Affichage des articles dont le libellé est Thanos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thanos. Afficher tous les articles

LE GANT DE L'INFINI : L'OMNIBUS DE "INFINITY GAUNTLET" AVEC THANOS


 Remontons le temps jusqu’aux années 1990, à une époque où Thanos, le grand vilain cosmique de l’univers Marvel, nourrissait une passion aussi ténébreuse que dévorante : son amour pour la Mort, entité abstraite personnifiée en femme silencieuse et glaciale. Dans un élan aussi fou qu’abject, il envisagea de lui offrir un présent à la hauteur de ses sentiments – un génocide universel. Rien de moins que la moitié de la population de l’univers, sacrifiée comme preuve de sa flamme. Pour mener à bien ce projet apocalyptique, le Titan fou entreprit une quête désespérée : réunir les six Gemmes de l’Infini (ou Joyaux de l’Infini, selon les traductions), chacune conférant à son détenteur le contrôle absolu sur un aspect fondamental de l’existence — le temps, l’espace, l’âme, l’esprit, la réalité et le pouvoir. Combinées dans le Gant de l’Infini, ces gemmes font de celui qui les possède un dieu omnipotent. Thanos, stratège méticuleux, n’hésite pas à affronter et à terrasser les détenteurs successifs des gemmes. Le Collectionneur, le Jardinier, le Coureur ou encore le Champion sont balayés un à un dans des affrontements mémorables. Le Silver Surfer, en première ligne, pressent la menace et se précipite sur Terre pour alerter les héros. Mais il est déjà trop tard. Thanos est devenu une entité divine, et le cosmos tout entier s’apprête à sombrer dans le chaos. Ce qui rend Thanos si fascinant, c’est cette combinaison de puissance brute et de froide intelligence. Il est retors, manipulateur, philosophe du néant. Lorsqu’il médite, c’est l’équilibre cosmique lui-même qui vacille. Sa quête ne se résume pas à l’accumulation de pouvoir : elle est une déclaration d’amour malade, une tentative d’être jugé digne par la Mort elle-même — laquelle, ironie suprême, demeure muette et indifférente. Thanos, humilié, sombre alors dans une folie meurtrière. Il n’est plus seulement un conquérant, mais un amant éconduit qui frappe l’univers pour exorciser son rejet. Ce parcours tragique trouve son point culminant dans The Infinity Gauntlet, l’une des plus grandes sagas de l’histoire Marvel, écrite par un Jim Starlin en état de grâce (le Défi de Thanos, selon la traduction des anciens RCM de Semic). Starlin orchestre ici une véritable épopée métaphysique, où les dieux tombent et les héros échouent. Les scènes s’enchaînent comme autant de vignettes d’apocalypse : des justiciers broyés à mains nues, étouffés dans le vide spatial, ou réduits à l’état de cendres. Chaque affrontement est une leçon d’humilité, jusqu’à cet instant inoubliable où Captain America, seul face à Thanos, brandit son bouclier et frappe, comme l’ultime rempart contre le néant. Une image gravée à jamais dans la mémoire des lecteurs.


Mais au-delà de la démesure cosmique, The Infinity Gauntlet est aussi une histoire de sacrifice et de rédemption. Car face à un Thanos devenu dieu, un seul être ose se dresser : Adam Warlock, figure messianique chère à Starlin, revenu du Monde de l’Âme pour restaurer l’équilibre. Son retour signe le renversement du pouvoir absolu, non par la force, mais par la sagesse, la foi, et une compréhension intime de son ennemi. Bref, cet omnibus regorge de scènes puissantes, chargées d’une émotion rare dans les comics de l’époque. Qui peut oublier le Surfer s’écrasant, épuisé, dans le sanctuaire du Doctor Strange, ou cette planche saisissante où Thor survole un Pacifique vidé de sa géographie : le Japon a disparu. Autant de visions d’un monde en déliquescence, écrasé par le caprice d’un dieu frustré. Et pourtant, à travers le tumulte, The Infinity Gauntlet conserve une forme de solennité tragique. Tout cela, rappelons-le, pour les beaux yeux de la Mort. Autour de Thanos, les traîtrises se multiplient. Ses alliés, loin d’être fidèles, guettent le moment où ils pourront s’emparer de son trône. Mephisto, démon lubrique et manipulateur, cherche à tirer profit du chaos. Nebula, que Thanos prétend avoir "sauvée", incarne une revanche familiale cinglante et malsaine. Le Gant suscite les convoitises, et sa toute-puissance ne garantit rien d’autre que l’isolement. Graphiquement, la série est portée par George Pérez, maître du détail et de la lisibilité dans l’excès, puis par Ron Lim, qui livre ici son chef-d’œuvre absolu. À eux deux, ils construisent un monument visuel à la gloire de l’univers Marvel, avec une fluidité narrative exemplaire, malgré le gigantisme du récit. Cette saga n’a rien à envier aux grandes tragédies antiques : elle parle de puissance, de solitude, de désir inassouvi et de chute inévitable. C’est d’ailleurs cette fresque cosmique, profondément humaine sous ses oripeaux divins, qui a inspiré la saga cinématographique du Marvel Cinematic Universe. L’ombre réadaptée de Infinity Gauntlet plane sur Avengers: Infinity War et Endgame, même si le propos y est simplifié, les motivations de Thanos édulcorées. L’essence demeure : la quête des gemmes, l’obsession du Titan, la lutte collective contre un destin implacable. Infinity Gauntlet demeure l’une des pierres angulaires des comics super-héroïques. Une œuvre dense, philosophique, explosive, et d’une ambition rarement égalée. À lire, à relire, à méditer. Dans cette version 2025 chez Panini (nous vous proposons la variant cover spéciale de l'éditeur), qui sera suivie des autres volets de la trilogie (War et Crusade), vous trouverez une multitude de séries annexes, principalement tous les numéros du mensuel Silver Surfer qui anticipe la catastrophe, mais aussi des épisodes de Hulk, Sleepwalker, Quasar... Dans le tumulte cosmique, certaines vérités – sur le pouvoir, l’amour, la perte – résonnent étrangement fort et sont toujours d'actualité. Plus que jamais. 


UniversComics, la communauté de référence des fans de comics :


UNIVERSCOMICS LE MAG' 52 (MAI 2025) : COSMIQUE ET VINTAGE


 UniversComics Le Mag' 52

Mai 2025 - Gratuit

Vous pouvez lire votre Mag' en ligne ou le télécharger ici : 

https://madmagz.app/fr/viewer/67f6300e7ce42a0013fa50f5


On replonge dans l'univers cosmique #marvel des années 1990

- Pouvoirs cosmiques chez Panini Comics France Thanos, et les autres, dans les années 1990.

- Lectures V.O avec trois nouveaux albums inédits en Vf chez AWA Studios (Absolution, Chariot, The Crimson Cage)

- Le cahier critique, les sorties du mois chez Panini Comics, Urban Comics Delcourt Comics Les Humanoïdes Associés Editions Grand Angle

- Le podcast #lebulleur présente le meilleur de la #BD

- #DylanDog le mal aimé ? Le crossover avec #batman sera-t-il publié en VF ?

- Retour sur le #FCBD à Nice chez Les Fictionautes avec #fabianoambu et #vorticerosa 

- Preview : le retour de #benjamincarret avec Crayons, Rassemblement. Benjamin qu'on remercie encore et encore pour être aussi le graphiste de toutes nos covers ! ! 


Cover de Gonzalo Byrne. Avec Monsieur Thanos !

Merci pour votre fidélité, on vous souhaite une excellente lecture avec ce Mag' de mai. Pour le prochain, rendez-vous dans un mois. D'ici là, vous pouvez nous aider : PARTAGER cette publication. Merci 

THANOS POUVOIRS COSMIQUES : RETOUR AUX 1990s AVEC RON MARZ


 Dans les années 1990, Thanos possède un statut pour le moins variable. Parfois présenté comme la pire engeance que l’univers ait jamais engendrée (Thanos Quest, Infinity Gauntlet…), parfois comme le grand vilain repenti, flanqué d’une sagesse naissante (Infinity Crusade), le personnage apparaît tour à tour sous des visages différents — voire franchement contradictoires. Une seule constante cependant : dès qu’il s’ennuie, Thanos retrouve immanquablement sa vocation première, à savoir la quête de savoir — et donc de pouvoir — par tous les moyens possibles. Y compris, bien entendu, la violence et les abus en tous genres… Dans Les Maîtres du cosmos (le nom à l'origine de cet album, chez Semic), nous le retrouvons en pleine scène de carnage sur une planète lointaine. Thanos ne demande rien : il prend. Et c’est précisément ce qu’il est en train de faire. Ce qu’il convoite n’est pas un trésor de joyaux ou de métaux précieux, mais un but bien plus noble (ou sinistre, selon le point de vue) : la connaissance. Pendant ce temps-là, rien ne va plus dans la galaxie. Le dernier héraut en date de Galactus, un certain Morg — ancien bourreau sanguinaire sur son monde d’origine et amateur de tortures en tout genre — a été capturé par Tyrant, une entité surpuissante dont les racines remontent à un passé très lointain, et qui entretient une rivalité ancestrale avec le Dévoreur de Mondes. Disparu depuis si longtemps que plus personne ne pensait à lui, Tyrant ne revient pas sur le devant de la scène pour faire de la figuration. Il représente un défi colossal, irrésistible, même pour le Titan fou — qui sait néanmoins qu’il ne pourra pas triompher d’un tel adversaire par la seule force brute. C’est ainsi que Thanos se choisit un premier allié : Terrax, lui aussi ancien héraut de Galactus — et ce n’est pas un poète. Armé de sa hache cosmique, Terrax laisse dans son sillage cadavres et mutilations. Lorsque nous le retrouvons, il est prisonnier dans une arène, forcé de se battre pour sa liberté. Mauvaise idée que d’avoir voulu faire de lui un simple gladiateur de foire. Sans surprise, il s’évade — et fait payer cher ses geôliers, ainsi que ceux qui espéraient tirer profit de sa souffrance. Peu à peu, une force de frappe se constitue face à Tyrant, et un choc cosmique se profile, le tout orchestré par Ron Marz, qui assemble une à une les pièces de ce vaste puzzle / jeu de massacre.



Si Thanos est la figure centrale de la première partie de cette histoire — Cosmic Powers en VO —, elle se divise en réalité en six volets. En France, Semic avait publié l’intégralité de cette mini-série sous la forme de trois albums, contenant chacun deux épisodes. Panini y rajoute quelques inédits tirés de Secret Defenders, histoire d'enrichir la sauce. Et au fil des pages, la distribution s’étoffe. Ce qui semblait au départ une série de portraits fouillés et introspectifs de personnages à la psychologie tourmentée se transforme en une immense bataille rangée, qui oppose des êtres aux pouvoirs démesurés. Outre Thanos et Terrax, les dessins de Ron Lim — pilier des grandes sagas cosmiques des années 1990 — et de Jeff Moore — qui insuffle un véritable souffle d’énergie brute à ses planches — donnent vie à une galerie de personnages hauts en couleur. Andy Smith, quant à lui, illustre un duo aussi étrange qu’attachant : le Valet de Cœur, condamné à une solitude éternelle dans un costume qui le maintient en vie tout en l’empêchant de vivre normalement, et Ganymède, redoutable combattante et dernière survivante de sa race, dont la mission ultime est la destruction de Tyrant. Ce couple improbable n’échappera pas, lui non plus, aux machinations de Thanos. Autre protagoniste impliqué dans cette épopée : Legacy, le fils du Captain Marvel originel. Encore impulsif, malhabile avec ses nouveaux pouvoirs, il fonce tête baissée et se retrouve face à Nitro, l’assassin indirect de son père, responsable de son empoisonnement au gaz mortel à l’origine d’un cancer foudroyant. Les deux derniers épisodes sont consacrés à Morg, avec les dessins âpres et surprenants de Tom Grindberg — dans un style qui n’est pas sans évoquer celui de Mignola. Si beaucoup de lecteurs de l’époque n’appréciaient guère ses planches, j’ai pour ma part toujours eu un faible pour cet artiste que je considère comme largement sous-estimé. Enfin, Scott Eaton prend en charge la déflagration finale : l’heure du règlement de comptes général a sonné, et tout le monde se tape joyeusement dessus — pour notre plus grand plaisir. Bien sûr, Thanos n’est pas qu’une créature malfaisante et surpuissante : c’est aussi un maître incontesté de la manipulation et des plans tordus, toujours au service de ses ambitions. L’ensemble se lit encore aujourd’hui avec un plaisir non dissimulé, même s’il est évident que cette histoire porte en elle toutes les marques stylistiques des comics de l’époque : grandiloquence cosmique, poses héroïques, dialogues sentencieux et affrontements titanesques. Mais pour qui a grandi avec ces antagonistes aujourd’hui remis à l’honneur, cette parution inattendue reste une madeleine de Proust interstellaire, à tremper dans un bon bol d'hémoglobine.


UniversComics, rejoignez la communauté :

THANOS LE RETOUR (PAS SI FOU) DU TITAN FOU

 

Un peu de respect pour le Titan Fou, que diable. je veux dire, Thanos ne peut pas être servi à toutes les sauces. Le personnage est parfait pour une saga cosmique épique, avec des relents spirituels et/ou métaphysiques. Un adversaire de taille, qui en remontre à tout l'univers Marvel, et offre aux scénaristes l'occasion de plonger dans les méandres les plus tortueux de l'âme des héros. En alternative, on peut s'en servir pour du bon vieux comic book bourrin, un cataclysme majeur, l'extermination comme seul horizon des événements. Mais descendre Thanos de son piédestal, l'amener à frayer avec des héros terriens dans un contexte moins noble, c'est un pari risqué, pour ne pas dire voué à l'échec. Pour en finir avec Thanos, vous savez qu'il n'est pas totalement ce nihiliste que l'on présente régulièrement. Non, il a au moins une passion dans la vie mais malheureusement… c'est la mort. D'ailleurs, pour les beaux yeux de cette compagne tant désirée mais qui se dérobe systématiquement à lui, il a tout de même souhaité à un moment donné détruire la moitié de l'univers. Tout cela pour vous dire que lorsqu'on voit débarquer dès le début de cette histoire une jeune fille (Roberta) d'apparence gothique et dont l'existence semble bien morne (elle travaille dans une sorte de drugstore spécialisé dans le médical) on commence à avoir un petit soupçon. Lorsque la jeune fille se recueille sur sa propre tombe (avouez-le, c'est assez original) et que celle qui se dit sa mère se présente en caisse et affirme reconnaître sa fille décédée, le soupçon devient de plus en plus évident. Et lorsque enfin Thanos débarque et décide d'emporter toute la ville de Fresno, où elle travaille et habite, de la mettre sous cloche pour l'aspirer dans l'espace, alors même le lecteur le plus naïf a compris quels sont les véritables enjeux. 




Thanos n'est pas seulement un des plus grands méchants de tout l'univers mais c'est aussi, dans sa manière d'aimer, d'imposer sa volonté à la mort elle-même, une sorte de super harceleur. Quelqu'un qui ne comprend pas qu'on lui refuse quelque chose, qui pense que ses désirs font forcément loi et que l'autre n'est fait que pour les satisfaire. C'est donc une approche relativement moderne et pertinente de la part de Christopher Cantwell, tandis que du côté des super-héros, ce sont les Illuminati qui s'interposent entre le Titan fou et sa prétendue bien aimée. Le problème, c'est que ces quatre épisodes sont assez évanescents. Certes, les dernières planches indiquent que tout ceci n'est que le prologue à quelque chose de beaucoup plus important. En attendant, nous n'avons pas grand chose à nous mettre sous la dent, voire même, nous trouvons parfois certaines scènes qui se veulent humoristiques mais qui sont juste déplacées et out of character : il suffit de mentionner Thanos au volant dans une voiture par exemple, ou en train de crier sur un serveur. Par contre, l'arrivée de Hulk, annoncée à travers une série de vignettes où on le voit (enfin, ses gros pieds) bondir d'un état à l'autre est bien réalisée et constitue une des trouvailles géniales de l'ensemble. Un album finalement assez plat dessiné par Luca Pizzari (parfait pour l'esprit moderne de Marvel, mais que ne placerais pas aux commandes d'une série Thanos) aidé de German Peralta, très loin d'intégrer le panthéon des aventures avec Thanos, et qui aura peut-être comme seule véritable raison d'être d'amorcer une future grande histoire à la hauteur de la noirceur de son protagoniste. Nous verrons bien.



Retrouvez-nous sur Facebook, chaque jour !

 

SILVER SURFER LEGACY : DE VRAIS FAUX SOUVENIRS DES 1990s


 Les années 1990 sont décriées par certains, portées aux nues par d'autres. Quelle que soit votre opinion, toujours est-il qu'on y revient régulièrement, encore et toujours, souvent lorsqu'on est en manque d'inspiration. Chez Marvel, décision a été prise il y a quelques temps de produire toute une série d'aventures apocryphes, censées se dérouler durant cette belle décennie, sans que personne ne soit au courant de ces "faits oubliés" jusqu'à maintenant. C'est l'occasion de retrouver un statu quo, des costumes et un style graphique différent de ce que nous lisons aujourd'hui. Et l'univers cosmique des années 1990 est très souvent associé à Ron Marz, un scénariste qui a exploré les étoiles aussi bien chez DC comics (Green Lantern) que chez Marvel (le Silver Surfer). Il est associé une nouvelle fois avec Ron Lim, un des dessinateurs les plus prolifiques de la Maison des Idées, à l'œuvre avec un trait parfois un peu trop simpliste et anguleux, mais toujours régulier, efficace, facilement reconnaissable. Avec Lim, tout dépend souvent de l'encrage. Al Milgrom avait tendance à banaliser son talent tandis que Tom Christopher lui convenait beaucoup mieux. Ici, c'est un certain Don Ho qui s'occupe de cette partie du travail et nous pourrions qualifier le résultat de compromis entre les deux options déjà citées. L'album s'appelle Legacy et il se rattache à une aventure précédente et récente. Il s'ouvre avec le Silver Surfer et (c'est logique) Legacy, le fils du Captain Marvel des origines, qui devisent allègrement sur la grandeur et l'héroïsme du super-héros disparu tragiquement, des suites d'un cancer. Le fiston n'a jamais eu l'occasion de le connaître et c'est le plus grand regret de sa vie. C'est alors que le Surfer a une fausse bonne idée, pour lui permettre d'être témoin de la bravoure de Captain Marvel. Remonter le temps (ben voyons…)




Si vous trouvez étrange que le Surfer, qui s'avère habituellement être un personnage très pondéré, décide d'emmener Legacy sur l'île aux monstres, pour s'emparer de la gemme du temps (qui était à l'époque détenu par les membres de la joyeuse brigade d'Adam Warlock, les Gardiens de l'infini), ceci afin que le rejeton puisse rencontrer son père… si vous pensez donc que tout ceci est complètement absurde, par rapport à la nature du héros, vous avez raison ! Sauf qu'en fait, ce n'est pas exactement le Surfer : c'est Méphisto qui a pris son apparence, et qui va pouvoir ainsi mettre en place un plan diabolique pour se débarrasser de celui qu'il déteste cordialement, depuis toujours. Bref, un quiproquo dont les super-héros ont l'habitude, qui va impliquer justement les Gardiens, qui va faire intervenir aussi Thanos (qui à l'époque possédait sa propre gemme) et qui va expédier nos personnages - surtout Norrin Radd - jusqu'à la fin des temps. Le Surfer va y rencontrer aussi Galactus ou Nova (Frankie Raye). Et vous savez quoi, ça n'est même pas désagréable à lire ! Il y a en effet un petit parfum de ces aventures que nous dévorions à l'époque chaque mois, au petit format dans Nova. On retrouve un peu de cette naïveté et surtout de la dynamique qui existait alors, entre tous ces personnages. Ron Marz connaît son sujet, il sait comment écrire tout cette assemblée et si l'album n'a absolument pas vocation à marque à jamais les esprits, ça reste une parenthèse sympathique pour tous ceux qui sont restés (comme moi) attendris au souvenir des années 1990. Alors voilà, à réserver pour les fans, probablement pas destiné aux plus jeune lecteurs, mais loin d'être la parution la plus bête de l'année, tout au contraire.



Retrouvez-nous chaque jour sur la page Facebook !


SILVER SURFER RENAISSANCE : ON REPLONGE DANS LES 1990s?


 C'est un temps que les novices ne connaissent pas, une période où l'univers cosmique Marvel se reposait sur les épaules d'un géant comme Jim Starlin. Les années 1990 ont été marquées par plusieurs histoires hautement symboliques, qui ont d'ailleurs fini par donner naissance au plus grand film de super-héros de tous les temps sur grand écran (Infinity War). Nous parlons là d'Infinity Gauntlet, c'est-à-dire le défi de Thanos, incontournable jalon Marvel. Starlin ne pouvant tout faire tout seul, il avait l'habitude de se reposer sur quelques hommes de confiance, dont Ron Marz, un autre des grands architectes des sagas de l'espace, connu aussi chez la distinguée concurrence, pour être l'homme qui a créé le Green Lantern Kyle Rayner. Du côté des dessinateurs, l'époque était à un certain Ron Lim. Toujours appliqué, son trait ultra lisible et reconnaissable, tout en rondeur, a fait la joie de nombreux lecteurs. Sa prestation sur la série Silver Surfer reste à ce jour le sommet de sa carrière. Tout ceci est d'actualité aujourd'hui, puisque Panini propose une mini-série inédite en 5 volets, qui rassemble les deux "Ron" et nous replonge directement dans les événements de l'époque que je viens d'évoquer, à une période indéfinie de l'histoire, mais qui ramène sur le devant de la scène tous ceux qui étaient alors les stars des mensuels cosmiques. Forcément, les anciens se réjouissent à l'avance. Je veux dire, ils sont tous là, Thanos bien entendu, mais aussi le Valet de cœur, le fils du Captaine Marvel originel (Genis-Vell) et même un certain Tyrant, qui fut autrefois un des hérauts de Galactus et qui avait eu droit à quelques épisodes hauts en couleur et dramatiques, dans la série du Surfeur d'Argent, au temps où elle était publiée en petit format dans Nova. Vous avez dit nostalgie ?



Bien entendu, puisqu'il est question de tout ce que je viens de citer, il sera aussi fait mention des gemmes du pouvoir, notamment celle de la réalité, qui a été confiée à Thanos à l'insu de tous, par Adam Warlock. Le hasard faisant bien les choses, vous avez probablement lu ces épisodes il y a peu de temps, dans l'intégrale 1992-1993 d'Adam Warlock, où est publié la série Warlock & the Infinity Watch. Et bien ici, à défaut d'être une suite directe, nous avons affaire à des épisodes apocryphes qui se déroulent justement à cette époque-là. On retrouve également Nebula, qui passe un sale moment avec celui qu'elle considère comme son père, c'est-à-dire notre cher titan Fou, outre les habituelles machinations de ce dernier, qui à défaut d'être devenu fréquentable, passait alors pour une sorte de super vilain fataliste et philosophe à deux doigts de se réformer définitivement, mais dont tout le monde se méfiait en raison d'un potentiel maléfique inné et incontrôlable. C'était l'époque où on le retrouvait tel un bon fermier, assis sur le pas de la porte, en train de deviser sur le sens de l'existence et la vanité des grands objectifs qu'on ne peut jamais atteindre. Ce serait bien sûr exagéré de dire que le scénario de Ron Marz est d'une originalité à toute épreuve et qu'il s'agit là d'un album à la hauteur de ce que nous pouvions lire dans les années 1990. C'est par contre un bonbon nostalgique qu'on peut réserver à ceux qui ont connu l'époque en direct, et qui comprennent ce que les deux artistes sont en train de faire, et également quelle est en outre la portée symbolique de leur présence sur ces pages. Attention toutefois, la plaie n'en finit plus de se rouvrir à ce sujet. Prenez Thanos, par exemple. Tant qu'il apparaissait sporadiquement, voire même disparaissait pendant longtemps de la scène, avant de revenir sous forme d'un Titan ultra puissant, prêt à annuler la moitié de l'univers, il était nimbé d'un prestige exceptionnel, qui lui a permis de devenir ce personnage à part. Aujourd'hui, après avoir été exploité à toutes les sauces et battu régulièrement par un peu tout le monde, qui peut encore avoir la même idée de Thanos, qui peut encore autant trembler qu'à cette époque où il endossait enfin le gant du pouvoir? Si pour vous le vrai cosmique Marvel, ce sont les années Jim Starlin, je vous recommande tout de même de jeter un œil à Silver Surfer Rebirth. Ça semble taillée pour vous, cette sortie-là!





WARLOCK & LES GARDIENS DE L'INFINI : L'INTÉGRALE 1992-1993


 Adam Warlock a arraché les gemmes du pouvoir à Thanos, et ce faisant, il est devenu l'être suprême de notre univers. Un tel pouvoir ne sied pas à un simple mortel (même fabriqué artificiellement dans un laboratoire d'avant garde) et il est vite convoqué par l'assemblée des principales déités cosmiques, afin de restituer les gemmes. Mais Adam n'a pas l'intention de céder au chantage, et c'est lui qui décide avec qui partager ses incroyables facultés. Le groupe qu'il va mettre sur pieds est constitué de personnages mineurs, mais tous aussi succulents les uns que les autres : Drax et Dragon-Lune (cette dernière est sa fille, et elle a autrefois dû tuer son géniteur, qui fort heureusement ne se rappelle de rien, puisqu'il est devenu une brute sans cervelle), Pip (un troll dévoyé) et Gamora (la femme la plus dangereuse de l'univers), et encore un autre "gardien" mystérieux dont l'identité était de prime abord à découvrir dans les premiers épisodes. C'est l'incapacité potentielle de ces individus à être à la hauteur de leur tâche, et les relations humaines conflictuelles qui en découlent, qui font le sel de cette série agréable et chargée en nostalgie. Publiée à l'origine dans le mensuel Titans, nous étions toujours en attente d'une publication librairie française, jusqu'à cet été, de Warlock and the Infinity Watch. Les dessinateurs se succèdent malheureusement trop vite, et le style varie beaucoup d'un épisode à l'autre. Ainsi, la transition entre le tout premier (Angel Medina, très appliqué et au trait détaillé) et l'artiste suivant (Rick Leonardi, beaucoup plus personnel et clivant, même si excellent) est sous l'enseigne d'une variation radicale du style et de l'ambiance. Pourtant, on ne boude pas notre plaisir coupable.  


Adam Warlock n'est pas non plus réputé pour sa stabilité mentale, et d'ailleurs, dès le premier épisode, Jim Starlin nous présente un messie sur le point d'être déchu, convoqué devant une cour cosmique impressionnante, une audience demandée par Eternité lui-même, avant un jugement qui sera rendu par le Tribunal Vivant. Des pages inoubliables, avec des figures du panthéon cosmique Marvel qui ont laissé une empreinte indélébile chez tous les lecteurs qui ont connu cela en temps réel. La carrière de Warlock y est brièvement résumée et de toute façon, dès les épisodes suivants, il est question de Contre-Terre, de l'Homme Bête et du Maître de l'évolution. Des personnages qui viennent à rappeler combien Adam est en réalité ce qui ressemble le plus à la figure du Christ dans les comics Marvel. D'ailleurs, son parcours éditorial est composé de morts et de résurrections et ses attitudes, son discours, sont parfois les copies carbone de ceux du Christ. Toute cette joyeuse bande va finalement trouver refuge chez l'Homme Taupe (dans l'île aux Monstres), un autre de ces éternels incompris et malheureux, qui petit à petit semble passer du statut de maître des lieux à simple vassal, prix également dans la toile des machinations de Warlock. Comme déjà évoqué, un des fils narratifs les plus savoureux est probablement la crainte que ressent Dragon-Lune envers Drax; si celui-ci vient à recouvrer la mémoire et se rappelle la manière dont il est mort précédemment, et qui il est en réalité, il y a fort à parier qu'elle serait écrabouillée en quelques instants. Parmi les dessinateurs de la série, notons également Tom Raney. Celui-ci a tendance à développer des figures très souples, avec parfois des membres qui s'étirent comme des ballons de baudruche, mais j'ai toujours été attiré par l'effet final et l'impact de ses planches, que je trouvais à l'époque du plus bel effet. Avec le recul, les goûts évoluent, mais il reste tout de même un point de repère important pour le titre dont nous parlons aujourd'hui. Concrètement, ces épisodes sont donc directement consécutifs à ce que nous appelions alors le Défi de Thanos, c'est-à-dire Infinity Gauntlet, et c'est un plaisir réel de les voir éditer sous cette forme. À ceux qui en doutaient encore, nous vivons tout de même une époque formidable pour les propositions comics en librairie, entre nouveautés à jet continu et publications vintage de la sorte. Si vous avez comme moi la quarantaine, je sais que vous allez vous laisser tenter.

(Sortie cette semaine)





LES MAÎTRES DU COSMOS : SOUVENIR COSMIQUE CHEZ SEMIC


 C'est les vacances pour tout le monde, y compris pour nous. Point de "nouvelle lecture" aujourd'hui, mais une plongée dans le passé, avec une odyssée cosmique totalement oubliée, les Maîtres du cosmos. Dans les années 1990, Thanos acquiert un statut variable. Présenté parfois comme la pire engeance que l'univers ait jamais connu (Thanos Quest, Infinity Gauntlet...) ou bien comme le classique grand vilain repenti aux attitudes de sage en devenir (Infinity Crusade) on rencontre au fil des pages des versions subtilement différentes, voire contradictoires, du personnage. Cela dit attention, dès qu'il s'ennuie, il retrouve sa vocation première, à savoir la recherche du savoir et par là même du pouvoir, de toutes les manières possibles. Ce qui inclut bien entendu la violence et les abus en tout genre… Dans les Maîtres du cosmos nous le rejoignons en pleine scène de combat, en train d'effectuer un carnage sur une planète lointaine. Thanos ne demande pas, il prend ce qu'il veut, et c'est précisément ce qu'il est en train de faire. Il est à la recherche d'un trésor inestimable, qui en fait n'est pas constitué de joyaux ou de pièces d'or, mais de connaissances, d'informations. Pendant ce temps-là rien ne va plus dans la galaxie. Le dernier héraut en date de Galactus, un certain Morg, ancien bourreau sanguinaire de son monde d'origine et adepte de la torture extrême, à été capturé par Tyrant, un être surpuissant dont les racines plongent dans un très lointain passé, et qui a maille à partir avec le dévoreur de mondes depuis des siècles. Tyrant avait disparu de la circulation, à tel point que plus personne ne pensait à lui, mais s'il revient sur le devant de la scène, ce n'est certainement pas pour faire de la figuration. Il représente en tous les cas un défi formidable et irrésistible pour le Titan fou, qui néanmoins sait bien qu'il ne sera pas aisé de venir à bout d'un tel opposant, et de lui voler ce qu'il convoite, grâce à la seule force brute.  Son premier allié sera donc Terrax, lui aussi autrefois au service de Galactus, et ce n'est pas un poète! Armé de sa hache cosmique, il laisse derrière lui cadavres et mutilations. Terrax, nous le retrouvons captif dans une sorte d'arène, où le prix du combat est sa liberté . Mauvaise idée que d'utiliser le personnage comme un simple divertissement pour les jeux, et rien de surprenant de le voir s'échapper, et faire payer chèrement ses geôliers et ceux qui désiraient l'exploiter. Une force de frappe notable commence à se liguer contre Tyrant et un choc cosmique s'organise, le tout scénarisé par Ron Marz, qui assemble une à une les pièces du puzzle.



Si Thanos est le héros de la première partie de cette saga intitulée Cosmic Powers en VO, il faut savoir qu'en tout elle est divisée en 6 parties. A l'époque Semic avait proposé l'intégralité de la mini série sous forme de 3 albums contenant deux histoires chacun. Au fur et à mesure de la progression du récit, le cast s'étoffe et ce qui semble au début un regard particulier et scrutateur sur chacun des personnages et leurs motivations intimes devient peu à peu une grande bataille rangée, entre êtres au pouvoir incommensurable. Nous avons déjà parlé de Thanos et de Terrax donc, avec les dessins de Ron Lim, grand habitué des sagas cosmiques dans les années 1990, mais aussi de Jeff Moore, qui a su insuffler beaucoup de dynamisme dans son travail. Andy Smith s'occupe pour sa part d'un curieux duo. D'un côté le Valet de cœur qui semble condamné à une solitude éternelle, enfermé dans un costume qui l'empêche de vivre une vie normale, mais aussi le préserve en vie. Il fait la rencontre de Ganymède, une combattante hors-pair, dernière de sa race, dont le but ultime est justement la destruction de Tyrant. Ce couple improbable et touchant est aussi victime des machinations de Thanos. Autre héros à être impliqué dans cette histoire, Legacy, à savoir le fils du Captain Marvel des origines. Impulsif et encore peu habitué à ses nouveaux pouvoirs, il fonce dans le tas sans trop réfléchir, et se retrouve face à face avec Nitro, celui qui condamna son géniteur en l'empoisonnant avec un gaz mortel, qui plus tard lui occasionnera un cancer foudroyant. Les deux dernières parties sont consacrées à Morg, avec les dessins surprenants de Tom Greenberg, dans un style proche de ce que peut faire Mignola. A l'époque beaucoup n'aimaient pas ses planches, mais j'ai toujours eu un petit faible pour cet artiste, selon moi très sous estimé. Scott Eaton est le dessinateur qui s'occupe de la déflagration finale, quand tout le monde tape sur tout le monde, et que l'heure est venue de fournir une conclusion à cette grande aventure. Bien évidemment, Thanos n'est pas seulement une créature puissante et mauvaise, c'est aussi le maître incontesté des plans machiavéliques et de la fourberie quand cela sert ses propres intérêts. L'ensemble se laisse encore lire avec plaisir bien des années après, même s'il est clair que cette histoire est très marquée du sceau stylistique qui dominait autrefois, au fin fond du cosmos dans l'univers Marvel. Les lecteurs qui ont grandi avec ces antagonistes fraîchement remis à la page en ont toujours des souvenirs émus.





Et comme toujours, venez nous remercier pour notre travail, et vous abreuver du meilleurs des comics, en likant la page

LES ÉTERNELS DE GILLEN ET RIBIC : SEULE LA MORT EST ÉTERNELLE


 Par définition, s'ils sont éternels, c'est qu'ils ne peuvent pas vraiment mourir. C'est probablement la raison pour laquelle, au lieu d'êtres humains normaux, ils passent pour être des dieux aux yeux de tous; mais comme le rappelle Ikaris, le plus puissant d'entre eux, à plusieurs reprises, non, les Eternels dans cette incarnation sont plus des entités extraterrestres d'apparence humaine aux pouvoirs formidables. En réalité, lorsqu'un membre du groupe meurt, il finit par être ressuscité par une sorte de matrice. Une pratique assez récurrente chez Marvel, une constante même puisque chez les mutants aussi le décès n'est plus définitif. C'est d'ailleurs quelque chose qui peut s'avérer très gênant à la longue, car comment vibrer pour des personnages qui même lorsqu'ils se sacrifient, ont l'assurance de revenir juste derrière? Bref nous assistons dès les premières pages à la renaissance de Ikaris; c'est ensuite au tour de Sprite d'entrer en scène, ce personnage aussi espiègle qu'irritant. Kieron Gillen parvient très rapidement à poser les principaux pions sur la table, sans perdre les lecteurs qui sont entrés dans la danse uniquement grâce au récent film. Il est possible de tout comprendre des enjeux, d'autant plus qu'il recourt à un artifice dont Jonathan Hickman (toujours les X-Men) use et abuse à longueur d'épisodes, un savoir des pages "infographiques" où il est possible d'en savoir plus sur l'histoire et la géographie des Eternals. L'action commence vraiment lorsqu'un meurtre est commis dans la communauté. Un vrai (Zuras), sans retour possible. Les soupçons se tournent assez rapidement vers Sprite mais finalement c'est Ikaris qui va mener l'enquête, notamment dans la cité de Titanos, aujourd'hui totalement abandonnée, autrefois capitale des Eternels. Là-bas notre héros va faire une bien mauvaise rencontre puisque c'est Thanos en personne qui l'attend dans les décombres, et lui inflige une rouste mémorable, dont il est sauvé d'extrême justesse. Problème: si l'assassin recherché est réellement Thanos, comment expliquer qu'il ait pu emprunter les canaux d'accès et de sortie à la cité des Eternels, sachant qu'il n'en n'est pas vraiment un lui-même? Tout cela sent la traîtrise à plein nez.


Le point positif de cet album, c'est le fait que le scénariste parvienne à étoffer considérablement l'univers des Eternels, à le structurer, lui ouvrir de nouvelles pistes pour les années à venir, tout en modifiant le statut de ces personnages, comme à vouloir bien signifier à quel point ils sont singuliers et à quelle niveau il va falloir innover pour leur trouver une place de choix, qui ne soit pas redondante par rapport à tout ce qui existe déjà chez la Maison des idées. Du coup le point négatif c'est que certains éléments du récit nécessitent une connaissance de ces héros pour être pleinement appréciés, d'autant plus que Gillen parsème le tout de nombreuses touches d'humour, qui peuvent ne pas toujours paraître à propos. Néanmoins le cahier des charges est rempli, avec les Eternels, les Déviants, une caractérisation des personnages qui s'intéresse à tour de rôle à chacun des principaux intervenants, sans oublier Thanos en tant que grand méchant, qui réserve lui aussi une surprise. Le dessin est de Esad Ribic, qui est plus à considérer comme une sorte de peintre onirique qu'un dessinateur classique de super-héros. Demandez-lui de mettre de la poésie, du charme, du dynamisme à travers ses planches et vous allez être servis; par contre par endroits il faut bien admettre que son trait n'est pas des plus gracieux. Sur les réseaux, on a lynché par exemple un certain Romita Jr pour des visages et des physionomies qui ressemblent tout de même beaucoup à ce que l'on voit ici (dans les gros plans). Il ne faut donc pas aller chercher dans le détail le meilleur de sa prestation, mais plutôt en humer l'atmosphère globale, celle qui se dégage de son travail. Cette nouvelle époque des Eternels au format comics envisage clairement de lancer le récit vers de nouvelles pistes, et c'est quelque chose qu'il faut louer, mais cette manière un peu ironique et postmoderne de vouloir désacraliser à tout prix celles et ceux qui autrefois étaient considérés comme des créatures divines, peut aussi se révéler une opération casse-gueule. A charge pour le scénariste d'avoir de belles cartouches en réserve pour nous surprendre dans les mois à venir. En attendant cette édition chez Panini est soignée, attrayante et fortement recommandable.





Rejoignez-nous sur Facebook : 

MARVEL DELUXE THANOS : LE SAMARITAIN (THANOS CE BRAVE TYPE...)

Voilà un Marvel Deluxe qui s'ouvre avec de belles promesses, à savoir quelques épisodes scénarisés par Jim Starlin lui-même, dans la suite directe des événement de Infinity Abyss, une de ses sagas cosmiques appréciées des fans. Thanos traverse une phase de remords, tout du moins de volonté d'évoluer, de mettre un peu d'eau dans son vin. L'acquisition de nouvelles connaissances le poussent presque à s'excuser auprès des Rigeliens qu'il a pourtant anéantis en masse peu de temps auparavant. Le Titan bat sa coulpe, et à ses cotés on retrouve Adam Warlock, venu taper la discute comme si de rien n'était, comme si en face il n'avait pas un des fléaus les plus singuliers de l'univers! On trouve aussi Galactus, qui s'apprête à festoyer avec ces pauvres rigeliens, décidément peu chanceux. Du coup, c'est assez surprenant de le dire, mais c'est bien de Thanos que pourrait venir leur salut, car le titan, en échange d'une intervention inattendue, entend bien engranger un peu de sa nouvelle marotte, à savoir du savoir, des informations. Et comme Galactus est un grand cachotier, qu'il a même rassemblé les joyaux de l'infini, et que ses desseins sont énigmatiques... Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle menace pointe le bout de son nez, et pourrait bien condamner l'univers tout entier. La faim, les amis! Pas celle que vous ressentez vers seize heures et qui pousse pousse à sortir le goûter chargé en chocolat, plutôt ce besoin atavique de se nourrir...d'univers, carrément. C'est du Starlin, avec beaucoup de verbiage, de grandiosité, un peu pompeux et artificiel, mais ça marche, dès lors que tous les héros de ce joli panthéon qu'on suit et aime depuis des années sont à nouveau réunis, pour une dernière danse.

La seconde partie du Deluxe, par contre, connaît un passage à vide... Thanos se rend dans le système de l'Orée, afin de se faire transporter ensuite dans les prisons du Kyln, où sont détenus les plus grands criminels de l'univers, dans des conditions de sécurité qui ne leur laissent guère de chance d'en réchapper. Abandonné par son amante la Mort, qui lui reproche de n'avoir pas véritablement saisi ses aspirations et ses besoins profonds (dans ce qui est une  scène assez bien vue), et donc de ne pas connaître le sens premier du mot amour, Thanos est dans une phase de réflexion, et sa légendaire méchanceté semble être un tantinet tempérée. Au point même qu'on pourrait le croire en pleine reconversion, prêt à devenir un héros. Au Kyln, la situation est explosive, avec ou sans le grand vilain cosmique. La proximité de la mort amène certains détenus à un regain de foi, surtout qu'une certaine Créatrice, elle aussi en détention, n'en finit plus de faire des émules. Il semblerait en fait qu'il s'agisse d'une incarnation du Beyonder, sur la piste duquel se trouve Gladiator, le chef de la garde impériale Shi-Ar, mais aussi Star-Lord, bien malgré lui. 
Keith Giffen signe là ses premiers travaux "cosmiques" pour Marvel, avant que la longue saga Annihilation ne pointe le bout de son nez. On sent bien qu'il s'agit pour lui, avant tout, de palier au départ de Jim Starlin, qui a laissé la série Thanos en chantier après des désaccords avec les pontes de Marvel. Du coup, on sent comme un parfum de flottement, renforcé par la mauvaise idée, selon moi, d'atténuer le coté cruel de Thanos. Quand c'est Starlin qui s'y colle, avec son aisance et sa maîtrise métaphysique du personnage, ça peut passer et donner de belles choses. Ici Giffen force un peu les choses en attendant de trouver le ton juste, et il ne tape pas toujours dans le mille. Aux dessins, Ron Lim rend une copie présentable, surtout pour un comic-book grand public de ce type. Mais l'encrage d'Al Milgrom ne lui sied pas trop, et simplifie parfois des crayonnés plus ambitieux que le résultat final. Reste un Marvel Deluxe pas déplaisant, mais sans grand intérêt véritable, avec un Thanos loin d'être la menace solennelle que nous adorons, dans un rôle mineur à contre-emploi.



Achetez Thanos le Samaritain chez Panini


Rendez-vous chaque jour sur la page Facebook

THANOS IMPERATIVE : THANOS TOUT PUISSANT EN MARVEL DELUXE

On retrouve du cosmique ces temps-ci chez Panini, en concomitance avec le ras de marée Avengers Endgame. Retour de Thanos Imperative (nouvelle édition), récit en six parties à classer du coté des événements d'outre espace, qui viennent régulièrement ébranler l'univers Marvel, et qui commence par une mise en bouche, Thanos Imperative Ignition. La mise à feu, quoi. On croyait à l'époque le grand méchant mort, tué par sa némésis Drax le Destructeur, mais il n'en est rien. L'amant de la mort ne le reste jamais bien longtemps. C'est pourquoi il est dorénavant prisonnier des Gardiens de la Galaxie, et le sort qui lui sera réservé fait l'objet de débats entre ces derniers, qui ne sont pas tous d'accord sur le sens à donner à cette résurrection et à cette détention. Pendant ce temps, il se passe d'étranges phénomènes à la limite de la faille qui sépare notre univers de celui apparu quelque temps auparavant, comme conséquence des soubresauts cosmiques imaginés par Abnett et Lanning. Cet autre univers qui pointe le bout de son nez, c'est le Cancerverse, et la mort y a été bannie. La vie toute triomphante, donc, et ce n'est pas forcément un bien. Nova s'y rend pour remettre un peu d'ordre mais il fait une rencontre fort déplaisante : Adam Magus, la version distordue d'un Adam Warlock devenu fou, et dont la puissance de frappe est particulièrement redoutable. Les dessins de Brad Walker, bien qu'un peu figés par moments, sont plaisants. Il évoque un peu un Tom Raney plus posé et moins porté aux distorsions physiques, pour rester dans les artistes qui se sont déjà illustré sur ce type de série. Cerise sur le gâteau, la révélation de l'être qui se cache derrière tous ces préparatifs de guerre. Un vieux fantasme de lecteurs Marvel. Un héros de légende, une de ces figures inattaquables qui a marqué durablement notre enfance (on fait durer le sispens mais depuis vous dvez l'avoir lu, non?)... Ici c'est devenu un vilain tout puissant, bien décider à être celui qui va mettre le cosmos entier à sa botte. Tout ceci est bien sur une suite directe de ce qui a été narré dans War of Kings/Realms of Kings, qui succédaient aussi à Annihilation. Et  nous montre que la balance entre la vie et la mort doit toujours être scrupuleusement respectée, car la première citée n'est pas forcément un bien absolu, si elle n'est pas placée dans la perspective (certes effrayante) de la seconde.

Que faire quand la mort d'un personnage, désormais légendaire, rend toute idée de réutilisation absurde et profanatrice? Et bien, on peut toujours convoquer son avatar d'une autre dimension, d'un autre univers. Du coup, place au Captain Marvel du Cancerverse (oups, c'est dit), qui a su vaincre la mort (contrairement au notre) et qui depuis est même parvenu à l'anéantir. Tuer la mort, ça c'est original. Thanos, pour le coup, se voit investi d'une mission inattendue : en tant que Vrp parfait de la mort, en tant que nihiliste suprême, personne d'autre que lui n'est mieux armé pour rétablir l'ordre dans un monde où il n'est plus possible de passer l'arme à gauche. Thanos souffre, de surcroît. Il ne voulait pas revenir à la vie, ambitionne de vite retrouver l'oubli, et quand on sait les ambitions et la fourberie du titan, on peut s'attendre au pire. Les forces du bien (Gardiens de la Galaxie, Nova, Quasar, en tête de gondole) vont se retrouver attaquées par une version distordue de nos Vengeurs, et bénéficier de l'aide inattendue de celle qui les a trahis sur notre bonne vieille Terre 616 : la Sorcière Rouge, qui confirme donc sa tendance, tous univers confondus, à retourner sa cape et mettre ses compagnons dans l'embarras. Faites confiance à Wanda, et vous êtes surs d'avoir un bon gros coup derrière la tête, dès que vous tournerez le dos. L'ensemble fonctionne assez bien, c'est mouvementé et ça donne la pèche, c'est illustré brillamment par Miguel Sepulveda, avec l'aide de coloristes inspirés. Il manque un peu la fraîcheur et la (fausse) naïveté des sagas tissées par Starlin, mais peut être que je manque moi même de cet innocence qui m'avait tant fait vibrer à l'époque. Thanos Imperative se termine par le sacrifice émouvant de deux héros importants, dont l'un est vite revenu, tandis que l'autre a perdu sa place au sein du MarvelVerse au profit d'un successeur plus jeune et branché. Si vous avez délaissé Marvel cette dernière décennie et que vous voulez rattraper le temps perdu, ce Marvel Deluxe a de solides arguments pour vous attirer dans ses filets. 


Achetez Thanos Imperative en Deluxe chez Panini


Likez notre page Facebook, venez parler comics

THANOS #1 : THANOS, GAMORA ET LA MORT

Forcément, avec le film Avengers Endgame dans les salles, le moment était venu de relancer le titre consacré à Thanos, et ce n'est pas une chose facile, car le personnage est censé être mort!

Bon, je ne vais pas vous faire croire qu'il va le rester bien longtemps, ça vous pouvez vous en douter... d'ailleurs Tini Howard trouve un stratagème assez simple. L'histoire est en fait racontée par Gamora, comme s'il s'agissait de son dernier testament, une bande enregistrée dans laquelle elle revient sur son enfance (sur Zen Whoberi) jusqu'au moment où elle a croisé la route de Thanos. 
Ce dernier, comme le savent tous les lecteurs de la planète, est épris de la Mort, et c'est pour elle qu'il sacrifie, depuis son plus jeune âge, tout ce qui lui passe sous la main, et qu'il ressent ce besoin de trucider. L'histoire prend quelques largeurs avec la réalité historique, ou plutôt puisqu'il s'agit d'une fiction Marvel, la continuity. Ici par exemple nous avons la présence de soldats, de chair à canon, une première mouture de ce que sera par la suite le Black Order, qui à l'époque n'était pas présent au côté de Thanos. Ce dernier débarque sur la planète de Gamora est l'objectif est simple : tuer tout le monde, afin d'empêcher que les habitants ne finissent par être "convertis" par celui qui semble le concurrent le plus sérieux au type de gros despote du cosmos, à savoir le Magus, le double mauvais d'Adam Warlock.  Qui n'apparaît pas comme il l'était alors, avec sa jolie coupe afro en balle de tennis, et on peut le comprendre, car il s'agissait tout de même d'une sorte de gros stéréotype raciste, qui résiste mal aux intentions plus consensuelles d'aujourd'hui. 
Ariel Olivetti illustre le tout avec un talent certain; il n'a pas son pareil pour donner de la majestuosité, de la solennité à certaines scènes. Par contre on l'a vu plus inspiré pour ce qui est des visages ou des vignettes présentant un nombre fourni de personnages. Cela reste néanmoins du haut niveau. Le problème, c'est que malgré les review assez enthousiastes que j'ai déjà pu découvrir sur internet, j'ai pour ma part beaucoup de mal à m'enthousiasmer pour un récit, qui est d'un côté ultra connu (Thanos recueille Gamora) et de l'autre truffé de petites modifications, intervention dans la continuity, qui finalement n'ont pas de quoi nous faire tomber en extase. Reste le twist final, une dernière planche qui permet de jeter un regard nouveau sur le personnage de Gamora, plutôt que sur Thanos, par ailleurs.


Achetez déjà le TPB avec les six numéros


Likez notre page Facebook pour lutter contre Thanos!

INFINITY : RETOUR EN MARVEL DELUXE DE LA SAGA DE JONATHAN HICKMAN

Vous avez peut-être déjà vu le nouveau film des studios Marvel, Avengers Endgame, qui est censé clore toute une époque, qu’on n’hésitera pas à qualifier de formidable, si on aime ce type de long métrage. Et les comics, me direz-vous ? Panini a la bonne idée de profiter de l’événement pour reproposer, en deux tomes, la saga Infinity, de Jonathan Hickman, qui fut voici quelques années une des bonnes surprises cosmiques de la maison des idées.
Infinity, c’est une menace sur plusieurs fronts. Les Vengeurs sont débordés... Dans le plus profond de l'espace la situation est en train de vite dégénérer avec l'avancée inexorable de la race des Bâtisseurs qui envahissent et remodèlent tous les mondes qu'ils rencontrent. Accessoirement ils peuvent aussi les détruire. Sur terre c'est de Thanos dont il faut se méfier. Le Titan Fou a décidé d'écumer le cosmos à la recherche de tous les enfants illégitimes qu'il y a semé. Sur notre planète son rejeton vit caché au beau milieu d'une cité inhumaine secrète, mais avec les bonnes armes et un peu de persuasion on finit toujours par obtenir les renseignements les plus précieux. Thanos a su s'entourer d'un équipage aussi cruel que lugubre avec des créatures véritablement antipathiques et repoussantes, comme Proxima Minuit, Corvus Glaive ou Mâchoire d'ébène (dont le nom est tout un programme). Et dans les étoiles c'est la déroute, la débandade. Les Avengers pensaient avoir du pain sur la planche mais ils vont au devant d'une cuisante catastrophe et ils accumulent revers sur revers, devant ainsi se rendre à l'évidence... dans un conflit de cette ampleur avec de tels enjeux, les pertes humaines sont à prévoir, et il faudra un sacré talent de stratège pour trouver la faille et changer le cours d'un conflit inexorable. Vous souhaitez mettre la main sur une grande fresque ambitieuse et truffée de rebondissements militaires? Vous avez demandé Jonathan Hickman, ne quittez pas.

Infinity c’est aussi le premier point d’orgue de tout le travail du scénariste, depuis son arrivée sur la franchise des Vengeurs. La suite est encore plus dingue puisque son véritable objectif est de déconstruire le Marvel Universe avec Secret Wars, et d’insuffler l'énergie pour un nouveau départ, qui finalement aura eu l’effet d’un pétard mouillé. D'un coté, il place les Avengers devant un adversaire dont les moyens et la détermination font que rien ne semble pouvoir l'abattre, de l'autre il se sert de Thanos, un des personnages préférés des fans, pour provoquer des événements qui cette fois ne seront pas sans répercussion. Tout d'abord nous allons faire la connaissance de Thane, le fiston, qui se veut guérisseur, mais apporte la destruction. Puis le face à face entre le titan et Flèche Noire sera le prétexte à un acte insensé en apparence, qui va bouleverser la géo-politique Marvel, reléguer les mutants à l'arrière plan, pour donner une visibilité extrême au peuple des Inhumains. Il y a un peu de tout dans Infinity. Des héros qui se détestent et se trahissent (pour sauver tout un peuple, peut-on en sacrifier un autre?), des hommes dépassés par l'ampleur des enjeux, perdus dans l'espace, confrontés à la modestie du devenir humain, enfin des affrontements homériques, mis en scène avec brio par un Dustin Weaver dont le trait précis et analytique frôle très souvent la perfection, tant on le découvre à l'aise et inspiré avec cette parade de personnages, où il n'oublie et ne néglige personne. On retrouve dans cette saga un peu du souffle épique qui déferle sur le cinéma, on y vibre de manière assez similaire, ce sera donc une excellente idée de s’y plonger, après une séance dans les salles obscures, ou de s’y replonger, si vous êtes lecteurs et déjà convertis. 


Lecteurs de VO? Infinity l'intégrale à commander ici


Likez notre page Facebook, true believers!

MURDER FALCON : WARREN JOHNSON ET LE METAL POUR SAUVER LE MONDE

 Avec un titre pareil, on s’attend à du bruit, de la fureur et une aventure fracassante. Murder Falcon (ici réédité dans une version augmen...