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AMAZING SPIDER-MAN : L'INTÉGRALE 1989-1990 AVEC McFARLANE ET LARSEN


 Il est inutile de tenter de nous la faire à l'envers, à nous qui avons vécu la fin des années 1980 et le début des années 1990 en temps réel. Ces décennies marquantes nous rendent naturellement plus circonspects face à ce que nous lisons aujourd’hui, notamment en ce qui concerne la série consacrée à Spider-Man. Il faut bien le dire : nous avons été nourris par des artistes d’exception comme Todd McFarlane, puis Erik Larsen. C’est d’ailleurs de cette époque dont nous allons parler aujourd’hui, car cette intégrale nous replonge dans une ère fabuleuse que certains critiquent parfois un peu trop précipitamment. On rembobine : Peter Parker est marié à une Mary Jane absolument splendide. Bien que toujours confronté à des problèmes d’argent, il parvient régulièrement à renflouer son compte en banque grâce à quelques bons plans. Ainsi, nous le voyons évoluer aux côtés de Paladin et de la mercenaire Silver Sable, engagés dans une intrigue internationale mêlant complots politiques et scènes d’action spectaculaires. C’est également l’occasion de rencontrer Solo, un personnage intriguant, à mi-chemin entre le mercenaire et le terroriste, doté d’un dispositif de téléportation comparable à celui de Cable. Ce pouvoir lui permet d’apparaître et de disparaître à volonté. Si cela peut sembler anecdotique aujourd’hui, il faut savoir que Solo a connu son heure de gloire, allant jusqu’à bénéficier d’une mini-série. Et bien sûr, dès qu’il est question de complots et de politique, Captain America ne peut être absent. Sa présence entraîne naturellement celle de Crâne Rouge, son éternel adversaire. Quelle affiche ! Comme si tout cela ne suffisait pas, Spider-Man doit ensuite affronter les Sinister Six, le célèbre groupe de super-vilains mené par le Docteur Octopus, revenu sur le devant de la scène. Parallèlement, fidèle à la tradition des comics de cette époque, le super-héroïsme s’entremêle à des intrigues dignes de feuilletons, ce qui enrichit la vie quotidienne des personnages secondaires. C’est cet équilibre qui fait tout le charme de la série dans ces années-là. Par exemple, nous assistons à l'évolution de la relation sentimentale entre Felicia Hardy, alias la Chatte Noire, et Flash Thompson, l’ancien caïd du lycée devenu avec le temps un proche de Peter. Pourtant, les intentions de Felicia ne sont pas innocentes : son véritable but est de briser le cœur de Flash et de se venger de celui qui l'a abandonnée dans le même temps. Dans un autre registre, nous découvrons les mésaventures de Nathan, le compagnon âgé de Tante May, malheureusement cloué dans un fauteuil roulant. Ce dernier est victime d’une agression orchestrée par une bande de voyous, derrière laquelle se cache en réalité une histoire d’addiction aux paris. En fait, à chacun ses problèmes…




Cette intégrale propose aussi un crossover qui s'insère dans les célèbres Actes de Vengeance de 1989. Raison pour laquelle vous lirez aussi six épisodes un peu différents, issus de Spectacular Spider-Man et Web of Spider-Man, qui viennent compléter ceux de Amazing. Pour gagner un peu d'argent et assouvir sa passion pour les sciences, Peter Parker travaille également comme assistant du Professeur Lubisch, qui tente de capter une source d'énergie inconnue avec un appareillage loin d'être à la hauteur. Du coup, ce qui devait arriver arriva. Une explosion, et une décharge si puissante que notre monte en l'air préféré va découvrir, combat après combat, qu'il est désormais doté de nouveaux pouvoirs totalement inattendus. Le premier a en faire les frais est le pauvre Trapster (le Piégeur), qui avait pourtant mis la pile à Spidey peu de temps auparavant. Puis c'est au tour de Titania. Le tisseur lance désormais des rayons avec les doigts, sa toile assume formes et constructions selon sa pensée, un peu sur le modèle de ce que peut faire Green Lantern avec son anneau vert. Mieux encore, un affrontement avec Magneto lui révèle qu'il peut altérer et modifier la structure moléculaire des substances, transformant ainsi l'acier en verre, rien qu'en le souhaitant. Et ce n'est pas tout ! Spidey vole ! Spidey est capable d'envoyer Hulk en orbite autour du globe d'un bon montant du droit ! Mais que se passe t'il donc avec les pouvoirs de Spider-Man, et n'y a t'il pas de quoi avoir peur, au final, quand on devient aussi puissant, d'un instant à l'autre, au point d'en devenir quasi invulnérable ? Sans parler de la convoitise de certains vieux ennemis du Tisseur, qui au même moment se lance dans ce que Marvel appela donc à l'époque les Actes de Vengeance. En fait, les grands noms du mal made in Marvel s'échangent leurs ennemis naturels, pour mieux les surprendre et en venir à bout. Absolument pas grand chose à retirer au niveau introspection et psychologie dans cette saga (hormis le sens des responsabilités et la culpabilité récurrente de Peter), par contre, action à foison, et le plaisir jouissif de voir l'Araignée assumer un rôle et un costume qui le rapproche étonnamment de Superman, l'homme d'acier de Dc comics. Place à Captain Universe, un nouvel avatar pour Peter Parker ! Coté artistes, saluons le travail de Gerry Conway et David Michelinie, les démiurges derrière cette idée sympathique. Aux dessins, on retrouve forcément Todd McFarlane (Spidey Vs Hulk) et son épigone d'alors, Erik Larsen, pour une version légendaire et ultra dynamique du héros. Mais aussi les crayons anguleux et immédiatement identifiables de Sal Buscema, ou encore Alex Saviuk, le plus brouillon et oubliable de ces grands noms, qui était en charge du titre Web of Spider-Man, souvent le parent pauvre de la famille à la fin des années 1980. Un petit bijou de comic-book naïf, pour revivre des moments si particuliers et étranges dans la vie de Peter Parker. Désormais incorporé à la ligne Intégrale, qui n'en finit plus de s'étoffer et de rendre honneur à la grande Histoire Marvel. 



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AMAZING SPIDER-MAN: MAXIMUM CARNAGE (MARVEL EPIC COLLECTION)

 


Les volumes de la Epic Collection que propose Panini fonctionnent exactement comme ceux publiés par Marvel aux Etats-Unis. Bref, il ne faut pas s'attarder sur une quelconque séquence chronologique, mais aller picorer dans l'histoire éditoriale des séries proposées, pour enfin reconstituer une frise complète, des origines aux années 1990, au bout de plusieurs années. Ce mois d'octobre, c'est au tour de Maximum Carnage, crossover sanglant pour Spidey, d'être à l'honneur. Dans les années folles des comics (les nineties), Venom est un des personnages phares de l'univers Marvel : le symbiote extraterrestre, poussé par la haine et le ressentiment envers Peter Parker, a trouvé un acolyte idéal en la personne de l'ancien journaliste Eddie Brock. Celui-ci retient Parker responsable de sa déchéance professionnelle. Ensemble ils deviennent une sorte de monstre ou croque-mitaine protéiforme. Il connaît l'identité secrète de Spider-Man et ne déclenche pas son sens d'araignée, c'est en quelque sorte l'ennemi ultime. Mais peu à peu, poussé par le succès auprès des lecteurs, le personnage se transforme en un véritable anti-héros, motivé par une conception toute personnelle de la justice et de la protection des innocents. Le curseur se déplace et la nouvelle créature maléfique, le nouveau mal absolu, devient Carnage. Il s'agit du rejeton du symbiote précédent, et il s'est associé avec Cletus Kasady, un sociopathe de la pire espèce, complètement incurable. Le costume est rouge sang, et sa façon d'agir est simple : le chaos et les meurtres en permanence. Lorsque Carnage est maîtrisé et emprisonné dans l'asile de Ravencroft (une sorte de Arkham à la Marvel), on pourrait penser que son parcours est momentanément terminé, mais comme le veut la tradition des comics, s'il est enfermé, c'est pour mieux s'échapper! Non sans bien sûr laisser derrière lui une trace de sang et des morts à la pelle. Pour contrer cet ennemi particulièrement violent, Spider-Man va pouvoir compter sur toute une série d'alliés, et il va même temporairement faire équipe avec Venom. Il s'agit d'un crossover très marqué par l'esprit de son temps (1993) où coule hémoglobine à flots, et qui concerne toutes les séries du tisseur de toile.



Carnage n'est pas seul. Lui s'est trouvé une copine psychotique quasiment tout aussi cinglée, et qui répond au nom de Shriek. Le couple dément bénéficie en outre d'une sorte d'enfant putatif, ou plutôt d'animal de compagnie, le doppelganger, à savoir un double difforme de Spider-Man, qui remonte au crossover The Infinity War. Mais notre histoire ultra violente présente d'autres super-vilains, qui font leur apparition, comme par exemple Carrion ou le Demogoblin. En face, il faut alors une véritable armada pour contrer tous les cinglés qui mettent la ville à feu et à sang. Beaucoup de personnages qui gravitent habituellement dans l'orbite du monde du Tisseur vont prêter main-forte, comme la Cape et l'Epée, Morbius, Black Cat, ou bien d'autres un peu plus inattendus comme Captain America, Firestar et  Deathlock. Quand il y a plusieurs séries concernées, nous trouvons logiquement une liste  imposante d'artistes au menu. Dans ce  Maximum Carnage, au scénario, défilent par exemple Tom De Falco, David Michelinie, ou le spécialiste de la psychologie fouillée et torturée, Jean-Marc De Matteis, qui s'occupent tous de rendre la vie impossible à Spider-Man.  Côté dessinateurs j'apprécie tout particulièrement Sal Buscema et son trait rigoureux, qui à l'époque a marqué profondément la série Spectacular Spider-Man, où il est resté de nombreuses années durant en poste. Mais nous trouvons aussi Mark Bagley, qui officie depuis des lustres sur le personnage, ou encore Alex Saviuk, dont le style est beaucoup moins gracieux que ses collègues. Mentionnons également le regretté Tom Lyle, qui bénéficie d'un encrage lourd et d'une mise en couleur parfois criarde, ce qui fait que ses planches sont plus surchargées et moins lisibles que les autres. Nous avons là 14 épisodes qui ont marqué leur époque, et qui constituent un tournant dans l'histoire de Spider-Man, puisque il s'agit d'un plongeon angoissant dans une violence irréfrénable, une tentative évidente d'adapter les aventures de Spidey aux années 90. Globalement cela fonctionne bien si on regarde l'ensemble avec l'œil  nostalgique du lecteur que nous étions alors, mais il est vrai qu'avec le temps, cette avalanche de baston et de crimes n'apparaît pas comme le point culminant de la décennie pour le monte-en-l'air. Récréatif et bourrin, le genre de lectures dont on nous a abreuvés durant une décennie dingue. 



OLDIES : LES AVENTURES COSMIQUES DE SPIDER-MAN

Les actes de vengeance ne sont pas une si mauvaise idée que ça. Les principaux super vilains de l'univers Marvel de la fin des années 1980, fatigués d'essuyer des revers récurrents face aux héros boy-scouts, décident de s'échanger leurs adversaires respectifs, en considérant qu'une approche plus fraîche du problème permettrait des résultats différents. C'est ainsi que Le Caïd, Magneto, le Mandarin, Fatalis, Crâne Rouge, ou encore le Sorcier, se réunissent pour répartir leurs ennemis comme de vulgaires vignettes auto-collantes en double. Dans les coulisses, Loki fomentait bien sûr des dessins tout personnels… Le but était aussi de donnait un coup de boost aux titres des Vengeurs, dans une période dominée principalement par le sous-bois mutant.
Spider-Man a été impacté durant tout un trimestre, avec ses trois titres mensuels que sont alors Amazing SM, Spectacular SM et Web of Spider-Man. Et de quelle manière ! En effet, une expérience scientifique imprudente, menée à l'université où il avait repris son cursus estudiantin, lui avait conféré de nouveaux pouvoirs, en faisant une version "cosmique" du tisseur de toile, en relation avec les forces primordiales de l'univers. David Michelinie nous montre un Peter Parker déboussolé, qui ne comprend pas, de prime abord, ce qui lui arrive. Quand Graviton attaque, le bad guy se fait laminer; et que dire de Hulk, dans sa version grise, qui reçoit, dans une scène mémorable, un uppercut dantesque, qui le projette en orbite. C'est un tantinet exagéré mais quand en plus c'est illustré par  des artistes comme Larsen ou McFarlane, et que vous lisez ça en direct, lors de votre adolescence, ça laisse des traces durables, tout comme en laisseront le costume cosmique de Spider-Man, qui apparaît tout à coup, sans crier gare, et qui est la manifestation physique et esthétique de la force dont il est investi. 

Les frères Grimm, Fatalis, Hydro Man… la liste des ennemis que ce nouveau Spider-Man va devoir affronter est longue, et c'est aussi une manière de tester ses pouvoirs, histoire de voir s'il n' y pas moyen de les détourner, de les utiliser à d'autres fins… Gerry Conway est de la partie, et c'est lui qui finalement a le plus l'occasion de briller, avec de nombreuses batailles qui viennent conforter l'idée que tout à coup, tout devient possible pour un héros qui n'a plus de limites, et se découvre de nouvelles facultés jour après jour. Il est superbement aidé par Sal Buscema, dont le trait stylisé et nerveux est parfait pour le rythme des histoires, alors qu'Alex Saviuk est un poil trop brouillon, et encré lourdement, ce qui le dessert. 
En parallèle, on a droit à de brefs moments intimes qui entretiennent la flamme du modèle soap opera. Peter est à la limite de se prendre le chou avec Mary-Jane, avant de se rabibocher au final, Nick Katzenberg est l'exemple parfait du journaliste visqueux, à la moralité crasseuse, alors que la toujours guillerette Tante May dispense conseils et soutien, à un neveu qui ne lui révèle pas sa double identité. Les pouvoirs de Spidey varient, évoluent, et chaque épisode est le prétexte à la découverte d'une faculté supplémentaire, dont le point d'orgue est de pouvoir voler ! Bien étendu, cela ne pouvait durer, et ce n'était qu'un bon délire estival qui a reçu un accueil assez enthousiaste, et sera évoqué de temps en temps, par la suite, sans grande conviction. Aux States, il existe une splendide collection du nom de Marvel Epic Collection, qui propose ces épisodes, ainsi que ce qui vient avant/après, et permet de bien comprendre ce moment historique pour Spider-Man. Album au format souple et à la riche pagination, pour un prix qui reste abordable. C'est à notre sens le meilleur moyen de posséder rapidement l'intégralité en Vo sans se ruiner, mais vous avez, ça va de soi, les épisodes en Vf qui restent trouvables facilement. 


Edit août 2023 : Vous le savez, la Epic Collection est désormais adaptée en VF chez Panini. 


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OLDIES : MAXIMUM CARNAGE - LE CROSSOVER VIOLENT DE SPIDER-MAN EN 1993

Dans les années 90, Venom est un des personnages phares de l'univers Marvel : le symbiote extraterrestre, poussé par la haine et le ressentiment envers Peter Parker, a trouvé un acolyte idéal en la personne de l'ancien journaliste Eddie Brock. Celui-ci retient Parker responsable de sa déchéance professionnelle. Ensemble ils deviennent une sorte de monstre ou croque-mitaine protéiforme. Il connaît l'identité secrète de Spiderman et ne déclenche pas son sens d'araignée, bref l'ennemi ultime. Mais peu à peu, poussé par le succès auprès des lecteurs, le personnage se transforme en une sorte d'anti-héros, motivé par une conception toute personnelle de la justice et de la protection des innocents. Le curseur se déplace et la nouvelle créature maléfique, le nouveau mal absolu, devient Carnage. Il s'agit du rejeton du symbiote précédent, et il s'est associé avec Cletus Kasady, un sociopathe de la pire espèce, complètement incurable. Le costume est rouge sang, et sa façon d'agir est simple : le cahos et les meurtres en permanence. Lorsque Carnage est maîtrisé et emprisonné dans l'asile de Ravencroft (une sorte de Arkham à la Marvel), on pourrait penser que son parcours est momentanément terminé, mais comme le veut la tradition des comics, s'il est enfermé c'est pour mieux s'échapper! Non sans bien sûr laisser derrière lui une trace de sang et des morts à la pelle. Pour contrer cet ennemi particulièrement violent, Spider-Man va pouvoir compter sur toute une série d'alliés, et il va même temporairement faire équipe avec Venom. Il s'agit d'un crossover très marqué par l'esprit de son temps (1993) où coule hémoglobine à flots, et concerne toutes les séries du tisseur de toile.

Carnage n'est pas seul. Lui s'est trouvé une copine psychotique quasiment aussi aussi cinglée, et qui répond au nom de Shriek. Le couple dément bénéficie aussi d'une sorte d'enfant putatif, ou plutôt d'animal de compagnie, le doppelganger, à savoir un double difforme de Spiderman, qui remonte au crossover the Infinity War. Mais ce crossover présente d'autres super-vilains, qui font leur apparition, comme par exemple Carrion ou le Demogoblin. Du coup en face, il faut une véritable armada pour contrer tous les cinglés qui mettent la ville à feu et à sang. Beaucoup de personnages qui gravitent habituellement dans l'orbite du monde du tisseur vont prêter main-forte, comme la Cape et l'Epée, Morbius, Black Cat, ou bien d'autres un peu plus inattendus comme Captain America, Firestar et  Deathlock. Quand il y a plusieurs séries concernées, nous trouvons logiquement une liste  imposante d'artistes au menu. Dans ce  Maximum Carnage, au scénario, défilent par exemple Tom De Falco, David Michelinie, ou le spécialiste de la psychologie fouillée et torturée, Jean-Marc De Matteis, qui s'occupent de rendre la vie impossible à Spider-Man.  Côté dessinateurs j'apprécie tout particulièrement Sal Buscema et son trait rigoureux, qui à l'époque a marqué profondément la série Spectacular Spider-Man, où il est resté de nombreuses années durant en poste. Mais nous trouvons aussi Mark Bagley, qui officie depuis des lustres sur le personnage, ou encore Alex Saviuk, dans le style est beaucoup moins gracieux que ses collègues. Mentionnons également Tom Lyle, qui bénéficie d'un encrage lourd et d'une mise en couleur parfois criarde, ce qui fait que ses planches sont plus surchargées et moins lisibles que les autres. Nous avons là 14 épisodes qui ont marqué leur époque, et qui constitue un tournant dans l'histoire de Spider-Man, puisque il s'agit d'un plongeon angoissant dans une violence irréfrénable, une tentative évidente d'adapter les aventures de Spidey aux années 90. Globalement cela fonctionne bien si on regarde l'ensemble avec l'oeil  nostalgique du lecteur que nous étions alors, mais il est vrai qu'avec le temps cette avalanche de baston et de crimes n'apparaît pas comme le point culminant de la décennie pour le monte-en-l'air. Récréatif et bourrin, mais digne d'une réédition future en vf librairie.


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SPIDER-MAN CLASSIC 10 : INFERNO

Spider-Man Classic du mois de mai est en kiosque, avec des épisodes inédits à ce jour, tirés de deux des séries annexes du tisseur de toile des années 80 et 90, qui nous replongent dans l'enfer du crossover Inferno. La ville de New-York est tombée aux mains de démons venus des Limbes, aux ordres de S'Ym et N'Astirh, qui convoitent leur dimension et la Terre, au passage. Du coup, les bouches d'égouts happent les passants, les gargouilles prennent vie, les ascenseurs dévorent les passagers, et c'est le chaos généralisé dans Big Apple. Spider-Man est forcément pris dans la tourmente, et ce n'est pas le seul souci auquel il doit faire face. Le Super Bouffon est de retour, dans une nouvelle incarnation, et il est bien décidé à mettre la main sur les formules secrètes de Norman Osborn, premier Bouffon Vert du nom, pour accroître sa puissance. Le fils de celui-ci, Harry, continue d'avoir des visions, des flashs, dans lesquels il se rappelle peu à peu les mois précédents, qu'il a passé sous le costume diabolique de son cinglé de père, ennemi juré de Spider-Man. Comme il est d'usage à l'époque (et encore aujourd'hui à un degré moindre) le super-héroïsme se mêle au soap-opera sentimental, et la vie de Peter Parker et ses amis est aussi très largement débattue. Avec notamment la présence de la nièce de Mary-Jane, la rouquine Kristy, qui squatte l'appartement des jeunes époux Watson-Parker, et semble craquer pour notre héros en civil. On retrouve aussi Flash Thompson qui se rapproche de plus en plus de Betty Brant, ancienne secrétaire du Buggle et ex flamme de Peter Parker. L'occasion d'un épisode assez émouvant qui place les deux personnages face à leurs peurs intimes, leur insécurité congénitale, qu'ils parviennent à dompter, à vaincre, alors qu'il sont agressés par des versions maléfiques de souvenirs de leurs existences respectives.

Ce mélange entre action et introspection a ses défauts (les monologues intérieurs un peu poussifs) mais aussi ses qualités : c'est ce qui a fait le sel des titres arachnéens pendant longtemps, suivant la recette décennale de Stan Lee. Ici ce sont les séries Spectacular Spider-Man et Web of Spider-Man qui sont à l'honneur. La première est rehaussée par les dessins anguleux et dynamiques de Sal Buscema, qui insuffle avec une grande facilité drame et pathos à chaque page. La seconde a comme dessinateur Alex Saviuk, qui a un style plus fouillé, mais aussi plus fouilli, moins clair dans la construction des pages, même si cela reste fort honorable.  Le scénariste est Gerry Conway, un des grands artisans de l'histoire de Spidey, qui a très longtemps tiré les fils de la longue saga de Parker and friends. Rentrer dans l'histoire n'a rien de très difficile, on comprend finalement assez aisément ce qui s'y déroule, même si le lecteur occasionnel désireux de réellement savoir pourquoi New-York est infesté de démons devra se contenter des notes de la rédaction Panini pour palier aux trous évidents du récit mère. J'ai personnellement apprécié ce numéro, qui recèle aussi des moments forts et décisifs pour la suite, comme la transformation du Super Bouffon en un être démoniaque, et à un degré moindre le flirt de la secrétaire Glory Grant avec un des frères Lobo, qui est en fait un loup-garou! C'est donc une lecture décomplexée et somme toute agréable qui attend le lecteur de Spider-Man, avec des épisodes qui viendront peut être boucher des trous dans vos collections respectives. 


SPIDER-MAN DESTINS CROISES : LE GRAPHIC NOVEL DES ORIGINES

Restons dans la collection Marvel Graphic Novel de Panini, pour un autre album, ce mardi. Il s'agit de Destins Croisés, une aventure de Spider-Man. Une trame ultra classique puisqu'elle reprend les origines du héros, archi connues et répétées, du départ des vrais parents de Peter Parker (qui ne reviendront jamais d'une mission pour le compte du gouvernement) à la morsure de l'araignée, jusqu'au mariage avec Mary-Jane Watson. L'originalité étant (façon de parler) que tout ceci est raconté avec deux angles de vue différents, une narration à deux voix, puisque la belle rouquine elle aussi nous présente son propre passé cahotique et marqué par les drames familiaux, en alternance avec les déboires et les exploits de son futur mari. Angle de vue est le mot juste, car parfois les mêmes scènes sont observées de deux positions différentes. Emblématique en ce sens le soir où l'oncle de Peter est assassiné, et le jeune homme quitte en douce sa maison de Forest Hills, par la fenêtre, et en costume, pour aller se saisir du criminel encerclé par la police. Mary-Jane est à la fenêtre, et elle comprend que derrière le masque de cette star télévisée qui fanfaronne (Spidey a commencé sa carrière ainsi, vous le savez, non?) se cache son voisin, que sa tante ne cesse de vouloir lui présenter, pour en faire un probable boy-friend bien sous tous rapports. Peter et Mary-Jane, unis par les masques et les faux semblants : le premier est un super-héros en collants, qui jouit de mauvaise presse et protège son identité pour le bien de ses proches, la seconde une fille facile en apparence et toujours prête à faire la fête, pour cacher son désarroi, sa tristesse, devant une vie qui lui a donné peu de motifs pour sourire vraiment.

La rencontre entre les deux finira par avoir lieu, bien sur, et ce sera le mariage. Les drames, les luttes, sont ici représentés par la présence du docteur Octopus, qui va même un temps tomber sous le charme de la tante May, et de la possibilité d'une vie paisible aux cotés d'une charmante sexagénaire qui lui prépare de bon cookies et lui apporte la couverture. Ce n'est pas un des épisodes les plus glorieux ou crédibles de la longue carrière de Spider-Man, mais c'est ainsi, et rappelé dans cet album. La couverture est fort jolie, signée Gabriele Dell'Otto, mais l'intérieur est dans des tons très classiques, voire franchement rétro mais assumés. L'artiste est Alex Saviuk, qui a longtemps officié sur les séries du tisseur, principalement Web of Spider-Man dans les années 80 et 90. Le scénario est lui aussi confié à un habitué de la maison, ce Gerry Conway qui a écrit de nombreuses pages des aventures arachnéennes, et qui ne doit faire ici qu'une synthèse de nombreux éléments de la légende, pour un condensé parfois trop bref, trop rapide, mais au charme suranné qui pourra plaire aux lecteurs nostalgiques ou à ceux qui ignorent les premières années de vie du jeune Spider-Man. Il faut quand même bien reconnaître que ce graphic novel est tout à fait dispensable pour les lecteurs de longue date, et que passé le charme naïf qu'il dégage, il n'y a pas grand chose dans le fond, ni même sous la forme. J'oserais dire qu'il s'agit d'une excellente porte d'entrée pour accéder ensuite aux intégrales Spider-Man, publiées par Panini, et qui régaleront ceux qui veulent enquêter sur les exploits d'autrefois du monte en l'air. Dernière chose : sur les étales des bouquinistes, Destins Croisés se négocie facilement à trois quatre euros, avec un peu de chance. A ce prix, pourquoi pas?


MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...