THE INFINITY CRUSADE : La croisade cosmique de Jim Starlin

Parfois, le bien est encore moins désirable que le mal. Prenez par exemple le cas d'Adam Warlock, lorsqu'il s'efforça de chasser ces deux notions antithétiques de son âme, pour endosser brièvement la manteau de l'omnipotence cosmique, à la fin d'Infinity Gauntlet. Sa partie négative s'est réincarnée sous la forme du Mage, et a bien failli causer la perte de l'univers tout entier. Mais son coté positif n'est pas en reste. Voilà qu'il se matérialise sous la forme d'une femme, une version féminine d'Adam Warlock, particulièrement portée sur la spiritualité et le divin, au point de se baptiser elle même la Déesse. Et pour être à la hauteur de son titre, elle aura besoin, c'est évident, de faire oeuvre de prosélytisme, et de recruter des âmes crédules, qui croiront en elle et en l'illumination prochaine, qui viendra ravir le cosmos et apporter un nouvel âge de paix universelle. Miss Richards, des Fantastiques, Hercule, Tornade, le Silver Surfer, Jean Grey, ne sont que quelques uns de ses fidèles recrutés à leur insu, pour participer à cette vaste opération de salut. Sauf que dans l'esprit retors de la Déesse, sauver l'univers et le détruire, c'est un peu la même chose. La paix universelle, on l'obtient, selon elle, lorsque la création cesse d'être, ce qui est le meilleur moyen de faire disparaître le mal, certes, mais à quel prix! En attendant, elle rassemble son armée sainte sur une planète crée artificiellement (Paradis Omega), grâce au pouvoir combiné de toute une série de cubes cosmiques, et se prépare à recevoir tous les autres héros de la Terre, bien décidés à ramener les brebis égarées et à sauver l'univers, une fois de plus. Cela va sans dire : parmi la légion des intervenants, une place de choix est réservée à Adam Warlock, mais aussi à Thanos (toujours dans son rôle ambigu de vilain presque repenti, plein de sagesse et de duperie) et aux membres de la Infinity Watch, les amis et alliés d'Adam, pour le meilleur et pour le pire.



Certains objecteront que cette saga, qui constitue la troisième et dernière partie d'une trilogie, commence sérieusement à manquer de souffle. Ils n'auront pas tout à fait tort. Inutile de préciser que c'est le volet le moins indispensable, et d'ailleurs les dessins aussi se ressentent d'une certaine lassitude. Ron Lim avait du augmenter la cadence de son travail d'une manière conséquente, et il n'avait plus trop le temps de faire oeuvre de précision chirurgicale. Son encreur, Al Milgrom, n'est de toute évidence pas non plus à la hauteur, et cela finit par se voir. Semic avait opté en son temps pour une publication Vf sous formes de trois albums hors-série, qui existent également en version reliée, facilement trouvable sur les sites de ventes aux enchères. Mais c'est du coté des Tpb en Vo qu'il y a de quoi se régaler. Infinity Crusade a été présentée sous la forme de deux volumes (un seul eut été à classer du coté des petits omnibus) qui reprennent, outre la saga principale, les différents tie-in qui mettent en scène Warlock and The Infinity Watch, série déclinante qui allait tirer sa révérence quelque temps après. Panini n'envisage pas de récupérer cette aventure dans les prochains mois, et il faudrait tout d'abord que les hommes de Modena s'intéressent au cas de Infinity War, avant d'avoir la chance de relire les (mes)aventures de la Déesse, incarnation du bien résidant en Adam Warlock. Du bon gros comic-book mainstream, qui correspondait bien à l'idée que le lecteur des nineties avait d'un "event" ces années là. Encore que quand je feuillette la X-Sanction de Jeph Loeb, et les previews d'Avengers Vs X-Men, j'ai des doutes sur l'évolution naturelle de notre médium favori. Que voulez vous, je suis un nostalgique, et j'ai toujours aimé Infinity dans toutes ses déclinaisons...


Rating : OOOOO

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Lorsque la fin de toute chose approche, vient également le moment de se retourner sur le passé, d'examiner ce qui a été, de reconsidérer...