Tout ce qui a fait et fait le succès de la série est ici présent : ésotérisme, courage et abnégation, lutte d’un simple humain contre la folie, la corruption, avec comme seule grande et véritable arme sa grandeur d’âme. C’est tout simplement somptueux et indispensable pour quiconque a un jour lu et apprécié le justicier en collant rouge. Daredevil retrouvait sa place au Panthéon, avant le cycle exceptionnel de Bendis puis Brubaker. Qui n’aurait sûrement pas vu le jour, sans ce «relaunch» sublime de fin de décennie. Dans la foulée, on enchaîne avec Tranches de vide, qui permet à David Mack d'éclabousser le lecteur de son talent cristallin. C'est dans ces épisodes que débarque une nouvelle héroïne désormais connue du grand public, grâce à la télévision : Maya Lopez, alias Echo. C'est le Caïd du crime, Wilson Fisk, qui décide de se servir de la demoiselle en lui faisant croire que son père a été assassiné par Daredevil, alors que c'est lui en réalité et qui s'en est débarrassé, bien des années avant. Maya est sourde mais elle est capable de compenser ce handicap en reproduisant à merveille n'importe quel geste, n'importe quelle technique qui lui tombe sous les yeux. Bref, un profil presque parfait pour consoler ce pauvre Matt, qui vient de perdre Karen et qui est toujours aussi sensible aux jeunes demoiselles problématiques et attirantes qui lui tombent sous le nez. En fait, la méthode de Fisk est très habile : plutôt que de tenter de tout prendre à son adversaire et de le plonger dans le désespoir, peut-être vaut-il mieux au contraire lui apporter ce qu'il désire le plus, et ainsi le rendre véritablement vulnérable. Certaines planches sont de véritables tableaux plutôt que d'être un comic book traditionnel; les didascalies s'insèrent dans le dessin et cela finit par donner une sensation d'ivresse, de transport poétique fabuleux, où chaque petit détail peut-être aussi signifiant que les grandes actions des personnages. C'est véritablement du grand art et ça reste un des sommets artistiques de Daredevil depuis le début de sa carrière. Bref, vous l'aurez compris, même si le format est un peu plus petit que le standard traditionnel, il n'empêche que cette collection de Panini poursuit son œuvre de réédition de grands classiques à des prix hyper accessibles, et que vous avez ici probablement quelque chose qui mérite, sans la moindre hésitation, le terme d'incontournable. Vous n'avez pas encore ça chez vous, sur vos étagères ? Précipitez-vous !
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DAREDEVIL : SOUS L'AILE DU DIABLE (PANINI POCKET)
Si lire vos comics dans un format un peu plus réduit que d'habitude ne vous pose aucun problème, sachez que vous pouvez récupérer un des meilleurs moments de la carrière éditoriale de Daredevil pour moins de quatorze euros. Inutile de revenir sur la personnalité du justicier et de son alter ego Matt Murdock, je pense. Avocat le jour, justicier la nuit, ce personnage a connu de nombreux hauts et quelques bas, au cours d’une carrière bien remplie. Si depuis plusieurs années DD est redevenu furieusement à la mode, cela n’a pas toujours été le cas. Notons que la fin des années 1990 n’a pas été glorieuse pour le casse-cou écarlate et qu’il fallut attendre l’arrivée de Kevin Smith au scénario pour qu’il retrouve des chiffres de vente décents, voire par la suite extraordinaire (régulièrement placé dans le top ten américain). Smith n’était encore qu’un scénariste underground (auteur du film culte Clerks, presque inconnu en Europe) rêvant de pouvoir présider un jour aux destinées de ces héros de papier avec qui il a grandi. L’aventure commença fin 1998 avec ce qui constitua le premier épisode de la nouvelle série Daredevil, qui inaugurait ainsi la ligne Marvel Knights, une division plus adulte et affranchie du fameux Comics code, aujourd'hui dépassé dans les faits à défaut d'être révolu dans les esprits (une sorte d'antichambre de ce que serait la très bonne ligne Max). Smith donna le jour à un cycle acclamé d’histoires, sous le titre «Guardian Devil», c'est-à-dire le Diable gardien ( Sous l’aile du Diable, en VF ) : Une adolescente de 16 ans confie à Daredevil son petit enfant de quelques semaines, en lui assurant qu’il s’agit du rédempteur, du nouveau sauveur de l’humanité. Elle sait tout de la double identité de notre héros, et semble en passe de le convaincre. Puis un mystérieux personnage, Macabes, contacte DD et affirme le contraire : l’enfant est le mal incarné, et tous ceux qui le côtoient verront leurs vies virer au drame. C’est ce qui arrive peu à peu à notre Daredevil, entre la séropositivité de sa fiancée de toujours, Karen Page (qui connaîtra un destin tragique dans cette longue aventure en huit parties, confirmant que la réputation de tombeur de Matt va de pair avec celle de poissard en chef) et l’arrestation pour meurtre de son meilleur ami (Foggy Nelson) et socio en affaire. Toute l’aventure est une plongée dans le mysticisme et une interrogation sur les croyances fondamentales de l’individu. Comme il est écrit clairement à un certain point : Que feriez vous si on vous demandait de supprimer un petit enfant, ayant la certitude que ce dernier est Adolf Hitler et provoquera la mort de millions d’individus ? Croyez vous au déterminisme ou penchez vous pour la rédemption par l'amour, toujours possible ? DD est au bord de la rupture, et son quotidien un enfer. La foi peut elle suffire pour démêler les fils de cet écheveau ? Joe Quesada lui-même ( il deviendra peu de temps après le vrai nouveau patron de Marvel ) illustre toute cette saga, avec un style délicieux qui s'émancipe du réalisme pour définir une touche personnelle presque cartoonesque et romantique. Les proportions sont parfois librement interprétées, mais il confère un tel dynamisme, une telle ampleur aux gestes de notre héros, qu’on ne peut qu’admirer ses planches tout en mouvement et en couleurs.
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DAREDEVIL & ECHO : MYTHE ET RÉALITÉ
D'un côté, nous avons le Diable en collants rouges, qui fête son soixantième anniversaire. De l'autre, Echo, qu'il convient de mettre en avant, puisque l'héroïne de sa propre série télévisée sur Disney Plus (n'oubliez jamais le décalage existant entre publications VO et Vf, en général un bon semestre). Une double bonne raison pour réunir ces deux personnages dans une même mini série, d'autant plus qu'ils ont déjà un passé commun et évoluent peu ou prou dans les mêmes ambiances, au même niveau. Dans cette histoire, il est question de pouvoirs magiques, d'ancestrales malédictions, avec une Super Bouffonne (dans le sens de Demagoblin) qui tente de réveiller une créature maléfique, liée au passé des protagonistes de la série. Qui fonctionne donc sur deux lignes temporelles, avec la première moitié du dix-neuvième siècle d'un côté, et le monde contemporain de l'autre. Les scènes du passé sont l'occasion de découvrir un des ancêtres de Matt, un certain Jimmy Murdock, mouton noir de la famille car criminel notoire, même si en phase de rédemption, puisqu'il choisit d'entrer dans le giron de la protection de l'église. Mauvaise idée de se fier au prêtre de Saint Mathew, église de la proto New York d'alors, car il va s'y retrouver sacrifié pour invoquer ce même démon dont on a déjà parlé. On nage en pleine atmosphère Gangs of New York tandis que tout ce qui s'est déroulé des siècles auparavant va avoir des répercussions sur le présent. Une actualité très sombre, lorsque Daredevil enquête (avec Elektra) sur un criminel qui prélève des organes différents sur chacune de ses victimes. Lorsque la dernière d'entre elles est une vieille connaissance de Maya Lopez, le prétexte est tout choisi pour aller avertir la belle amérindienne et la faire entrer dans la danse. Une sarabande un poil complexe, à laquelle vont se joindre d'autres personnages connus.
Comme cet album intitulé Mythe et réalité est proposé en concomitance avec le 60e anniversaire de Daredevil, on évitera bien entendu de le comparer aux grandes heures du personnage, sous peine d'être déçu. Il s'agit avant tout d'une aventure à lire pour ce qu'elle est, c'est-à-dire un prétexte pour mettre ensemble le héros aveugle et l'héroïne sourde et les confronter, avec chacun de leur côté, un ancêtre qui a dû, à un moment donné, faire union également pour repousser une menace dont les accents lovecraftiens sont assez évidents. Il est question aussi d'enfants qui sont enlevés et utilisés pour la cérémonie qui se déroule dans le présent, mais très honnêtement, ça ressemble presque, au bout d'un moment, à un détail du récit. Tabou et B.Earl essaient de mélanger le plus habilement qu'ils le peuvent des élucubrations sur la foi chrétienne, mais aussi sur les traditions païennes, ce qui explique la manifestation d'un démon dans une chapelle, invoqué par un prêtre. Ça finit d'ailleurs par devenir un talon d'Achille pour Daredevil, ce salmigondis permanent (vous le verrez bientôt dans la nouvelle série de Saladin Ahmed) : à force d'utiliser le discours sur la religion de manière pompière et sans véritable inspiration derrière, ça en devient rébarbatif. Restent les dessins de Phil Noto, qui fait partie des artistes que nous apprécions beaucoup ces dernières années. Il propose des planches plastiquement très réussies avec des personnages fouillés et riches en détails, et un petit côté rétro qui n'est pas sans donner du cachet à l'ensemble. En cadeau bonus, car il n'y a que 4 épisodes, les lecteurs pourront découvrir un long numéro intitulé Elektra #100, qui ressemble un peu à un fourre-tout pas vraiment indispensable, si ce n'est le plaisir de voir à l'œuvre le dessinateur Stefano Raffaele, qui convoque l'amour unissant Daredevil et Elektra. À réserver aux fans véritables de Daredevil, en quelque sorte.
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ECHO : LA NOUVELLE SERIE DISNEY PLUS N'A PAS GRAND CHOSE À RACONTER
Le dossier et la couverture de notre mensuel de janvier sont consacrés à l'avenir des comics sur le grand et le petit écran. On se pose la question car ces temps derniers la vague est un peu retombée et une lassitude évidente semble s'être emparée d'une bonne partie des spectateurs. Aussi, la première série de l'année 2024, qui est disponible sur Disney Plus, a la lourde charge d'endosser le rôle d'éclaireur pour ce qui va suivre. La bonne nouvelle, c'était le retour à un ton plus adulte, mur, violent, sans concession. Cette fois, il ne fallait pas redouter un pastiche de super-héros, une pantalonnade déclinée en cinq épisodes. Oui, de six nous sommes passés à cinq. Mais au contraire, quelque chose de plus brutal. Maya Lopez est à la fois une femme, une personne souffrant de plusieurs handicaps invalidants (la perte d'une jambe, mais elle est aussi sourde) et issue de la communauté amérindienne, autrement dit une excellente occasion pour donner de la visibilité à ceux qui ne sont pas toujours sur le devant de la scène. Mais la série est également une opportunité pour ramener au premier rang des personnages parmi les plus charismatiques de l'univers Marvel, comme Wilson Fisk, le Caïd du crime, ou encore Daredevil et Hawkeye. Bref, il y avait tout de même un bon paquet de cartes à jouer pour rendre cette production très intéressante. Le problème que nous avons rencontré, c'est qu'à la fin du premier épisode, nous étions déjà plongés dans une léthargie profonde, due à l'absence quasi totale de moments forts. Echo ronronne, peine réellement à passionner. Maya est ici une fugitive, poursuivie par l'empire criminel de Wilson Fisk, qu'elle a abattu de sang froid. Une épopée personnelle qui va la conduire "chez elle", dans la campagne profonde, où elle devra se confronter à son passé, sa famille, son héritage et surtout à ses démons. L'écriture et la réalisation de cette nouvelle série Marvel s'attarde beaucoup sur ce dernier point, quitte à rendre la protagoniste assez déroutante, voire antipathique. Pas simple de ressentir de l'empathie, d'être ému devant cette Maya Lopez qui a finalement choisi sa voie, celle de la violence et de la vengeance, qui na jamais été entourée et guidée par les meilleurs conseillers, entre un père malfrat à la petite semaine et un mentor parmi ce qui se fait de pire.
Maya Lopez est donc antipathique, taciturne, endurcie par la vie depuis qu'elle est petite, sourde mais aussi dotée d'une jambe en métal. Les réalisateurs Sydney Freeland et Catriona McKenzie prennent le contrepieds total du parcours entrepris avec Iman Vellani, Adil El Arbi et Bilall Fallah pour Miss Marvel, optant pour la carte singulière d'une série qui se fiche de savoir si le spectateur pourrait devenir ami avec sa protagoniste. La mise en scène, qui devient régulièrement et soudainement silencieuse pour faire ressentir ce que signifie être sourd et handicapé, avec uniquement des bruits lointains (à l'image de l'écho du titre et du nom de code choisi par Maya) peine à sortir de cet artifice intelligent. Le reste, c'est un ensemble de scènes et de plans déjà vus mille fois ailleurs, sans inspiration notable (comme ces cascades sur le toit du train, entrecoupées par l'apparition de ponts et d'obstacles, un classique éculé du genre) et sans génie. Alaqua Cox est tout aussi peu engageante, parfois même agaçante, mais déterminée et têtue au possible, ce qui est son meilleur atout pour lui permettre d'atteindre ses objectifs. Ce qui nous est présentée dans Echo, ce n'est pas une héroïne, mais une anti-héroïne; on pourrait même dire une ennemie potentielle pour les héros ordinaires, et qui échappe à la vie criminelle qu'elle a connu avec Wilson Fisk, avec qui elle entretient une relation assez similaire à celle que Nebula et Gamora ont pu avoir avec Thanos. Une espèce d’addiction toxique dont elle ne peut se défaire et qui est de toute façon sa meilleure arme pour arriver un jour à ses fins. Tout comme dans Miss Marvel, c'est un pouvoir très ancien et presque mystique qui guide les actions de Maya, qui pourrait en découvrir bien plus sur elle-même qu'elle ne l'imagine, se rappeler que la tradition, la dynastie et le passé sont des concepts qui définissent, quoi qu'on en pense, notre identité culturelle et sociale. Mais toute cette ambition en oublie un élément fondamental du genre super-héroïque : faire vibrer le lecteur ou le spectateur. Les pauses narratives abondent, les enjeux glauques et peu spectaculaires finissent par lasser et Maya n'a pas la carrure suffisante pour porter sur ses seules épaules les cinq épisodes (D'Onofrio est le seul qui pourrait le faire). Echo n'est pas un ratage complet ou un naufrage, c'est juste une série sans réelle envergure, qui nous laisse assez indifférents.
(ALL-NEW) DAREDEVIL TOME 2 : BLUFFEUR EN VUE
La suite des aventures de Daredevil scénarisées par Charles Soule est arrivée en librairie. Pour le moment nous n'avons toujours pas résolu le grand mystère de l'identité secrète du diable de Hell's Kitchen, comment se fait-il que plus personne ne se rappelle que sous le masque se cache l'avocat aveugle, Matt Murdock. La question revient dans ces pages, notamment lors d'un duo formé avec Spider Man, sur l'île de Macao, pour une doublette d'épisodes qui nous plonge dans une ambiance proche de Ocean's Eleven. Matt Murdock utilise en effet ses hyper sens pour remporter des parties de cartes aux enjeux colossaux, dans un des casinos les plus huppés du monde. Le véritable enjeu est de récupérer une valise contenant des documents compromettants. Régulièrement le scénariste fait donc allusion à ce qui s'est passé, sans pour autant nous dire de quoi il s'agit. L'ancien associé de Matt, Foggy Nelson, est lui toujours au courant de cette dualité, mais tous les membres de la communauté super héroïque, camarades ou ennemis, ont eu leurs souvenirs effacés. Cela concerne aussi la belle ninja Elektra par exemple, qui a de surcroît une autre raison d'être profondément énervé contre Daredevil : elle lui reproche en effet la disparition de sa fille! Une nouvelle déroutante car jusque-là nous n'étions pas au courant qu'Elektra avait eu une un enfant. En plus, selon ses dires et l'âge de la possible gamine, Matt pourrait bien être le père... Que s'est-il donc passé et pourquoi s'en prend telle avec une telle violence à son ancien amant? Qui a bien pu jouer avec son esprit pour lui mettre en tête de telles idées? La réponse dans les deux premiers épisodes ce ce second tome.
Au dessin Garney nous quitte momentanément, et laisse la place à un artiste italien, Matteo Buffagni. Vous l'avez déjà aperçu sur d'autres séries Marvel, comme Punisher ou Dark Wolverine, mais pour ma part c'est sur les aventures du célèbre cambrioleur transalpin, Diabolik, que je me suis familiarisé avec cet artiste dont les progrès sont évidents, année après année. Ici le découpage et la mise en place est limpide et permet de suivre avec une grande facilité de lecture le duel entre Daredevil et Elektra, par exemple, alors que ces pages sont aussi un hommage évident aux vieilles techniques d'impression quadricolores, et donne un subtil charme rétro à l'ensemble. Le style de Goran Sudzuka, lui, est plus anguleux et joue plus sur les effets d'ombre et la noirceur de la nuit, et les éclairages artificiels de Macao. En fin d'album nous trouvons le premier annual de la nouvelle série, où Roger McKenzie repointe le bout de son nez, avec les dessins fantomatiques, élégants et inquiétants, de Vanesa Del Rey. Nous passions d'un concert de rock au retour de Klaw, le maître du son, qui tente une énième fois de conquérir le monde à sa façon. Matt Murdock est aveugle, mais pas sourd, et s'il va s'en sortir, c'est parce qu'il a parmi ses alliés une jeune femme qui elle n'entend guère, mais sait reproduire tout ce qu'elle voit à la perfection. Echo est elle aussi de ces pages, et chacune de ses apparitions est appréciée. Voilà un personnage qui mériterait bien plus d'attention. Un bon petit second tome pour les fans du Diable Rouge, qui manque toutefois de gros enjeux pour un lecteur de passage, par l'odeur attiré (des pages, j'aime les respirer à pleins poumons...)
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LE MOON KNIGHT DE BENDIS ET MALEEV
Vous ne trouverez personne pour soutenir que Moon Knight est un des personnages les plus équilibrés de l'univers Marvel. Tourmenté entre ses différentes identités, et doté d'un passé pour le moins cahotique, ce justicier urbain, qui a hérité ses pouvoirs en cadeau d'une déité lunaire, n'a jamais vraiment fait partie des cadors. Au panthéon des héros en collant, il a toujours joué en seconde division, malgré des périodes un peu plus fastes ou artistiquement créatives, comme celle où s'est illustré Bill Sienkiewicz, dans les années 80. Pour cette maxi série en douze parties, scénarisée par Bendis l'inévitable, et dessinée par le compère Alex Maleev, Marc Spector part s'établir sur la côte Ouest qu'il connaît bien (ancien siège des Avengers West Coast, les Avengers de seconde division) et il s'y installe en tant que producteur d'une série télévisée consacrée à ses premiers exploits en tant que justicier. Un travail biographique pas franchement récompensé de succès (une parabole du destin de la série, sur le papier) mais qui permet au vigilante de reprendre peu à peu du service. En effet, un individu mystérieux tente de devenir le nouveau "kingpin" de la la ville (le maître de la pègre, en gros), notamment en mettant la main sur une tête d'Ultron, ce robot intelligent destiné à conquérir un jour notre planète. Moon Knight s'empare de la précieuse tête, et se lance dans sa propre enquête musclée, avec l'aide des Avengers. Sauf que ces Avengers là sont surtout le fruit de visions psychotiques. En gros Spector se parle à lui même, il délire!
Quand Moon Knight se déguise en Spider-man, qu'il use d'un bouclier offensif, ou installe des griffes sous son costume, on obtient une sorte de patchwork d'Avengers, le tout avec en bonus un esprit quelque peu dérangé. Dans cette longue aventure, nous retrouvons aussi Echo, entraînée par Wilson Fisk pour abattre Daredevil, puis incorporée aux Vengeurs sous le costume de Ronin; mais également le Comte Nefaria, et bien sur les vrai Avengers. Si vous aimez Maleev et ses ambiances glauques et plus suggérées que représentées, vous serez aux anges. J'ai trouvé ses planches encore plus dérangeantes et abstraites que d'habitude, et c'est vers la fin, dans les derniers épisodes, que j'ai d'avantage apprécié son style si identifiable. Bendis choisit de traiter Moon Knight avec un certain décalage dans l'esprit. Pour lui ce héros est avant tout un individu déséquilibré et obsessionnel, mais qui sait gagner la confiance de ses pairs grâce à une résistance et un acharnement remarquables, qui en font un adversaire coriace. L'humour et les dialogues fusent, jouent sur la répétition et le comique de situation, instaurent un climat de sitcom superhéroïque assez badin qui fait souvent mouche et rend la lecture agréable. En conclusion, l'auteur place également plusieurs références à ce qui va suivre (Ultron qui dominera un jour le monde) faisant ainsi le pont entre ce travail, et le reste de son oeuvre à venir. Bendis a conscience qu'il est un des architectes en chef de l'univers Marvel, et partout où il passe il se plait à déposer sa griffe; à labourer le terrain pour de futures semailles, ou à cueillir les fruits de ses labeurs d'autrefois. Avec Moon Knight, il signe un récit plaisant et allègre, proposé par Panini dans deux volumes de la collection 100% Marvel. (Tome 1 Vengeur Tome 2 Bas les masques)
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