En kiosque : MARVEL ICONS 60 Un nouveau Sorcier Suprême chez Marvel

Bendis continue d'étaler son récit comme une bonne grosse couche de marmelade sur une tartine : nous sommes bien loin des premiers épisodes pétillants des New Avengers, et j'oserais dire, on s'ennuie ferme. Ce mois ci le titre, et les devoirs qui vont avec, de Sorcier Suprême de l'univers Marvel, finissent sur les épaules de Brother Voodoo, qui était occupé avec une prostituée de passage jusqu'à ce que l'Oeil d'Agamotto lui tombe dessus. il pourra donc contribuer à la capture de Hood, dépossédé de son lien mystique avec Dormamu, mais bien vite récupéré par Loki, qui voit en la disgrâce du nouveau roi de la Pègre une opportunité d'augmenter son influence sur les autres membres de la Cabale, Osborn compris.
Iron Man, si décrié, est au moins plus intéressant. Fraction/Larrocca construisent un récit de fuite et d'affaiblissement qui mérite d'être revu, une fois complet. Stark se rend en Russie et y trouve l'aide d'un de ses camarades en armure, la Dynamo Pourpre. Osborn se prend un râteau quand il demande la permission de lui donner la chasse sur le sol russe, où s'est rendue pour une mission de sauvetage la belle Pepper Potts, désormais cuirassée elle aussi, et qui va devoir prêter main forte à son ancien patron dans la mouise. Personnellement j'aime bien cette décadence humaine et technologique, ce Tony au bord du gouffre, qui chancelle mais ne tombe pas.
Les Fantastiques ont des couleurs, ces temps ci. Le maître de Fatalis est un os trop dur à ronger pour Victor Von Doom, son disciple, qui passe un bien mauvais quart d'heure. Après avoir vécu 5 ans d'illusion uchronique en l'espace d'un battement de cil, Fatalis est ensuite humilié et balayé par son mentor, qui va pouvoir désormais retourner son attention vers ... les FF. Splendides splash-pages de Hitch (la bibliothèque de Doom, jolie!) et récit apocalyptique de Millar, il le fallait pour nous réconcilier avec le quatuor. Quand au 50° numéro de Captain America, il permet de fêter également l'anniversaire de Bucky Barnes, désormais porteur du costume étoilé, entre flash backs du temps de la guerre, et un présent fait de poursuite, traque, et autres dangers variés. Un numéro de facture assez classique avec une douce pointe de nostalgie pas si mauvaise. Bref ce mois ci, Marvel Icons ne se porte pas mal du tout, vous pouvez acheter! (Et avec une splendide couverture, il fallait le souligner)

TEASER X-MEN (We are the X-men / Second coming)

Une des grandes modes actuelles chez Marvel, c'est d'annoncer le futur de nos séries préférées par le biais de teaser, c'est à dire d'images promotionnelles censées nous faire baver et piaffer d'impatience, et donc forcément ouvrir plus rapidement le portefeuille au moment de la publication de ces séries. Les X-men par exemple, font le buzz avec "We are the X-men" mais aussi le très attendu "Second coming". Voici donc deux petites raisons de trépigner en pensant aux mutants. Et au compte en banque.

En kiosque : WOLVERINE 150 Weapon X de Aaron & Garney

Voici venir les épisodes de Wolverine : Weapon X de Aaron et Garney. Et ça commence somme toute de manière très classique. Logan découvre une fabrique de super humains, dans le cadre du programme X, sauve la vie d'une jolie journaliste dans le métro, et se retrouve traqué par des créatures ...dotées de griffes energétiques et d'un facteur guérissant. La routine, pour notre mutant. La routine, justement. Aaron n'apporte pour l'instant rien de bien frais, et se contente de se raccrocher à une tendance fortement exagérée, ces temps ci : une énième pseudo révélation sur le programme X, de nouvelles crétures qui sortent des bassins d'adamantium, en somme toute la panoplie du parfait scénariste de Wolvie, mais sans ce supplément d'âme et de passion qui puisse nous scotcher sur la chaise. Ce qui nous éloigne d'autant plus d'une époque révolue et pourtant pas si lointaine que cela, où les révélations sur le sujet étaient bien plus parcimonieuses, et permettaient au lecteur fidèle de suivre l'intégralité du puzzle identitaire sans recourir de suite à l'aspirine. C'était l'ère de "Weapon X" par Windsor-Smith, et d'un Logan sans souvenirs de son passé, qui peu à peu découvrait de nouveaux indices en même temps que nous, lecteurs impatients. Aujourd'hui, on a l'impression qu'il existe une centaine d'armes X dans le monde, et que chaque mois apporte son lot d'exagération qui finit par rendre le monde de Wolverine assez peu crédible. Après, c'est bien illustré, ça se laisse lire facilement, et l'humour n'est pas en reste, avec un Logan ivre mort dans le métro, et pourtant jamais aussi dangereux. Bon, les inconditionnels vont acheter, les autres se tâter... Old Man Logan ce n'est pas tous les mois non plus... (du reste c'est fini).

En kiosque : X-MEN 159 Utopia démarre ici !

UTOPIA démarre ce mois ci avec San Francisco qui s'embrase. C'est la guérilla urbaine entre les mutants et les manifestants mutophobes guidés par Simon Trask. Certains X-men sont dépassés, arrêtés, d'autres frappent, et la situation dégénère vite. Au point que Norman Osborn et ses Dark Avengers débarquent et instaure la loi martiale. Le plan d'Osborn? Créer son propre team mutant, les Dark X-men, guidés par ... Emma Frost! Du coup, la relation entre Scott Summers et la blonde incendiaire bat de l'aîle. Ce qui est d'autant plus amausant (disons cela ainsi...) car un fin de revue, nous trouvons deux mini récits bouche-trous dont un qui nous permet de voir une Emma Frost pleine de doute, enfin à visage humain, qui verse des larmes à l'idée d'une seconde chance que lui offre ses amis mutants. Les femmes sont volages, c'est cela la leçon du numéro de ce mois?
Fraction déploie donc un récit qui puise ses racines dans la séculaire haine, le racisme entre mutants et humains dépassés. Classique, sans grande surprise, mais bien dévellopé pour le moment. Aux dessins on retrouve d'abord Silvestri, rugueux et nerveux, puis le trait souple de Dodson, tout en rondeur. Par contre, les Nouveaux Mutants, dans le second épisode de la saga "Le retour de Légion", déçoivent énormément. C'est brouillon, ennuyeux, pas très bien illustré, pour un "grand retour", on a déjà le sentiment que la série s'embourbe dans des conflits stériles... Légion est à ,nouveau libre et va frapper, mais on a du mal à s'y retrouver au milieu de ses multiples personnalités, ici expédiées vite fait mal fait, et ce n'est pas une baston permanente qui va aider le lecteur à s'attacher au récit. Au fait, Panini nous offre une "nouvelle formule". Il faut être bien avisé pour comprendre de quoi il retourne! Hormis deux trois gimmicks, une ligne de couleur de ci de là, c'est quoi cette nouvelle formule? La suite en mai dans Dark Reign, puis dans X-men, bien entendu.

En kiosque : DARK REIGN SAGA 2 Young Avengers

Le Dark Reign Saga 2 nous propose de retrouver les Young Avengers dans leurs exploits. Sauf qu'un constat s'impose : cette équipe aux méthodes musclées, pour ne pas dire fortement discutables, qui alpague un gang de braqueurs d'épicerie selon les règles du Punisher, n'a rien à voir avec celle que nous étions habitué à fréquenter par moments. Le nom est le même, mais pas les membres ni la morale : ces Jeunes Vengeurs là se sont auto proclamés comme tels, mais sans demander rien à personne. Bien entendu, ça n'est pas du tout du goût des Young Avengers d'origine, qui proposent un ultimatum simple et clair : changer de nom en vitesse ou rejoindre le team originel, à condition de mériter le titre même de Vengeur. Histoire de tester les nouveaux venus, nos jeunes pousses font la nique aux gars d'Hydra, sauf que nous apprenons un peu plus tard que tout ceci n'est que vaste mise en scène d'Osborn, qui souhaite évaluer et contrôller tous les super héros du moment. De toutes façons, difficile de faire fusionner les deux clans, quand on observe de près la moralité de certains : L'Exécuteur est un cinglé homicide dont la mère est une super vilaine, Big Zéro a des tendances nazies et une déontologie très souple, tout comme Crâne d'Oeuf, un robot par trop humain, coté faiblesses. Pour ne pas parler du chef, Fusion, qui cache un lourd secret : sa maitrise défaillante de son pouvoir de liquéfier ceux qui l'entourent a déjà provoqué bien des drames... Bref, le cocktail est trop explosif pour que ça ne finisse pas en pugilat général...

Tout d'abord bonne surprise, avec les dessins de Mark Brooks : sérieux et appliqué, ils caractérisent bien chacun des héros, et offre des scènes lisibles et détaillés.Ce n'est pas toujours le cas dans ce type de mini-séries secondaires, où Marvel emploie trop souvent des talents émergeants encore peu expérimentés ou des seconds couteaux en mal de cachet. Paul Cornell fait du travail plus qu'honorable au scénario, et réussit le tour de force de ne pas lasser, voire même d'éveiller la curiosité de ses lecteurs, avec des jeunes paumés venus de nul part, qui voelent la vedette aux véritables Young Avengers. Juste soulignera t'on que la dernière partie, qui voit l'entrée en scène de la force de frappe d'Osborn (les Dark Avengers, Sentry en tête) est plutôt baclée : dur d'imaginer que des gamins puisse s'extriper d'un tel guépier avec aussi peu de bobos. a moins que les DA aient volontairement reçu l'ordre de lever le pied et d'y aller avec parcimonie. De petites incongruités qui ne doivent pas faire oublier le niveau globalement satisfaisant de ce hors série dont on n'attendait quasiment rien, et qui surprend par un contenu plus accrocheur que ce nous envisagions. Le contraire de certains numéros de "Dark Reign" ces mois derniers, après un début en fanfare.

En kiosque : SPIDER-MAN 123 Un vautour, une love-story et un ami dans la panade

Commençons donc la revue de presse des titres d'avril en Vf avec Spider-man, qui a au moins le mérite d'offrir un arc narratif complet en trois parties, avant de conclure sur la première partie de l'important et très attendu "American Son". Mais intéressons nous surtout et tout d'abord aux trois premières histoires, c'est à dire "24/7" illustré par un Mick McKone égal à lui même, tout en plaisante souplesse, encore qu'on pourrait quand même lui reprocher de petits défauts sur les visages traités au premier plan, et la taille véritables des personnages, qui semblent souvent plus petits que nature, comme des caricatures infantiles (voir Spidey réglant la circulation dans l'épisode 2). Pour le reste, c'est plutôt bon. Comme vous le savez déjà, Spider-man a du prêter main forte aux Fantastiques pour une récente aventure dans une autre dimension. Le problème est que là le temps s'écoulait bien plus longtemps que dans la notre, ce qui fait qu'il a disparu au yeux du monde (sa famille, ses créanciers...) pendant deux mois. Et il s'en passe, en autant de temps. A commencer par l'election de J.J.Jameson, l'irascible directeur du Bugle (depuis passé entre d'autres mains, mais le moustachu s'est bien rattrapé) au poste de maire régent de la ville de New-York. Les temps sont durs pour le tisseur de toile, ennemi juré du nouvel homme fort de Big Apple, qui va donc faire l'objet d'une chasse serrée. Parker décide donc, histoire de bien embêter son antagoniste, de multiplier les apparitions au service des citoyens, comme d'autres multipliaient les pains et les poissons. Le pire est toutefois à chercher au niveau familial. Curieusement, la Tante May qui autrefois risquait l'infarctus à chaque fois que Peter oubliait de lui téléphoner pendant plus de deux heures consécutives, a métabolisé parfaitement la longue disparition de son neveu, au point qu'elle a entamé une "love story" avec Jameson père. Peter découvre les deux retraités de l'amour au lit, et la nouvelle est dure à accepter. Certes, ça serait plus facile s'il pouvait lui même se lacher de temps en temps et profiter de ses extraordinaires pouvoirs pour combler certaines demoiselles qui ne demandent pas mieux... mais non. Peter ne fait rien, ne saute (sur) personne, il est super-héros à temps plein et n'a pas le temps pour la romance, ni même pour le sexe. Pour le coup on ne l'envie pas, mais alors pas du tout. Décoince toi, l'ami.

Bon, ce n'est pas tout. L'aspect "comics à l'eau de rose" écavué, place à l'action. Un nouveau Vautour sillonne les cieux de la ville. Coté look, celui ci est bien plus moderne que le vieil Adrian Toomes et son armure verte à plumes. Le new Vulture ressemble plus à un zombie cyborg doté d'un cuir ailé. Qui n'est pas sans rappeller un certain Chamber, ancien membre de "Generation X", il y a vraiment un petit quelque chose au niveau de l'aspect graphique, suis-je le seul à noter cela? Ce nouvel ennemi a en plus une arme secrète : il peut cracher une sorte de venin, un acide corrosif, que Peter se prend en pleine poire. Le masque est vite rongé, et la substance s'attaque ensuite à ses yeux, et rend le pauvre Petey aveugle, en pleine panade. Va t'il s'en sortir? Je vous laisse tout de même le plaisir de lire la suite pour le découvrir. Entre humour, sourire, et action, trois épisodes qui se laissent lire assez plaisamment, même s'ils n'ont rien d'immémorable. La première partie d'"American Son", c'est autre chose. On nous promet une grande saga passionante, un mini tournant dans la nouvelle ère de Spidey, la conjonction parfaite entre le quotidien du tisseur et la sinistre ère sombre d'Osborn tout puissant, qui investit dans toute sa grandeur maléfique les pages du mensuel SM. Première remarque ; Phil Jimenez aux dessins, c'est du tout bon! Petites cases serrées, verbiage et bulles plus denses, c'est du bel ouvrage et ça fait plaisir. On pourra objecté qu'on l'a connu plus inspiré encore, on peut quand même se réjouir de le voir là, non? Joe Kelly organise les retrouvailles entre les Osborn (père et fils) et les Parker (May et Peter) avec les Jameson au milieu (père et fils là aussi). La tension est palpable, sans compter que Norman est bien décidé à entraîner le fiston dans ses sombres machinations, quitte à inclure dans ses plans Lily, son ancienne petite amie, qui est ... enceinte! Un bon moyen de convaincre un Harry réticent, où la conspiration de trop? En tous les cas, Spidey s'en mêle, enlève Norman et s'offre un plaisir refoulé depuis longtemps, un petit passage à tabac en règle finalement stérile... Peter Parker a beau faire et beau dire, la vie de son meilleur ami ne lui appartient pas non plus, et les choix d'Harry ne relèvent que de ce dernier. Brutaliser le père (qui le mérite amplement) n'arrangera rien. Les poings cognent dur, mais en vain. Pour sauver le futur nouveau né des griffes du Green Goblin, Harry va devoir agir, et agir radicalement. Ce sont les lecteurs qui vont en profiter, avec de nombreux coups de théâtre pour les prochaines pages, à découvrir dès le mois de mai. En attendant, ce Spider-man mérite qu'on s'y attarde, pour laisser une nouvelle chance au monte en l'air de nous séduire, après nous avoir bien déçus? Essayez donc pour vous faire une idée.

En kiosque : MARVEL ICONS 59 Tony Stark en cavale

C'est la débandade pour Tony Stark et ses amis. Maria Hill, autrefois brillante meneuse de troupes du Shield, est aux mains du Contrôleur, et revit par la même occasion certains moments de son passé qui la replonge dans des souvenirs frustrants et douloureux. Mais elle lutte, et s'échappe. Tony est toujours en cavale, on le retrouve cette fois en France, à Bayeux (!) avec Osborn et ses pions à ses trousses. Pepper Potts n'est guère mieux lotie : Osborn tente avec elle son grand numéro de persuasion, mais se laissera t'elle tenter, où choisira t'elle la fuite? Sous la gestion de Matt Fraction, Invincible Iron Man ressemble à un comic book traqué et toujours en course : fuir pour survivre, avec toujours l'ombre obscure du chasseur sur les talons. Il ne se passe plus grand chose en dehors de ça, Stark n'est certes pas en condition de faire plus que de sauver sa peau, envers et contre tous. Larroca est aux dessins, c'est en effet pas mauvais du tout, mais je fatigue avec l'aspect trop juvénil des personnages. Quel âge est censé avoir Tony, au fait?

Les New Avengers, plus si nouveaux que cela, finissent par devenir ennuyeux, un comble! Bendis est un auteur parfait pour la nouvelle politique de Tpb qui règne depuis plusieurs années. Chaque run de chaque série est ensuite proposé sous cette forme, il faut donc que les arcs narratifs de 5/6 parties puissent former un ensemble cohérent pour se retrouver ensuite sur le marché sous forme d'albums. L'action est donc diluée à l'infini, les petits pas se succèdent, un coup en avant, un coup en arrière, et l'humour décalé (ici pas si drôle que ça en plus) de Bendis sert de collant. Le docteur Strange est de la partie, avec son oeil d'Agamotto qui s'emballe, qui emmène nos héros en Nouvelle Orléans, où une lutte mystique oppose Daimon Hellstrom (fils de Satan quand même...) à Hood, possédé par Dormamu, le le souligne. Notons au passage qu'un troisième larron débarque en fin d'épisode, le futur nouveau "Maître des arts mystiques", et franchement, vu le statut qu'occupe celui ci dans le Marvel Universe, est-ce bien raisonnable, ce choix éditorial? Vivement Siege! Coté Captain America, nous sommes en pleine attente du grand retour de Steve Rogers. Et durant ce temps, sa fiancée et assassine (malgré elle) Sharon Carter est au centre d'un épisode assez introspectif, où elle doit à nouveau juguler son sentiment de culpabilité, et composer avec sa tante malade, qui perd la mémoire (Alzheimer et grabataire) et qui a elle aussi connu Steve dans sa prime jeunesse. Tempo adagio ce mois ci, et révélation en fin de numéro, quand Sharon réalise enfin qu'elle porte une cicatrice effrayante sois le nombril, ce qui signifie qu'on lui a volé... je pense que vous avez deviné. Illusions perdus, fragments de souvenirs qui vont et viennent, il n'est pas toujours facile de composer avec le passé, chez Brubaker et Ross. On marque une pause dans l'action, avant les prochains bouleversements. Enfin, les Fantastiques. Et là ce n'est pas rassurant. Car même le duo Millar/Hitch ne parvient pas à redynamiser un titre qui a connu des jours plus sombres, certes, mais qui manque singulièrement de punch, en ces temps de héros torturés et de règne obscur. Une famille heureuse, est ce donc si déplacée, dorénavant? En tous les cas, Ben n'est pas à son avantage, puisqu'il finit par se faire ridiculiser à la télévision avec sa fiancée et son ex. Et en Thaïlande, le corps d'une version d'un univers parallèle de Uatu est retrouvé mort. quand on connait la puissance et le rôle de cet individu, on peut craindre le pire. Tout ça me fait penser avec nostalgie à un long run des années 90, "Watcher's lie", avec un gardien renégat, et la mort (supposée) de Reed Richards et de Fatalis, son ennemi juré. Les FF ne me font plus vibrer depuis plusieurs années. C'est grave, docteur? Marvel Icons, une revue à potentiel énorme, mais qui ronronne paresseusement.

En kiosque : ASTONISHING X-MEN 58 Dark Wolverine et les Fantastiques

Dark Wolverine, c'est le fils de Logan. Qui opère avec les fringues du paternel, dans l'équipe des Vengeurs psychopathes de Norman Osborn. D'où une certaine tension naissante entre certains des membres, dont Bullseye et Daken, justement. Le premier cité n'a pas hésité à expédier une flêche dans la poitrine du mutant. Tout de même! Là où ça se complique c'est quand une flêche identique finit dans la jambe de Johnny Storm des 4 Fantastiques. Il va de soi que la visite que Daken va rendre au quatuor va être des plus mouvementées. L'accueil de Ben Grim est à base de bons gros pains dans la figure, comme prévu. Mais attention : Wolverine Jr ne s'est pas introduit en ennemi chez les FF, mais pour leur proposer un pacte, sentant le vent tourner et la chute d'Osborn prochaine. Camuncoli abuse probablement avec les angles et les ombres, mais c'est pour la bonne cause, et justifier le "dark" du titre. Way laisse souffler les premières bises de la tempête pour Osborn, mais cet épisode manque quand même de folie et de rythme.

Cela dit, il ne faut pas chercher chez Cable pour ces qualités. Là aussi ça avance doucement, comme si les périples à pieds et perdus au beau milieu de nul part de Nathan Summers et de la petite Hope se devaient d'être suivi pas après pas, dans une attente presque contemplative. Ce mois ci, la gamine sauve son père adoptif qui venait de tomber dans les paumes en plein désert, en lui procurant l'eau nécessaire à la survie. Puis la route reprend vers l'ancien Qg des X-men aujourd'hui détruit, avant un nouveau saut dans le temps qui a le mérite de nous débarasser des horribles dessins de Jamie McKelvie. Non seulement c'est "planplan" mais c'est aussi indigent de ce coté. Vivement que ça bouge enfin. L'action, c'est chez X-Force que vous allez la trouver. Depuis que la Leper Queen à décidé d'utiliser un dérivé du virus Legacy pour modifier l'Adn des mutants, et les transformer en armes vivantes prêtes à exploser comme des bombes humaines, l'équipe de choc mené par Scott Summers fait encore moins de fioritures : il faudra éliminer le danger, sans trop se préoccuper de l'aspect déontologique. Mais dans le même temps, il faut aussi penser à éliminer Bishop qui joue à cache-cache dans les couloirs du temps avec Cable et la petite Hope (voir plus haut chez Cable, justement). Et cette mission à la priorité, ce qui risque bien de provoquer un drame et la perte d'une belle mutante, des plus dramatiques. J'adore le style glauque et ultra sombre de Clayton Cray, X-Force ressemble toujours plus à une plongée en apnée dans la folie et la décadence mutante, sans la moindre lueur d'espoir. Enfin jetons un oeil sur la sévère dépression que traverse Jamie Madrox aka L'homme multiple. Depuis qu'il a "absorbé" son fils en le prenant dans ses bras, comme il a le pouvoir de le faire avec ses doubles, Jamie ne va pas très fort. Il envisage même le suicide par arme à feu, mais il tient auparavant à s'entretenir avec un de ses "doubles" qui exerce la fonction de pasteur et s'est construit une petite famille. Au passage, il intervient en pleine prise d'otage, et sauve la situation avec le flegme du déprimé qui n'a pas grand chose à perdre, la philosophie et la sagesse du désespoir? Mais quand tout semble perdu, quand le doigt semble prêt à presser la gachette, devinez qui repointe le bout de son nez? Un indice : elle sait des choses, et elle a un grand M tatoué en travers du visage. Ne me dites pas que vous n'avez pas saisi? Peter David est en train de réaliser là un run de légende, de laisser une fois de plus une empreinte indélébile dans l'histoire de X-Factor, une des séries les plus intelligentes du comic-book aujourd'hui.Probablement une des raisons principales pour inciter à l'achat et à la lecture de ce numéro d'Astonishing X-men

En kiosque : X-MEN 158 Faisons plus ample connaissance avec le Docteur Nemesis

Pour trouver une solution à l'extinction de la race mutante, qui semble inéluctable depuis le serment de la Sorcière Rouge (No more mutants), Hank Mc Coy (Le Fauve) a rassemblé un aréopage de scientifiques de génie, qui s'embarque à rebours dans les couloirs du temps, pour remonter aux sources de la mutanité, la charnière historique qui vit l'apparition du phénomène à l'echelle globale. Le personnage le plus intéressant de l'épisode double de ce mois est le Docteur Némesis : tout semblait indiquer en lui une figure etrange de solitaire ronchon et imbu de sa personne, pas franchement glamour, mais là, il gagne en stature et en épaisseur d'une manière remarquable. Car les X-men font le bond en arrière pour retrouver se deux parents, et les retrouvailles seront tragiques, et pleines de révélations parfaitement narrées et dévelloppées. On retrouve dans cette aventure d'un autre siècle une première mouture artisanale des Sentinelles, mais aussi du Club des Damnés, et un humour subtil qui fait mouche. Matt Fraction s'amuse et nous avec, voilà une fort belle entrée en matière avec le mensuel des mutants de mars.
C'est un peu plus plan-plan chez X-men Legacy, sans être dénoué d'intérêt. Le Professeur Xavier s'introduit avec facilité et classe dans la base des Acolytes, et parvient à convaincre Exodus qu'il fait fausse route. Pourquoi les mutants devraient-ils continuer à s'entretuer alors que la nature et ses contingences se chargent de toutes manières de les mettre tous en péril? Briones manque d'assurance et d'application aux dessins, et le tempo est assez lent, oscillant entre baston rapide et concise, et psychologie persuasive. Mais je suis loin de dire que ça me déplait, c'est juste peut être un peu trop anonyme.
Les New Mutants ferment la marche. Ils sont de retour, l'équipe originelle! Et ça n'est pas sans heurts, à commencer par la réadaptation d'Illyana Rasputin à l'univers de ses petits (pas tant que ça) camarades. La confiance se gagne et se perd, pour le moment les relations sont encore assez tendues. Quand à Shan et Dani, elles semblent en grand danger sans qu'on comprenne bien pour le moment de quoi il retourne. Le reste de l'équipe, mené par un Cannonball (Rocket en Vf) qui s'affirme comme le chef de la formation (quelle rétrogradation après des annèes en tant que X-man à tous les effets!) part à la rescousse pour se retrouver face à Légion, sur la dernière planche de l'épisode, à l'intérieur duquel semble prisonnière... mais chut, j'en ai déjà trop dit pour ceux qui n'ont pas encore lu cette histoire. Wells et Diogenes Neves offrent un nouveau départ correct pour ces Nouveaux mutants, qui manquent quand même de punch et de maturité (un comble après tout ce temps) mais qui me semblent quand même supérieurs, sur le papier, aux palichons jeunes mutants qui les ont précédés ces mois derniers dans la revue X-men (Young X-men, je n'ai jamais accroché). Une revue qui se laisse lire assez plaisamment, avant le grand crossover Utopia qui démarre le mois prochain.

100% MARVEL WAR MACHINE 1 "Coeur de fer"

James « Rhodey » Rhodes est une machine de guerre depuis longtemps déjà. Voilà quelques années, il officiait sous l’armure grise et ultra high-tech de War Machine, à la demande de son ami et mentor Tony Stark. La différence est que cette fois il EST la machine. Mi homme mi robot, James a payé un lourd tribut au conflit du Moyen-Orient, en y perdant les bras et les jambes, et une partie du visage. En échange la technologie l’a rendu plus redoutable que jamais. Rhodey est de retour au Moyen-Orient, précisément en Aquiria, une contrée Marvel fantaisiste, pour stopper le massacre de civils innocents pris dans une guerre civile qui dépasse un peu tout le monde. Alors que la guerre semble alimentée par un fabriquant d’armes sans scrupules (Eaglestar) il s’avère vite que derrière ce dernier se cache Norman Osborn. Se mettre en travers du chemin d’un tel psychopathe est l’assurance de s’assurer un gros paquet d’ennuis. Dans le cas présent c’est carrément un Dieu qui se retrouve opposé à notre nouveau cyborg, Arès, le sous fifre musclé du H.a.m.m.e.r. Sans compter sur d’anciens amis désormais ennemis, et d’autres perturbations d’ordre personnel qui compliquent la vie de James. L’idée qui sous tend toute cette histoire est une sorte de « What if ? », ou mieux encore de « Amalgam », la ligne qui mixait les héros Marvel et Dc pour en faire des hybrides assez idiots, d’ailleurs. Que serait le personnage d’Iron Man avec l’absence de scrupules et le modus operandi du Punisher ou de Wolverine ? La transformation en demi-machine offre à James des possibilités quasi illimitées de faire triompher le bien (son idée du bien) à sa façon, mais à quel prix ? L’humanité du héros peut-elle être sacrifiée sur l’autel de cette armada high-tech dont dépend son existence même ? Les dessins de Manco oscillent entre confusion et approche « crade » de la réalité du conflit, ce qui est finalement en adéquation avec le thème de l’album. Ce qui évoque furieusement la décennie des nineties et ses héros « gritty » et sur le fil de la moralité. Une belle orgie de violence et de fausses préoccupations morales, prétexte à exploser tout ce qui bouge. La guerre c’est sale, forcément, nous rappelle Greg Pack.

SUPERMAN SPACE AGE : L'HOMME DE DEMAIN D'HIER À AUJOURD'HUI

Lorsque la fin de toute chose approche, vient également le moment de se retourner sur le passé, d'examiner ce qui a été, de reconsidérer...