Ceux que la société considère en réalité comme des freaks sont emprisonnés à San Francisco, mais ils vont vite devoir reprendre du service (et donc s'évader) pour contrer la menace de Maelström, un scientifique malheureux et frustré qui décide de se venger en créant de terribles catastrophes naturelles. C'est un vrai retour aux sources, dans un épisode spécial qui reprend les codes de l'époque, aussi bien dans la mise en couleur que dans la narration. Mitton n'est pas au dessin mais Oliver Hudson capture parfaitement l'esprit des temps d'alors. Les planches sont très classiques et fouillées, et le dessinateur parvient à nous convaincre amplement. Si vous aimiez les french comics dans les années 80, nul doute que vous allez passer un excellent moment. La première série publiée s'appelle de son côté Phantasmic Force; il s'agit d'une des créations tardives de Jack Kirby, qui n'a jamais connu les honneurs d'une version française digne de ce nom. Une histoire d'extraterrestres qui infiltrent notre planète dans l'espoir de répliquer les formes de vie qu'ils y rencontrent, pour asseoir leur domination et rétablir la communication avec un avant-poste installé depuis des temps immémoriaux. Même s'il s'agit d'épisode désormais très datés, on retrouve ce dynamisme et ce sens du merveilleux qui sera par la suite digéré et reproduit à sa manière par Rob Liefeld (et tout un pan des années 90). Il y a certes de la naïveté mais aussi beaucoup d'enthousiasme, et c'est une découverte à faire, réellement. Elle est d'ailleurs parfaitement documentée, avec un reportage très pertinent au sein d'un rédactionnel riche et pertinent. The mighty Titan de Joe Martino et Luca Cicchiti nous présente une histoire assez classique, celle d'un super-héros dont tout le monde ignore l'identité, y compris apparemment sa propre famille, et aux prises avec sa Némésis, un inventeur qui utilise ses prouesses technologiques et des hommes de main qu'il manipule, pour entretenir le sempiternel combat de l'homme de bien contre le mal incarné. C'est agréable à lire et plutôt intelligent, on ne s'ennuie pas. Pour terminer, Thierry Lancelot, qui fait partie des architectes du projet Special Strange, est lui-même le scénariste de la série The Orb, illustrée par Chris Orpiano. Le détenteur des pouvoirs de l'Orbe est en fait une sorte d'incarnation de la conscience collective des anciens représentants de la civilisation des Aleph. Un peu comme si les Gardiens de Oa (Green Lantern) fusionnait avec l'Intelligence Suprême des Kree, pour donner naissance à un Super Captain Marvel Quasar. Beaucoup d'influences qui font de ce titre ce qui se rapproche le plus d'une série "codifiée comic book américain de super-héros", et qui ne perd pas de temps en palabres, appuyant sur la pédale de l'accélérateur dès ce premier numéro, qui se termine par un de ces cliffhangers qu'aiment tant les lecteurs de revues sérielles (vous vous souvenez de Byrne sur Alpha Flight, dès le premier épisode, hein?). Une digne conclusion, très efficace, pour un Special Strange qui s'affranchit donc totalement des titres qui ont fait sa gloire, tout en conservant l'âme de ces productions, ici vivantes sous des formes subtilement différentes, mais absolument méritoires de votre intérêt et de votre curiosité. Vous trouverez aussi une longue interview/portrait de Bob Layton et le premier chapitre de ce qui sera la présentation des hommes et des femmes qui ont marqué les années Lug. Ne manque à l'appel qu'une bonne page du courrier des lecteurs (et pour ça il va falloir écrire, logique…) et l'opération fontaine de jouvence aura fait son effet. L'ensemble nous parait suffisamment structuré, crédible, et d'une qualité telle, que Special Strange a toutes les cartes en main pour aborder une seconde carrière prolifique. Welcome back !
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SPECIAL STRANGE : LE GRAND RETOUR AVEC ORGANIC COMICS & ORIGINAL WATTS
Si comme moi vous avez déjà atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, il est probable que vos premières lectures super-héroïques en langue française remontent à l'époque de Lug, c'est-à-dire des revues mensuelles comme Strange ou Nova, directement en kiosque. Je mets volontairement Special Strange de côté; c'est là-dedans que nous avons découvert les X-Men par exemple, ceux de la grande époque Claremont et Byrne. Nous y trouvions aussi Spider-Man, ou plus tard les New Warriors. Et même si un beau jour nous avons eu la surprise et le désespoir de lire une simple page laconique nous annonçant l'arrêt de ces publications, il n'empêche que ces fondations restent encore aujourd'hui très solides et que c'est grâce à l'éditeur lyonnais que les super-héros Marvel ont pris racine en France. Aussi, lorsque le projet d'exhumer Special Strange a été présenté sur Internet (vive le financement participatif), inutile de vous dire que de nombreux nostalgiques ont tout de suite commencé à s'impatienter frénétiquement. Nous devons cette nouvelle mouture à Organic Comix et à Original Watts, associés ici pour ce qui est un véritable retour aux sources. Dès la couverture (une des couvertures, la classic B edition) qui évoque sans détour une des plus célèbres créations de Bob Layton, le logo, le format, nous comprenons que nous avons entre les mains un hommage aussi appuyé qu'élégant et réussi. Le sommaire permet d'ailleurs de remonter directement à cette époque bénie ou internet n'existait pas, et où il fallait hanter les environs de la Maison de la presse locale pour connaître les derniers exploits de Mikros et de sa bande de copain super-héroïques (c'était dans Titans, autre magazine légendaire). Bonne nouvelle, la série de Jean-Yves Mitton est inséré au programme des réjouissances que nous abordons aujourd'hui. Mais pas que, ou plutôt, pas qu'eux. On va jeter un œil sur le sommaire, en commençant par ce shoot de nostalgie, avant de reprendre le fil chronologique des pages.
Pour tout savoir, et vous procurer Special Strange :
INTEGRALE X-FACTOR 1986 : LE FACTEUR X AU SECOURS DES MUTANTS
Non, Jean Grey n'est pas morte... c'est ce que tout le monde pensait, et pourtant le corps repêché du fonds de l'Hudson Bay est bien le sien, maintenu dans une sorte d'animation suspendu, et donc privé de ses meilleures années, par la force Phénix. La belle rouquine est de retour dans un épisode des Quatre Fantastiques (en fait anticipé chez les Avengers). Il s'agit du lancement préprogrammé d'une nouvelle série appelé X Factor. En 1986, les personnages qui animent ce titre sont en réalité les X-Men des origines. C'est qu'ils ont été peu à peu supplantés par une nouvelle bande de mutant cosmopolite, les Colossus, Wolverine, Tornade et compagnie. Les anciens vont prendre leur revanche sous la plume de Bob Layton, rapidement suivi par Louise Simpson. Ceci en profitant de l'hystérie anti mutante, qui ravage les esprits dans le monde entier. Bien entendu, ils ne vont pas passer à l'ennemi, mais simplement faire semblant d'être une équipe de chasseurs de mutants, des sortes de Ghostbusters en costume-cravate et uniformes moulants, alors qu'en réalité ils interviennent sur le terrain pour prêter main-forte et sauver les victimes de cette chasse aux sorcières. Ce qui permet par la suite de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs, comme ce sera le cas pour le jeune Rusty, dont la pyrokinésie est un problème à gérer.
Les relations entre les personnages sont parfois empreintes de cet optimisme naïf des années 80, mais aussi d'une forte tension, qui dérive du fait que Scott Summers, pourtant fou amoureux de Jean Grey en son temps, croyant son équipière décédée, a épousé entre temps Madelyne Pryor, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Il a même eu un enfant! Le mariage n'ayant jamais empêché la fuite ou l'abandon, Scott claque la porte, et a bien du mal à gérer le retour de Jean, à qui il cache la vérité pendant plusieurs épisodes. Certes, elle non plus n'est pas très futée en acceptant de se faire traiter de la sorte pendant des semaines, mais c'est un autre problème. Scott passe le plus clair de son temps dans ce premier tome de l'intégrale Panini à se comporter comme un vrai connard, incapable de gérer ses émotions, et surtout de se comporter comme devrait le faire un homme. Par contre, quand il s'agit d'affronter des mutants de série B, qui posent pourtant bien des problèmes au groupe, Scott retrouve ses qualités de leader et emmène les siens vers la victoire, non sans difficultés. Le principal antagoniste va apparaître un peu plus tard... il s'agit d'Apocalypse. Aujourd'hui son nom nous glace d'effroi, mais il faut admettre que pour sa première sortie, il ressemblait plutôt à un vilain comme un autre, capable d'imaginer des plans diaboliques en grand secret, mais sans pour autant posséder l'aura de celui qui allait marquer la légende des X-Men.
Le dessin est très soigné, rien à dire là-dessus. Vous avez peut-être oublié les crayonnés de Jackson Guice, faits de détails, et au subtil réalisme puissant, mais il s'avère ici que c'est un petit plaisir pour les yeux, car il ne néglige aucune vignette, même celles qui semble a priori sans importance ou très statiques.
C'est donc une très bonne idée de la part de Panini que de proposer cette nouvelle série en Intégrale. Certes le rythme de la narration trahit un peu son époque, et le verbiage est parfois redondant, mais c'est toujours un plaisir de se reprojeter en arrière, quand on est un peu nostalgique, et ça devrait être d'ailleurs la raison d'être de cette collection. De notre côté nous vous invitons donc à vous précipiter en librairie, avant que ce tome 1 soit épuisé.
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COVER STORY RELOADED (9) : X-FACTOR #1 (1986) UNE NOUVELLE EQUIPE X
Cover Story (reloaded) c'est une cover, une histoire, quelques explications. Neuvième épisode, avec X-Factor en 1986.
Le temps a fait son ouvrage, et les X-Men entament une mue sans précédent. Plus rien de ce qui fut ne sera véritablement. A commencer par le mentor, Charles Xavier, partie roucouler dans l'espace avec sa consorte, Lilandra, à la tête des Shi-Ars. Les jeunes mutants ont une nouvelle tête pensante à suivre, et c'est assez étonnant : Magneto prend la relève, lui qui fut le grand vilain historique de la série, se retrouve en vieux sage directeur d'école à gérer et protéger des individus qu'il avait pris l'habitude de soumettre par la force, depuis des années. Chez les X-Men, c'est Tornade qui fait loi, désormais. D'autres sont morts, comme Jean Grey, qui a succombé après son incarnation en Phénix Noir. Sauf qu'un beau jour, les Vengeurs découvrent un bien étrange cocon au plus profond des eaux de Jamaica Bay. Et quand Reed Richards analyse la chose, il découvre qu'à l'intérieur se trouve le corps de Jean! Allez, du coup, dans un grand élan de courage conjugal, Scott Summers plante sa femme et son enfant et s'en va fonder avec sa bien-aimée de toujours le groupe mutant X-Factor, qui est constitué des premiers X-Men, à savoir le couple précité mais également le Fauve, Iceberg, et Angel. Ils s'installent dans un nouveau Qg à New-York, où ils donnent le change en se faisant passer pour des chasseurs de mutants. Une curieuse façon de tromper le quidam moyen et de protéger les leurs, mais qui permet aux membres de X-Factor de désamorcer certaines tensions de plus en plus évidentes entre la population normale et les individus dotés du gène X : le racisme est de plus en plus présent et prégnant, et ce sera la raison d'être de ce nouveau team : prendre sous sa coupe ces êtres qu'il est censé capturer, et rassurer une opinion publique au bord de la psychose.
Les premiers mois, la série est confiée aux bons soins de Bob Layton et Jackson Guice, et ils séduisent par une orientation novatrice, et le ton inattendu apporté aux vicissitudes mutantes. Dès le numéro un on se rend bien compte des problèmes relationnels de Scott Summers, encore immature, qui a épousé une femme pour sa ressemblance parfaite avec son grand amour, et qui parvient pas à se défaire de l'idée que le salut des mutants passe par sa présence, ou carrément son leadership. On trouve aussi des choses audacieuses voire assez décalées, comme Rusty Collins qui grille sans le faire exprès (avec ses nouveaux pouvoirs pyrotechniques) une prostituée qui l'avait entraîné dans une allée (pour discuter...) Voilà une parution qui osait aller dans tous les sens, lancer une multitude de pistes à explorer par la suite, et savait se présenter en complément du titre phare Uncanny X-Men, dont elle fut un pendant fort intéressant des années durant. Une série d'intégrales chez Panini serait pratiquement nécessaire.
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LES SUPER-HEROS NE BOXENT PAS TOUS DANS LA MEME CATEGORIE
Qui n'a jamais eu l'idée, au moins une fois, de se poser la question de savoir qui sont les héros les plus forts de tout l'univers Marvel? Le genre d'interrogation qui nous passait par la tête lorsque nous étions jeunes, dans les années 70-80, à nous autres les anciens (avec les fameuses fiches de l'encyclopédie des super-héros...). Et bien dans cette même décennie des eighties, Marvel avait répondu à la question, classifiant ses personnages selon le degré de puissance brute : voilà ce que ça donne. C'est Bob Layton qui dessine, et les costumes sont d'époque, comme vous allez pouvoir le constater avec nostalgie. C'est partie pour la pesée, que chacun rejoigne le ring, avec sa catégorie d'appartenance.
Le groupe des super poids lourds propose ainsi des dieux ou des demi-dieux. Hercule ou bien Thor, mais on y trouve aussi, c'est évident, le Hulk en pantalon violet arraché. Il est peut-être surprenant de voir également Wonder Man, qui n'est pourtant pas un personnage identifié par tous, alors que Iron Man a droit à la catégorie maximale, mais sans son armure Tony Stark ne serait certainement pas ici à sa place!
Dans la catégorie des poids lourds, la Chose des Fantastiques peut se sentir vexé... à ses côtés Namor, Flèche Noire, Sasquatch de la Division Alpha, ainsi qu'une première femme , Thundra.
Chez les super moyens, il y a du monde! On peut ne pas être d'accord avec cette place pour Colossus, qui mériterait peut-être un peu plus... même chose pour le Silver Surfer, qui en tant que créature cosmique est un peu à l'étroit. Miss Hulk aussi est un peu plus forte que ça, pour le reste Spider-Man est là! Et Luke Cage messieurs dames.
Les poids moyens du coup ne rassemblent pas de grosses pointures. Le plus connu d'entre eux est le Fauve, Hank McCoy. On y trouve aussi des femmes comme Tigra ou Spider Woman, mais c'est vrai que niveau puissance on commence déjà à avoir des héros -moins percutants...
...et puis il y a les autres, les outsiders, selon Marvel leur force brute, sur le papier, n'a rien d'exceptionnelle. Bizarre de retrouver àa Captain America, dont le super sérum assure pourtant le titre d'être surentraîné. Daredevil, Iron Fist, Moon Knight, la Panthère Noire et surtout Wolverine, il y a vraiment du monde, et certains d'entre eux mériteraient peut-être une catégorie supérieure. Depuis de nouveaux personnages sont apparus chez Marvel... à un certain moment nous avions même Sentry, qui ressemblait à une sorte de Superman, et dont le niveau de puissance exagéré a posé bien des problèmes aux scénaristes, à tel point qu'il a finalement été éliminé. Hypérion également mériterait une mention à part de nos jours. Et vous que pensez-vous donc de ce classement des super-héros? Qui est à votre avis le plus ou les plus puissant(s) héros Marvel?
Les poids moyens du coup ne rassemblent pas de grosses pointures. Le plus connu d'entre eux est le Fauve, Hank McCoy. On y trouve aussi des femmes comme Tigra ou Spider Woman, mais c'est vrai que niveau puissance on commence déjà à avoir des héros -moins percutants...
...et puis il y a les autres, les outsiders, selon Marvel leur force brute, sur le papier, n'a rien d'exceptionnelle. Bizarre de retrouver àa Captain America, dont le super sérum assure pourtant le titre d'être surentraîné. Daredevil, Iron Fist, Moon Knight, la Panthère Noire et surtout Wolverine, il y a vraiment du monde, et certains d'entre eux mériteraient peut-être une catégorie supérieure. Depuis de nouveaux personnages sont apparus chez Marvel... à un certain moment nous avions même Sentry, qui ressemblait à une sorte de Superman, et dont le niveau de puissance exagéré a posé bien des problèmes aux scénaristes, à tel point qu'il a finalement été éliminé. Hypérion également mériterait une mention à part de nos jours. Et vous que pensez-vous donc de ce classement des super-héros? Qui est à votre avis le plus ou les plus puissant(s) héros Marvel?
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LES GUERRES SECRETES (HACHETTE, MARVEL LA COLLECTION REFERENCE)
Tout le monde en parle, en ce moment. Les Guerres Secrètes sont de retour chez Marvel, et cette nouvelle incarnation marquera, au passage, la fin de l'univers Marvel tel que nous le connaissions. Un grand dépoussiérage de printemps, aux proportions bibliques. Bientôt UniversComics vous proposera le guide complet vous y retrouver avant le début des ostilités, mais pour aujourd'hui, nous revenons sur ce que furent les premières Secret Wars, à l'occasion d'une publication par Hachette, dans la collection de référence.
Secret Wars est un cas d’école. Tout d’abord, c’est le premier grand exemple de crossover dans l’histoire des comic-books. Derrière ce mot barbare se cache un concept simple : puisque de toutes façons (et c’est cela qui fait la force des revues Marvel) les héros vivent dans le même monde et finissent par interagir, autant organiser une vaste rencontre, un grand événement qui nécessite l’union de ces individus aux supers pouvoirs, et qui s’étendra et aura des répercussions dans un grand nombre de séries mensuelles. Il faut dire qu’on avait un peu forcé la main à la Marvel. En 1984, Mattel demande à Jim Shooter, à l’époque le grand manitou de la compagnie, de créer un comics pour aider à la promotion de sa nouvelle ligne de jouets, des action figure à l’effigie des principaux héros de la Maison des Idées. Il s'agit de singer le succès remporté par les figurines à l'image des héros Dc; de bons gros dollars bien verts sont à la clé... Shooter a alors l’idée géniale de réunir la crème de la crème des redresseurs de torts, et de les opposer à la fine fleur des criminels, le tout sur une planète inconnue, et arbitré par un être mystérieux et presque divin, le Beyonder. La récompense ultime, pour celui qui saura se débarrasser en premier de tous ses rivaux, sera de voir tous ses vœux se réaliser. L'occasion de puiser dans les tréfonds des désirs inconscients de chacun, et de révéler au grand jour des motivations tantôt héroïques, tantôt mesquines. Finalement humaines.
Le scénario est donc un prétexte pour organiser une gigantesque bataille, prélude à celles que devaient se livrer des millions de petits enfants de par le monde, action figure en main. C'est un récit qui par endroits a plutôt mal vieilli, reconnaissons le, mais qui conserve une forte odeur de nostalgie, tant cette mêlée épocale eut d’impact sur le jeune lecteur que j’étais alors (et je ne pense pas être le seul). Que lève le doigt le trentenaire lecteur de Marvel, qui n’a pas de frissons à l’évocation de cette série. Mike Zeck (et Bob Layton) s’occupa des dessins, avec les honneurs, dans un style très eighties, avec beaucoup de verbiage et de soliloques (à l’époque il fallait le double de temps pour lire un comic book, avez-vous remarqué ?). Que de grands moments ! Galactus et Fatalis au tapis, Spider-man qui se trouve un nouveau costume qui lui obéit au doigt et à l’œil (en fait, c’est la première apparition du symbiote qui deviendra le redoutable Venom), Colossus gravement blessé et guéri par une charmante créature alien dont il tombe fou amoureux; ce sont quelques uns de mes souvenirs les plus forts de l’époque. Le pire dans l’histoire, c’est que cette mini série eut un succès monstre, et les douze épisodes battirent des records de vente, ce que ne firent pas les action figure, délaissées par le public ! Marvel lança dans la foulée une suite, Secret Wars II, qui fut par contre très décevante et franchement dispensable. L'idéal pour se faire une idée est de courir se procurer un exemplaire du Best of Marvel de Panini, certes épuisé en librairie, ou à défaut de ce la version plus économique Marvel Gold, qui présentent l'intégralité de la saga. Hachette en propose donc depuis février une nouvelle mouture, qui est publiée en deux parties. Les plus anciens auront gardé leurs vieux Spidey, pour ce qui est de la première apparition en kiosque, chez Lug.
COVER STORY (16) : X-FACTOR #1
Le temps a fait son ouvrage, et les
X-Men entament une mue sans précédent. Plus rien de ce qui fut ne
sera véritablement. A commencer par le mentor, Charles Xavier,
partie roucouler dans l'espace avec sa consorte, Lilandra, à la tête
des Shi-Ars. Les jeunes mutants ont une nouvelle tête pensante à
suivre, et c'est assez étonnant : Magneto prend la relève, lui qui
fut le grand vilain historique de la série, se retrouve en vieux
sage directeur d'école à gérer et protéger des individus qu'il
avait pris l'habitude de soumettre par la force, depuis des années.
Chez les X-Men, c'est Tornade qui fait loi, désormais. D'autres sont
morts, comme Jean Grey, qui a succombé après son incarnation en
Phénix Noir. Sauf qu'un beau jour, les Vengeurs découvrent un bien
étrange cocon au plus profond des eaux de Jamaica Bay. Et quand Reed
Richards analysent la chose, il découvre qu'à l'intérieur se
trouve le corps de Jean! Allez, du coup, dans un grand élan de
courage conjugal, Scott Summers plante sa femme et son enfant et s'en
va fonder avec sa bien-aimée de toujours le groupe mutant X-Factor,
qui est constitué des premiers X-Men, à savoir le couple précité
mais également le Fauve, Iceberg, et Angel. Ils s'installent dans un
nouveau Qg à New-York, où ils donnent le change en se faisant
passer pour des chasseurs de mutants. Une curieuse façon de tromper le quidam moyen et de protéger les leurs, mais qui permet aux membres de
X-Factor de désamorcer certaines tensions de plus en plus évidentes
entre la population normale et les individus dotés du gène X : le
racisme est de plus en plus présent et prégnant et ce sera la
raison d'être de ce nouveau team : prendre sous sa coupe ces êtres
qu'il est censé capturer, et rassurer une opinion publique au bord
de la psychose.Les premiers mois, la série est confiée aux bons soins de Bob Layton et Jackson Guice, et il séduit par son orientation novatrice, et le ton inattendu apporté aux vicissitudes mutantes. Voilà le type de publication que nous pourrions demander à Panini, pour un futur numéro de X-Men Classic, voire même dans l'optique d'une intégrale en librairie, non?MARVEL CLASSIC : DOOMQUEST avec Iron Man et Fatalis
Ils sont tous les deux protégés, dissimulés sous une armure. Le premier a construit la sienne pour palier à un coeur défaillant, menacé par un éclat d'obus. Une fois guéri, il a consacré sa trouvaille à la science et au super-héroïsme. Le second a choisi de s'isoler derrière un masque de fer impénétrable, pour masquer son infirmité, depuis qu'une expérience ratée l'a irrémédiablement défiguré. Ces deux là se s'aiment pas trop, et pourtant ils ont en commun un certain génie pour la robotique, et ce sont des inventeurs de premier ordre. Iron Man et Fatalis ont déjà croisé le fer, et Panini choisit de nous proposer deux petits classiques, qui forment le recueil organique Doomsquest. C'est dans la collection Marvel Classic, et c'est plus que bienvenu avant le film en salle sur le point de sortir.
Dans la première partie, c'est une histoire industrielle qui ouvre les hostilités. Quand Tony Stark découvre qu'un de ses employés a vendu illégalement un peu de sa technologie au dictateur latvérien, il licencie le malheureux et annule la commande, mais Fatalis ne compte pas en rester là. Iron Man doit donc se rendre en Latvérie pour récupérer les biens qui lui ont été volés, mais il se retrouve projeté, en même temps que son adversaire, dans une version Moyenâgeuse qui respire bon les Chevaliers de la Table Ronde. Stark va s'allier avec les forces du Roi Arthur, et Fatalis avec la belle et perfide Morgane Le Fay.
Dans une seconde partie, Iron Man et Fatalis sont cette fois immergés dans une version futuriste du mythe, en 2089, pour être plus précis. Au rang des participants à cette bataille rangée dans le temps, Andros Stark, un des descendants à venir de Tony, et une version future du dictateur latvérien. Mais également un tout jeune Arthur, le magicien Merlin, et la mythique épée Excalibur qui va permettre à Stark de mettre à mal son petit petit fils.
Les artistes responsables de ces deux aventures en deux parties chacune sont des calibres pour leur époque. David Michelinie est l'homme coupable de quelques-unes des plus belles pages d'Iron Man, à l'époque où nous suivions les aventures de Tête de Fer dans Strange. Bob Layton n'est pas en reste et peut être considéré comme un des architectes fondamentaux des années 80 pour Iron Man. Aux dessins, saluons le travail de John Romita Jr, qui n'était pas encore devenu le maître de l'abstraction et du dessin caricatural et épuré, mais était un auteur en devenir, au style dynamique, clair, et salué unanimement par la quasi totalité des fans de ce genre d'histoires.
A défaut d'être une véritable sortie indispensable, ce numéro de Marvel Classic est un joli bain de jouvence, qui contient des épisodes qui ont laissé de très bons souvenirs dans le coeur et l'esprit des quadras d'aujourd'hui. Pour moins de six euros, Doomquest vaut véritablement que vous fassiez l'effort de passer en kiosque!
J'utilise volontairement, pour cet article, le terme de Fatalis pour Doom. Vieille histoire, vieux nom. Un peu de nostalgie, quoi...
MARVEL GOLD : LE DIABLE EN BOUTEILLE
Tony Stark a tout pour être heureux. Pensez donc, il est milliardaire, PDG d’une multi nationale et c’est un play-boy qui fait tomber les filles comme le Baygon vert fait tomber les mouches. C’est qu’il est beau le Tony : grand et musclé, avec une moustache à la Tom Selleck et des pectoraux garnis d’une moquette très « Sean Connery ». Comme il est vraiment très riche, il a son propre domestique à tout faire, qui est aussi devenu son meilleur ami : James Rhodes, dit Rhodey. Ce dernier est une des grandes caricatures Marvel de l’époque ( les eighties ) : le grand black serviable et cool, avec une improbable coiffe afro américaine et la chaîne en or bien en vue. Pour revenir à Stark, rappelons aussi qu’il est justicier super héros à ses heures perdues, sous l’armure rouge et or d’IRON MAN (bien qu’il n’ait jamais ouvertement affiché son soutien au RC Lens, club actuellement à la dérive en Ligue 2). Mais le monde n’est parfait pour personne, pas même pour le premier héros «bling-bling» de l’histoire. Il a bien sur de nombreux ennemis, dont l’impitoyable Justin Hammer, un rival en affaires, qui parvient à saboter à distance les commandes de l’armure d’Iron Man et à le pousser à assassiner un ambassadeur ! Et puis, et surtout, Stark a une grande faiblesse : il touche la bouteille, un peu trop souvent. Entre un drink ici et une vodka pour se relaxer de là, Tony se murge régulièrement. En tous les cas un peu trop souvent pour un type qui se balade en liberté avec une armure à la puissance de feu redoutable. Il boit pour fêter ses succès, il boit pour oublier ses défaites, bref il boit tout court, et court à sa perte, car l’alcool ce n’est pas bon pour la santé, et trois verres, bonjour les dégâts. Comme le rappelle lourdement Marvel, avec ces cases édifiantes, où notre moustachu alcoolique sue à grosses gouttes le regard fixe sur la bouteille tentatrice. Tony Stark saura t’il vaincre ses propres démons et réhabiliter son alter ego de métal, accusé de meurtre ? La réponse dans cet album de la collection Marvel Gold qui fleure bon la nostalgie et la grande époque de nos Strange jamais vraiment oubliés. Du bon boulot signé David Michelinie (et Bob Layton), que les plus jeunes d’entre vous ne connaissent probablement pas. Pour les amateurs de déchéance super héroïque, soulignons juste que Stark finira même sur le trottoir, à dormir dans un carton et à faire la manche, après avoir perdu son entreprise ( tombée dans les mains de l’infâme Obadiah Stane ) mais qu’il trouvera les ressources pour revenir et renaître de ses cendres. Panini comics, à quand une réédition de la suite?
IRON MAN : Le diable en bouteille ( Best of Marvel )
Tony Stark a tout pour être heureux. Pensez donc, il est milliardaire, PDG d’une multi nationale et c’est un play-boy qui fait tomber les filles comme le Baygon vert fait tomber les mouches. C’est qu’il est beau le Tony : grand et musclé, avec une moustache à la Tom Selleck et des pectoraux garnis d’une moquette très « Sean Connery ». Comme il est vraiment très riche, il a son propre domestique à tout faire, qui est aussi devenu son meilleur ami : James Rhodes, dit Rhodey. Ce dernier est une des grandes caricatures Marvel de l’époque ( les eighties ) : le grand black serviable et cool, avec une improbable coiffe afro américaine et la chaîne en or bien en vue. Pour revenir à Stark, rappelons aussi qu’il est justicier super héros à ses heures perdues, sous l’armure rouge et or d’IRON MAN ( bien qu’il n’ait jamais ouvertement affiché son soutien au RC Lens, destiné à l’enfer de la D2 ). Mais le monde n’est parfait pour personne, pas même pour le premier héros « bling-bling » de l’histoire. Il a bien sur de nombreux ennemis, dont l’impitoyable Justin Hammer, un rival en affaires, qui parvient à saboter à distance les commandes de l’armure d’Iron Man et à le pousser à assassiner un ambassadeur ! Et puis, et surtout, Stark a une grande faiblesse : il touche la bouteille, un peu trop souvent. Entre un drink ici et une vodka pour se relaxer de là, Tony se murge régulièrement. En tous les cas un peu trop souvent pour un type qui se balade en liberté avec une armure à la puissance de feu redoutable. Il boit pour fêter ses succès, il boit pour oublier ses défaites, bref il boit tout court, et court à sa perte, car l’alcool ce n’est pas bon pour la santé, et trois verres, bonjour les dégâts, comme le rappelle lourdement Marvel, avec ces cases édifiantes, où notre moustachu alcoolique sue à grosses gouttes le regard fixe sur la bouteille tentatrice. Tony Stark saura t’il vaincre ses propres démons et réhabiliter son alter ego de métal, accusé de meurtre ? La réponse dans cet album de la collection « best of » qui fleure bon la nostalgie et la grande époque de nos Strange jamais vraiment oubliés. Du bon boulot signé David Michelinie (et Bob Layton), que les plus jeunes d’entre vous ne connaissent probablement pas. Pour les amateurs de déchéance super héroïque, soulignons juste que Stark finira même sur le trottoir, à dormir dans un carton et à faire la manche, après avoir perdu son entreprise ( tombée dans les mains de l’infâme Obadiah Stane ) mais qu’il trouvera les ressources pour revenir et renaître de ses cendres. Panini comics, à quand une réédition de la suite?
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