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SUPERMAN : DOOMED (AVEC DOOMSDAY)

Doomsday n'est pas un personnage comme les autres, puisque cette force de la nature extra-terrestre est parvenue à terrasser Superman. Une mort surprenante, des mains de cet ennemi ultra redoutable, qui est devenu de la sorte la menace ultime, capable d'instiller la peur chez l'Homme d'Acier, de le faire trembler et douter. Avec l'arrivée des New 52, tout ceci a été modifié, mais globalement la base est restée peu ou prou la même. Doomsday est un produit kryptonien, le résultat de folles expériences génétiques. C'est un monstre surpuissant qui n'a qu'un seul but dans l'existence, à savoir annihiler toute vie qu'il croise sur son chemin vers l'anéantissement complet. Confiné dans la zone fantôme, il est pourtant parvenu à en sortir, et voici ce fléau lâché sur notre planète. Dès ses premiers pas sur une île du Pacifique, tout est calciné, détruit, pulvérisé. Doomsday n'est pas qu'une colossale bête dotée d'une force inimaginable, c'est aussi une sorte de virus sur pieds, et rien sur Terre ne peut s'y opposer. Rien, ou presque, car Superman n'écoute que son courage, et se jette dans la bataille. Voici donc enfin, dans l'univers Dc rebooté récemment, le moment où les deux antagonistes se tapent dessus. Cette fois Superman ne va pas mourir, et l'affrontement dantesque est aussi l'occasion pour le héros de compter sur sa nouvelle compagne, Wonder Woman, qui est à ses cotés lorsqu'il s'agit de faire étalage de force et de détermination. Oubliez le choc du passé, dans notre présent Superman parvient à pulvériser Doomsday dès le départ, on le voit d'ailleurs littéralement déchirer en deux son adversaire, dans un accès de rage. Un épisode plus expéditif que prévu, narré par Scott Lobdell, Greg Pack, et Charles Soule (Doomed #1) et dessiné avec brio (des planches très spectaculaires) par un Ken Lashley qui est un choix logique quand il faut mettre en scène un cataclysme de la sorte. Cela dit, vous l'aurez compris, l'album en librairie est un petit pavé, et l'histoire ne peut s'arrêter ainsi... Avant de mourir Doomsday a relâché une sorte de toxine malveillante et Superman a du, pour contrecarrer la menace, utiliser son super souffle pour en aspirer la totalité. Au contact de son organisme, celle-ci va avoir de bien curieux effets, sur le physique et le caractère du kryptonien. Vous avez dit "Superman méchant" ? 


Si Doomsday n'a pas eu raison de Superman grâce à la force brute, la toxine opère de bien étranges changements. Pour résumer la situation en une phrase laconique, voilà que Superman devient Doomsday. Sur son corps apparaissent des excroissances osseuses qui en font un monstre. Dans l'esprit c'est encore pire. Une rage folle le pousse à commettre des atrocités, et il est de plus en plus difficile pour lui de garder un semblent de contrôle sur ses actes et décisions. Wonder Woman est une alliée précieuse car elle fait tout ce qu'elle peut pour aider l'homme dans le costume. Clark Kent est un parangon de bonté et de volonté, aussi est-elle persuadée qu'elle peut aider son amant à maîtriser cette menace insidieuse. Mais c'est pratiquement une illusion, car plus Superman lutte, plus il sent dans un recoin de l'esprit que Doomsday et lui finiront par ne faire qu'un. La catastrophe se produit lorsqu'une fine poussière radioactive, issue de fragments de kryptonite, est relâchée dans l'atmosphère terrestre. Elle parasite les pouvoirs de ceux qui viennent de Krypton, et sur Superman l'effet est immédiat : il ne parvient plus à dominer la bête, et le seul recours qui lui reste est de filer droit dans l'espace et abandonner la Terre, sur laquelle il ne peut plus vivre désormais autrement que sous la forme d'une créature sanguinaire et avide de massacre, comme le Doomsday qu'il a combattu. La saga finit tout de même par traîner un peu en longueur, il faut bien l'admettre, et pour ma part j'aurais préféré que le vrai Doomsday subsiste plus longtemps et que le combat mano a mano soit plus dramatique. Je vous laisse toutefois aller jusqu'au bout du récit pour vous faire une opinion concernant l'épilogue. Globalement on pointera du doigt le niveau fort plaisant des dessinateurs, avec entre autres Aaron Kuder, qui fait un boulot remarquable avec le personnage, et Tony Daniel, un des maîtres du comics réaliste, même si ses planches sont un poil figées. Doomed est une excellente idée pour ceux qui aiment les confrontations bourrins, les Bd où le cataclysme semble toujours sur le point d'exploser, où le désespoir guette devant l'anéantissement final. Explosif, violent, spectaculaire, pas philosophique pour un sou, mais certainement calibré pour atteindre sa cible et ne plus la lâcher. A noter que tous les épisodes présents ici ont bien sur été publiés précédemment dans Superman Saga, au premier trimestre 2015. 



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CIVIL WAR : LE MENSUEL PANINI "SECRET WARS"

Civil War est de retour. Aussi bien sous la forme d'un mensuel temporaire chez Panini, que d'une mini série liée aux Secret Wars nouvelle version. On va donc jeter un oeil de plus près au sommaire et au menu de la revue. C'est parti.
La Guerre Civile, donc. Imaginons un instant que cette guerre n'ait pas connu la fin que nous savons, mais qu'elle ait duré bien plus, au point de s'envenimer et d'atteindre un point de non retour, avec une série de sacrifices et de morts tels qu'il n'est plus possible, plus jamais, de faire marche arrière. Voici la toile de fond de notre aventure, qui se rapproche finalement davantage d'un long What if? que d'une série à classer parmi les conséquences des Secret Wars. Ici l'Amérique a fini par se diviser en deux factions, avec le Bleu, territoire de Captain America, Spider-Man et consorts, et l'Iron, gouverné par Iron Man d'une main de ... fer. Désolé, c'était trop facile. Chez Tony, la société est militarisée et une gamine qui découvre ses pouvoirs et vole pour la première fois est vite encadrée par la milice agissante. Chez Steve, c'est ambiance détente et permissivité. Sois responsable, et éclate toi, c'est le mot d'ordre des héros avec des dons particuliers. Cette incroyable dissension, source de morts et de drames, pourrait peut-être connaître une issue, enfin... à condition qu'une conférence de paix, réunion au sommet entre les deux frères ennemis, parvienne à aboutir autrement que dans un bain se sang. Une zone neutre, à la frontière entre les deux territoires, a été choisi pour cet entretien historique. Seulement voilà, vous vous en doutez, il suffit de peu pour que le brasier ne reprenne de plus belle; alors quand un sniper isolé provoque un incident regrettable, c'est de nouveau l'escalade, la méfiance, les faux semblants, et l'inéluctable course vers l'anéantissement qui reprend. Cette version de Civil War, signée Charles Soule, se lit un peu comme une parabole sur l'équilibre de la terreur, et donne à voir une leçon fondamentale : le jusqu'au boutisme ne donne rien, si ce n'est mort et destruction. Il est superbement épaulé par L.F.Yu qui poursuit son travail de maître de ces derniers temps, avec des planches hyper bien construites et fort soignées. C'est un plaisir de voir qui est dans quel camp, et pour quelle(s) raison(s) et d'essayer de deviner la tournure que vont prendre les événements.
Cap ensuite sur le XIX° siècle. 1872, c'est Marvel à l'ère du Far-West, quand les cow-boys et les indiens occupaient l'espace vital, avec des ranchs et des chevaux, des flèches et de vieux revolvers, des saloons et des shérifs. L'action se déroule dans la ville de Timely, joli clin d'oeil au patronyme précédant Marvel, et ce n'est pas le seul, tant tout le récit est parsemé de renvois, de citations, qui rende la lecture fort agréable. Dans ce domaine reculé du Battleword, le shérif local, un certain Steve Rogers (forcément...) a bien du mal avec les pontes locaux qui se gargarisent et se vautrent dans la corruption et un exercice brutal et discutable du pouvoir. Les méchants sont Wilson Fisk, le Caïd du coin, et les entreprises Roxxon, dont les affaires sentent mauvais à des kilomètres à la ronde. L'arrivée d'un indien (Red Wolf), qui a traversé le désert pour débarquer à Timely, va précipiter les événements et mettre chacun devant ses responsabilités. Rogers, qui va devoir afficher son incorruptibilité et sa droiture aux yeux du reste de la ville, Ben Urich le journaliste, qui rend comptes des tensions locales (mais sa femme Doris a été malmené et depuis ses écrits sont trop complaisants), et Tony Stark, qui passe son temps devant le saloon à chanter ivre mort, une bouteille à la main. Bon choix que le duo Gerry Duggan et Kik Virella. Le scénariste tout d'abord, car comme souvent il fourmille d'idées à mettre en place, dans un ton et avec un humour teinté de coolitude qui transforme ce tie-in des Secret Wars en un western aussi rétro que futuriste, où le lecteur peut petit à petit mettre en parallèle ce qu'il lit avec ce qu'il connaît déjà du Marvelverse. Le dessinateur, ensuite, car son trait énergique et volontairement brut et pas toujours bien dégrossi colle à merveille avec l'ambiance, avec ces contrées où on croit entendre résonner une musique à la Ennio Morricone et le bruit de la gâchette pressée avec le bang fatidique d'un duel au soleil. 

Si mon opinion semble fort positive, voici venir la troisième série, celle qui me semble la moins intéressante, parmi les quatre qui sont présentées dans ce mensuel. En tête d'affiche Leopold Zola, le fiston, celui que Steve Rogers a sauvé de la Dimension z et rebaptisé Ian, est devenu ensuite Nomad, compagnon d'arme de Sam Wilson. Sauf que piégé dans les laboratoires d'Arnim Zola, il a du son salut à l'ascenseur infini, qui l'a apparemment propulsé dans une autre ère, un  monde incompréhensible, le Battleword. Les autres y sont arrivés par un autre biais, en conséquence Ian a toujours les souvenirs de la réalité qu'il a quitté, et ne comprend absolument rien à où il débarque à l'improviste. Seule certitude, il y a du Hydra la dessous, ce qu'il constate de visu alors qu'il prête secours à un jeune occupé à taguer des biens public avec une simple bombe à peinture. la réaction des forces de l'ordre est disproportionnée, dans un univers où, semble t-il, Hydra n'est pas maître de la ville, mais l'aurait carrément fondée! Bref, Nomad est perdu, déboussolé, avec comme seule constante par rapport à ce que nous avons découvert à son sujet, ce besoin de jouer aux héros et défendre la veuve et l'orphelin, de bons sentiments qui dérivent d'une éducation aux cotés de Captain America, le boy-scout par excellence, qui a "déprogrammé" un jeune homme conçu et préparé pour succéder à son terroriste cinglé de paternel. Nous voici dons happés par cette série qui est centrée sur une New-York contaminée par le fascism power, et qui est en fait la continuation (plus ou moins) de ce qui se racontait dans All-New Captain America avant que les Guerres Secrètes ne débutent. Rick Remender peut donc poursuivre son travail (certes il doit tenir compte du contexte) avant de se mettre temporairement (il reviendra, soyez-en sur) sur la touche pour Marvel. Pour le moment c'est de l'action brut de décoffrage, quelques dialogues de-ci de là pour nous expliquer que les peines et les délits ne peuvent pas être disproportionnés, et que on devient ce que nos expériences font de nous, et pas ce que voudrait la génétique, comme dans le déterminisme de Zola (Emile, par Arnim, vous me suivez? Non, c'est normal...). Aux dessins, Roland Boschi oeuvre comme à son habitude, dans des conditions urbaines, faussement crades, qui ne sont pas sans rappeler, par certains endroits, le travail de Mark Texeira, avec un encrage moins appuyé, contaminé par la ligne cahotique et abrupte dans les formes d'un Rick Leonardi ou Mike Mignola.
Ultime rendez-vous pour les lecteurs, la nouvelle mouture de Planet Hulk. Sauf qu'en réalité, la série ne démarrera que dans le prochain numéro. en janvier nous n'avons droit qu'à un bref récit (une histoire back-up) qui a au moins un mérite, celui de nous expliquer comment et pourquoi un des territoires du Battleword est infesté de Hulks, l'origine de cette contamination multiple. Des pages sympathiques racontées avec humour par Greg Pak et mises en dessin de fort belle façon par Takeshi Miyasawa. Bref pas seulement du remplissage, mais une mise en bouche qui sert à quelque chose. 
Verdict "Secret Wars" : Un mensuel recommandé. Trois des quatre séries me semblent de bonne facture, et les artistes présents, de Yu à Remender, de Soule à Duggan, sont parmi ceux qui se fait de mieux en ce moment. 


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SUPERMAN ACTION COMICS TOME 1 : MONSTRES ET MERVEILLES

Superman a beau être un extraterrestre, il a grandi dans une famille accueillante et une ferme du Kansas profond. Aujourd'hui il est devenu le plus grand héros et défenseur de la planète et il a entamé une relation plus qu'amicale avec l'Amazone la plus redoutable de toutes, la magnifique Wonder Woman. Mais il y a d'autres femmes dans le passé de Superman, ou plutôt pour être exact dans le passé du jeune Clark Kent; c'est ainsi que ce premier album proposant en librairie la série Action Comics nous permet de découvrir la rousse Lana Lang. On devine qu'il y avait entre les deux une très forte sympathie et probablement quelque chose de plus, mais la jeune femme est partie de Smallville pour découvrir le monde en tant qu'ingénieure en électronique, alors que notre héros est devenu journaliste à Metropolis. La personnalité de Lana et le rapport entre elle et Clark est tout d'abord élucidé par le biais d'un épisode qui est situé à l'époque de l'an zéro, un événement qui a été raconté sur les pages du titre mensuel Batman. Ce plongeon dans le passé permet donc au lecteur qui ignore tout du personnage de se familiariser avec celle qui sera au centre du récit dans une aventure qui va mettre aux prises Superman avec une civilisation souterraine. Lana Lang à en effet découvert (alors qu'elle participer à des opérations de creusage au Vénézuela) une créature gigantesque à l'aspect monstrueux, sortie des entrailles de la planète. Menacée et apeurée elle reçoit l'aide de son super-héros de meilleur ami qui à peine intervenu sur les lieux du désastre est à son tour agressé par le soldat fantôme, un militaire doté d'une combinaison ultramoderne, qui a le pouvoir de se rendre intangible et qui parvient à dématérialiser son arme pour la rematérialiser dans la poitrine de Superman. Le genre de chose qui peut faire mal et laisser quelques traces, quand on est cueilli à froid alors qu'on souhaite avant tout aider. 


En fait les monstres ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit. L'apparence est une chose, mais derrière l'horreur ou l'étrangeté peut se cacher tout autre chose. Par exemple, cette créature sortie droit des entrailles de la Terre, là voici qui se métamorphose en une sorte de jeune enfant-diablotin, fragile et perdu. Superman est le parfait boy-scout, et vous le savez, il ne manque jamais l'occasion d'aider tout le monde. Du pain sur la planche pour l'homme d'acier, qui va aussi être confronté, lors de sa visite au royaume de Subterranea, à de gentils lémuriens exploités pour leur capacité à produire de l'énergie. Epaulé en ce sens par Lana, le héros décide de rétablir une certaine forme de justice, mais parfois, en voulant bien faire, il arrive que nous nous trompions, car il est souvent impossible de maîtriser tous les paramètres. Greg Pack livre là un récit agréable à suivre, assez touchant et rondement mené, et qui a l'avantage de ne pas nécessiter une connaissance particulière de l'univers de Superman. Le scénariste place l'action à la portée de tous, et c'est en effet une bonne raison de publier un Tome 1, qui ne devrait pas vous décevoir, si vous souhaitez une lecture super-héroïque honnête et bien pensée. Le dessin est de Aaron Kuder, qui a un style assez particulier, associant la rondeur d'un Quitely aux prétentions caricaturales de Scott Kolins, par exemple. Si son travail reste encore quelque peu irrégulier, il est évident qu'il parvient à capter notre attention en donnant corps aux nombreuses scènes d'action, de batailles, de luttes, qui rythment de manière effrénée ce premier tome. Une bonne surprise donc, avec une Lana Lang plus aventurière et entreprenante que jamais (un petit coté Lara Croft non désagréable) et un Superman toujours aussi positif et convaincu que la vie, il n'y a rien de plus précieux. A découvrir. 




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THE TOTALLY AWESOME HULK #1 : LA REVIEW ALL-NEW ALL-DIFFERENT

Bon je ne vais pas vous mentir, et puis de toutes façons vous le savez. Ces temps derniers, Hulk n'a pas été le héros le plus en vue de l'univers Marvel. Ses séries sont loin de passionner les foules, et même durant Secret Wars, il a occupé un rôle marginal pour ce qui est de la saga principale. Alors pour remonter dans notre estime, cette nouvelle série qui présente un Hulk totally awesome a intérêt à faire fort, très fort. D'emblée la question se pose : qu'est devenu le docteur Banner, et ses accès de rage qui en faisaient à la fois un scientifique fragile et une machine de destruction massive? Aujourd'hui le Hulk est un jeune homme de dix-neuf ans, certes considéré comme un génie et une des dix plus grandes intelligences de la planète, mais avec des préoccupations et des réactions en accord avec son âge. Au combat ce Hulk là ne dédaigne pas flirter avec les demoiselles en détresse, et quand il se retrouve associée à des héroïnes plus âgées que lui, c'est un peu comme s'il entendait sa mère lui prodiguer des conseils. Greg Pack est le co-créateur d'Amadeus Cho, et il emmène son héros avec lui pour ce titre qui se veut fun et très jeune dans l'esprit. Cho peut devenir un géant vert à volonté, il est censé maîtriser parfaitement la rage qui couve en lui, mais quelques petits éléments nous laissent à penser que rien n'est aussi parfait ou bien rodé qu'il voudrait le laisser croire, à sa soeur particulièrement. D'un Cho à l'autre... nous arrivons à Frank Cho, qui s'amuse comme un fou avec des planches explosives et truffée d'action, où on voit un double pruneau en pleine poire abattre deux ennemis en même temps, lorsque Hulk et Miss Hulk couplent leurs forces, le temps d'un team-up qui voit aussi le nouveau Spider-Man (Miles Morales) se joindre à la bataille. Ce Hulk là n'a rien d'effrayant, de pathétique, de monstrueux, c'est un colosse de jade cool, qui fait de l'humour, se place dans des situations difficiles et maladroites, une sorte de peluche dopée aux rayons gamma dont la mission première est pour le moment de courir à travers le globe pour aller stopper l'apparition de vrais monstres ce coup-ci, arrivés de nulle part. On trouve un peu de cette touche décalée et satirique que Peter David avait pendant si longtemps su maintenir sur la série, à ses grandes heures, mais en même temps il manque de la profondeur, une justesse psychologique, pour que ce titre mérite vraiment d'être applaudi des deux mains. ce Totally Awesome Hulk est une sorte de dessin animé rassurant avec un héros gigantesque mais bon, qui frappe le sourire aux lèvres et emballe tout ce qui bouge en même temps. A des années lumière du Banner mesquin et torturé, bien ancré dans une opération de rajeunissement de la ligne éditoriale, ce qui va quand même défriser plus d'un lecteur bien rodé, qui va sentir le vide s'ouvrir sous ses pieds. Hulk, la série qui donne la banane et se consomme au troisième degré? Sacrilège ou coup de génie? 



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WORLD WAR HULK (HACHETTE LA COLLECTION REFERENCE)

Amateurs de poésie et de récits psychologiques et complexes, la collection Hachette dite "de référence" a pensé à vous, en présentant World War Hulk à ses lecteurs. Vous vous souvenez?
Hulk est vert. De rage. Il faut dire que le géant de jade s’est fait exilé dans l’espace par ses anciens compagnons d’arme. Figurez vous que les Illuminati, une sorte de secte élitiste comprenant la crème du monde super-héroïque, ont décidé de se débarrasser du colosse en le plaçant dans une fusée, destination une gentille planète verdoyante et inhabitée où il n’embêtera plus personne et trouvera le calme tant désiré. Seulement voilà, la navette n’arrive pas à destination, mais plutôt sur un monde guerrier où Hulk est vite réduit en esclavage, transformé en gladiateur, puis où il devient le héros d’un peuple, une icône; dulcis in fondo il trouve l’amour et semble enfin comblé. Catastrophe donc le jour où son vaisseau terrien explose mystérieusement, entraînant de la sorte la perte de Caiera son épouse locale, et du petit qu’elle portait en son sein. La vengeance va être terrible ! Epaulé par ses compagnons d’armes les plus fidèles, Hulk revient sur Terre pour réduire les Illuminati en poussière. Qui ne peuvent plus se cacher : Le voilà ! Et que de subtilité dans ce retour du géant vert. Hulk commence par un petit détour sur la Lune où il retrouve Flèche Noire, leader des Inhumains, et membre de la secte des héros imprudents. Ce dernier ne fait bien entendu pas le poids, et se fait très sévèrement exploser la tête. Hulk débarque ensuite sur Terre, où il réclame qu’on lui livre les «traîtres» responsables de sa condition. Tony Stark, alias Iron Man, a beau se construire une armure étudiée pour l’occasion, Hulk n’en a cure et le traite comme une vulgaire boîte de conserve qu’on aurait juste un peu de mal à ouvrir. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant si au fil des pages vous allez rencontrer une longue série d'onomatopées en lettres capitales, d'explosions cataclysmiques, ou des visages tuméfiés marqués par les gnons. World War Hulk c'est le grand crossover bourrin de l'ère moderne chez Marvel, et d'ailleurs tout était annoncé dans le titre. Guerre mondiale + le géant vert, rien ne laissait augurer d'une aventure subtile. 

Voilà pour le plot de la première partie de ce qui fut le grand "marvel-event" de 2007, et que nous pouvons aujourd'hui relire avec le recul qui s'impose, dans la collection Hachette. Bien sur, pour ce qui est de la psychologie et de la subtilité, WWH lorgne plutôt du coté des bons (?) films de Van Damme que vers une probable palme d'or cannoise. Romita Junior nous offre de bien belles planches, et d’autres plus contrastées, mais pour ceux qui aiment son style, ça reste une bonne prestation graphique. Le sang et les blessures s'y trouvent à foison, parfois caricaturés comme pour atténuer l'effet d'une boucherie fort improbable. Greg Pack n'essaie même pas de faire sembler, le plaisir est régressif, comme assister à une rencontre de catch interplanétaire où tout le monde cogne son voisin. Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est son coté «peu crédible». Hulk a beau être vraiment fort, et il a beau être épaulé par quelques extraterrestres remontés (les Liés en guerre de la planète Sakaar), je me rappelle que par le passé Wolverine ou Spider-man réussirent à lui tenir tête dans de vieux épisodes des 80's et 90’s. Et voilà que cette fois, avec le monde Marvel contre lui, Hulk est si enragé qu’il résiste à tout et à tous ? En tous les cas, ce comics est avant tout un vaste exutoire : Hulk va tout casser, Hulk détruire et détruire encore, Hulk pas content et tu vas chier du sang. Réjouissant sur le moment, mais aussi banalement assez frustrant, quand on constate que tout cet excès de colère n'a finalement pas apporté grand chose à la cosmogonie Marvélienne : de la baston jusqu'à plus soif, des héros humiliés et des dégâts en pagaille, et puis on oublie tout et on recommence : voici qu'arrivent les Skrulls et leur "invasion secrète", enchaînons, enchaînons, sans transition... Ah si, une conséquence logique, il y en a une : l'arrivée de Rulk, le Hulk rouge de Jeph Loeb, qui a été encensé par certains (bien peu) et répudiés par les autres (la grande majorité, en gros tous les lecteurs possédant un minimum de sens critique). WWH, ça le fait vraiment, à condition de le prendre pour ce qu'il est : un divertissement simple et immédiat, sans grande portée artistique. 




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PLANETE HULK ACTE 1 (LA COLLECTION MARVEL COMICS CHEZ HACHETTE)

Un jour ou l'autre, il fallait bien que cela arrive. Je veux dire : comment régler la question Hulk, quand le géant vert, même s'en forcément le vouloir, détruit un jour San Francisco, le lendemain en découd avec l'armée? La question épineuse a été au centre d'un long débat chez les Illuminati (groupe secret regroupant les plus éminents héros de la Terre) qui ont opté pour une conclusion discutable : l'exil. C'est ainsi qu'ils ont piégé Hulk avec de fausses bonnes intentions, et l'ont placé à bord d'une fusée en direction d'une paisible planète où il pourra se relaxer indéfiniment sans faire de mal à personne. Ce n'est pas du goût de Bruce Banner, d'autant plus qu'un incident survient en vol, et que l'atterrissage ne se fait plus sur l'Eden promis, mais sur un monde guerrier qui ne connaît que le bruit, la fureur et le sang, et où Hulk, d'entrée de jeu, et réduit en esclavage. Certes, à bien y repenser, il est illusoire de croire qu'on peut enchaîner une telle créature, et du reste, assez rapidement, le colosse de jade va se faire des amis, des compagnons d'arme, et soulever une véritable révolution (un Gladiator moderne venu d'outre-espace) qui va le placer sur le trône en compagnie de Caiera, beauté autochtone qui va devenir sa reine et son amour de l'autre bout du cosmos. Dit comme ça c'est presque idyllique, et on pourrait penser que Hulk est enfin dans son élément et que la décision discutable des Illuminati lui a changé (en bien) la vie. C'est sans compter sans un drame final... Bienvenue sur la Planète Hulk, où ça castagne jour et nuit!



Au départ, Planet Hulk ne devait être qu'un story-arc en quatre parties, pensé par Joe Quesada pour relier les aventures du personnage à Civil War. En fait, cela deviendra vite la plus longue saga du personnage, centrée autour de quatorze numéros divisés en quatre volets, et c'est Greg Pack qui va recevoir la patate chaude : mettre en scène ce monde guerrier, Sakaar, sur lequel Hulk va vivre des aventures qui nous rappellent vaguement la Rome Antique et les gladiateurs, sur fond de paysage extra-terrestre. La nouveauté pour le géant vert, c'est que sur Sakaar, d'autres combattants ont une force similaire, et qu'il peut enfin donner libre cours à toute la rage qu'il a combattu des années durant. D'ailleurs, c'est seulement en laissant exploser son vrai potentiel qu'il pourra survivre et gravir les échelons sociaux, au point de devoir déterminer son avenir, sa voie. Il y a de tout là-dedans : des homme-insectes, des robots, de la violence, des monstres, des vaisseaux spatiaux, une nature alien, bref, un vrai condensé d'aventure qui prend le lecteur par la main, et le guide à travers tout un macrocosme novateur et parfois déroutant, pour qui est habitué aux aventures plus classiques de Hulk. Mais c'est indiscutablement une réussite sur la longueur, un de ces récits qui marquent leur temps et que les passionnés du personnage ne peuvent pas ne pas avoir lu. Les combats, la gloire et la sueur dans l'arène, sont aussi le décorum à payer pour un récit qui mêle amitié, émotions, et loyauté, avec conviction et intelligence. Pour les dessins, la prestation de Carlo Pagulayan, un philippin alors à son premier grand succès pour Marvel, est relativement bonne, avec une belle galerie de héros et guerriers saisissants et touchants, tous bien mis en scène, avec une lisibilité notable et une attention certaine à l'expression des sentiments des différents intervenants. Un bon choix de la part de Hachette, pour initier les novices au géant vert.


MARVEL DARK MAGNETO : LE TESTAMENT

Ce mois-ci chez Panini, dans la collection Marvel Dark, ressort un des albums les plus "adultes" et qualitativement intéressant de ces dernières années, pour ce qui est de l'univers des mutants. Magneto, incarné avec brio au cinéma par Michael Fassbender, est la figure centrale d'un récit qui revient sur les origines de cet anti-héros, en plongeant dans les méandres du drame de l'Histoire avec une majuscule. Le coup de génie de Chris Claremont, avec le personnage de Magneto, fut de donner une épaisseur, une profondeur inattendue à l’homme, plus qu’au criminel. Derrière le masque du terroriste, réside ainsi un être meurtri par l’histoire. Erik Lehnserr est un rescapé des camps de la mort, et il a vécu les pogroms, la chasse et l’élimination systématique des juifs par les nazis, ce qui lui a coûté sa famille et une bonne partie de son humanité. En tant que mutant, il s’est juré de protéger les siens, et de leur éviter un destin semblable. Et comme pour lui il n’existe pas de meilleure défense que l’attaque, il prend donc l’initiative en faisant régner la terreur, dès ses premières apparitions dans la série Uncanny X-men . Nous retrouvons Magneto, qui a entre temps a vu ses mobiles et sa psychologie maintes fois retouchés en quarante ans de carrière ( il a même guidé momentanément les X-men ! ), dans ce Marvel Dark qui tombe à point nommé, vu l'actualité des salles obscures. Pourtant ici, il ne sera jamais question de super pouvoirs ou de types en costume. On a droit pour le coup à des supers méchants en uniformes (les allemands) et des victimes désignées qui luttent pour leur survie, partagées entre un besoin et une envie de fuite, et une résistance acharnée et pratiquement utopique. Encore une œuvre autour de la Shoah, s’exclameront les lecteurs blasés, après le Maus de Spiegelman, La vita è bella de Roberto Benigni ou le récent documentaire colorisé, Apocalypse diffusé sur France 2 ! Et bien oui, encore une, qui forcément, puisque qu’elle colle véritablement à la réalité historique, n’apporte guère de nouvelles révélations sur cette sombre période de l’Histoire, mais qui touche au but par la justesse du ton et l’émouvante sincérité du récit.

Là où Spiegelman utilise des souris et des chats, DiGiandomenico, un italien aussi sympathique que prolifique, déjà vu et apprécié sur de multiples séries Marvel (tout récemment encore avec une mini série où le Punisher dézingue... les Avengers), mise sur le réalisme de planches soignées et puissantes, jusque dans le regard effaré, indigné, désespéré, des différents personnages qui traversent cet album fort différent des autres albums versant dans la mutanité déjà proposés. De ci de là sont disséminés des indices sur les futurs pouvoirs de Magneto, mais jamais il ne peut les utiliser pour aider les siens, même quand on peut supposer que ce serait enfin le moment ( juste avant la fusillade de ses parents, ou lors d'un lancer de javelot qui laisse planer le doute... ); c’est l’impuissance d’un jeune adolescent face à une tragédie absurde qui répond à nos attentes de lectures super héroïques. Un coup de chapeau à Greg Pack pour ce récit mature et rondement mené (de sa part c’est assez surprenant pour être noté) que vous pouvez vous procurer en toute tranquillité, si vous ne l'avez pas déjà fait, depuis sa sortie : du bel ouvrage, et une piqûre de rappel salutaire en ces temps où le révisionnisme décomplexé de certains donne froid dans le dos. 


MARVEL SELECT : PLANÈTE HULK TOME 1

Le contenu:
Un jour ou l'autre, il fallait bien que cela arrive. Je veux dire : comment régler la question Hulk, quand le géant vert, même s'en forcément le vouloir, détruit un jour San Francisco, le lendemain en découd avec l'armée? La question épineuse a été au centre d'un long débat chez les Illuminati (groupe secret regroupant les plus éminents héros de la Terre) qui ont opté pour une conclusion discutable : l'exil. C'est ainsi qu'ils ont piégé Hulk avec de fausses bonnes intentions, et l'ont placé à bord d'une fusée en direction d'une paisible planète où il pourra se relaxer indéfiniment sans faire de mal à personne. Ce n'est pas du goût de Bruce Banner, d'autant plus qu'un incident survient en vol, et que l'atterrissage ne se fait plus sur l'Eden promis, mais sur un monde guerrier qui ne connaît que le bruit, la fureur et le sang, et où Hulk, d'entrée de jeu, et réduit en esclavage. Certes, à bien y repenser, il est illusoire de croire qu'on peut enchaîner une telle créature, et du reste, assez rapidement, le colosse de jade va se faire des amis, des compagnons d'arme, et soulever une véritable révolution (un Gladiator moderne venu d'outre-espace) qui va le placer sur le trône en compagnie de Caiera, qui va devenir sa reine et son amour de l'autre bout du cosmos. Dit comme ça c'est presque idyllique, et on pourrait penser que Hulk est enfin dans son élément et que la décision discutable des Illuminati lui a changé (en bien) la vie. C'est sans compter sans un drame final... Bienvenue sur la Planète Hulk, où ça castagne jour et nuit!

Notre avis :
Au départ, Planet Hulk ne devait être qu'un story-arc en quatre parties, pensé par Joe Quesada pour relier les aventures du personnage à Civil War. En fait, cela deviendra vite la plus longue saga du personnage, centrée autour de quatorze numéros divisés en quatre volets, et c'est Greg Pack qui va recevoir la patate chaude : mettre en scène ce monde guerrier, Sakaar, sur lequel Hulk va vivre des aventures qui nous rappellent vaguement la Rome Antique et les gladiateurs, sur fond de paysage extra-terrestre. La nouveauté pour le géant vert, c'est que sur Sakaar, d'autres combattants ont une force similaire, et qu'il peut enfin donner libre cours à toute la rage qu'il a combattu des années durant. Au contraire, c'est seulement en laissant exploser son vrai potentiel qu'il pourra survivre et gravir les échelons sociaux, au point de devoir déterminer son avenir, sa voie. Il y a de tout là-dedans : des homme-insectes, des robots, de la violence, des monstres, des vaisseaux spatiaux, une nature alien, bref, un vrai condensé d'aventure qui prend le lecteur par la main, et le guide à travers tout un macrocosme novateur et parfois déroutant, pour qui est habitué aux aventures plus classiques de Hulk. Mais c'est indiscutablement une réussite sur la longueur, un de ces récits qui marquent leur temps et que les passionnés du personnage ne peuvent pas ne pas avoir lu. D'autant plus que la conclusion explique ce qui va se dérouler ensuite dans World War Hulk, un grand event Marvel beaucoup moins convaincant. Pour les dessins, la prestation de Carlo Pagulayan, un philippin alors à son premier grand succès pour Marvel, est relativement bonne, avec une belle galerie de héros et guerriers saisissants et touchants, tous bien mis en scène, avec une lisibilité notable et une attention certaine à l'expression des sentiments des différents intervenants. Pensez juste à lire auparavant le Marvel Icons HS 5 qui présente l'exil de Hulk dans l'espace, et puis jetez vous sur cet album (tome 1, attention, il y en aura un second) qui fut autrefois publié dans le format Marvel Monster, sur du papier de qualité bien médiocre. 



WORLD WAR HULK REVIENT DANS LA COLLECTION MARVEL SELECT

World War Hulk, again. Après la version en Marvel Deluxe, voici venir celle en format économique, c'est à dire dans la collection Marvel Select. L'intégrale de la saga, prologue compris (Worldbreaker), Aftersmash inclus, pour un tout petit peu plus de seize euros. C'est le moment ou jamais pour y jeter un oeil, au cas où vous seriez parmi les retardataires. Voilà de quoi il s'agit, suivez le guide. 


Hulk est vert. De rage. Il faut dire que le géant de jade s’est fait exilé dans l’espace par ses anciens compagnons d’arme. Figurez vous que les Illuminati, une sorte de secte élitiste comprenant la crème du monde superhéroïque, ont décidé de se débarrasser du colosse en le plaçant dans une fusée, destination une gentille planète verdoyante et inhabitée où il n’embêtera plus personne et trouvera le calme tant désiré. Seulement voilà, la navette n’arrive pas à destination, mais plutôt sur un monde guerrier où Hulk est vite réduit en esclavage, transformé en gladiateur, puis où il devient le héros d’un peuple, une icône; dulcis in fondo il trouve l’amour et semble enfin comblé. Catastrophe donc le jour où son vaisseau terrien explose mystérieusement, entraînant de la sorte la mort de Caiera son épouse locale, et du petit qu’elle portait en son sein. La vengeance va être terrible ! Epaulé par ses compagnons d’armes les plus fidèles, Hulk revient sur Terre pour réduire les Illuminati en poussière. Qui ne peuvent plus se cacher : Le voilà !










Que de subtilité dans ce retour du géant vert. Hulk commence par un petit détour sur la Lune où il retrouve Flèche Noire, leader des Inhumains, et membre de la secte Illuminati. Ce dernier ne fait bien entendu pas le poids, et se fait très sévèrement exploser la tête. Hulk débarque ensuite sur Terre, où il réclame qu’on lui livre les « traîtres » responsables de sa condition. Tony Stark, alias Iron Man, a beau se construire une armure étudiée pour l’occasion, Hulk n’en a cure et le traite comme une vulgaire boîte de conserve qu’on aurait juste un peu de mal à ouvrir. Voilà pour le plot de la première partie de ce qui fut le grand "marvel-event" de 2007, et que nous pouvons aujourd'hui relire avec le recul qui s'impose, mais aussi avec le plaisir évident que procurent les Marvel Deluxe, ces albums de prestige publiés par Panini, ou autres Marvel Select, pour les lecteurs qui désirent économiser. Bien sur, pour ce qui est de la psychologie et de la subtilité, WWH lorgne plutôt du coté des bons ( ? ) films de Van Damme que vers une probable palme d'or cannoise. Romita Junior nous offre de bien belles planches, et d’autres plus contrastés, mais pour ceux qui aiment son style, ça reste une bonne prestation graphique. Le sang et les blessures s'y trouvent à foison, parfois caricaturés comme pour atténuer l'effet d'une boucherie fort improbable. Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est son coté « peu crédible ». Hulk a beau être vraiment fort, et il a beau être épaulé par quelques extraterrestres remontés, je me rappelle que par le passé Wolverine ou Spiderman réussirent à lui tenir tête dans de vieux épisodes des 80's et 90’s. Et voilà que cette fois, avec le monde Marvel contre lui, Hulk est si enragé qu’il résiste à tout et à tous ? En tous les cas, ce comics est avant tout un vaste exutoire : Hulk va tout casser, Hulk détruire et détruire encore, Hulk pas content et tu vas chier du sang (copyright Nukstrike). Réjouissant sur le moment, mais aussi banalement assez frustrant, quand on constate que tout cet excès de colère n'a finalement pas apporté grand chose à la cosmogonie Marvélienne : de la baston jusqu'à plus soif, des héros humiliés et des dégâts en pagaille, et puis on oublie tout et on recommence : voici qu'arrivent les Skrulls et leur "invasion secrète", enchaînons, enchaînons, sans transition... Ah si, une conséquence logique, il y en a une : l'arrivée de Rulk, le hulk rouge de Jeph Loeb, qui a été encensé par certains (bien peu) et répudiés par les autres (la grande majorité, en gros tous les lecteurs possédant un minimum de sens critique). WWH, ça le fait vraiment, à condition de le prendre pour ce qu'il est : un divertissement simple et immédiat, sans grande portée artistique. 





Rating : OOOOO

MARVEL UNIVERSE HS 12 : Une bien pâle aventure du Silver Surfer

Depuis qu'il n'y a plus de série régulière consacrée au personnage, le Silver Surfer doit se contenter, pour exister, d'apparitions épisodiques ou de mini séries, dans le meilleur des cas. La dernière d'entre elles est proposée en kiosque, par Panini, dans un numéro de Marvel Universe HS. Si l'occasion est bonne pour retrouver Norrin Rad et son surf, malheureusement le récit est d'une banalité affligeante, mal construit, et encore plus mal mené. Bref, c'est un ratage total, signé Greg Pack, qui n'en est malheureusement pas à son premier échec cuisant.

Pour vous résumer l'action, disons que le Surfer est perdu au beau milieu de réflexions philosophiques, sur son rôle dans l'univers, tout en contemplant la jungle de la vallée du Rio Grande. En quelques pages, il va sauver la vie d'une jeune fille prise en chasse et abattue par des agents gouvernementaux, rencontrer Suzi Endo, la cybermancienne, et affronter le Maître de l'évolution, qui le prive de ses pouvoirs cosmiques, pour les employer à une autre tâche : créer une forme de vie parfaite qui lui permettra, par la suite, de peupler la Lune de créatures possédant les caractéristiques du Surfer. Au passage, le généticien fou a volé la sphère stellaire de Galactus (celle qui permet au géant cosmique de se nourrir de planètes entières) pour optimiser ses ambitions, et il va recruter un héraut, lui aussi, pour le conduire vers les mondes à refaçonner. Comme Suzi est disponible et à portée de main, autant se servir sans se fatiguer...



C'est illisible. Point. Beaucoup d'événements se télescopent sans logique, sans passion, sans intérêt. Le Surfer, par exemple. A peine spolié de ses pouvoirs, et redevenu humain (même si en réalité c'est un alien), voilà qu'il se jette sur la première bombe venue (Suzi Endo) et qu'il tente de lui rouler un patin sous le coup de l'émotion. Ne parlons pas de sentiments ou d'amour, c'est les hormones qui travaillent Norrin. La brève relation entre les deux personnages est totalement absurde et n'a aucun sens. L'arrivée des Fantastiques (avec Spidey désormais) et de Galactus ne fait qu'ajouter au sentiment d'improvisation permanent qui flotte sur cette mini, initialement prévue en quatre volets, puis portée à cinq. On a l'impression que Pack écrit son scénario au fur et à mesure que les idées lui viennent, durant le travail, et qu'il n'y a absolument pas pensé avant. Cotés dessins, c'est Stephen Segovia et Harvey Tolibao qui sont censés sauver la mise et nous faire passer la pilule. Sans être mauvais, leur travail n'a pas le charme ou le caractère suffisant pour gommer tous les défauts déjà évoqués. Voilà donc une revue intéressante pour le rapport quantité/prix (une mini complète pour moins de six euros, voilà ce qu'on attend de Panini) mais au contenu frelaté et soporifique. Faut-il donc avoir aussi peu de créativité pour employer de manière aussi superficielle un héros comme le Surfer, qui offre encore tant de possibilités narratives?

Rating : OOOOO

100% MARVEL : MAGNETO Le testament

Le coup de génie de Chris Claremont, avec le personnage de Magneto, fut de donner une épaisseur, une profondeur inattendue à l’homme, plus qu’au criminel. Derrière le masque du terroriste, réside ainsi un homme meurtri par l’Histoire. Erik Lehnserr est un rescapé des camps de la mort, et il a vécu les pogroms, la chasse et l’élimination systématique des juifs par les nazis, ce qui lui a coûté sa famille et une bonne partie de son humanité. En tant que mutant, il s’est juré de protéger les siens, et de leur éviter un destin semblable. Et comme pour lui il n’existe pas de meilleure défense que l’attaque, il prend donc l’initiative en faisant régner la terreur, dès ses premières apparitions dans la série Uncanny X-men . Nous retrouvons Magneto, qui a entre temps a vu ses mobiles et sa psychologie maintes fois retouchés en quarante ans de carrière ( il a même guidé momentanément les X-men ! ), dans un très bon 100% Marvel consacré aux X-men. Pourtant ici, il ne sera jamais question de super pouvoirs ou de types en costume. On a droit pour le coup à des supers méchants en uniformes (les allemands) et des victimes désignées qui luttent pour leur survie, partagées entre un besoin et une envie de fuite, et une résistance acharnée et pratiquement utopique. Encore une œuvre autour de la Shoah, s’exclameront les lecteurs blasés, après le Maus de Spiegelman, La vita è bella de Roberto Benigni ou le récent documentaire colorisé, Apocalypse diffusé sur France 2 ! Et bien oui, encore une, qui forcément, puisque qu’elle colle véritablement à la réalité historique, n’apporte guère de nouvelles révélations sur cette sombre période de l’Histoire, mais qui touche au but par la justesse du ton et l’émouvante sincérité du récit.



Là où Spiegelman utilise des souris et des chats, Di Giandomenico, un italien qui monte, qui monte, chez Marvel, mise sur le réalisme de planches soignées et puissantes, jusque dans le regard effaré, indigné, désespéré, des différents personnages qui traversent cet album fort différent des autres 100% Marvel déjà proposés. De ci de là sont disséminés des indices sur les futurs pouvoirs de Magneto, mais jamais il ne peut les utiliser pour aider les siens, même quand on peut supposer que ce serait enfin le moment ( juste avant la fusillade de ses parents, ou lors d'un lancer de javelot qui laisse planer le doute... ); c’est l’impuissance d’un jeune adolescent face à une tragédie absurde qui répond à nos attentes de lectures super héroïques. Un coup de chapeau à Greg Pack pour ce récit adulte et rondement mené (de sa part c’est assez surprenant pour être noté) que vous pouvez vous procurer en toute tranquillité, si vous ne l'avez pas déjà fait, depuis sa sortie : du bel ouvrage.

Rating : OOOOO

MARVEL TOP 4 : DARK SON Encore un fils pour Hulk

Ma chronique du dernier numéro en date de Marvel Top (le 4, de décembre) sera concise. Je ne m'étendrais pas trop sur cette parution, pour un motif simple : je refuse de perdre trop de temps à m'occuper de cette ineptie. En gros, et en vrac, on retrouve d'entrée Bruce Banner et toute sa famille traitée aux rayons gamma, en plein pic-nic floridien. Oui, dans le petit monde de Hulk, tout le monde a des pouvoirs, tout le monde peut se transformer en une créature surpuissante qui grogne en sous-vêtements déchirés. Même Rick Jones est devenu A-Bomb, même la fragile Betty Ross est devenue une sauvage Red She-Hulk. Des "Hulks" à toutes les sauces, pour toutes les tailles. Mais attention voilà qu'une menace approche de la Terre. Le fils de Hulk! Non, pas Skaar, déjà présent dans les premières planches, non, l'autre, un certain Hiro-Kala, fruit du géant vert et de la belle Caera, jumeau de Skaar. Pour le fond sonore, vous pouvez disposer le générique des Feux de l'Amour, ça y ressemble, dans une version bourin-cosmique. Du coup, Bruce Banner (Hulk quoi) va devoir se bouger les fesses pour sauver le monde et son rejeton. Pourquoi? On s'en fiche. Comment? Ce n'est même pas intéressant. Tout le monde se bat avec tout le monde, c'est bien ça le principal. Greg Pack est vraiment une énigme : comment a t'il pu réaliser ce tour de force, d'ecrire des histoires telles qu'à coté le Rulk de Jeph Loeb semble digne du Eisner Award? Cotés dessins, différents artistes se relaient. Tom Raney fait toujours partie de ceux que j'apprécie le plus (pourquoi est-il venu se fourvoyer ici?) mais il y en a d'autres qui semblent avoir un peu moins de talent (Barry Kitson)

Au fond, pourquoi je suis aussi caustique, aussi critique? Certainement pas à cause de Panini, qui n'a pas le choix, et se doit de présenter ces épisodes 612 à 617 de Incredible Hulks, sous peine de se mettre à dos les complétistes et les aficionados du personnage. D'ailleurs on sent l'embarras pour placer au bon endroit la suite de la série, qui va devoir jongler entre un Marvel Monster et Marvel Universe. Au contraire, Panini offre un ratio pages/prix absolument excellent! C'est en amont que le bât blesse. Si j'avais été plutôt conquis par la saga Planet Hulk et les aventures du géant vert sur une planète inconnue, je suis totalement effaré par la suite donnée à cette tentative audacieuse. Plutôt que d'en faire une parenthèse agréable, source idéal pour un épilogue bien forcé (World War Hulk), ce fut là le pretexte à une extrême confusion des genres, une démultiplication des avatars dopés aux rayons Gamma. Le Hulk rouge de Loeb jouait sa partition avec une indigence totale, le scénario tenait sur une feuille de papier à cigarette. Puis ce fut l'inflation, des versions féminines, des monstres gentils et des fils cachés, bref, toute une famille sans queue ni tête, un fourre-tout sans saveur, un chaos continu qui empirait de mois en mois. Alors sentait-on le besoin d'ajouter Hiro-Kala à ce marasme ambiant? Certainement pas, c'est redondant et totalement absurde. Où est le Bruce Banner solitaire, en proie aux affres existentiels, pourchassé, psychologiquement atteint, mais animé par une grande force d'âme qui le pousse à assumer sa condition de héros traqué, et tragique? Aujourd'hui les titres consacrés à Hulk ressemblent furieusement à un mauvais soap-opera diffusé sur Mtv, la mise en scène sans vergogne d'une famille bancale où se succèdent les événements les plus idiots, qui donnent l'impression d'une improvisation continue, et d'un cruel manque de vision sur le long terme. Relisez le premier et long run de Peter David après ce Marvel Top, juste histoire de bien stériliser votre cerveau, pour garder le moins de traces possibles (ce ne sera pas bien dur, cela dit...)

Rating : OOOOO

MARVEL UNIVERSE 29 : CHAOS WAR C'est parti !

Début ce mois-ci, sur les pages de Marvel Universe 29, de CHAOS WAR, le nouveau grand carnage impliquant aussi bien Dieux que super héros de bonne volonté. La première remarque est que résumer l'intrigue est simple, et confus à la fois. Le Chaos, quoi. Disons, pour faire court, qu'Hercule est de retour parmi nous. On le croyait mort, mais il était juste perdu dans un monde parallèle, et c'est son jeune et génial ami Amadeus Cho qui l'a tiré de ce mauvais pas. Au passage Amadeus lui a trasmis des pouvoirs quasi divins, qu'il avait obtenu en luttant avec Thor, pour le destin du fils de Zeus. Le nouveau Hercule est infiniment plus fort que l'ancien, et il va même devoir s'habituer à cette surdose de pouvoirs qui le rend aussi dangereux qu'imprévisible pour ses alliés. Cela dit, ce sera bien utile pour contrecarrer les plans d'un nouvel ennemi que rien ne semble pouvoir arrêter : le Roi du Chaos (aussi dénommé Amatsu-Mikaboshi) qui progresse inexorablement vers notre dimension, en défaisant facilement tous ceux qui se dressent sur son chemin, de Cauchemar, le seigneur des songes, à Pluton ou Zeus en personne! Son but est d'instaurer le Chaos primordial antécédent à l'existence de toute chose, autrement dit une forme de néant, ennemi intime de la vie, de l'existence, et cela suppose un carnage cosmique effroyable. Hercule n'est pas seul dans sa tâche impossible, il s'est entouré de recrues au sein d'un "escadron divin", qui comporte entre autres Thor, le Dieu du Tonnerre, Venus, Déesse de l'amour, ou encore Galactus, le dévoreur de mondes. Du beau monde, certes, mais en face, c'est du très lourd. Et pour chaque adversaire ou panthéon qu'il abat, le Roi du Chaos absorbe la force des vaincus pour en devenir toujours plus fort. Avouez que dans ces conditions, sa victoire finale et l'anéantissement de tout ne semble plus qu'une question de jours, à moins d'un vrai miracle...



Le sommaire de la revue est composé avant tout des trois premiers épisodes de Chaos War, de loin le plat de résistance. Sans être géniaux, ils ont au moins le mérite de faire avancer rapidement l'intrigue. Par contre, les one-shot liés à l'évenement sont vraiment indigents. Passe encore celui consacré à Ares, où nous découvrons les liens qui unissent le Dieu de la guerre au Roi du Chaos (ils se sont déjà affrontés à mort par le passé), bien illustrés par Segovia. Par contre, celui intitulé "Chaos King" est aussi confus qu'ennuyeux. Une sorte de disgression métaphysique sur les hommes qui abandonnent progressivement leurs Dieux, le tout situé sur Zenn-La, la planète natale de Norrin Rad (Silver Surfer). Totalement inutile. Khoi Pham est à l'ouvrage sur Chaos War, c'est lui qui gère la partie graphique, et je ne suis pas totalement satisfait. Parfois son trait devient brouillon, caricatural, les visages deviennent disgrâcieux et sans expression. Il semble avoir par contre plus de chance quand il doit représenter des personnages en pleine ascension, comme cette belle planche où Hercule emporte son père Zeus dans les cieux, pour le finir de sa propre main. Venus est présente elle aussi, dans un rôle plus comique qu'autre chose. On la voit même chanter du Bob Marley pour donner du coeur à l'ouvrage aux héros qui ont succombé... je reste dubitatif! Les onomatopées aussi sont parfois infantiles. Quand Hercule assène un direct au Silver Surfer, ça donne un "megapunch" qui me donne l'impression de lire un manga. Autrement, c'est la boucherie, les morts reviennent à la vie (très pratique, cette Chaos War, pour faire revenir sur le devant de la scène des héros tombés ces mois derniers. Encore une grosse ficelle usée jusqu'à la corde...) pour mourir à nouveau (où va t'on, quand on meurt après la mort?). Les Dieux sont partout, le panthéon grec nous est servi à toutes les sauces, et du coup, j'ai comme un accès de nostalgie quand je compare cette orgie avec ce que savait nous offrir Jim Starlin autrefois, quand il faisait de Thanos la grande menace cosmogonique. Pak et Van Lente n'ont aucune finesse, à coté, et ils nous débitent du défouraillage divin au kilomètre, sans prendre le temps de souffler. Chaos War, c'est du grand spectacle, mais aussi du grand guignol pas très bien maitrisé. Pour revenir à mes premières impressions, c'est le chaos, le vrai, au moins le titre n'est pas mensonger. Curieusement, je ne suis pas très pressé de lire la suite. Il faut croire que ce premier rendez-vous est loin d'avoir eu l'impact désiré...

Rating : OOOOO

LE BAISER X DE LA RENTREE


Après FEAR ITSELF, Marvel décide de changer de fusil d'épaule. Les récents teasers nous promettent de mettre l'accent sur la vie sentimentale et privée de nos héros préférés. A commencer par cette cover qui circule en boucle depuis plusieurs jours sur le web, ce baiser fougueux entre les deux leaders historiques des X-men, d'un coté Scott Summers, et de l'autre Ororo Munroe. Greg Pack, qui reprend la série Astonishing X-men à partir du numéro 44, assure qu'il s'agit bien d'une vraie liaison, dans la continuité de ce qu'on aura pu lire jusque là, et qu'il ne s'agit pas d'un effet d'annonce ou d'un dessin pour attirer le lecteur curieux. En voilà donc une nouvelle... Très personnellement, et bien que tous les goûts soient dans la nature, après Jean Grey la rousse et la blonde barbie Emma Frost, que vient faire Scott dans cette galère ? D'autant plus que si Tornade a parfois été mise splendidement en valeur (au fait, elle est mariée à la Panthère Noire, non?), ce look androgyne punk la rapproche plus de Daken (le Dark Wolverine fils de Logan) que d'une déesse africaine. Et si Scott Summers était gay? En voilà un truc sympa qu'on aimerait bien lire, un de ces jours. En attendant, avec qui se consolera la White Queen, mon fantasme incarné? Les X-men, c'est plus fort qu'Amour, gloire et beauté !

WORLD WAR HULK (Marvel Deluxe) Une grosse boucherie sous le sapin


 
WORLD WAR HULK (Marvel Deluxe - Panini)

A l'occasion de la sortie (avant les fêtes, bien entendu) du Marvel Deluxe consacré à World War Hulk, je vous repropose un petit billet sur le géant vert initialement publié en 2009 sur ce site. Billet par ailleurs retiré pour éviter les doublons. La version 2.0 est donc ci dessous, en souhaitant qu'elle puisse éclairer les choix et les achats des retardataires. De Greg Pack (scénario) et John Romita Jr (dessins).

Hulk est vert. De rage. Il faut dire que le géant de jade s’est fait exilé dans l’espace par ses anciens compagnons d’arme. Figurez vous que les Illuminati, une sorte de secte élitiste comprenant la crème du monde superhéroïque, ont décidé de se débarasser du colosse en le plaçant dans une fusée, destination une gentille planète verdoyante et inhabitée où il n’embêtera plus personne et trouvera le calme tant désiré. Seulement voilà, la navette n’arrive pas à destination, mais plutôt sur un monde guerrier où Hulk est vite réduit en esclavage, transformé en gladiateur, puis où il devient le héros d’un peuple, une icône; dulcis in fondo il trouve l’amour et semble enfin comblé. Catastrophe donc le jour où son vaisseau terrien explose mystérieusement, entraînant de la sorte la mort de Caiera son épouse locale, et du petit qu’elle portait en son sein. La vengeance va être terrible ! Epaulé par ses compagnons d’armes les plus fidèles, Hulk revient sur Terre pour réduire les Illuminati en poussière. Qui ne peuvent plus se cacher : Le voilà !


Que de subtilité dans ce retour du géant vert. Hulk commence par un petit détour sur la Lune où il retrouve Flèche Noire, leader des Inhumains, et membre de la secte Illuminati. Ce dernier ne fait bien entendu pas le poids, et se fait très sévèrement exploser la tête. Hulk débarque ensuite sur Terre, où il réclame qu’on lui livre les « traîtres » responsables de sa condition. Tony Stark, alias Iron Man, a beau se construire une armure étudiée pour l’occasion, Hulk n’en a cure et le traite comme une vulgaire boîte de conserve qu’on aurait juste un peu de mal à ouvrir. Voilà pour le plot de la première partie de ce qui fut le grand "marvel-event" de 2007, et que nous pouvons aujourd'hui relire avec le recul qui s'impose, mais aussi avec le plaisir évident que procurent les Marvel Deluxe, ces albums de prestige publiés par Panini. Bien sur, pour ce qui est de la psychologie et de la subtilité, WWH lorgne plutôt du coté des bons ( ? ) films de Van Damme que vers une probable palme d'or cannoise. Romita Junior nous offre de bien belles planches, et d’autres plus contrastés, mais pour ceux qui aiment son style, ça reste une bonne prestation graphique. Le sang et les blessures s'y trouvent à foison, parfois caricaturés comme pour atténuer l'effet d'une boucherie fort improbable. Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est son coté « peu crédible ». Hulk a beau être vraiment fort, et il a beau être épaulé par quelques extraterrestres remontés, je me rappelle que par le passé Wolverine ou Spiderman réussirent à lui tenir tête dans de vieux épisodes des 80's et 90’s. Et voilà que cette fois, avec le monde Marvel contre lui, Hulk est si enragé qu’il résiste à tout et à tous ? En tous les cas, ce comics est avant tout un vaste exutoire : Hulk va tout casser, Hulk détruire et détruire encore, Hulk pas content et tu vas chier du sang (copyright Nukstrike). Réjouissant sur le moment, mais aussi banalement assez frustrant, quand on constate que tout cet excès de rage n'a finalement pas apporté grand chose à la cosmogonie Marvélienne : de la baston jusqu'à plus soif, des héros humiliés et des dégats en pagaille, et puis on oublie tout et on recommence : voici qu'arrivent les Skrulls et leur "invasion secrète", enchainons, enchainons, sans transition... Ah si, une conséquence logique, il y en a une : l'arrivée de Rulk, le hulk rouge de Jeph Loeb, qui a été encensé par certains (bien peu) et répudiés par les autres (la grande majorité, en gros tous les lecteurs possédant un minimum de sens critique). Un gros pavé de presque trois cent pages et trente auros qui réjouira votre petit cousin de quatorze ans, à ne pas placer sous le sapin de votre grand oncle de quarante qui a découvert les comics dans les seventies, et qui pourrait bien vous en vouloir jusqu'au prochain réveillon. WWH, ça le fait vraiment, à condition de le prendre pour ce qu'il est : un divertissement simple et immédiat, sans grande portée artistique. 
 
Rating : OOOOO 


100% MARVEL WAR MACHINE 1 "Coeur de fer"

James « Rhodey » Rhodes est une machine de guerre depuis longtemps déjà. Voilà quelques années, il officiait sous l’armure grise et ultra high-tech de War Machine, à la demande de son ami et mentor Tony Stark. La différence est que cette fois il EST la machine. Mi homme mi robot, James a payé un lourd tribut au conflit du Moyen-Orient, en y perdant les bras et les jambes, et une partie du visage. En échange la technologie l’a rendu plus redoutable que jamais. Rhodey est de retour au Moyen-Orient, précisément en Aquiria, une contrée Marvel fantaisiste, pour stopper le massacre de civils innocents pris dans une guerre civile qui dépasse un peu tout le monde. Alors que la guerre semble alimentée par un fabriquant d’armes sans scrupules (Eaglestar) il s’avère vite que derrière ce dernier se cache Norman Osborn. Se mettre en travers du chemin d’un tel psychopathe est l’assurance de s’assurer un gros paquet d’ennuis. Dans le cas présent c’est carrément un Dieu qui se retrouve opposé à notre nouveau cyborg, Arès, le sous fifre musclé du H.a.m.m.e.r. Sans compter sur d’anciens amis désormais ennemis, et d’autres perturbations d’ordre personnel qui compliquent la vie de James. L’idée qui sous tend toute cette histoire est une sorte de « What if ? », ou mieux encore de « Amalgam », la ligne qui mixait les héros Marvel et Dc pour en faire des hybrides assez idiots, d’ailleurs. Que serait le personnage d’Iron Man avec l’absence de scrupules et le modus operandi du Punisher ou de Wolverine ? La transformation en demi-machine offre à James des possibilités quasi illimitées de faire triompher le bien (son idée du bien) à sa façon, mais à quel prix ? L’humanité du héros peut-elle être sacrifiée sur l’autel de cette armada high-tech dont dépend son existence même ? Les dessins de Manco oscillent entre confusion et approche « crade » de la réalité du conflit, ce qui est finalement en adéquation avec le thème de l’album. Ce qui évoque furieusement la décennie des nineties et ses héros « gritty » et sur le fil de la moralité. Une belle orgie de violence et de fausses préoccupations morales, prétexte à exploser tout ce qui bouge. La guerre c’est sale, forcément, nous rappelle Greg Pack.

LA SIMULATION (DE LOIC HECHT) : ET SI NOUS VIVIONS DANS UN MONDE QUI N'EXISTE PAS ?

La question est proprement vertigineuse, raison pour laquelle nous avions tant envie de découvrir La simulation , enquête réalisée par Loïc ...