones de l'ancien side-kick de Steve Rogers. Le résultat est le même : Barnes n'a plus toute sa tête, et il cogne dur sur tout ce qu'on lui dit de frapper, sans oublier d'ouvrir un feu nourri sur les cibles qu'on lui présente. Du coup ce second film est à haute densité explosive, avec une foultitude de scène d'action vraiment spectaculaires et enlevées, pour le plus grand bonheur du public qui vient en salle pour ce genre de spectacle pyrotechnique. Les acteurs sont à la hauteur de leur réputation, et on appréciera de voir Robert Redford s'encanailler avec l'univers Marvel dans la peau d'un Alexander Pierce qu'on aurait envie de gifler. En fait, pour peu que le but de l'achat de votre billet soit de vibrer deux heures durant avec un injection super-héroïque, sans trop être regardant avec la crédibilité des scènes d'action et des cascades, vous allez être ravis. D'autant plus que le discours sur les masses désireuses de renoncer à leur liberté, sciemment, pour un peu plus de sécurité, est ici clairement exposé, et vient pratiquement en point d'orgue d'une décennie paranoïaque, initiée par Civil War, durant laquelle ce thème a été maintes fois débattu chez Marvel, souvent avec à-propos. C'est dans ce film le fil conducteur de l'intrigue, avec un bon Steve Rogers dans le rôle phare du soldat naïf qui ne se reconnaît plus dans ce règne de la terreur qui ne porte pas son nom, où chacun de méfie du voisin, et utilise le net et les technologies comme un préservatif moderne contre le virus de la vraie vie. Effrayant, car à votre porte.


CINECOMICS : GHOST RIDER REMET LE COUVERT

Il y a bien longtemps de cela, après la sortie du film consacré à GHOST RIDER, j'avais rédigé et publié un article plutôt négatif, sur ce qui me semblait une réalisation poussive et peu inspirée. Je pensais vraiment, après la séance, que jamais une suite à un tel navet n'aurait pu voir le jour. Pour information, voici un extrait de ce que je disais alors (article complet ici pour les courageux) : Nicholas Cage a des cheveux dans le film, ou en tous les cas plus que dans ses dernières apparences : un des effets du pacte conclu avec le diable? Toute la première partie ( la jeunesse de Johny Blaze, cascadeur casse cou qui pactise avec Mephistopheles pour sauver son père du cancer ) est d'une rare mièvrerie et d'un pathétique inquiétant : il m'a fallu résister pour ne pas quitter la salle au bout de ce quart d'heure soporifique, qui ferait passer les telefilms de M6 pour de grand moments du septième art. Quand le grand Cage entre en scène, changement de ton : plus d'humour, enfin un acteur qui joue (presque) juste, et le fessier et les nibards de l'affriolante Eva Mendes, vulgaire à souhait, pas une once de finesse, mais fichtrement bonne. Rien que pour elle, je suis restée sagement à ma place, à attendre la suite. La suite, justement, est plus divertissante pour qui connait le comics : La transformation en Ghost Rider ( qui dès la seconde fois devient immédiate et perd donc tout interêt et pathos, dommage et incompréhensible étant donné les souffrances liées à la première métamorphose...), les confrontations avec les vilains de passage ( dont un Blackheart qui donne l'impression de sortir droit de la version diabolique de Beverly Hills 90210 ), les relations Cage/Mendes dont une interview décalée ( celle ci est journaliste dans le film ) qui fait bien sourire, tout cela est ma foi assez sympathique, et le film se laisse regarder, enfin, dans la mesure où il faut bien rentabiliser les huit euros pour la place : Monsieur Pathé ne remboursera de toutes façons pas. Nous sommes encore loin des Spiderman de Sam Raimi, mais après avoir distraitement suivi Elektra et Superman returns, tout le reste semble comme nimbé dans le talent et le bon goût...Mark Steven Johnson avait il est vrai déjà sevi sur Daredevil ( comment transformer un excellent comics en film lourdeau et ampoulé ), le voilà donc inculpé récidiviste : mais que fait la police?


Et bien je me trompais sur un point : la suite ! GHOST RIDER : Spirit of vengeance, toujours avec l'innénarrable Nicholas Cage (mais avec un autre réalisateur et c'est tant mieux) est annoncé pour février 2012, et la première bande annonce circule déjà sur le web. On y devine la version survitaminée et cocaïnisée du premier : effets spéciaux bien plus convaincants, scènes d'action coup de poing, et peut être, qui sait, enfin un méchant vraiment méchant. Le film est annoncé dans le giron de la division Marvel Knights, qui n'avait plus rien produit depuis le pitoyable Punisher War Zone, qui a fini au rebut du cinéma (c'est à dire directement pour le circuit dvd en France). Entretenir des doutes sur cette suite est finalement assez légitime.



           
            Ghost Rider : Spirit of Vengeance - Trailer #1

Cinécomics : KICK-ASS de Matthew Vaughn


Pour connaître le pitch de Kick-Ass, inutile d'en rajouter une tartine, il vous suffira de vous reporter à la critique de la Bd, publiée sur ce (remarquable) blog assez récemment. Pour ce qui est du film, voici quelques remarques à l'usage des hésitants et des novices, mais aussi de ceux qui l'ont vus et désirent en parler. Tout d'abord, oui, KA c'est du Tarantino, du Alan Moore et du Orange Mécanique en même temps, pour un cocktail explosif qui près de deux heures durant fonctionne, sans ennuyer le spectateur. Humour second degré, clin d'oeil à la communauté des geeks bédéphiles qui ne sont pas oubliés, acteurs parfaitement calés dans leurs rôles respectifs, les points positifs abondent. Finalement, le jeune Dave, le Kick-Ass du film, abandonne assez vite la vedette à la géniale petite Chloe Moretz (Hit Girl) qui interprète une super héroïne de onze ans avec la grâce et la conviction d'une vétérane. Son père, un Nicholas Cage tout heureux de tourner à nouveau dans un film tiré d'un "comic-book" a cette fois la chance de ne pas apparaître dans un nanard profond comme la fois précédente (Ghost Rider) et joue juste les scènes qui lui sont proposées. Les scènes de combats abondent, bien entendu, finissant à mesure que l'action progresse par devenir de plus en plus improbables, ce qui ne retire rien à la jouissance dont on peut tirer de ces moments qui oscillent entre gore et karaté-massacre. Mise en abîme d'une Bd et d'une question qui brule les lèvres du lecteur naïf, Kick-Ass nous révèle que le métier de super-héros, c'est finalement assez peu conciliable avec une vie sociale normale, et on ne remerciera jamais assez Mark Millar, qui sans rien inventer de radicalement nouveau, apporte régulièrement (pas toujours, mais assez souvent quand même) un vent d'ironie et de distanciation avec le sérieux du sujet, qui donne encore plus envie de se plonger dans l'univers des justiciers en collant (si vous n'avez jamais lu Ultimates, la première saison, que puis-je encore faire pour vous?). Le tout sous forte influence teenage movie, à tel point que les premiers pas du jeune Dave et de ses amis de lycée ont quelque chose des "Beaux Gosses" de Sattouff. Petite remarque amusante d'ailleurs, concernant les patronymes choisis par Millar pour ses personnages. La prof s'appelle Miss Zane alors que Deauxma est la compagne de classe dont notre héros tombe amoureux. Les amateurs de X américain auront reconnu là deux des actrices fétiches de la maison de prod' "Naughty America" que Dave Lizewski doit mater régulièrement sur internet... Voilà donc un film à prendre au second degré, n'en déplaise aux Inrocks qui viennent de le déscendre en flêche dans l'édition de mercredi dernier. Non pas comme une apologie réactionnaire de la violence, mais comme une plongée en apnée assez jouissive dans le monde mystérieux de la justice expéditive et des super héros branquignoles; une sorte de Kill Bill croisée avec Batman, après un bon coup de gaz hilarant du Joker. Desservi, dulcis in fondo, par une BO pêchue et de bonne facture. Bref, Kick-Ass, ça le fait.
Rating : OOOOO

IRON MAN 2 : Posters promos

Iron Man 2 : L'attente touche bientôt à son terme. Place à 4 nouveaux posters promos avant la sortie du second volet des aventures de tête de fer, alias Robert Downey Jr.

CINECOMICS : GHOST RIDER

La panoplie du parfait petit gothique est passée en revue dès les premières secondes du dernier film inspiré des comics de la Marvel : Ghost rider. Couleur noire dominante, travelling angoissant sur un cimetière à l'abandon, et les cryptes surmontées de croix ostentatoires, personnages tout droit sortis de l'enfer imaginaire collectif, le catalogue des poncifs du genre ne perd pas de temps à se déployer. Bienvenue dans ce nouveau film dont on se saura jamais, même à tête reposée, bien après le visionage, s'il s'agit d'un ignoble nanard à déconseiller, où d'une pellicule à prendre au second degré, truffée d'humour décalé et ne se prenant pas trop au sérieux. Car au dela de l'aspect "gore" ( le film est rempli de créatures infernales et d'effets spéciaux qui objectivement donneront des cauchemars aux plus sensibles... ), c'est bien l'humour qui sauve Ghost rider du naufrage, de son indigence scénaristique, de la difficulté d'adapter sur le grand ecran un comics qui bat déjà de l'aile depuis bien des années aux States, même si le dernier relaunch en date semble avoir porté ses fruits, et permis au titre de perdurer quelques années de plus.

Nicholas Cage a des cheveux dans le film, ou en tous les cas plus que dans ses dernières apparences : un des effets du pacte conclu avec le diable? Toute la première partie ( la jeunesse de Johny Blaze, cascadeur casse cou qui pactise avec Mephistopheles pour sauver son père du cancer ) est d'une rare mièvrerie et d'un pathétique inquiétant : il m'a fallu résister pour ne pas quitter la salle au bout de ce quart d'heure soporifique, qui ferait passer les telefilms de M6 pour de grand moments du septième art. Quand le grand Cage entre en scène, changement de ton : plus d'humour, enfin un acteur qui joue (presque) juste, et le fessier et les nibards de l'affriolante Eva Mendes, vulgaire à souhait, pas une once de finesse, mais fichtrement bonne. Rien que pour elle, je suis restée sagement à ma place, à attendre la suite. La suite, justement, est plus divertissante pour qui connait le comics : La transformation en Ghost Rider ( qui dès la seconde fois devient immédiate et perd donc tout interêt et pathos, dommage et incompréhensible étant donné les souffrances liées à la première métamorphose...), les confrontations avec les vilains de passage ( dont un Blackheart qui donne l'impression de sortir droit de la version diabolique de Beverly Hills 90210 ), les relations Cage/Mendes dont une interview décalée ( celle ci est journaliste dans le film ) qui fait bien sourire, tout cela est ma foi assez sympathique, et le film se laisse regarder, enfin, dans la mesure où il faut bien rentabiliser les huit euros pour la place : Monsieur Pathé ne remboursera de toutes façons pas. Nous sommes encore loin des Spiderman de Sam Raimi, mais après avoir distraitement suivi Elektra et Superman returns, tout le reste semble comme nimbé dans le talent et le bon goût...Mark Steven Johnson avait il est vrai déjà sevi sur Daredevil ( comment transformer un excellent comics en film lourdeau et ampoullé ), le voilà donc inculpé récidiviste : mais que fait la police?
Cela dit attention : depuis des années le public américain boudait le personnage. Et comme d'habitude le film est employé pour relooker et relancer le héros de papier, et en ce sens il a finalement contribué au retour du Motard Fantome sur le devant de la scène. Evidemment, les derniers instants du film laissent présager que les pontes de la Marvel semblent orientés vers un hypothétique Ghost rider - Le retour de la revanche, mais en toute objectivité, il n'est pas dit que ce sera le cas : déjà pour ce premier jet, les scénaristes ont semblé aux prises avec un cruel manque d'inspiration; on tremble par avance à l'idée d'un futur travail d'ecriture pour la suite. Car rappellons le tout de même, la trame est aussi mince que les statistiques de Rigaudeau lors de son passage en NBA, il y a quelques années. Et puis de toutes manières, pas de projets concret en ce moment, où ce sont surtout les spoilers et les news savoureuses sur Thor qui nous préocupent. Les méchants de Ghost Rider sont aussi effrayants qu'inconsistants : Nicolas Cage pourrait même en venir à bout sans se transformer, rien qu'en leur passant le dernier Diams sous forme de sonnerie polyphonique pour portable. Dommage aussi que les paroles de Ghost rider soient quasiment incompréhensibles : la voix est si distordue, si caverneuse, que les sous titres n'auraient pas été de trop. A ceux qui oseraient dire ensuite que Cage est impassible et son visage ne trahit aucune expression, nous rétorquerons qu'il est égal à lui même, et que le mérite de sauver le film du naufrage du siècle lui revient presque integralement; à lui et aux courbes pornographiques d'Eva Mendes, qu'on souhaiterait vraiment voir intégrer le cast d'un hypothétique et ultra attendu "Avengers", pour assouvir de vieux fantasmes à base de latex/spandex.

LA SIMULATION (DE LOIC HECHT) : ET SI NOUS VIVIONS DANS UN MONDE QUI N'EXISTE PAS ?

La question est proprement vertigineuse, raison pour laquelle nous avions tant envie de découvrir La simulation , enquête réalisée par Loïc ...